Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

CHARLTON HESTON LE MAGNIFIQUE - Page 9

  • CHARLTON HESTON ET L'IMMIGRATION - dans " THE NEW YORK TIMES "1996

    MAJ le 25 mai 2018 13h45

     

    To the Editor:

    Your front-page series focusing on problems immigrants find in New York, with poor housing, inadequate English and little future, recalls a similar challenge I had as a boy.

    I was raised in the Depression, went to a one-room school, worked weekends and summers in high school and went to college on a scholarship. I met and married the girl who's still my wife weeks before going overseas in the war they asked me to attend. I got home intact and we went to New York and a two-room cold-water walkup in Hell's Kitchen. We scraped by as models (nude in my case at the Art Students League, $1.75 an hour) till we began to get acting work. Our food budget was $7 a week, mostly macaroni and salami.

    Of course we never considered having children until both of us had earned enough future in film and stage to make parenthood possible.

    You write eloquently about the sorry plight of the families you detail, but seldom concede that many of them are in fact illegal. Does that word no longer have any meaning in our decaying culture?

    An even more important word not yet included in any of your articles is ''responsibility.'' Does that count for nothing? How could any couple plan to sneak into the country with several innocent children and no education and expect to thrive, or even survive here? Surely they are better off legally deported back to a culture they can at least understand.

    CHARLTON HESTON

    Los Angeles, Oct. 9, 1996

    J'ai découvert cette lettre que Charlton Heston a envoyée au N.Y. TIMES le 9 octobre 1996.

    Je viens de la traduire car je la trouve intéressante. On peut être d'accord ou pas avec Charlton Heston. Personnellement, je pense que cette lettre est d'une actualité brûlante quand on voit de nos jours, ce qui se passe surtout en Europe avec le flot de migrants presque tous illégaux arrivant sur nos territoires européens, chassés par la misère, la guerre ....

    Si Charlton Heston était encore parmi nous, que penserait-il ? qu'écrirait-il  ? sur ce sujet devenu inquiétant pour l'avenir.

    M'est avis que cette lettre ne plaira pas à tout le monde, comme elle n'a pas dû plaire en son temps !  

    FB_IMG_1518790611479.jpg

    Uttering the R-Word

     https://www.nytimes.com/1996/10/13/opinion/l-uttering-the-r-word-791849.html

    Pour l'éditeur:

    Votre série d'articles traitant des problèmes que les immigrants trouvent à New York, avec un logement médiocre, un anglais inadéquat et un avenir incertain, rappelle le même défi que j'avais lorsque j'étais enfant.

    J'ai grandi durant la Grande Dépression, je suis allé dans une école qui n'avait qu'une classe, j'ai travaillé durant les week-ends et les étés lorsque j'étais au lycée et je suis allé à l'université avec une bourse d'études.

    J'ai rencontré et épousé la jeune fille qui est encore ma femme, quelques semaines avant de partir à l'étranger  étant enrôlé pour la guerre. Je suis rentré chez moi indemne  et nous sommes allés à New York et avons emménagé dans  un immeuble sans ascenseur, dans un deux-pièces avec eau froide à Hell's Kitchen. Nous avons travaillé comme modèles (nu dans mon cas à l'Art Students League, 1,75 $ l'heure) jusqu'à ce que nous commencions à avoir un travail d'acteur. Notre budget alimentaire était de 7 $ par semaine, principalement des macaronis et du salami.

    Bien sûr, nous n'avons jamais envisagé d'avoir des enfants avant d'avoir acquis suffisamment d'avenir au cinéma et sur scène pour rendre la parentalité possible.

    Vous écrivez avec éloquence sur le triste sort des familles que vous décrivez, mais vous admettez rarement que beaucoup d'entre elles sont en fait dans l'illégalité. Ce mot n'a-t-il plus aucun sens dans notre culture en déclin ?

    Un mot encore plus important qui n'est encore inclus dans aucun de vos articles est : «responsabilité». Cela compte-t-il pour rien ? Comment un couple pourrait-il projeter de s'installer dans le Pays avec plusieurs enfants innocents et sans éducation et s'attendre à prospérer, ou même à survivre ici ? Sûrement, qu'ils seraient mieux renvoyés¹ légalement vers une culture qu'ils peuvent au moins comprendre.

    CHARLTON HESTON

    Los Angeles, Oct. 9, 1996

    PETITE MISE AU POINT 

    ¹ deported back : cette expression employée par Chuck dans sa lettre,  traduite en français, a plusieurs significations. J'ai opté pour le mot "renvoyés" car le mot "déportés" dans la langue française a plusieurs significations et particulièrement une connotation avec de tristes évènements qui ont eu lieu dans le passé et qui existent toujours. Je ne crois pas que Charlton voulait enfermer dans des camps, ces personnes qui veulent une vie meilleure. 

    https://www.linguee.fr/francais-anglais/search?source=anglais&query=deported+back5.JPG

     

     

    MES REMARQUES CONCERNANT CETTE LETTRE....

     

     

    En relisant cette lettre de Charlton Heston, quelques réflexions me viennent à l'esprit :

    Il ne pouvait pas comparer sa situation de jeune couple arrivant à New York après la guerre 39/45, même si à l'origine il était un "péquenaud" comme il se nommait lui-même, avec la situation d'immigrants arrivant sur le territoire américain. Lydia et lui étaient Américains et en tant que tels, les difficultés pour s'installer à New York, n'étaient pour eux que d'ordre matériel... Il a suffi par la suite qu'ils aient du travail !

    Au sujet de "responsabilité" , il fait fort également en prétendant qu'il suffirait qu'un couple d'immigrants avec enfants soient envoyés légalement dans un "pays dont ils comprendraient la culture" et cela résoudrait le problème. 

    Ce sont à mes yeux deux maladresses qu'il commet, car personnellement, pour le reste, je ne peux pas lui donner tort. 

    J'ajoute encore ceci : je suppose que cette lettre et les propos de Chuck, selon notre degré de compréhension et d'interprétation, peuvent être  lus de différentes manières avec notre esprit latin, notre façon de voir les choses ...

    Il ne juge pas les immigrants  mais je regrette qu'il n'ait pas eu des mots de compassion pour eux, je veux croire qu'il ne juge que l'attitude des médias et de la politique et que finalement il ne s'adresse qu'à eux.

    Ce n'est que mon humble avis 

    signature_4.gif

     

     
  • 7 - "Charlton Heston une biographie " de Michael Munn - (traduction par Adrien P.)

    51Db8nugfnL._SX350_BO1,204,203,200_.jpg

    AMOUR ET GUERRE 

    ... SUITE

    7b15d3f9288028c79a7e0c0fa405598d.jpg

     

    « Les enfants sont les personnes les plus conventionnelles au monde », dit Heston. « Pour eux, il est plus important que tout de se conformer, et j'étais toujours une sorte d'excentrique. J'ai donc été amené à être indépendant. »

    Il était également très réaliste en reconnaissant les embûches qu'on rencontre en voulant devenir acteur. Mais c'est ce qu'il voulait, et il était prêt à tout pour y parvenir. Il dit :

    Comment pouvais-je imaginer à dix-huit ans que je pourrais gagner ma vie en tant qu'acteur ? J'étais suffisamment intelligent pour savoir qu'on ne pouvait pas espérer mieux que de se frayer un chemin en creusant avec les ongles5. Mais je devais penser que j'allais réussir, sinon je n'aurais pas réussi.

    Un acteur a besoin de confiance en soi parce que, comme le dit merveilleusement Arthur Miller en parlant d'un vendeur, « il va dans la vie en dépendant d'un sourire et du cirage de ses chaussures ». Si tu étudies pour un rôle et qu'on te demande « penses-tu que tu peux le faire ? », mieux vaut que tu crois que tu le peux, parce que si toi tu ne le crois pas, personne ne le croira."

     

     

    Il s'assit seul dans le train, son ventre se tordait à l'idée de faire face aux parents de Lydia. Il détestait toujours rencontrer des gens, et il savait que cette rencontre était importante. Maintenant que leur romance était plus qu'un amour d'université, Lydia se dit qu'il était temps qu'il rencontre ses parents, et elle s'arrangea comme il se doit pour qu'il vienne leur rendre visite pendant les vacances d'hiver.

    Il remonta de Chicago au Wisconsin et arriva à Two Rivers pour trouver le village sous une couche de neige. Il trouva la petite maison étroite, peinte en vert, où vivaient les Clarke. Dehors, Lydia, coiffée d'un chapeau en laine rouge, déblayait la neige de l'allée. Elle l'amena à l'intérieur pour rencontrer ses parents, et toute son inquiétude s'évapora bien vite. Le froid était dehors et il fut réchauffé par leur accueil et se sentit comme chez lui .Il se sentit encore plus chez lui dans la campagne aux alentours de Two Rivers, et il découvrit un lac bordé de falaises rocheuses qui ne demandaient qu'à être explorées. Il avait un peu l'impression d'être de retour à la maison, à St Helen, et il était content d'avoir Lydia à ses côtés. Ils prévoyèrent de revenir un jour ici pour pique-niquer, quand la neige aurait fondu.

    Mais ils ne trouvèrent jamais le temps de faire un pique-nique. Les événements mondiaux autour d'eux envahissaient la vie des Américains partout. Cet hiver, le 7 décembre, les Japonais attaquèrent Pearl Harbor, entraînant les États-Unis dans la guerre mondiale.

    Charlton voulait toujours être acteur plus que tout. Il aimait cependant trop son pays et n'était pas assez lâche pour donner la priorité à ses ambitions personnelles. Il continua ses études, fut diplômé de la Northwestern's Fine Drama Department's School Of Speech6, et puis, à 19 ans, il s'engagea dans l'armée de l'air.

     img037-001.jpg

    Maintenant, au lieu d'apprendre à être un acteur, il apprenait un tout autre métier : comment faire fonctionner une radio dans un B-257. Il était affecté à Greensboro, en Caroline du Nord, à plusieurs états de distance de Lydia8. Ils ne se voyaient que quand il obtenait de temps en temps une permission le week-end.

    BOMBARDIER B25.jpg

     

    Il voulait vraiment épouser Lydia, mais elle avait décidé avant même de le connaître de ne jamais se marier. Il la demanda en mariage toutes les semaines, mais la réponse était toujours « non », à son grand désarroi. Il était cependant vaillant. Le devoir l'appela finalement pour aller sur les îles Aléoutiennes9. Désespérant de peut-être partir pour ne plus jamais la revoir, il lui fit parvenir par télégramme une dernière requête passionnée pour l'épouser. Il avait tout sauf perdu espoir en lisant le télégramme de réponse disant « ai décidé d'accepter ta demande. »

    La date fut fixée au 17 mars 1944, mais il fallut un timing minutieux et des préparations de dernière minute pour se lancer dans la vie conjugale. Lydia prit le bus depuis l'Illinois jusqu'à Greensboro tandis qu'il soutira un week-end de permission. Il n'y avait pas le temps pour les formalités habituelles et les invitations. Ils coururent à travers le village, et trouvèrent une jolie petite église méthodiste10 où le pasteur accepta de les marier en étant prévenu deux heures avant. Deux femmes arrangeaient les fleurs dans l'église. Charlton les convainquit d'être leurs témoins. Lydia choisit les violettes pour se marier et tandis qu'il pleuvait des trombes, ils coururent à l'église où les attendaient le pasteur et les décoratrices. Ils étaient officiellement mariés, et Lydia devait prendre son bus.

    3248678945.jpg

    Charlton fut ensuite envoyé à Selfridge Field à Detroit pour son entraînement final avant d'être envoyé sur le terrain. Lydia continua d'étudier à Northwestern, mais quand on découvrit que c'était une femme mariée, elle fut renvoyée sans cérémonie de son dortoir. Au moins, ils étaient un peu plus proches l'un de l'autre, et elle passait la plupart de ses week-end à Detroit à ses côtés. Il ne restait que quelques semaines avant son départ pour la guerre, et ils firent tout pour que chaque minute ensemble compte. Elles passaient toujours trop vite jusqu'à ce qu'arrive finalement leur dernière semaine.

    Espérant avoir un week-end dont ils puissent se souvenir pendant le reste de la guerre, ils firent une folie et réservèrent une suite au Book-Cadillac Hotel11. Le jour suivant était leur dernier ensemble. Ils voulaient faire quelque chose de spécial. Ils décidèrent d'aller voir Paul Robeson12 dans Othello. Ils avaient besoin de vérifier l'heure de levée du rideau, donc Charlton prit le téléphone pour joindre le théâtre. Passant son doigt sur les pages de l'annuaire à la recherche du numéro du théâtre, il vit soudain un nom familier : Russell W. Carter. Son cœur faillit s'arrêter. Il osa à peine s'autoriser13 à le croire, mais il ne put pas s'empêcher de se demander : « je pense que ça pourrait être mon père. » Il avait toujours présumé que Russ était resté à St Helen mais ce nom se trouvait à Detroit. Presque automatiquement, il commença à composer le numéro, juste au cas où. Une voix d'homme répondit.

    « Est-ce que c'est Russell Carter ? » demanda Charlton avec hésitation.

    « Oui. »

    « De St Helen ? »

    la réponse était plutôt décontracté : « oui. »

    Tout ce que Charlton pouvait songer à dire, c'était « c'est ton fils ».

    Il y eut un long silence. C'est la voix qui le brisa.

    « Charlton ? »

    « oui. »

    « Où es-tu ? » s'exclama Russ, la voix tremblante. Charlton lui répondit. « Attends-moi ici », dit Russ. « Je viens immédiatement te chercher. » 

    Book-Cadillac_Hotel,_Detroit,_Mich_(65804).jpg

    C'était un moment d'intense émotion quand Charlton ouvrit la porte et vit son père là, l'air plus vieux mais dégageant toujours le même charisme chaleureux dont se souvenait Charlton. Russ fut impressionné en voyant son petit garçon tout maigre se dresser du haut de son mètre quatre-vingts♦♦

    Il embarqua Charlton et Lydia dans sa voiture et les amena chez lui. Il expliqua à Charlton pourquoi il avait cessé de venir les voir lui et sa sœur. Il avait l'impression que s'il continuait à venir leur rendre visite, il ferait souffrir ses enfants. Le gouffre entre leur mère et lui semblait créer une horrible tension, d'abord d'un côté, puis de l'autre, et il ne savait pas si Charlton et Lilla allaient le supporter. Il décida, pour le meilleur ou pour le pire, que le seul moyen de gérer la situation et être équitable avec tout le monde était de sortir complètement de leurs vies.

    Russ s'était remarié en 1935. Sa femme s'appelait Velda et ils avaient une fille, Katy. C'est ainsi que Charlton découvrit qu'il avait une autre sœur. Velda et Katy saluèrent toutes les deux chaleureusement Charlton et Lydia, et dès ce moment, un lien unique se créa entre Russ et Charlton. Ils étaient devenus plus qu'un père et son fils. Ils étaient les meilleurs amis, et Charlton en arriva à l'appeler Russ plutôt que papa.

    Heston : 

    " Je suppose que la raison pour laquelle mon père et moi avons une relation si proche est que nous n'avons pas traversé la phase de rébellion adolescente. Je lui manquais, mais il n'a jamais deviné combien il me manquait. Nous nous rendions compte tous les deux que même s'il avait de bonnes intentions en quittant sa famille, c'était une erreur.

    Si les parents réalisaient combien un divorce brise le cœur des enfants, il n'y aurait probablement pas un taux aussi terrifiant de divorce dans ce pays. Parfois, j'imagine, le divorce semble être la seule solution saine pour un couple malheureux. Je pense quand même qu'il est impératif que, d'une manière ou d'une autre, le lien naturel des enfants avec leurs deux parents ne devrait pas être coupé."

    Charlton avait appris une leçon enrichissante pour son propre mariage. Pour eux, cependant, son mariage n'avait pas vraiment eu un début conventionnel. Ils virent Othello la nuit suivante et se dirent au revoir. Charlton passa l'année et demie qui suivit à servir à bord de bombardiers B-25 dans les îles Aléoutiennes, une série d'îles s'étendant sur 1 200 miles14 à l'Ouest et au Sud-Ouest de l'Alaska en face de la Sibérie. Charlton et ses camarades de l'armée de l'air ainsi que les soldats y vivaient dans des conditions horribles, s'abritant en général sous de simples tentes ou des cabanes. C'est une région constamment à basse pression avec un air froid descendant des régions polaires, rencontrant des courants d'air plus chaud, créant des conditions cycloniques de l'Ouest à l'Est.

    img038.jpg

    Tandis que ces conditions météorologiques prédominaient, l'armée américaine et l'armée de l'air combattirent les Japonais jusqu'à ce que la bombe atomique apporte finalement un arrêt brutal  à la guerre pendant l'été 1945.

    Charlton dit au revoir au onzième régiment de l'Air Force et se dirigea vers l'Est, en compagnie de Lydia, s'attendant à cartonner à Broadway15.

    img043.jpg

     

    A SUIVRE...

     ♦♦ Une fois de plus, rappelons que Charlton Heston mesurait 1m93 en réalité (Remarque France Darnell)

    5 Le texte original dit « I certainly had brains enough to know that you couldn't hope for more than to scratch along »

    6 Le département d'art dramatique de l'école d'élocution de l'université du Nord-Ouest.

    7 Le B-25 Mitchell est un avion bombardier américain. De taille moyenne, il est connu pour avoir été employé dans le cadre du raid de Doolittle contre Tokyo (18 avril 1942) en représailles à l'attaque sur le Pearl Harbor.

    8 À à peu près 1 200 kilomètres de là

    9 Au Sud-Ouest de l'Alaska

    10 Un courant de la religion protestante. Ils prônent entre autre la « perfection chrétienne » et rejettent l'idée de « prédestination »

    11 Le Westin Book Cadillac Hotel est un hôtel de luxe de Detroit

    12 Acteur afro-américain, fils d'esclave, également connu en tant qu'athlète et chanteur. Sa sympathie pour les pays communistes et son engagement pour la population noir-américaine en ont fait une figure controversée dans les années 50.

    13 Le texte dit « He hardly dare allow himself to think ». je rétablis un prétérit par souci de concordance des temps.

    14 1931 kilomètres

    15 Le texte « to take Broadway by storm », « storm » signifiant « la tempête », mais le jeu de mot n'est pas facile à traduire en français.

  • MERCI A MON AMIE MARTA

    le cid 3.JPG

    Je tiens à remercier ici, notre amie espagnole Marta, fervente hestonienne, qui m'a offert ce DVD documentaire intitulé "BIENVENIDO Mr. HESTON", accompagné d'une affichette et d'un magnet-décapsuleur. 

    A noter que le DVD possède en plus, un petit livret très bien fait. 

    Ce documentaire de Pedro Estepa Menendez et Elena Ferrandiz Sanz, est une belle réalisation. Le film est un émouvant témoignage  sur ce petit village de Torrelobaton dont la vie des habitants et du village lui-même a changé en l'espace de trois jours en 1961. 

    C'était sous le régime franquiste. Ce petit village situé à proximité de Valladolid, a vu arriver toute l'équipe d'Antony Mann pour le tournage du film "EL CID" qui allait bouleverser leurs vies à jamais. 

    J'aime bien ce documentaire qui revient sur une époque durant laquelle tout n'était pas rose en Espagne.

    Evidemment,  si Charlton Heston en est le personnage central, l'intérêt du film repose également sur tous les témoignages de ceux qui ont participé à cette merveilleuse aventure que fut le tournage du film "EL CID"  et qui a laissé son empreinte à tout jamais dans ce beau pays d'Espagne et particulièrement à Torrelobaton. 

    Ce film a bien sûr pour langue principale l'espagnol, mais il est sous-titré en anglais et je dois vous dire bien que n'étant pas anglophone, j'ai pu comprendre les dialogues sans trop de difficultés. 

    J'ajoute que les lieux sont superbement filmés, très belles photos donnant envie de visiter ce beau pays qu'est l'Espagne et particulièrement les lieux de tournage du film.

    Merci à Pedro et Elena qui ont bien mérité les prix qu'ils ont obtenus pour ce film..

    J'ai eu l'occasion de publier 2 reportages intéressants à ce sujet dans lesquels tout est dit. Vous pouvez les retrouver sur ces liens :

    http://charltonheston.blogspirit.com/archive/2015/10/25/le-documentaire-sur-el-cid-presente-le-28-3071337.html

     

    http://charltonheston.blogspirit.com/archive/2015/10/23/el-cid-cent-pesetas-et-un-sandwich-chorizo-3071334.html

     

     

    20180518_072729_Richtone(HDR)-001.jpg

    20180518_072628_Richtone(HDR).jpg

    32750439_879124512274535_5532079720205647872_n.jpg

  • 6 - " Charlton Heston une biographie " de Michael MUNN - (traduction par Adrien P. )

    51Db8nugfnL._SX350_BO1,204,203,200_.jpg

    Amour et guerre

     

    img038 - Copie.jpg

    Si Charlton Heston avait beau être un acteur-né quand il était sur scène, il ne pouvait pas compter sur les dialogues de Shakespeare, il était très loin d'être un Roméo dans la vraie vie. Il était trop timide auprès des filles pour être ne serait-ce qu'à l'aise auprès d'elles. Jouer sur scène lui avait permis de fuir sa timidité en se cachant dans d'autres personnalités, derrière de fausses barbes et des nez postiches, laissant l'odeur de colle à postiche (qu'il tenait pour « l'odeur la plus excitante au monde ») envahir ses narines. Il était cependant très maladroit quand il devait gérer les sources de traumatisme de la vie réelle, comme sortir avec des filles.

    Il venait d'être diplômé quand il puisa enfin le courage du fin fond de son âme sans assurance, de demander à une fille de sortir avec lui. Ils allèrent à un spectacle, mais il était si nerveux tout au long de la soirée, qu'ils furent tous les deux soulagés de se dire au revoir à la fin de leur premier rendez-vous. Ils n'en n'eurent jamais de deuxième, et Charlton prit la décision de concentrer toute son énergie sur ses études universitaires, et à devenir l'acteur qu'il voulait être (Une préoccupation qu'il a toujours aujourd'hui1).

    pixiz-14-05-2018-19-22-48.gif

    À la fin de l'été, Charlton commença à aller à l'université, mais n'avait toujours pas de véhicule ; il marchait tous les jours, ce qui lui permettait de consacrer ce temps à penser aux pièces, aux répliques et au jeu. Les filles étaient maintenant la dernière de ses préoccupations, et même la guerre en Europe ne pouvait pas le détourner de son objectif de devenir acteur professionnel. Durant cette première année à l'université, il apparut dans sept pièces et se plongea complètement dans les cours de la School of Speech2. C'était un miracle qu'il soit capable de maintenir ses yeux ouverts assez longtemps pour lire ne serait-ce qu'un script : il travaillait de nuit pour payer ses études et, bien sûr, il passait ses journées à l'université, non seulement pour le théâtre mais aussi ses cours académiques.

    Mais ni son enthousiasme ni sa santé ne furent troublés par ce travail, et non seulement il survécut, mais il en sortit grandi, passant chaque moment éveillé à penser au théâtre. Il raconte :

    « Je pris un travail supplémentaire pendant un moment, faisant marcher un ascenseur dans un bâtiment pendant la nuit, et je pourrais recommander ce travail à n'importe qui. C'était le meilleur travail que j'ai jamais eu à part celui d'acteur, parce qu'on pouvait dormir un peu, et je pris l'habitude de répéter dans la cabine. J'étais de service de minuit à huit heures, et tous les gens qui vivaient dans ce bâtiment étaient si vieux qu'ils allaient au lit très tôt, donc j''étais plus ou moins toujours seul.

    J'ai aussi travaillé dans une aciérie, une fois, et c'était plus dur. Mais le théâtre restait ce à quoi j'aspirais, et je suis finalement arrivé à un moment où je pouvais en vivre. Les gens demandent toujours aux acteurs, aux peintres et aux écrivains également pourquoi ils font ce qu'ils font, et ils répondent souvent par des banalités3.

    Mais honnêtement, je dois dire que j'aime simplement faire semblant d'être quelqu'un d'autre. Je pense que c'est ce qui amène beaucoup d'acteurs à cette étrange carrière. C'est le truc de petit garçon par excellence qui dit « regardez-moi, je suis pompier ou conducteur de train. » Aucun de nous n'en sort vraiment. C'est ce qui nous pousse à être dans la peau d'un autre et à nous convaincre nous-même que tout ce qui se passe sur scène se passe réellement. Et si on en arrive au point de le faire si bien, on réussit à convaincre le public également, que tout se passe réellement, alors le public sera prêt à payer l'acteur... payer pour qu'il fasse son travail.»

    Pour en arriver au point où des gens le payent, Il prit aussi un travail de jour dans une radio locale ce qui s'avéra être une expérience inestimable dans sa formation puisque la radio s'appuie uniquement sur la voix. Il continua ainsi ses études, persévérant dans sa résolution et sa passion, distrait par ni rien ni personne. Personne, sauf une jolie brune assise devant lui dans le cours de théâtre.

    img041.jpg

    Lydia Clarke avait 19 ans, elle venait d'une petit ville nommée Two Rivers dans le Wisconsin où son père était principal de lycée. Elle étudiait le théâtre mais ne voulait pas être actrice. Elle voulait devenir avocate. Au départ, Charlton évitait les filles comme la peste, mais dans le cours de théâtre, lui et Lydia furent amenés à se rapprocher, et elle devint la seule fille face à laquelle il fut à l'aise. Il prit conscience peu de temps après qu'il était amoureux d'elle. Elle, cependant, n'était pas vraiment éprise de lui.

    Charlton pense que : « sa première impression de moi était que j'étais la créature la plus incroyable du campus. Je l'étais probablement ». La créature fit dire par un camarade de classe malveillant à Lydia : « chaque famille a un squelette dans le placard, mais la famille Heston fait sortir le sien et il veut devenir acteur

    Charlton fut inhabituellement brave en demandant à Lydia de sortir avec lui, et elle résista au début : « quand elle finit par accepter », se souvient Heston, « les choses commencèrent à aller mieux. C'était la première personne à qui j'ai parlé de mes parents. Ses parents étaient toujours heureux ensemble, mais elle m'a quand même écouté, et a compris en quelque sorte. »

      Mais même s'il était mordu par le virus du théâtre, il ne pouvait pas le laisser tomber pour celui de l'amour et Charlton contamina la belle étudiante en droit, tant et si bien qu'ils furent contaminés tous les deux par le virus du théâtre4.  Ça a commencé quand Heston insista pour que Shakespeare les accompagne dans leurs rendez-vous galants. « Il m'amena faire une longue promenade romantique », raconte Lydia. « et ensuite, au lieu de me faire l'amour, il lut MacBeth ! Il en arriva à l'amour plus tard. »

    Lydia abandonna donc rapidement son ambition de travailler dans les cours de justice et tourna son regard dans la même direction qu'Heston, vers le théâtre. Elle était en quelque sorte portée par sa forte volonté et son absolue certitude qu'il réussirait à devenir acteur. Il était peut-être désespérément timide et manquait de confiance en lui-même quand il avait affaire aux gens, mais en lui-même, il était absolument certain qu'il deviendrait acteur. C'était là sa grande force, car pendant que les autres le voyaient comme un marginal anti-social, dégingandé avec "deux pieds gauches", il savait qu'il avait les tripes et le courage de faire tout son possible pour atteindre l'objectif de sa vie, et c'est cette force qui a éclipsé ses faiblesses depuis. Lydia le reconnaît (c'était probablement la seule à l'époque), comme elle le dit : « sa ténacité n'est pas venue avec le temps. C'est par là qu'il a dû commencer ».

     

    A SUIVRE...

     

    1 En 1986, date de publication de cette biographie.

    2 L'école d'éloquence

    3 Le texte dit « very pontifical answers », litt. des réponses très pontificales.

    4  Une métaphore étrange, et difficile à rendre correctement dans la traduction