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Marc Eliot : traduction de Hollywood's last icon

  • HOLLYWOOD’S LAST ICON : " MAJOR DUNDEE "TRADUCTION du chapître 23 du livre de Marc ELIOT

    ...SUITE & FIN

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    Concernant son histoire de retour de salaire, HESTON rentra dans les détails avec la presse pour expliquer en quoi les choses étaient devenues compliquées, et pourquoi il n’avait pu que soutenir son metteur en scène. «  plus vous mettez de péripéties dans un film, plus les personnages deviennent plats ; ce fut le génie de WYLER dans BEN-HUR de faire accéder ses personnages au premier plan de l’histoire ; Chris FRY qui écrivit le scénario me dit que si on avait enlevé l’histoire d’amour, le film aurait été meilleur, car tout ce qui importe au spectateur dans le film, c’est la relation entre Judah et Messala. J’ai appris pendant les amères premières années de ma carrière à quel point il faut un bon script, avant tout ; quand Sam m’a apporté le premier jet de DUNDEE, nous savions tout de suite qu’il fallait le réécrire. Qui le fera ? ai-je dis… «  moi » a répondu Sam. Cela voulait dire retarder le film de quatre mois. Je n’avais pas autorité sur le scénario, ni un pourcentage, juste un salaire classique. ON a fait le film au Mexique , qui a dépassé de six jours la date de fin de tournage. Ils ont voulu couper des scènes, j’ai soutenu Sam, j’ai voulu donner toutes ses chances à cet homme de talent, j’ai dit aux patrons : «  écoutez les gars, je suis prêt à vous rendre mon salaire si vous conservez les scènes que nous trouvons importantes » J’ai considéré comme un devoir moral de faire ce geste parce que j’avais cassé une règle éthique ! je ne pensais pas qu’ils me prendraient au mot, mais ils l’ont fait, je n’allais pas leur dire «  hey, rendez-moi mon argent ! »

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    Plus tard, éternel rationnel, il dit : « au moins, on m’aura payé mes repas » et, il exprima un point de vue sur DUNDEE qui est sans doute plus près de la vérité : «  le film a échoué car le studio, Sam et moi-même avions chacun une vision différente de ce qu’il devait être ; le studio voulait un film de cavalerie et de méchants peaux rouges, je voulais un film sur la guerre civile et Sam voulait faire THE WILD BUNCH , qu’il filma plus tard….

    TROP de cuisiniers talentueux pour se retrouver avec deux hots-dogs bouillis.»

    Fin avril, ayant fini le tournage au Mexique, HESTON retourna à Los Angeles pour apprécier les plaisirs simples de se lever tôt, déposer FRASER à l’école, s’arrêter un peu au studio, prendre un bain vers midi et s’allonger près de la piscine à lire de nouveaux scripts ; cette routine était reposante, mais HESTON ne pouvait s’empêcher de ressentir une grande frustration et une grande colère concernant DUNDEE et l’occasion manquée d’en faire un bon film, ajoutée à la dépense d’argent inutile de sa part ; il commença à exprimer sa frustration devant tous ceux qui lui étaient proches, y compris Lydia, avec laquelle il commença à se disputer sur des questions sans intérêt, ce qui finissait en général par des excuses de sa part, il résuma plus tard le secret de la longévité de son mariage avec Lydia de cette manière : « d’abord, il faut trouver la bonne personne, et surtout, ne pas oublier l’importance cruciale de cette phrase : «  j’avais tort », ça vous mènera beaucoup plus loin qu’un simple «  je t’aime » 

    La première semaine de mai, HESTON partit avec sa famille pour ROME, pour commencer un film dont il espérait qu’il redresserait un peu sa balance financière, et marquerait un retour de forme ; il avait accepté une offre de la FOX pour jouer Michelangelo dans une adaptation à 7 millions de dollars du roman d’Irving STONE «  L’extase et l’agonie », qu’on tournerait en deux versions, TODD-AO et Cinémascope. FOX avait acquis les droits du roman en 61 et commissionné Phil DUNE pour le scénario, avec l’idée de mettre ZINNEMANN à la mise en scène et LANCASTER dans le rôle de l’artiste .Quand celui-ci changea d’avis, en désaccord avec l’approche fausse selon lui de l’homosexualité du sculpteur, on offrit le rôle du pape à Spencer TRACY qui refusa aussi, finalement, ce fut Carol REED qui succéda à ZINNEMANN, et Rex HARRISON accepta le rôle du pape Jules. HESTON était un admirateur du style classique de REED et notamment du «  THIRD MAN » dans lequel jouait aussi Orson WELLES .

    Le scénario de DUNNE se concentrait sur la bataille de quatre années qui opposa Michelangelo et le pape au sujet de la peinture du plafond de la chapelle Sixtine à ROME ; HESTON considéra le script comme «  le meilleur qu’il ait jamais lu » ; il avait plutôt réussi sur THE PRESIDENT’S LADY , un autre film adapté de STONE, et signa donc pour un » pourcentage sur le brut » qui commençait avec le premier dollar gagné sur le film, ce qui signifiait que même si le film s’avérait trop cher ou que la FOX ne rentrait pas dans ses frais, il serait le premier à être payé, un deal qui ne présentait aucun inconvénient !

    Il passa des semaines à faire des recherches concernant l’artiste, chemin qu’il empruntait régulièrement pour trouver son personnage, notamment 600 lettres écrites par lui ; «  les lettres sont souvent le moyen le plus sûr de découvrir une personnalité, et celles-ci m’ont permis de connaitre sa profonde misanthropie, sa nature paranoïaque et quasiment asociale »

    Il fut surpris de constater que l’artiste se considérait avant tout comme un sculpteur plutôt qu’un peintre, et n’avait fait en tout et pour tout que deux œuvres majeures, le plafond de la Sixtine et le mur derrière la chapelle appelé « le jugement dernier », ce qui l’amena à considérer Michelangelo comme un marginal au talent immense, forcé de se plier à un contrat contre sa volonté ; il trouva quelque part dans cette révélation un parallèle avec sa propre place à HOLLYWOOD, le pape étant un amalgame des patrons de studio ou metteurs en scène qui l’avaient mal utilisé ou mal traité, qui le considéraient comme une commodité pour faire de l’argent plutôt que comme l’artiste qu’il pensait être.

    Cependant, son plus grand défi consistait à comprendre Michelangelo dans son intensité ; il dit à un reporter : « je n’ai joué qu’un génie dans ma vie, Thomas JEFFERSON, mais là je joue un génie qui était un grand artiste » pour essayer de saisir la technique ainsi que l’émotion, il étudia le travail des sculpteurs sur marbre, et passa de longues heures à étudier leur travail, sinon pour les comprendre, du moins pour essayer d’être plausible dans cet exercice ; il augmenta donc son temps de travail considérablement, et si le travail s’avéra moins difficile que de traverser le Sinaï ou conduire un attelage de chars, il lui fut requis de rester quatre heures par jour allongé sur un échafaudage, sans oublier la peinture fraiche qui inévitablement allait couler sur son visage, ses cheveux et sa barbe pendant cet exercice !

    Laissé de côté totalement dans ses recherches, fut l’aspect pourtant bien documenté de l’homosexualité du personnage, ce que HESTON ne croyait pas. «  rien n’indique qu’il ait été gay » déclara t’il, en dépit d’évidentes preuves du contraire, notamment la poésie de l’artiste ; «  mais s’il l'avait été, dans ce cas, je n’en aurais pas fait un hétéro » ; par ailleurs, le vrai Michelangelo était de taille moyenne, pas le style beau gosse en vedette, une disparité que HESTON mit à profit pour déclarer : «  il était deux fois plus grand que n’importe quel homme »

    Comme MGM l’avait fait pour BEN, la FOX mit tous ses atouts dans la réalisation de AGONY. Le studio avait souffert grandement de son investissement déraisonnable et quasi-fatal dans CLEOPATRE qui l’avait mis au bord de la banqueroute ; le cachet de miss TAYLOR était de 2 millions, et la FOX avait dépensé 31 millions pour l’achever, ce qui en fit le film le plus cher de l’histoire d’HOLLYWOOD ; le studio était désireux de remettre de l’argent dans les caisses avec l’apport d’une superstar connue et populaire pour ses rôles historiques.

    Le tournage commença à ROME le 8 juin, pour une durée attendue de 3 mois ; HESTON amena donc sa famille, il aimait tourner l’été car cela lui permettait de faire venir FRASER pendant ses vacances, et ils arrivèrent juste à temps pour célébrer le 9ème anniversaire de FRASER. Dès le matin suivant, HESTON s’en tint à une routine précise, lever matinal, nage et exercices, suivis par un petit déjeuner copieux avec la famille, et encore d’autres exercices sportifs. Pour le déjeuner, un verre de jus de tomate et une boisson riche en protéines faisaient l’affaire, et après le tournage, son dÏner consistait en un bon steak ou un poisson entier, le tout accompagné d’une ou deux bières fraiches.

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    Avant qu’on puisse filmer quoi que ce soit, la production fut retardée par des négociations avec le Vatican pour filmer dans la chapelle, et qui échouèrent au dernier moment ! il fallut que ZANUCK se rabatte sur une réplique parfaite du plafond, qu’il installa dans les studios de DE LAURENTIS non loin, la chapelle ayant été parfaitement photographiée, et les couleurs passées ayant ensuite été restaurées pour créer une réplique d’un réalisme stupéfiant. Pendant ce travail minutieux, HESTON emmenait sa famille dans de longues promenades Via Appia, il trouva même le moyen d’emmener Lydia loin de ROME pour une soirée romantique, sans les enfants confiés à Mabel.

    La semaine suivante, pendant les quelques heures de repos qui lui étaient octroyées pour visiter la vraie chapelle Sixtine, il en profita pour aller voir les décors encore existants de BEN –HUR, et fut attristé de voir que l’herbe avait envahi l’ancienne piste de la course de chars, et que les écuries avaient disparu ; sa visite de la chapelle lui fit réaliser l’extase de la réalisation d’une telle œuvre, ainsi que l’agonie que représentait un tel travail ; dans son journal ce soir-là, il compara la souffrance de l’artiste, cloué pendant quatre ans à son plafond, à celle de Jésus sur la croix.

    Une fois le tournage commencé, Lydia avec son appareil photo en main, fit la chronique de ses progrès dans le rôle, pendant que les enfants trouvaient un coin à eux pour assister à tout ce qui touchait au tournage d’un film de leur papa. Fraser : « Je crois avoir grandi sur les plateaux de cinéma, c’est l’essentiel de mes souvenirs d’enfant ; mon père trouvait toujours un coin ou HOLLY et moi pouvions nous installer, mais pas dans le sillage de l’acteur, loin de la caméra ; pendant les pauses, il emmenait ma mère ou nous visiter le plateau, parfois je partais visiter, ou je restais assis pendant des heures à regarder ce qui se passait ; entre les pauses, mon père venait me voir pour me dire : «  ça va, Tiger ? est –ce que tu t’ennuies ? est- ce que tu préfères dessiner, ou regarder la télé dans ma loge ? et je répondais : «  non ; papa, je veux juste rester ici et regarder »

    En septembre, quand HESTON eut mis ses derniers coups de pinceau sur le plafond, il lui sembla que ces quatre mois à réinventer Michelangelo lui avaient paru aussi longs que les quatre ans qu’il avait fallu à l’artiste. Le grand sculpteur était dix ans plus jeune quand il avait peint la Sixtine que HESTON quand il l’avait joué, et il avait trouvé ce rôle très exigeant, peut-être le plus difficile de sa carrière. Quand le tournage fut achevé, il considéra qu’il avait tenu là son meilleur rôle.

    La famille s’envola de ROME et fit un bref arrêt à PARIS avant de partir pour New York. Dans la limousine qui l’emmenait de l’aéroport à leur appartement Tudor city, HESTON regarda la cité dans le lointain baignant dans la lumière du soleil, et écrivit dans son journal : « comme nous conduisions dans Manhattan, les immeubles me parurent incroyablement magnifiques. Je vins ici pour la première fois il y a 18 ans et 2 semaines. 18 ans ! »

    Il pouvait ressentir un peu de ces douleurs et de ces brûlures qui viennent avec l’âge et l’expérience….comme un sportif qui gagne en connaissance du jeu ce qu’il perd en enthousiasme juvénile. HESTON se demandait si ce film qu’il venait de finir le ramènerait au haut niveau de réussite commerciale et artistique qu’il avait pu connaître deux fois auparavant, avec THE TEN COMMANDMENTS et BEN-HUR ; si, en un sens, il allait pouvoir vraiment rentrer à la maison.

     

    traduction par :

     

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    A ma chère Cécile, qui j’en suis sûr veille sur moi.

  •   HOLLYWOOD’S LAST ICON : " MAJOR DUNDEE "TRADUCTION du chapître 23 du livre de Marc ELIOT 

    Publié le 1er septembre 2018

    MAJ le 7 septembre 2018

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    LE sujet principal de ce chapître est MAJOR DUNDEE, de la conception du film à sa réalisation, ainsi que les diverses embûches rencontrées sur le chemin…

    On peut constater dans ce chapître la façon précise et documentée avec laquelle Marc ELIOT développe son propos, ainsi que la distance qu'il conserve à l'égard de l'oeuvre et du personnage Heston lui-même…

    Le chapître commence au lendemain de l'assassinat du Président Kennedy ...

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    photo des pages 244-245 du livre de Marc Eliot "HOLLYWOOD'S LAST ICON"

    Cette nuit-là , HESTON s’envola dans un avion privé pour NEW YORK, que CBS lui avait fourni pour qu’il puisse lire l’éloge funèbre pour l’hommage qui allait être diffusé au niveau national dimanche après-midi. Le matin de la diffusion, il se réveilla et alluma la télé pour regarder, en même temps que le reste du pays, les reportages continuels autour de l’assassinat du président. Comme il avalait son café, il vit Jack RUBY enfoncer son révolver dans la poitrine de OSWALD, appuyer sur la détente et l’abattre. Il accomplit sa performance comme prévu, après quoi il prit l’avion du retour pour Los Angeles.

    Il ne travailla pas le reste de l’année, préférant passer les vacances sur sa colline avec sa famille…après la tragédie qui venait de se produire, la vie lui parut soudain plus précieuse. Des choses ordinaires, comme dÏner à la maison, aller nager, emmener Fray faire du cheval, changer les couches de Holly, ou s’asseoir près du feu le soir en partageant une bouteille de vin avec Lydia le rendaient encore plus reconnaissant que jamais pour la vie qu’il menait, et pour celle qu’il avait eue. La mort du président avait refermé les murs de CAMELOT, et HESTON mieux que quiconque savait que derrière ces murs, l’Amérique depuis Novembre, n’était plus protégée du monde extérieur….la nouvelle année devait lui apporter beaucoup d’activité, car CITRON avait conclu un deal de 750 000 dollars, sans pourcentage, avec COLUMBIA pour HESTON dans MAJOR DUNDEE, et le studio voulait ce film le plus tôt possible. C’était une bonne nouvelle pour SELTZER, qui voulait que l’équipe WAR LORD ait plus de temps pour développer le projet.

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    COLUMBIA engagea Jerry BRESLER comme producteur, lui qui avait travaillé sur DIAMOND HEAD et il engagea à son tour Sam PECKINPAH pour le mettre en scène, après que John FORD ait décliné le job. Le film serait le 3ème de PECKINPAH, après le très peu vu THE DEADLY COMPANIONS et surtout RIDE THE HIGH COUNTRY, que BRESLER avait aussi produit. On disait dans le milieu que ce PECKINPAH pourrait bien devenir le prochain FORD .

    Les problèmes commencèrent avant même qu’on tourne le moindre plan, à cause du manque de clarté du scénario, quant au point de vue à adopter. COLUMBIA voulait un film de cavalerie d’environ 2 heures, mais après avoir lu le script de FINK, HESTON trouva qu’il s’agissait plus d’un film sur la guerre civile, et ne savait pas trop comment approcher son rôle. PECKINPAH, lui, souhaitait faire de ce film une expérience sur le thème d’une «  violence stylisée » qui anticiperait son futur chef-d’œuvre, THE WILD BUNCH .

    Le scénario de FINK concernait un dur et trop zélé officier de cavalerie nordiste, survivant de la bataille de GETTYSBURG, qu’on envoie sur un avant-poste du Nouveau Mexique pour diriger un camp de prisonniers. Peu après son arrivée, une troupe de raiders apaches attaque l’avant-poste et s’enfuit au Mexique. DUNDEE part à leur recherche avec une troupe de son choix comprenant un vieil ennemi à lui, le rebelle Ben TYREEN, joué par nul autre que Dick HARRIS, co-star caractérielle de HESTON dans THE WRECK OF THE MARY DEARE. HARRIS venait d’obtenir la reconnaissance internationale pour sa performance dans THIS SPORTING LIFE de Lindsay ANDERSON, qui lui avait donné une nomination aux Oscars 63 ; HESTON avait ses doutes sur HARRIS, mais lui trouvait du talent et approuva son choix, pour le bien du film.

    Comme le travail sur la production avançait, il devint très clair pour HESTON que PECKINPAH contrôlait fort mal le tournage, qu’il était incapable de déterminer si ce film était un western ou un drame historique, et qu’il était surtout préoccupé par son style personnel. Pire encore, ses nombreux démons ( alcool, drogues, prostituées) provoquaient du retard et faisaient grimper le budget. Quand les cadres de COLUMBIA demandèrent à voir un montage grossier de ce qui avait été tourné, ils furent si déçus qu’ils annulèrent toute demande de fonds supplémentaires. Un groupe fut même envoyé pour superviser PECKINPAH et accélérer le reste du temps de tournage en extérieurs.

    Les choses tournèrent au cauchemar quand le film étant terminé, PECKINPAH et HESTON décidèrent qu’il fallait tourner deux scènes supplémentaires pour mieux mettre en valeur le personnage DUNDEE. Ce à quoi les cadres de COLUMBIA répondirent par l’ordre formel de finir le tournage en extérieurs et de filmer ce qui restait en studio à HOLLYWOOD ; HESTON et PECKINPAH campèrent sur leurs positions, et comme COLUMBIA ne voulait pas fléchir, HESTON offrit de leur rendre une portion de son salaire (estimée entre 100 000 et 300 000 dollars) si on leur permettait de tourner au Mexique les deux scènes litigieuses. L’offre fut mal prise par les cadres du studio, qui pensèrent non sans fondement, que HESTON cherchait à les embarrasser ; à ce moment précis, COLUMBIA était au bord de la faillite, et après la mort du fondateur Harry COHN en 58, une série de manipulations boursières ajoutée à un leadership manquant d’autorité avait épuisé les profits antérieurs de la société. Le studio considéra l’offre d’HESTON comme un bluff, celui-ci reçut un appel furieux de CITRON ,qui considérait l’offre d’HESTON de financer les scènes comme le mauvais choix, ajoutant que l’acteur devrait se plier aux exigences de COLUMBIA .

    Dans son journal, HESTON rationnalisa son offre de cette manière : «  franchement, les acteurs tendent à être considérés comme des individus irresponsables, et en tant qu’acteur je suis sensible au sujet ; je me trouvais dans une position qui ne m’offrait qu’une porte de sortie » ; sans tenir compte de l’opinion de CITRON il pensait qu’il était en train de sauver le film. Bientôt, cela devint le «  buzz » d’HOLLYWOOD .

    VARIETY écrivit à propos du deal : «  une star responsable d’un dépassement de budget a rendu son salaire à la compagnie, ce geste de grande conscience morale est le fait de Charlton HESTON, parce qu’il a pris le parti de son metteur en scène à propos de certaines séquences qui ont par conséquent provoqué des coûts supplémentaires ! le retour de salaire d’HESTON est évalué à 300 000 dollars, et COLUMBIA n’a pas fait la fine bouche pour accepter ce geste fort noble. DUNDEE a été tourné au Mexique »

    Le studio accepta finalement l’offre, et les scènes furent donc tournées au Mexique, d’ailleurs à cause de dépassement du budget, HESTON dut faire ses cascades lui-même et se blessa le bras. Mais le problème ne s’arrêta pas là, car HESTON fut tellement mis en colère par COLUMBIA qu’il décida de parler à tous les journaux possibles, afin que tout le monde sache que COLUMBIA avait bien repris son salaire. Cela le fit entrer dans la case «  activiste de l’industrie du film », comme un fauteur de troubles pour la nouvelle génération de cadres de l’ère de l’après grands studios, et ces gens n’aimaient pas qu’on expose les problèmes en public. Pour la communauté des créatifs, il passa par contre pour un héros, parce qu’il avait mis ses actions en accord avec sa pensée, et gagné un peu de «  contrôle créatif » sur les choses sans céder aux desiderata d’un studio. Son geste passa donc pour une action particulièrement noble, aux yeux de tous, sauf Richard HARRIS .

    L’acteur, très en vue après sa nomination, n’était pas habitué aux rigueurs d’un tournage en extérieurs, et n’apprécia pas du tout le temps de tournage rallongé considérablement au Mexique. Etant un britannique au milieu d’un groupe d’américains machos, il se sentit dès le début comme un intrus dans la troupe, considérant que HESTON, plus encore que les autres, le considérait d’un point de vue de «  pasteur condescendant » et « qu’il n’était qu’un «  connard pontifiant », un sentiment qui ne fut qu’accentué par l’esprit moqueur bon enfant qui régnait sur le plateau dés qu’ HESTON y mettait les pieds. HARRIS fut la victime d’un « gâteau explosif » et se sentit humilié quand tout le monde se moqua de lui et de son visage enfariné ; l’incident l’amena à s’enfuir et se cacher dans DURANGO, selon les dires de FRASER qui était sur le tournage avec Lydia et fut témoin de la scène.

    HARRIS déclara à propos d’HESTON : «  il est le seul homme que je connaisse qui puisse arriver à sortir d’un cube, tellement il est «  carré » ! on ne s’est jamais entendus ; le problème avec lui c’est qu’il ne pense pas être un acteur qu’on engage comme tous les autres, il pense qu’il est la troupe à lui tout seul ! il était là assis tous les matins, à enregistrer nos arrivées sur le plateau avec un chronomètre, alors j’en ai eu tellement assez que je me suis pointé un matin avec un vieux réveil que j’ai fait sonner à fond au moment où il arrivait, il n’a pas trouvé ça drôle, et je lui ai dit : «  tu vois jusqu’où on peut aller, pas vrai ? » HARRIS essaya même à plusieurs reprises de mettre un peu de LSD dans son café, «  pour le détendre » mais ne trouva jamais l’occasion. Un des membres de l’équipe, qui détestait aussi HARRIS, lui mit un jour un pétard dans sa botte. Quand le film fut terminé, COLUMBIA enleva le film à PECKINPAH et enleva la plupart des scènes que HESTON avait payées pour qu’on les finisse…Dans son journal, il nota qu’il voulait vraiment arriver à faire un vrai film sur la guerre civile, vu que celui-ci n’en était pas un. Il éprouva aussi des remords quant à la manière dont lui et d’autres avaient traité HARRIS :

    «  Il semble que j’aie déchargé beaucoup de mes frustrations sur le dos du pauvre Richard HARRIS, et avec le recul, j’ai été injuste ; il s’agissait d’un tournage épuisant, et Dick n’était pas habitué aux chevaux ou aux armes ; s’il était un fouteur de merde, j’étais un sacré fils de p… »

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    (Richard Harris dans THE WRECK OF THE MARY DEARE)

     

    A  SUIVRE ...

    traduction par :

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    A ma chère Cécile, qui j’en suis sûr veille sur moi.