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Maria Russo-Dixon : l'interview censurée 1972

  • Charlton HESTON et le Western (4ème partie)

     

    «  Je viens de lire les vingt premières pages d’un script sensationnel, si le reste est du même niveau, ça peut donner un grand western , on pourrait demander à HUSTON ou à STEVENS de le mettre en scène ! »

    «  oui, mais il y a un souci Chuck ; l’auteur ne vendra pas le script s’il ne le met pas en scène »

    «  Qu’est ce qu’il a fait jusqu’ici, ce gars ? »

    « Oh, juste un peu de télé, quelques séries »

    «  Allons, Walter, arrête de plaisanter ! »

    « Je plaisante peut-être, mais l’auteur pas du tout ; s’il ne dirige pas le film, il ne vendra pas le scénario ! »

    Voici un résumé de la conversation téléphonique entre Charlton HESTON et son ami producteur Walter SELTZER quand l’artiste, séduit par le scénario de « WILL PENNY »commença à faire des recherches pour financer le projet ; effectivement, il avait pensé à des metteurs en scène chevronnés pour assurer la réalisation, mais suite aux informations fournies par SELTZER, catégorique quant aux intentions du futur « director » Tom GRIES, il changea d’avis immédiatement ( « I’ve just changed my mind ») et accepta l’idée qu’un parfait inconnu prenne les rênes d’un projet relativement risqué en 1967 , période de crise sans précédent pour l’industrie du cinéma américain …

     

     

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             WALTER SELTZER & TOM GRIES

     

     

    En effet, on est à un tournant de l’histoire des grands studios, car de nombreux producteurs indépendants débutent à l’époque dans le métier, on recherche des projets peu coûteux mettant en valeur les aspirations de la jeunesse révoltée de l’époque, les grosses majors comme la FOX et la MGM ne se sont pas remises de l’échec de plusieurs grosses productions, et un projet de western intimiste sur les errances d’un cowboy quinquagénaire ne rentre absolument pas dans les critères de rentabilité d’un studio comme PARAMOUNT auquel SELTZER va s’adresser pour soutenir et distribuer le projet, après avoir essuyé un refus poli de Dick ZANUCK, nouveau président de la FOX, qui considère HESTON comme peu « bankable » désormais, point de vue qu’il nuancera comme par hasard après le triomphe de «  PLANET OF THE APES » !

    HESTON va jouer une fois de plus avec son statut de star de films épiques dont il a plus qu’assez depuis un bon moment, et il n’est pas plus illogique pour lui de jouer un vieux cowboy sans avenir qu’un général rebelle à l’autorité ( KHARTOUM) ou un chevalier amoureux tourmenté par son passé ( THE WAR LORD) ; son souci d’expérimenter et prendre des risques reste intact, et il désire plus que jamais apprendre au contact de nouvelles personnes, pourquoi pas dans ce cas œuvrer avec un «  metteur » inexpérimenté s’il peut lui apporter de la fraîcheur et des idées nouvelles !

    «  Tom GRIES est un étrange personnage, qui commence le métier de metteur en scène un peu tard, mais semble décidé à balayer en un seul film toutes les frustrations et les manques qu’il a accumulés en tant que scénariste ou «  script doctor » ; ça devrait m’inquiéter mais ce n’est pas le cas, car il a pour lui beaucoup d’envie et de volonté qui vont aider le film » ( journals, the actor’s life)

    « WILL PENNY » sera donc ce western atypique et très réaliste, sans commune mesure avec une fresque coûteuse aux nombreuses stars comme « THE WAY WEST » que Herman CITRON avait proposé à l’artiste dans la perspective d’un cachet alléchant pour son poulain et d’un tournage paisible , autant de choses qui à l’époque n’attirent pas HESTON,ce qui explique en partie son refus ; l’autre raison étant que Andrew Mac LAGLEN, sur lequel il changera d’avis plus tard, ne lui semble pas avoir l’envergure pour réaliser une épopée de ce genre ! Consterné par son SHENANDOAH , dont il dira que «  c’est le film le plus chargé de clichés que j’aie pu voir sur la guerre civile américaine » (toujours nuancé dans ses propos, notre héros…) il préfère se retirer un peu tard du projet ce qui offrira le rôle à son grand ami Kirk DOUGLAS, qui ne tirera pas grand chose non plus d’un personnage de chef de caravane autoritaire et mystique !

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    Retour au western gagnant avec «  WILL PENNY « ? certainement, puisque l’acteur va pouvoir composer un vrai personnage auquel on peut s’identifier, loin des clichés héroiques ,un être marqué par une vie de pur ouvrier du bétail, inculte et pourtant riche d’émotions et d’un besoin d’amour que sa rencontre avec une voyageuse jouée par la remarquable Joan HACKETT va lui révéler, mais trop tard dans sa vie ,du moins à ses yeux ; western bouleversant par son réalisme et son souci de vérité presque documentaire, «  WILL PENNY » sera un échec financier, en partie parce que PARAMOUNT n’y croira pas et le distribuera n’importe comment, provoquant la grande colère de l’artiste ; pourtant HESTON ne reniera jamais ce film, qu’il considère comme un de ses meilleurs, et restera «  fair play » quand à l’inexpérience de GRIES, très à l’aise dans les scènes intimistes, plutôt moins dans les séquences d’action qui s’apparentent plus à un bon téléfilm qu’à une production de cinéma ; mais ces quelques réserves ne justifient pas les critiques virulentes du biographe Mark ELIOT, qui considère que « même si HESTON donne à son personnage force et sobriété, beaucoup de choses ne vont pas dans ce film, à commencer par le fait que le film est englué sur la fin dans des décors de studio claustrophobiques , et aucune vraie émotion ne se traduit dans les scènes intimistes qui devraient en déborder » !

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    Jugement bien sévère, qui ne tient pas compte des conditions budgétaires qui ont limité les possibilités de GRIES même s’il tire très bien parti des décors naturels quand l’occasion lui est donnée ; à ce titre, on peut préférer l’analyse de Michael MUNN, qui considère pour sa part que « WILL PENNY , comme par miracle arrive à obtenir une balance délicate et quasi parfaite entre les scènes d’action inévitables dans un western et le vrai sujet, celui d’une rencontre bouleversante entre deux écorchés vifs de la vie qu’un amour sincère rapproche pour une courte période » …

    La vérité se situe peut-être entre ces deux analyses, et on peut effectivement penser qu’un réalisateur du calibre de STEVENS, dont le « SHANE » n’est pas très loin de «  PENNY » d’ailleurs, aurait su donner plus de souffle à cette aventure, mais tel qu’il est, ce «  petit western » en termes de production reste extrèmement attachant, et la prestation d’HESTON profonde et subtile, inattaquable …

    Satisfaction artistique pour l’acteur, WILL PENNY est un nouvel échec commercial à un moment ou il a besoin de retrouver une image positive auprès du public, mais ce n’est pas la raison pour laquelle HESTON ne retournera pas au western avant huit ans, car il ne choisit jamais les films en fonction de leur genre, mais du potentiel créatif qu’offrent le scénario et les personnages qu’il doit incarner, ce sont ses seuls critères…

    « J’ai besoin de trouver le caractère et la stature humaine de personnages qui ne sont nullement des héros, mais peuvent se retrouver transformés par des situations «  extraordinaires et je m’intéresse à cet aspect des choses, beaucoup plus maintenant que quand j’étais un jeune acteur qui ne comprenait pas forcément les rôles en profondeur, c’est ce que j’ai aimé faire en jouant PENNY ou TAYLOR » ( IN THE ARENA, auto-biographie)

    Ce retour au western se fera donc beaucoup plus tard, et pendant cette période, le genre déjà à l’agonie sur le plan commercial, aura subi d’importants changements ; la mode va être au «  spaghetti westerns » sous l’influence de Sergio LEONE, mais aussi aux films américains ayant subi cette influence , comme « JOE KIDD » de STURGES ou «  THE HUNTING PARTY « »de Don MEDFORD, et la violence la plus crue va s’installer sur les écrans, rompant totalement avec la tradition de sobriété à ce niveau que respectaient les MANN , DAVES et autres Howard HAWKS ; disons-le, l’hémoglobine coule à flots, et le tenant du titre dans ce domaine est Sam PECKINPAH, qui réussit avec THE WILD BUNCH son « opéra de la violence » dont MAJOR DUNDEE n’était finalement que l’ébauche…

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    Sam Peckinpah et Charlton Heston

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    Comment HESTON se positionne t’il à ce sujet à l’ époque, lui qui vient de signer un manifeste pour le «  gun control » suite à l’assassinat de Robert KENNEDY , et qui craint terriblement de voir l’Amérique, en proie à des troubles politiques majeurs, sombrer dans la brutalité et les excès de toutes sortes ?

    Sa vision est claire, il considère que la violence au cinéma doit s’exprimer, certes puisqu’elle est hélas le reflet de l’évolution de la société, mais qu’elle doit être « manipulée » avec grandes précautions, ce qui le rend très critique quand à certains films «  anti-establishment » comme le dernier WYLER, «  THE LIBERATION OF LB JONES » dont il dira : «  c’est un film très bien fait, mais je ne reconnais pas le pacifisme de WYLER , car ce film pourrait déclencher une guerre ! »

    C’est pourquoi on peut s’étonner que le dernier « vrai » western important de l’artiste puisse être ce «  THE LAST HARD MEN » ( LA LOI DE LA HAINE) pour deux raisons de poids :

    La première, c’est qu’il va se retrouver dirigé par Andrew Mac LAGLEN, qu’il n’apprécie pas comme metteur en scène au départ, le jugeant comme un « sous John FORD » qui a surtout servi la soupe à John WAYNE sur une dizaine de films, et ce n’est pas tout à fait faux.

    La deuxième, c’est que le film quand à son scénario s’apparente à un western spaghetti à la sauce américaine, avec beaucoup de débordements sanglants à la clef, une histoire de vengeance pas spécialement originale, et la perspective peu attrayante de voir la violence la plus gratuite s’étaler sur l’écran, ce qui est contraire à ses principes !

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    Concernant le choix du «  metteur »on ne peut lui jeter la pierre, car les décideurs sont BELASCO et SELTZER, et pour la première fois depuis longtemps, il se voit refuser la proposition d’engager Jack SMIGHT, réalisateur bien plus inspiré que Mac LAGLEN, ainsi que celle d’engager Sean CONNERY, idée intéressante, mais qui sera finalement remplacé par un bon copain et excellent acteur quand il n’en fait pas trop, James COBURN …

    Concernant le propos même du film et le rôle de la violence dans ce western à la mode, HESTON va faire contre mauvaise fortune bon cœur tout en regrettant les excès liés à l’époque, dont une scène de viol particulièrement insistante ( «  suggesting things would have done better » dira t’il à ce sujet) et tenter de donner de la substance à un personnage de shérif un peu monolithique sur le papier, mais dont il refusera de faire un héros, appuyant au contraire sur le vieillissement et les doutes d’un homme à la retraite, qui voit l’Ouest se transformer et le 20ème siècle arriver, sans qu’il puisse vraiment s’adapter à ces changements ; tous ces aspects du personnage de Sam BURGADE sont bien mis en valeur par une performance plutôt sobre du comédien, à l’opposé du métis haineux Zach PROVO joué par COBURN, qui arrive à se délester de ses schémas de jeu éprouvés comme ce fameux «  COBURN smile » pour incarner parfaitement ce repris de justice aveuglé par son désir de vengeance et qui kidnappe la fille de son ennemi pour mieux l’attirer vers lui…

    Fille incarnée par la remarquable Barbara HERSHEY, qui n’est pas encore la star que l’on connait maintenant mais qui fait preuve dans son rôle d’une autorité et d’une fougue qui remuent les vieux clichés du genre, tout en apportant un esprit de révolte du à sa culture « pop hippie West Coast » plus qu’étranger à nos deux vieux héros ; les deux acteurs seront d’ailleurs amusés par sa forte personnalité et séduits par son professionnalisme, même si HESTON se fâchera un peu avec elle quand elle voudra insister dans les scènes finales sur la futilité de toute violence..( « comment peut-elle se révolter contre ce qui est certes une boucherie, alors que son père git au sol mortellement blessé et qu’elle doit avant tout tenter de le sauver ? » objectera t’il non sans bon sens dans ses «  Journals »…

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    Ces quelques divergences, alliées à un certain énervement d’HESTON devant l’attitude de COBURN («  Jimmy ne sait pas toujours ce qu’il doit faire et argumente sans cesse, ce qui peut devenir une facilité, il est très bon dans le rôle, mais ses questions sont parfois meilleures que ses réponses » ( Journals ,octobre 75) n’empêcheront pas le tournage de finir dans les temps et THE LAST HARD MEN d’être finalement un western plus qu’intéressant, ou le thème de la mort de l’Ouest et d’un mode de vie devient finalement plus important que la seule histoire de vendetta déjà vue cent fois ; quand à la mise en scène de Mac LAGLEN, elle est certainement sa meilleure, de par la vivacité du montage et la qualité des séquences d’action, sans tomber dans les pantalonnades pseudo -comiques à la FORD dont cet auteur semble ne pouvoir se passer habituellement !

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    Ce western violent mais finalement bien construit sera pour nous, un peu le chant du cygne de l’artiste dans ce genre particulier, car il est difficile de prendre en compte les quelques téléfilms ou il aura participé plus tard ( y compris l’excellent PROUD MEN qui est une sorte de western moderne) ou même l’intéressant MOUNTAIN MEN qui relève plus à nos yeux du film d’aventures historique que du pur western ; dans la carrière considérable de Charlton HESTON, le western n’aura certainement pas été un accident de parcours, mais pas non plus un choix délibéré de s’ancrer dans la légende d’un certain cinéma ; à l’image d’un artiste qui souhaitait avant tout progresser ,vivre des aventures nouvelles et ne jamais être prisonnier d’une formule, ces films qu’ils soient excellents, bons ou seulement passables, ont reflété ses choix et désirs du moment, et le bilan de l’expérience westernienne de l’artiste, comme finalement celui de tous les genres qu’il a pu aborder sans jamais s’y enfermer, ne peut à nos yeux être tenu que comme tout à fait positif, et finalement peu importe qu’il soit considéré par divers spécialistes comme un grand acteur de western ou pas, car c’est le type même d’accolade dont il ne se souciait guère.

     

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  • LES DIX COMMANDEMENTS : versions 1923 ET 1956 sorties DVD ET BR 10 juin 2020

    Cette nouvelle édition, devait sortir en mars dernier. Malheureusement elle a été repoussée au 10 juin prochain. Cette nouvelle sortie, est accompagnée de la première version datant de 1923, certainement un document intéressant.

    Vous pouvez pré-commander ces BR et DVD, sur les sites dont je vous donne les liens ci-dessous. 

     

    VERSION 1923

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    VERSION 1956

    61v+shm9nDL._AC_SL1000_.jpg SITES OU VOUS POUVEZ PRE-COMMANDER  :

    DVD.FR

    https://www.dvdfr.com/dvd/f166981-dix-commandements-versions-de-1923-et-1956.html

     

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    AMAZON-FR

    https://www.amazon.fr/dp/B083XVJCLW/ref=asc_df_B083XVJCLW1587456000000/?tag=d015-21&creative=22950&creativeASIN=B083XVJCLW&linkCode=df0

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    FNAC

    https://www.fnac.com/a14138671/Coffret-Les-dix-commandements-1923-et-1956-Blu-ray-Charlton-Heston-Blu-ray

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  • L'INTERVIEW CENSUREE DE CHUCK : - Partie 5 et fin : " PROPOS LIBRES "

    Aujourd'hui, nous arrivons à la fin de l'interview de Chuck. Excellente réussite de Keith Howes et de son collègue.

    Nous découvrons ici, un Chuck en liberté... Les propos "crus" ne lui font pas peur. Il appelle un "chat" un "chat". 

    Dois-je une fois de plus souligner l'intelligence, la culture, le réalisme et l'ouverture d'esprit de notre Charlton Heston ? Il va droit au but et ne dissimule pas sa sensibilité et ses déceptions en cours de carrière. Nous sommes en 1972, sa carrière est loin d'être finie mais déjà à travers ses propos, nous pouvons deviner une certaine amertume et gravité. 

    Oui, Charlton Heston était décidément, brillant !

    Je souhaite avoir été au plus près des propos de Charlton Heston et que l'Esprit soit au plus près de la Lettre.

    Maria a fait la transcription de l'interview en anglais de Chuck. Puis elle l'a traduite en italien sa langue maternelle, qu'à mon tour j'ai traduit en français avec le plus grand sérieux, mais avec mes faibles moyens linguistiques. 

    Après les écrits, voici le son... Plus d'une heure d'écoute.

    (Interview publiée sur YOU TUBE par William Brougham)

    https://www.youtube.com/watch?v=GhbSkcEjV7Y&t=365s

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    (Keith Howes)

    QUINTA PARTE : "Parole in libertà"

    (uno dei giornalisti chiede dei progetti artistici)

    << Ritorno al teatro con “The Crucible” (“il Crogiolo”) di Arthur Miller, uno dei più bei testi del teatro americano, dopo “morte di un commesso viaggiatore”. Lo sto mettendo in scena per l’Ahmason Theatre qui a Los Angeles.

    Naturalmente amo il cinema dove ho ancora molto da imparare ed offre tante occasioni creative. Ma il cinema è il terreno del regista, mentre il teatro è il vero regno dell’attore e comunque intendo rinnovare appunto il mio passaporto per l’arte drammatica. Ritornando a Soylent Green e alla assenza che il potere ha in un mondo sovraffollato, tanto da limitare perfino l’attività investigativa. Anche se vivere  sembra avere poche possibilità. E tutto è legato all’eccesso di popolazione. Si potrebbe dire che “The womb is more powerful than a bomb” (il grembo è più potente di una bomba. Finisce col generare problemi interni ed esteri. Come i problemi tra le diverse nazioni che risentono  che risentono del rispettivo aumento degli abitanti. Ed ancora i problemi della terza età, quelli tra comunità, perfino problemi sindacali.

    Ora è il momento della Cina, che fa pressione su Hong Kong, proprio per il grande aumento dei cittadini cinesi (N. D. t.. Ricordiamo che Heston  ha rilasciato questa intervista nel 1972, quando Hong kong era ancora colonia inglese). E in Russia la carenza di grano deriva dallo stesso problema. Come in generale  i danni portati dell’inquinamento. Addirittura una specie di frustrazione nell’ambito sessuale per la carenza di spazio individuale.>>

    (Il giornalista cambia argomento ricordando le critiche che in Inghilterra ha avuto il suo “Antonio e Cleopatra”.

    Il critico del “Times” avrebbe preferito addirittura una Cleopatra  di pelle scura)

    << storicamente Cleopatra non era né negra né egiziana. Cleopatra era di stirpe e di origine greca. Contrariamente alla lettera apparsa  sul “Los Angeles Time”, non esiste una tradizione Shakespeariana che pretenda di portare sulla scena una Cleopatra dalla pelle scura, addirittura negra. Al massimo la si può presentare come una Cleopatra che in alcune situazioni indossi vesti egiziane. Non c’è nessuna discussione sull’origine greca della regina. Shakespeare può alludere a molte cose, ma quando Cleopatra deve incontrare Antonio, chiede che le vengano portate le lussuose vesti appunto di una regina egiziana . nel mio film Cleopatra indossa il Chitone greco e i suoi capelli rievocano pettinature greche. Sono da attendersi critiche di questo tipo, quando si mettono le mani su un grande personaggio shakespeariano come Cleopatra. Diceva Franklin Delano Roosevelt : “ Se non cisi vuole scottare, si stia fuori dalla cucina.”….

    Per quanto riguarda il film, credo che il pubblico sia rimasto turbato dal fatto che Hildegarde Neil appaia con costumi greci e non sia inglese.

    Le stesse eccezioni vennero sollevate quando anni fà portai in scena il personaggio di Macbeth nelle Bahamas, per la regia di Burgess Meredith. E’ noto che spesso gli abitanti delle colonie inglesi si sentano più inglesi degli inglesi. Ad un party mi si avvicinò una signora mentre sorseggiavo il mio whisky e mi chiese perché avessi scelto io, americano, di interpretare un personaggio shakespeariano, come appunto Macbeth. Privo un po’ di esperienza, risposi che l’avevo scelto perché è una gran bella parte .

    (giornalista sottolinea che gli americani sono in un certo modo vicini all’inglese elisabettiano)

    << E’  vero. Quando interpretai il ruolo di Gordon in “Khartoum” mi preoccupai di usare non un generico accento inglese, ma quello tipico dei militari del periodo vittoriano. In effetti molti dei personaggi di Shakespeare non sono nemmeno inglesi. A partire da Macbeth che è scozzese. Antonio naturalmente non parlava inglese, ma lo fa sulla scena  perché l’inglese è comunque la lingua del teatro. Gli attori elisabettiano non parlavano di certo l’inglese di oggi. Ho chiesto ad un linguista il quale ritiene che l’inglese elisabettiano si sia conservato per anni in piccole “enclaves” tra il Tennessee e il North Carolina, dove si stanziarono i primi coloni inglesi che tra il 1600 e il 1700 cominciarono a popolare il  continente nordamericano. Essi portarono con se la lingua che parlavano nella loro patria. Sino agli anni ’30 di questo secolo questa stessa lingua si poteva ascoltare nelle ballate popolari, in realtà antichi canti elisabettiani. Si può essere d’accordo su questo punto

    Nella mia carriera ho interpretato tanti personaggi e, da quando ho lasciato la scuola, ho capito che la materia più importante è la Storia. Spesso uno scrittore cerca di ricostruire i tempi antichi e le tradizioni di un periodo storico, ma a volte manca di far rivivere la morale comune di quei tempi. Così film ambientati nel Medioevo o nei tempi della classicità greca o romana propongono un’idea di libertà certamente contraria all’idea di schiavitù. Ma questa faceva parte della morale comune. E né Socrate, né Platone né Aristotele si sono mai posti il problema. Mai hanno aperto la bocca a questo proposito.

    Alcuni anni fa feci un film prodotto da Seltzer ,“The War Lord”, ambientato nel primo medioevo e ho cercato di riportare in vita non solo l’architettura e le condizioni di vita della gente, ma anche la morale  del tempo. La popolazione degli strati più bassi non avevano affatto l’idea di ribellarsi alla loro condizione.. Se il cavaliere mandato dal re occupava il castello, questo era un suo diritto e i servi accettavano il prevalere del cavaliere  come un fatto del tutto naturale. Si può dire che anche loro fossero uomini alienati, costretti ad agire in un certo modo dalla condizione in cui si trovavano a vivere. Ed anche io, parlando con la ragazza che oramai divide il mio letto, mi riferisco alla infelicità della vita che sono costretto a vivere, avendo come fredda sposa del mio talamo la mia spada. Anche il castello non era una sfarzosa ricostruzione hollywoodiana. Era un edificio fatiscente e lurido, pieno di cattivi odori che sembrano coinvolgere gli spettatori anche solo con il personaggio dello scudiero interpretato da Richard Boone. Sembrava lui stesso emanare quel cattivo odore.

    Anche se Schaffner è un grande regista, il film non è riuscito come volevamo, almeno nella sua edizione definitiva. Diversa invece l’edizione montata da Schaffner. Stessa cosa per “Major Dundee”. Entrambi film a poca distanza temporale l’uno dall’altro. Ritornando al film di Schaffner, l’idea che la ragazza sarebbe stata restituita al suo popolo era del tutto contraria al sentire comune di quel momento storico. Nella prima versione del film vi sono in alcuni punti battute o immagini che sottolineano questa impossibilità….>>

    (il giornalista trova che alcuni momenti particolari si possono trovare anche in “Dundee”)

    <<… davvero pensa che sia così? Anche “Dundee” è stato in parte deludente. Il fatto è che Peckinpah aveva in mente il film che si apprestava a girare “The Wild Bunch”. Avevo grandi speranze per “Dundee” ed è stata una grande delusione vederlo così smembrato e fatto a pezzi. Mi è costato un grande dispiacere. E non solo a me. Si ritrovano insieme le lacrime di molti del gruppo che creò e realizzò quel film….>>

    (il giornalista chiede cosa avrebbe fatto Heston se gli avessero chiesto di rifare il montaggio del film)

    << questo purtroppo è un  evento che non va preso in considerazione nel cinema .. per quanto riguarda l’arte cinematografica, l’attore non ha nessun potere sul prodotto finito. Nelle altre arti, se fossi un pittore e non mi costerebbe che pochi danari acquistare una nuova tela e altri colori e il mio committente dicesse che l’opera è bellissima, ma avrebbe preferito qualche variazione, come l’inserimento di un’altra figura, io potrei mandarlo a quel paese o distruggere il quadro con una mano di bianco sulla tela o, come alcuni pittori rinascimentali, accontentare il committente aggiungendo quella figura che desiderava. Forse un ritratto di se stesso. Ma il cineasta può solo andare dal produttore con l’idea di un film che costa una certa quantità di denaro e ad opera finita io non ho alcun diritto sul film. Posso lamentarmi delle decisioni del produttore e dire che la mia idea era migliore. Ma non ho alcun potere di influire sulle decisioni del vero proprietario. Il cineasta è un artista che non possiede i mezzi della sua arte.

    Al contrario nel caso di “Skyjacked” (film non amato affatto da Heston,  si vedanoi  a proposito di questo film le valutazioni che Heston fa nel suo “Journal” N.d.T.)  non ho avuto alcuna critica da parte della produzione, che invece apprezzò molto il film.

    Spero che lo stesso avvenga con questo film (“Soylent Green”). Altrimenti non mi rimane che accettare le decisioni dello Studio. Posso obiettare, accusare tutti di essere degli ignoranti privi di sensibilità. Ma devo accettare le loro decisioni. Perché sono loro, i finanziatori che hanno investito i loro soldi, ad essere i veri proprietari di questo film. Come ho obiettato per “The War Lord. I diritti appartengono al produttore. Infine il film è proprietà fisica dello Studio >>

    (il giornalista passa all’argomento del nudo da poco entrato nel cinema americano)

    <<…. Secondo quello che mi consente il contratto. Il nudo in effetti è un’aggiunta economica, ma spesso il nudo di per sé non migliora in niente il prodotto artistico Quando la legge ha ceduto un po’ sulla visione di un corpo umano

     Nudo, tutti, anche io ho creduto di aver conquistato una nuova libertà. Ma in effetti il nudo non si limita solo all’erotismo. Forse da un punto di vista del voyerismo. Il nudo è estetico se implica un coinvolgimento personale, ma guardandolo da casa su uno schermo forse televisivo soprattutto se è un nudo funzionale ad un rapporto sessuale.

    Il corpo umano nudo è uno spettacolo meraviglioso. Ma come scriveva Lord Chesterfield a suo figlio può diventare uno spettacolo ridicolo in riferimento agli atteggiamenti che si assumono durante il coito. La vista di una donna nuda distesa su un letto in una posizione da odalisca è una bellezza da togliere il fiato. La stessa donna, se assume le posizioni del coito alzando e allargando le gambe,, come diceva Lord Chesterfield, diventa ridicola.

    Altra cosa l’uso del corpo nudo se si mira ad indicare una particolare situazione. Come in “Planet of the Apes” nella scena del processo la nudità imposta a Taylor dalle scimmie è simile all’indifferenza che le scimmie dimostrano verso l’Homo Sapiens. La stessa che proviamo noi verso un cagnolino  ed è una volontà di mostrare l’appartenenza dell’uomo al genere animale. Un uomo nudo circondato da scimmie non può che sottolineare la sua personale fragilità.

    Ed era quello l’intento della scena. Il sesso nelle sua funzionalità non ha mai interessato se lo scopo è dimostrare la pochezza e l’alienazione della sessualità attiva>>.

    (il giornalista suggerisce che possa essere una forma di comunicazione come in “Blow Up” heston ritiene che Blow Up abbia un forte senso di ironia)

    <<…In genere il nudo rappresenta una scorciatoia per rinvigorire l’interesse dello spettatore.

    In Antonio e Cleopatra è ovvio che si rappresenti in qualche modo anche la congiunzione carnale, ma non certo con il nudo. E’ ovvio che i due amanti comunichino anche attraverso il corpo, tuttavia non è necessario per gli attori denudarsi in scena. Ma se lo immagina al tempo di Shakespeare quando i personaggi femminili erano interpretati da ragazzini, una Cleopatra togliersi gli abiti di dosso ?....>>

    FINE

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    ... SUITE ET FIN

    (un des journalistes lui demande ses projets artistiques)

    << Retour au théâtre avec " Les sorcières de Salem " d'Arthur Miller, l'un des plus beaux textes du théâtre américain, après " Mort d'un commis voyageur ". Je vais le mettre en scène pour le théâtre Ahmason ici à Los Angeles.

    Bien sûr, j'adore le cinéma, où j'ai encore beaucoup à apprendre et qui offre tant d'opportunités créatives. Mais le cinéma est le terrain du réalisateur, alors que le théâtre est le vrai royaume de l'acteur, et en tout cas j'ai l'intention de renouveler mon passeport pour l'art dramatique. Revenons à " Soylent Green " et à l'absence de pouvoir dans un monde surpeuplé, tellement même, que  l'activité d'investigation est limitée, même si vivre semble avoir peu de possibilités. Et tout est lié au surpeuplement des populations. On pourrait dire que « “The womb is more powerful than a bomb”» (l'utérus est plus puissant qu'une bombe). Cela finit par créer des problèmes internes et externes. Comme les problèmes entre les différentes nations qui sont affectées par l'augmentation de leur population. Et toujours les problèmes des personnes âgées, ceux de la communauté, même les problèmes syndicaux.

    C'est maintenant le moment de la Chine, qui fait pression sur Hong Kong juste pour la grande augmentation de la population chinoise (NDT. Nous rappelons que Heston a publié cette interview en 1972 alors que Hong Kong était encore une colonie anglaise). Et en Russie, la pénurie de blé vient du même problème. Comme en général les dommages causés par la pollution. Même une sorte de frustration sexuelle par le manque d'espace individuel.>>

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    (Le journaliste change de sujet, rappelant les critiques que l'Angleterre lui a faites pour son "Antoine et Cléopâtre".

    Le critique du Times aurait préféré même que Cléopâtre ait une peau sombre )

    <<Cléopâtre n'était ni noire ni Egyptienne historiquement. Cléopâtre était de souche et d'origine grecque. Contrairement à l'article paru sur le "Los Angeles Times", il n'existe pas de tradition Shakespearienne qui prétende amener sur la scène une Cléopâtre de peau sombre à vraiment noire. Tout au plus, peut-elle être présentée dans certaines situations comme une Cléopâtre avec des vêtements égyptiens. Il n'y a pas de discussion sur l'origine grecque de la reine. Shakespeare peut faire allusion à beaucoup de choses, mais quand Cléopâtre rencontre Antoine, elle demande qu'on lui apporte les vêtements luxueux d'une reine égyptienne. Dans mon film, Cléopâtre porte le chiton grec et ses cheveux rappellent les coiffures grecques. De telles critiques sont à prévoir quand vous mettez la main sur un grand personnage shakespearien comme Cléopâtre. Franklin Delano Roosevelt a déclaré : "Si vous ne voulez pas vous brûler, sortez de la cuisine."

    En ce qui concerne le film, je crois que le public a été perturbé par le fait que Hildegarde Neil apparaît en costume grec et n'est pas anglaise.

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    Les mêmes réserves ont été soulevées quand il y a des années j'ai joué sur scène le personnage de Macbeth aux Bermudes, dirigé par Burgess Meredith. Il est bien connu que les habitants des colonies anglaises se sentent souvent plus anglais que les Anglais. Lors d'une fête, une dame s'est approchée de moi alors que je sirotais mon whisky et me demanda pourquoi étant Américain, je m'étais choisi pour interpréter un personnage shakespearien, comme Macbeth. Ayant peu d'expérience, j'ai dit que je l'avais choisi parce que c'était un super rôle. >>

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     (Un journaliste souligne que les Américains sont assez proches de l'anglais élisabéthain)

    <<C'est vrai. Quand j'ai interprété le rôle de Gordon dans «Khartoum», je me suis préoccupé de ne pas utiliser un vague accent anglais, mais celui typique de l'armée de l'époque victorienne. En fait, beaucoup de personnages de Shakespeare ne sont même pas anglais. À part Macbeth qui est écossais. Antoine, bien sûr, ne parlait pas anglais, mais il le fait sur scène parce que l'anglais est toujours la langue du théâtre. Les acteurs élisabéthains ne parlaient pas l'anglais d'aujourd'hui. J'ai questionné un linguiste qui pense  que l'anglais élisabéthain  a été gardé pendant des années dans de petites "enclaves" entre le Tennessee et la Caroline du Nord, où les premiers colons britanniques  ont commencé à peupler le continent entre 1600 et 1700 en Amérique du Nord. Ils ont apporté avec eux la langue qu'ils avaient parlée dans leur patrie. Jusqu'aux années 30 de ce siècle, cette même langue pouvait être entendue dans les ballades folkloriques, en fait d'anciennes chansons élisabéthaines. Vous pouvez être d'accord sur ce point.

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    Au cours de ma carrière, j'ai joué tellement de personnages et depuis que j'ai quitté l'école, j'ai réalisé que la chose la plus importante est l'Histoire. Souvent, un écrivain tente de reconstituer les temps anciens et les traditions d'une période historique, mais il oublie  parfois de faire revivre la morale commune de ces temps. Ainsi, les films qui se déroulent au Moyen Age ou à l'époque des classiques grecs ou romains suggèrent une idée de la liberté, certainement contraire à l'idée d'esclavage. Mais cela faisait partie de la moralité commune. Et ni Socrate, ni Platon, ni Aristote n'ont jamais posé le problème. Ils n'ont jamais ouvert la bouche à cet égard.

    Il y a quelques années, j'ai fait un film produit par Seltzer, "The War Lord", qui se déroulait au début du Moyen Age. J'ai essayé de donner vie non seulement à l'architecture et aux conditions de vie mais aussi à la morale de l'époque. Les gens des couches inférieures n'avaient aucune idée de rébellion contre leur condition. Si le chevalier envoyé par le roi occupait le château, c'était son droit et les domestiques acceptaient la règle du chevalier comme une chose naturelle. On peut dire qu'eux aussi étaient des hommes aliénés, forcés d'agir d'une certaine manière, vu l'état dans lequel ils vivaient. Et aussi, me référant au malheur de ma vie, j'explique à la fille qui vient dans la chambre nuptiale pour partager ma couche, que j'ai été obligé de vivre de longues années, avec pour compagne, cette froide épée. Même le château n'était pas une brillante reconstitution hollywoodienne. C'était un bâtiment délabré et enflammé, plein de mauvaises odeurs qui semblaient se mêler même au personnage de l'écuyer joué par Richard Boone. Il semblait émaner de lui, cette mauvaise odeur.

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    Bien que Schaffner soit un grand réalisateur, le film n'a pas été réussi comme nous le voulions, au moins dans sa version définitive. Différente par contre, l'édition montée par Schaffner. Il en est de même pour "Major Dundee". Les deux films étaient rapprochés l'un de l'autre dans le temps. En revenant au film de Schaffner, l'idée que la fille serait rendue à son peuple était complètement contraire au sentiment commun de ce moment historique. Dans la première version du film, il y a quelques clichés ou images qui soulignent cette impossibilité .... >>

    (Le journaliste trouve que certains moments spéciaux peuvent également être trouvés dans "Dundee")

    << Pensez-vous vraiment ainsi? Même "Dundee" était en partie décevant. Le fait est que Peckinpah avait en tête le film qu'il se préparait à tourner : "The Wild Bunch". J'avais de grands espoirs pour "Dundee" et ce fut une grande déception pour moi, de le voir si fragmenté et brisé. Cela m'a valu un grand chagrin. Et pas seulement moi. Il y a eu aussi sur le plateau de tournage, les larmes de beaucoup de gens de l'équipe qui avaient créé et réalisé ce film .... >>

    (Le journaliste demande ce que Heston aurait fait si on lui avait demandé de reprendre le montage du film)

    << c'est malheureusement une éventualité qui ne doit pas être considérée dans le cinéma. En ce qui concerne l'art cinématographique, l'acteur n'a aucun pouvoir sur le produit fini. Dans les autres arts, si j'étais peintre et que ça ne me coûte pas quelques dollars pour acheter une nouvelle toile et d'autres couleurs et que mon acheteur dise que le travail est beau mais aurait préféré une autre variante,comme l'insertion d'un autre personnage, je pourrais l'envoyer à ce client ou détruire le tableau avec un peu de blanc sur la toile ou, comme quelques peintres de la Renaissance, contenter l'acheteur en ajoutant cette illustration qu'il désire, peut-être un portrait de lui-même. Mais le cinéaste ne peut aller chez le  producteur qu'avec l'idée d'un film qui coûte une certaine somme d'argent et une fois l'oeuvre finie,  je n'ai aucun droit de regard sur le film. Je peux me plaindre des décisions du réalisateur et dire que mon idée était meilleure. Mais je n'ai aucun pouvoir pour influencer les décisions du véritable propriétaire. Le cinéaste est un artiste qui n'a pas les moyens de son art.

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    Au lieu de cela, dans le cas de "Skyjacked" (NDT :un film pas vraiment aimé par Heston, voir à propos de ce film les notes qu'a faite Heston dans son "Journal") je n'ai pas eu quelque critique que ce soit de la part de la production qui apprécia par contre beaucoup le film.

    J'espère que la même chose arrive avec ce film ("Soylent Green"). Sinon, je peux juste accepter les décisions du Studio. Je peux objecter, accuser tout le monde d'être ignorant sans sensibilité. Mais je dois accepter leurs décisions. Parce qu'ils sont les bailleurs de fonds qui ont investi leur argent pour être les véritables propriétaires de ce film. Comme quand je me suis opposé à "The War Lord". Les droits appartiennent au producteur. Enfin, le film est la propriété physique du Studio >>

    (Le journaliste en arrive au sujet de la nudité récemment introduite dans le cinéma américain)

    << .... Selon ce que le contrat me permet. La nudité est un ajout économique, mais souvent la nudité n'améliore pas en soi le produit artistique Quand la loi sur la vision d'un corps humain nu, a été abandonnée, comme tout le monde j'ai cru aussi avoir une nouvelle liberté.  Mais en fait, la nudité n'est pas limitée à l'érotisme. La nudité est esthétique si elle implique une participation personnelle, mais elle peut devenir du voyeurisme, en la regardant à la maison sur un écran de télévision, surtout si c'est une scène de relation sexuelle.

    Le corps humain nu est un spectacle merveilleux. Mais, comme Lord Chesterfield l'a écrit à son fils, il pourrait devenir un spectacle ridicule en ce qui concerne les attitudes qui ont lieu pendant le coït. La vue d'une femme nue allongée sur un lit dans une position de l'Odalisque est d'une beauté à couper le souffle. La même femme prenant les positions du coït en élevant et en écartant les jambes, comme le disait Lord Chesterfield, devient ridicule.

    C'est autre chose si l'utilisation du corps nu sert pour indiquer une situation particulière. Comme dans "Planet of the Apes" dans la scène du procès, la nudité imposée à Taylor par les singes est similaire à la leur et montre l'indifférence qu'ils éprouvent envers l'Homo Sapiens. La même chose que nous ressentons à propos d'un chiot et c'est une volonté de montrer l'appartenance de l'homme au genre animal. Un homme nu entouré de singes ne peut que souligner sa fragilité personnelle.

     

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    Et c'était l'intention de la scène. Le sexe dans sa fonctionnalité, n'est jamais touché si le but est de montrer le bas niveau et l'aliénation de la sexualité active. "

    (Le journaliste suggère que cela peut être une forme de communication comme dans Blow Up.  Heston croit que Blow Up a un fort sens de l'ironie)

    << ... La nudité est généralement un raccourci pour revigorer l'intérêt du spectateur.

    Dans Antoine et Cléopâtre, il est évident que la conjonction charnelle est également représentée, mais certainement pas avec la nudité. Il est évident que les deux amants communiquent aussi à travers le corps, mais il n'est pas nécessaire que les acteurs soient nus sur scène. Mais imaginez-vous l'époque de Shakespeare où des personnages féminins étaient joués par des enfants, une Cléopâtre se déshabillant ? .... >>

    FIN

  • L'INTERVIEW CENSUREE DE CHUCK : D'OMEGA MAN A SOYLENT GREEN - Partie 4

    Nous voici presque arrivés à la fin de cette interview exceptionnelle. Dans quelques jours je publierai la cinquième et dernière partie.

    Dans cette quatrième partie, nous découvrons un Chuck nous parlant de sa crainte de "l'effet de serre" dans le futur.... et c'était en 1972.  Chuck visionnaire ?

     

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    (Keith Howes)

    QUARTA PARTE : "...secondo me"

     

    << Parliamo di fantascienza e di “Omega Man”. E’ stata una grande delusione. Credo sia il desiderio di ogni uomo di essere l’ultimo essere vivente sulla terra. Personalmente mi chiedevo se in me stesso avrei trovato abbastanza risorse per essere davvero l’ultimo uomo sulla terra. Per questo la storia mi interessava. Come il personaggio di Robinson Crusoe, anche lui unico essere vivente Il caso (di Omega Man) poneva a me delle domande artistiche e tecniche su come interpretare un personaggio simile.

    Il parlare a se stesso  richiede delle formule recitative particolari. Frasi spezzate, parole isolate, a volte veri e propri nonsense. Difficile davvero parlare a se stessi, difficile usare questa modalità verbale per trasmettere un messaggio ad interlocutori inesistenti.  Risolvere questo problema era davvero interessante. Come avrei potuto risolvere il problema di interpretare  quel personaggio, facendo uso delle sue sole capacità mentali, che gioca a scacchi con un busto di Cesare e nella sua casa vive come in una fortezza piena di capolavori artistici, ovviamente sottratti ai musei della città. Ricostruendo le memorie del passato vedendo e rivedendo l’unico film in programmazione “Woodstock” nell’unico cinema attivo.

    E’ la parte più singolare del film, i primo terzo dell’intera pellicola. Poi arriva il necessario antagonista, la “famiglia di Mathias”. Per questi oscuri personaggi io avevo immaginato una dimensione quasi onirica, come  forme che si muovono nel buio del dormiveglia, percepibili appunto nei limiti tra sogno e veglia. Invece nel film sono diventati personaggi quasi del tutto reali, ben delineati e del tutto percepibili allo spettatore, con un loro trucco e una luce che ne delinea i volti. Una inversione del genere è comune nel mondo cinematografico, in quella specialissima arte di cui l’artista non ha il possesso dei mezzi. Se un pittore cerca di vendere un suo quadro e l’acquirente gli richiede di modificarlo, magari aggiungendo un altro personaggio o un suo ritratto, il pittore può assecondare la richiesta , come facevano i pittori rinascimentali, distruggere la parte figurativa con una mano di bianco sulla tela o semplicemente cambiare idea e tenersi il quadro….

    ( Giornalista- Eppure il film che sta girando ora propone una verità che sembra modificata , cambiando il finale proposto nel romanzo )

    … no, si rimane nel senso generale di questo mondo sovrappopolato, il finale rimane collegato al senso del film abbiamo discusso per ore se in una società come questa una forma di governo deve o non deve esistere. Abbiamo rinunciato a inserire una qualche forma di governo o di potere in generale, per non entrare nella solita rappresentazione di uno stato fascista che si impone sul popolo. In realtà il potere centrale è già lentamente scivolato nell’anarchia. In un mondo così fittamente abitato il potere in senso lato non riesce a raggiungere i cittadini forse lo può in parte solo il potere locale, il governatore di uno stato, il sindaco di una città. C’è un’allusione appunto al senso di anarchia quando il mio superiore cita il numero di omicidi avvenuti in città nei due giorni di indagine che mi ha concesso e per i quali non si è dato il via nemmeno ad un tentativo di indagine.

    In un certo modo questo mondo è simile a quanto si poteva osservare negli ultimi anni dell’Impero Romano. Roma non è caduta per le tante invasioni, quanto per l’enorme estensione  che lo rende ingovernabile. Ho letto traduzioni di lettere scambiate tra le autorità romane e i  Romano-Britannici. Entrambi si lamentano del caos burocratico.

    Ad un certo punto abbiamo anche pensato di addossare la colpa di tutto al mondo degli affari o alla Mafia.. ma un responsabile non esiste. Tutto si trascina avanti senza porsi domande ma semplicemente per inerzia.

    (- Un giornalista pone il caso di seguire in tutto il romanzo, senza inserirvi anche la traccia di un thriller.)

    … la trama del romanzo è meravigliosa. C’è anche per sottolineare il sovrappopolamento il caso di alcune navi vecchie e arrugginite, ancorate al porto e ospitanti una densissima colonia di cinesi fuggiti da Hong Kong. All’inizio il governo si era occupato di loro, poi i soldi sono finiti e il personaggio del “fuggitivo”, di chi si vuole allontanare da quell’inferno come Taylor in Planet of the Apes è appunto uno di questi cinesi.

    Ma portare tutto questo sullo schermo è risultato Impossibile. Per risolvere questo problema abbiamo creato  angoli di una megalopoli di 40 milioni di abitanti che mostrano l’accalcarsi di esseri umani in ogni spazio disponibile. Più volte salgo e scendo i gradini di una scalinata, dunque proprietà privata, di un palazzo in cima alla quale una guardia armata provvede a difendere il misero immobile dalla folla. Lì abitano coloro che vivono del misero privilegio di lavorare per difendere la proprietà pubblica. La gente in effetti vive dovunque trovi un po’ di spazio, sulle scale, nelle strade, persino nelle vecchie macchine abbandonate sul ciglio della strada, adattandole ad una sorta di casa con fornelletti che sputano fumo da tubi adattati al corpo dell’auto in funzione di miseri caminetti. E’ evidente anche il calore infernale che avvolge la città. Gli abitanti sono costretti a vivere in una sorta di serra, appunto l’effetto serra creato dall’accumulo di calore e inquinamento. E speriamo proprio di non andare incontro a questo effetto serra nel nostro futuro >>.

     

     

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    ... SUITE ... 

    "Parlons de science-fiction et " Omega Man - 1971 ". C'était une grosse déception. Je crois que c'est le souhait de chaque homme d'être le dernier être vivant sur terre. Personnellement, je me demandais si j'aurais trouvé assez de ressources pour être vraiment le dernier homme sur terre. C'est pourquoi l'histoire m'intéressait. Comme le personnage de Robinson Crusoé, il était aussi le seul être vivant, le cas (d'Omega Man) me posait des questions artistiques et techniques sur la façon d'interpréter un tel personnage.

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    (Robert Neville dans Omega Man)


    Parler à soi-même nécessite des formules récitatives spéciales. Des phrases brisées, des mots isolés, parfois de vraies absurdités. Il est difficile de vraiment se parler, il est difficile d'utiliser ce mode verbal pour envoyer un message à des interlocuteurs inexistants. Résoudre ce problème était vraiment intéressant. Comment pouvais-je résoudre le problème de l'interprétation de ce personnage, en utilisant ses seules capacités mentales, jouer aux échecs avec un buste de César et vivre dans sa maison comme une forteresse pleine de chefs-d'œuvre artistiques, évidemment pris dans les musées de la ville. Reconstituer les souvenirs du passé en voyant et en passant en revue le seul film de programmation «Woodstock» dans la seule salle de cinéma en activité.

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    C'est la partie la plus singulière du film, le premier tiers du film entier. Puis vient l'antagonisme nécessaire, la «famille Mathias». Pour ces personnages obscurs j'avais imaginé une dimension presque onirique, comme des formes qui bougent dans l'obscurité du sommeil, qui peuvent être perçues précisément dans les limites du rêve et de l'éveil. Au lieu de cela, dans le film, ils sont devenus des personnages presque complètement réalistes, bien délimités et perceptibles pour le spectateur, avec leur maquillage et une lumière qui souligne leurs visages. Une inversion du genre est courante dans le monde cinématographique, dans cet art très particulier que l'artiste n'a pas les moyens de posséder. Si un peintre essaie de vendre son tableau et que l'acheteur lui demande de le modifier, en ajoutant peut-être un autre personnage ou un portrait, le peintre peut soutenir la demande, tout comme les peintres de la Renaissance, détruire la partie figurative avec un peu de blanc sur la toile ou simplement changer d'avis et garder l'image ....

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    Le journaliste -  "Pourtant le film en cours de tournage (SOYLENT GREEN - 1972) propose une vérité qui semble être modifiée, changeant la fin proposée dans le roman "


    ... non, vous restez dans le sens général de ce monde surpeuplé, la fin reste liée au sens du film dont nous avons discuté pendant des heures : est-ce que dans une société comme celle-ci, une forme de gouvernement doit ou non exister. Nous avons abandonné une certaine forme de gouvernement ou de pouvoir en général, pour ne pas entrer dans la représentation habituelle d'un état fasciste qui serait imposé au peuple. En fait, le pouvoir central a lentement glissé dans l'anarchie. Dans un monde aussi densément peuplé, le pouvoir au sens large, ne peut atteindre les citoyens, peut-être ne peut-il être que partiellement le pouvoir local, le gouverneur d'un État, le maire d'une ville. Il y a une allusion au sentiment d'anarchie quand mon supérieur cite le nombre de meurtres dans la ville pendant les deux jours d'enquête qu'il m'a donnés et pour lesquels aucune tentative n'a été faite pour enquêter.


    D'une certaine manière, ce monde est semblable à ce qui aurait pu être observé dans les dernières années de l'Empire romain. Rome n'est pas tombée par tant d'invasions, mais pour l'énorme ampleur qui la rend ingouvernable. J'ai lu des traductions de lettres échangées entre les autorités romaines et les Britanniques romains. Ils se plaignent tous deux du chaos bureaucratique.


    À un moment donné, nous avons même pensé  laisser tout le monde aller dans le milieu des affaires ou dans la mafia, mais un manager n'existe pas. Tout le monde traîne sans poser de questions tout simplement par inertie.


    (- Un journaliste en profite pour suivre tout le roman, sans  inclure la piste d'un thriller.)


    ... l'intrigue du roman est magnifique. Il y a aussi, pour souligner la surpopulation, le cas de quelques vieux navires rouillés, ancrés au port et hébergeant une très grande colonie de Chinois fuyant Hong Kong. Au début, le gouvernement était occupé avec eux, puis il n'y a plus eu d'argent  et le personnage du «fugitif», qui veut s'éloigner de cet enfer comme Taylor dans Planet of the Apes est juste un de ces Chinois.


    Mais amener tout cela à l'écran était impossible. Pour résoudre ce problème, nous avons créé des quartiers d'une mégalopole de 40 millions d'habitants qui montrent la ruée des humains dans n'importe quel espace disponible. Plusieurs fois je monte et descends les marches d'un escalier, propriété privée d'un immeuble au-dessus duquel un garde armé défend le mouvement immobile de la foule. Il y a ceux qui vivent du misérable privilège de travailler pour défendre la propriété publique. Les gens vivent réellement partout où vous trouvez de l'espace, dans les escaliers, dans les rues, même dans les vieilles voitures abandonnées sur le bord de la route, en les transformant  en une sorte de maisons avec des poêles qui crachent la fumée des tubes adaptés au corps de la voiture,  à cause des cheminées misérables. Il est également évident que la chaleur  qui entoure la ville, est infernale. Les habitants sont contraints de vivre dans une sorte de serre, précisément l'effet de serre créé par l'accumulation de chaleur et de pollution.

    Et nous espérons juste ne pas aller à cet effet de serre dans notre avenir >>.

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    A SUIVRE ...

  • L'INTERVIEW CENSUREE DE CHUCK : "LES HAUTS ET LES BAS : au cinéma et dans la vie" - troisième partie

    La traduction et la publication en plusieurs parties de cette interview de Chuck par deux journalistes en 1972, est du pain béni au moment où nous découvrons les "critiques acerbes" du journaliste Graham Daseler qui n'a pas la dent assez dure pour définir Charlton Heston. 

    Dans cette partie, nous découvrons la sensibilité et la lucidité de notre grand homme. Nous sommes loin du "bloc de marbre de Carrare" auquel Daseler le compare. 

    Chère Maria, merci pour le bon travail que tu partages avec nous. 

     

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     TERZA PARTE "Alti e bassi: nel cinema e nella vita"

    (Uno dei due giornalisti interviene sottolineando come a partire dalla fine degli anni Sessanta i personaggi interpretati dall’attore siano apparsi sempre più freddi e delusi)

    « Sì, è vero. Considerando ad esempio “Planet of the Apes” il protagonista sembra odiare sé stesso ed è tanto deluso dell’umanità da desiderare di fuggirla abbandonando i suoi contemporanei mostrando per loro e per sé un profondo disprezzo. Al contrario si trova ad essere su un pianeta sconosciuto l’unico esemplare che può difendere il primato della razza umana,  un’ironia che sembra essere sfuggita a molti degli spettatori, coinvolti dalla stranezza di un mondo abitato da scimmie.

    Così anche in questo film che sto realizzando il poliziotto Thorn,(nome scelto da me) è come ho detto un uomo alienato nel mondo in cui si trova a vivere, ma non è l’unico, lo sono tutti. Nell’evolversi della vicenda entra il desiderio profondo della ricerca della redenzione. Lui, come ho detto, si trova in una situazione privilegiata  e la presenza di Edward G. Robinson lo porta ad esprimere finalmente un senso di partecipazione. Riesce a dire “ Ti amo” sia a Sol, oramai morente, che per un'unica volta alla ragazza-aredamento lasciando l’appartamento, dopo aver più volte condiviso il suo letto . Spero quindi che si intraveda l’ intero ordito del film . Altrettanto si potrebbe dire di “The Naked Jungle” e di “Pro”. In quest’ultimo caso il mio personaggio è un uomo disperato, incapace di vincere la sua disperazione e  assumere un atteggiamento più positivo.

    Non credo di essere un uomo freddo, piuttosto forse molto riservato. Certo ho provato a tenere a distanza molte persone, per quanto è possibile. Il che deriva dall’essere stato per più di venti anni una figura pubblica, che ha cercato di salvare per quanto ha potuto la sua vita privata, pur essendo cosciente che un personaggio pubblico ha in qualche modo il dovere di condividere parte della sua esistenza con gli altri. Ciò mi ha imposto la creazione di una situazione in cui l’uomo privato deve saper conservare la sua privacy in una condizione di pubblica esistenza. E si guarda alla propria privacy non come ad un diritto naturale, come per ogni altro uomo, ma come qualcosa che devo disperatamente preservare. Trovare il mezzo per ripristinare la tua vita privata , cosa che deve essere ricercata e difesa. Ma questo costringe a mantenere una certa distanza dagli altri. A volte si prova come una forma di stanchezza  nel vivere dei rapporti occasionali con chi mi circonda. Ma come ho detto io rimango una persona pubblica e questo da agli altri il diritto di consumare me stesso appunto come una persona pubblica in tutte le occasioni quotidiane: al ristorante,  per strada, a un semaforo o al cinema.

    Ho spiegato ai miei figli che il loro padre non ha potuto e non potrà accompagnarli ad esempio a Disneyland, come fanno gli altri padri. Però loro hanno goduto di altri privilegi, come conoscere paesi stranieri e lingue straniere e magari vedere il loro padre conquistare la città di Valencia. E loro lo hanno capito. E’ la condizione della mia vita. E comunque sanno che la gente “consuma” la mia persona al di là delle mie performances. Insomma la mia vita è quella di una persona pubblica e non c’è altro da fare. Questo avviene ovunque io mi trovi.

    E’ in effetti una cosa ridicola sentir parlare dei diritti individuali in questo momento, pensare che ognuno è libero di fare quello che gli pare o, come dire, libero di “cantare la propria canzone”. Nel mondo in cui viviamo c’è sempre meno spazio per seguire la propria strada e fare quello che davvero desidera fare....

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    (Charlton Heston restaurant ALFREDO de Rome ) photo envoyée par Maria.

    SUITE

    (L'un des deux journalistes intervient, soulignant qu'à la fin des années 1960 les personnages joués par l'acteur sont devenus de plus en plus froids et déçus)

    ... «Oui, c'est vrai. Considérant, par exemple, " La Planète des singes", le protagoniste semble se détester et est tellement déçu par l'humanité qu'il veut lui échapper en abandonnant ses contemporains, leur montrant un profond mépris pour eux. Au contraire, il est sur une planète inconnue,  le seul exemplaire qui puisse défendre la primauté de l'espèce humaine, une ironie qui semble avoir échappé à beaucoup de spectateurs, impliqués dans l'étrangeté d'un monde peuplé de singes. Donc, même dans ce film (NDT : Soylent Green), je fais le flic Thorn, (le nom que j'ai choisi), c'est comme si je disais qu'il est un homme aliéné dans le monde où il vit, mais il n'est pas le seul, c'est tout. Dans l'évolution de l'histoire vient le désir profond de rédemption. Comme je l'ai dit, il est dans une situation privilégiée et la présence d'Edward G. Robinson l'amène à exprimer enfin un sentiment de participation. Il est capable de dire "je t'aime" à Sol mourant, et une  seule fois au jardin des filles en quittant l'appartement après avoir partagé son lit plusieurs fois. J'espère que vous voyez toute la trame du film. De même, vous pourriez le dire pour  "The Naked Jungle" et "Pro". Dans ce dernier cas, mon personnage est un homme désespéré, incapable de surmonter son désespoir et d'adopter une attitude plus positive.

    NDT : je rappelle que Chuck tourne SOYLENT GREEN durant cette interview

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    (Thorn dans SOYLENT GREEN)

    Je ne pense pas que je sois un homme froid, peut-être plutôt très réservé. Bien sûr, j'ai essayé de garder beaucoup de personnes à distance, autant que possible. Cela est dû au fait d'être un personnage public depuis plus de vingt ans, qui a essayé de sauver autant que possible sa vie privée, bien qu'il soit conscient qu'un personnage public a en quelque sorte le devoir de partager une partie de sa vie avec les autres. 

    Cela m'a conduit à créer une situation dans laquelle un homme privé doit être capable de conserver son intimité dans un état de vie publique. Et vous ne considérez pas votre vie privée comme un droit naturel, comme n'importe quel autre homme, mais comme quelque chose que j'ai désespérément besoin de préserver. Trouver les moyens de préserver votre vie privée, c'est ce qui doit être recherché et défendu. Mais cela vous force à rester à distance des autres. Parfois, cela se révèle être une forme de fatigue à vivre des relations occasionnelles avec ceux qui m'entourent. Mais comme je l'ai dit, je reste une personne publique et cela donne à d'autres le droit de me "consommer" comme une personne publique en toutes occasions : au restaurant, dans la rue, au feu rouge ou au cinéma.

    J'ai expliqué à mes enfants que leur père n'a pas pu ou ne pouvait pas les accompagner, par exemple, à Disneyland, comme les autres pères. Mais ils ont bénéficié d'autres privilèges, tels que la connaissance des pays étrangers et des langues étrangères et peut-être voir leur père conquérir la ville de Valence. Et ils l'ont compris. C'est la condition de ma vie. Et ils savent que les gens "consomment" ma personne au-delà de mes performances. Bref, ma vie est celle d'une personne publique et il n'y a rien d'autre à faire. C'est là que je me trouve.

    C'est en fait une chose ridicule d'entendre parler des droits individuels en ce moment, de penser que tout le monde est libre de faire ce qu'il veut ou, disons, de "chanter sa propre chanson". Dans le monde où nous vivons, il y a de moins en moins d'espace pour suivre votre propre chemin et faire ce que vous voulez vraiment faire...

     

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    A SUIVRE...