Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

1 - BIBLIOGRAPHIE

  • 42 - DIMANCHE 23 OCTOBRE 5ème jour (libre)

    3562833487 - Copie.jpg

     

    Tour XI'AN

    Ce dimanche était jour de repos pour nous... pas de travail. Nous en avons profité pour explorer la vaste armée de guerriers en terre cuite grandeur nature enterrés ici par l'empereur Qin Shi Huangdi deux siècles avant Jésus-Christ.  Des milliers d'entre eux ont été découverts ici en 1974, dormant depuis deux millénaires sous terre, armés et prêts pour le combat.

    Personne n'a jamais expliqué le but de cette vaste entreprise. Si l'empereur lui-même était mort,  ses soldats auraient sûrement été enterrés vivants comme gardes du corps dans l'au-delà. Il est possible qu'il ait fait créé ces soldats d'argile pour honorer la mémoire de sa mère, pour qu'ils restent en état d'alerte perpétuelle, laissant ses troupes vivantes pour servir plus utilement à la surface. 

    La fouille est un vaste espace d'excavation couvert, avec des foules silencieuses de visiteurs se déplaçant sur des passerelles de dix pieds(¹) au-dessus de la terre antique où les soldats d'argile commencent seulement à être découverts.

    (¹)environ 3,048 mètres.

    img13062021_674.jpg

    Une rangée de soldats en terre cuite près de Xi'an, enterrés depuis trois mille ans. Les photographies sont strictement interdites ici, mais l'autofocus de mon Canon silencieux ne sait pas lire les panneaux. J'ai acheté des dizaines de diapositives en couleur pour soulager ma conscience. (J'ai pensé au gracieux British Museum de Londres, où tout peut être photographié, à condition de ne pas utiliser de trépied ni de flash. C'est une autre philosophie). Ces soldats, grandeur nature et impressionnants à l'extrême, n'ont pas encore été entièrement dégagés, et il est possible que des milliers d'autres soient encore découverts. Chacun est unique, avec des cheveux et des traits différents. Ont-ils été sculptés d'après nature ? 

    Ce que l'on remarque le plus, je pense, ce sont les visages individuels, tous sûrement des portraits d'hommes spécifiques... archer, officier, cavalier, chacun distinct dans la multitude.Le réalisme curieux des figures est renforcé par la fine lumière hivernale qui baigne le paysage de cratères de la Fouille. On dirait un champ de bataille. Il y a des escouades brisées comme des hommes après une fusillade, éparpillées au hasard de la mort, et des phalanges de personnages qui s'enfoncent dans la terre jusqu'à la poitrine, comme s'ils traversaient une rivière à gué. Mais ces innombrables colonnes d'argile représentent des hommes, prêts à être enterrés pour l'empereur. A-t-il jamais pensé à eux ? Pourquoi a-t-il fabriqué des clones en terre pour les épargner ? Les hommes qu'il a sauvés sont tombés en poussière il y a deux mille ans, mais leurs doubles en argile ont attendu ici tout ce temps pour que nous venions les contempler. 

    Lydia est arrivée bien équipée, bien sûr, mais nous avons tous été intimidés par les panneaux d'interdiction de photographier,  les plus féroces que j'ai jamais vus... en plusieurs langues, avec des phrases comme "absolument interdit" et "les contrevenants seront punis". Je me suis dit "Eh bien, pas de chance. Elle achètera des cartes postales". Pas ma femme. Elle a son Nikon attaché à sa hanche, faisant tourner le film devant l'objectif en autofocus comme un agent du KGB dans une base nucléaire.

    "DAR-ling,"  commençais-je.
    "CHUT!" siffla-t-elle. Mme Xie lui saisit l'épaule. (Nous étions tous blottis autour d'elle maintenant comme une tente humaine.)
    "Mme Heston... c'est vraiment dangereux. Ils vont prendre votre appareil photo ! Au moins !"
    "CHUT!" répondit Lydia, regardant autour d'elle sereinement pendant qu'elle actionnait l'obturateur à travers sa veste ouverte. Incroyablement, aucun des gardes ne l'a remarquée. (C'était une actrice, après tout.) Elle a utilisé tout le rouleau et, à mon grand soulagement, a décidé de ne pas essayer de recharger sous sa veste. (Ils auraient pensé qu'elle allait avoir un bébé.)

    Ce qui est étrange, c'est que ma femme est la personne la plus farouchement intègre que je connaisse. Elle a aussi peur des policiers. Un jour, alors qu'elle conduisait seule, elle a remarqué une voiture de police derrière elle et a ralenti par réflexe. Elle a tourné au coin de la rue et la voiture noire et blanche l'a suivie.  Désespérée, elle s'est rangée prudemment sur le trottoir et a attendu. Lorsque l'agent s'est approché, elle a dit : "Monsieur, s'il vous plaît, qu'ai-je fait ?"
    "Dites-le moi, madame", a-t-il dit. "Vous vous êtes arrêtée."
    L'explication qu'elle m'a donnée plus tard était, comme toutes les explications des femmes, suprêmement logique. "J'avais besoin de ces photos", a-t-elle dit.

    img13062021_675.jpg

    À Xi'an, nous avons visité le musée militaire de la Longue Marche de 1949, qui a marqué la victoire du communisme chinois. Cent vingt mille hommes sont partis de Canton ; seuls 30.000 ont survécu à la marche vers le nord. Pensant amuser son ami William F. Buckley, Chuck a mis une casquette de l'Armée rouge. Avec la photo, Chuck  a envoyé un exemplaire usé du Petit Livre Rouge du Président Mao, qu'il a trouvé sur l'étal d'un marchand ambulant dans le quartier musulman de Xi'an, Buckley s'est avoué inspiré. 

    Traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)

  • HESTON et DE MILLE, histoire d’un conte d’Hollywood ( 2ème partie)

     

    PDVD_205.JPG

    Cecil Blount De MILLE n’était pas du genre à se reposer sur ses lauriers, même après un triomphe aussi  probant que son «  GREATEST SHOW ON EARTH » , c’est pourquoi quelques mois à peine après que son film ait battu tous les records de recette de l’année 1952, il se lança dans un projet qui lui tenait bien plus à cœur : réaliser le remake de «  THE TEN COMMANDMENTS » qu’il avait  mis en scène en 1923, estimant sans doute qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même !


    De multiples raisons ont pu être à l’origine de ce choix : économiques pour commencer, puisque le cinéma américain traversait la plus grande crise de son histoire, et se trouvant concurrencé par la télévision, devait à tout prix ramener les spectateurs dans les salles au moyen de grands spectacles «familiaux» ; philosophiques ensuite, puisque De MILLE , homme de grande foi religieuse, considérait ce projet comme une «  mission spirituelle » ; personnels pour conclure, car le metteur en scène, âgé de 76 ans, savait très bien que ce nouveau  projet serait vraisemblablement son dernier…


    C’est donc armé de ses convictions  et de l’assurance que le studio le suivrait dans son vœu de « réaliser  le plus grand film épique de l’Histoire du cinéma »  que De MILLE commença par prendre la décision capitale  de filmer la saga de MOISE   sur les lieux mêmes de son déroulement, c’est-à-dire en EGYPTE ! la première version avait été réalisée à moindres frais sur les dunes californiennes de GUADALUPE, près de LOS ANGELES, mais là, comme saisi d’un élan mystique, l’artiste  voulait «  the real thing », et chose étonnante quand on connait les difficultés financières des studios à l’époque, il obtint ce qu’il désirait !

    Capture d’écran 2021-06-10 084353.png

    (De Mille dirigeant le film "the ten commandments" en Egypte)


    Il faut dire que, fort de son passé de réalisateur de films historico-bibliques à succès, De MILLE  ne pouvait que convaincre les décideurs, d’autant que sa «  formule de persuasion » était globalement la même, celle qu’il asséna un beau jour à Adolphe ZUKOR qui se plaignait de ses dépassements de budget pharaoniques( c’est le cas de le dire…)
    « Monsieur ZUKOR, mes films vous coûtent beaucoup d’argent, mais dites -vous bien qu’à chaque dollar supplémentaire dépensé par moi pour améliorer notre film, c’est un spectateur de plus dans la salle ! »


    Logique de raisonnement impitoyable et indiscutable, qui lui permit donc d’obtenir le feu vert du studio pour ce qui serait au bout du compte, le budget  le plus élevé de l’Histoire d’Hollywood, plus de 13 millions de dollars, sans compter le « petit détail »de 9 mois de tournage !


    Pendant que l’artiste  se lançait dans une préparation méticuleuse de son projet tout au long de l’année 1953, le comédien qui nous intéresse ici se trouvait plus ou moins « dans le creux de la vague », obligé de jouer dans des séries B  certes plaisantes, mais qui ne lui offraient aucune perspective de sortir du rang ; n’oublions pas qu’à l’époque, Charlton HESTON a plus ou moins  renoncé à sa carrière théâtrale pour se lancer au cinéma, mais n’a obtenu pour le moment que des rôles d’aventurier ou de «  westerner » ou son réel talent de comédien n’est ni mis en valeur, ni  poussé vers ses limites, et pour un homme aussi ambitieux et passionné par son art que lui, la frustration à ce moment est immense.

    PDVD_044.JPG

    Et comme De MILLE lui aura tendu la main pour faire décoller modestement sa carrière en 1951, c’est le même homme, comme dans un conte de fées moderne, qui va lui offrir le rôle de MOISE, et  cette fois lui permettre de faire prendre à sa carrière un tournant décisif !


    A vrai dire, il est tout à fait clair aujourd’hui que De MILLE n’eut aucun  doute profond quant à l’attribution du rôle du prophète, tant sa précédente collaboration avec HESTON avait été fructueuse ;  dès les premiers jours de tournage de « THE GREATEST SHOW ON EARTH », il a été impressionné par le professionnalisme du jeune homme, son enthousiasme et son charme naturel, et le fait qu’il ait trouvé, lors d’un voyage à ROME, une ressemblance frappante entre  le MOISE sculpté par Michel-Ange et les traits de l’acteur a certainement compté dans sa décision ; homme de spectacle avant tout plus que directeur d’acteurs, il considère la présence physique et l’aura d’un comédien comme essentielles, bien avant la diction ou l’expressivité !On sait que ce système de pensée comporte ses limites, comme on peut le constater en revoyant ( au hasard) un Victor MATURE par exemple dans son SAMSON AND DELILAH, mais force est de constater que dans son choix crucial, il aura fait mouche !

    hqdefault.jpg


    EST-CE  aussi  le cas en ce qui concerne le reste de l’imposant casting qu’il va mettre en place pendant toute l’année préparatoire au tournage ?   Il est évidemment facile de juger «  a postériori » des décisions qui correspondaient aux critères en vogue il y a plus de 60 ans, mais on ne peut manquer de le trouver cohérent : on y trouve des  comédiens de stature, comme Edward G ROBINSON  dans le rôle de l’infâme Dathan, Vincent PRICE , Sir Cedric HARDWICKE en Pharaon Sethi, une actrice de talent «  mais-qui-n’en-fait-qu’à-sa-tête »Ann BAXTER en Nefertari , plusieurs «  non-acteurs » c’est-à-dire davantage gravures de mode que vrais interprètes, comme John DEREK, Debra PAGET, et (moindrement) Yvonne De CARLO …
    ET … Yul BRYNNER !

                PDVD_387.JPG                PDVD_014.JPG

                                      Vincent Price                                                                                 Sir Cedric HARDWICKE

                PDVD_405.JPG                 PDVD_041.JPG

                             Edward G. Robinson                                                                                                        Anne Baxter

               

                PDVD_084.JPG                   PDVD_168.JPG

                                     John Dereck et Debra Paget                                                                                          Yul Brynner 

    PDVD_032.JPG

    PDVD_065.JPG


    Un homme à part que  ce Yul,  ni mannequin-potiche ni comédien à part entière, mais très grosse personnalité, qui vient de triompher au théâtre puis à l’écran dans THE KING AND I, et qui sait à peu près tout faire : d’origine russe, ancien technicien de cirque à Paris , danseur, chanteur, guitariste, photographe, polyglotte, il fait de son charme et de sa force physique son atout premier car, homme d’une grande intelligence, il connait ses limites dans la diction et les joutes verbales ; dès qu’il se voit assigné le rôle essentiel de RAMSES, principal adversaire de MOISE, il va vivre son personnage à fond, et considérer HESTON comme son rival, à l’écran comme à la ville ; ce (relatif) antagonisme sera d’ailleurs bien exploité par De MILLE, qui obtiendra d’eux une alchimie réelle dans leurs nombreuses scènes communes, mais BRYNNER, qui s’est battu toute sa vie pour « devenir quelqu’un » et est prêt à tout pour arriver au sommet, conservera pendant tout le tournage une certaine distance avec ses collègues,  comportement qui deviendra un vaste sujet de moquerie  pendant la suite de sa carrière ! Georges SANDERS, sardonique comédien britannique, dressera d’ailleurs de lui un portrait pendant le tournage de «  SALOMON AND SHEBA » qui reste, surtout avec le recul, à mourir de rire :

    PDVD_010.JPG


    « Quand Monsieur BRYNNER arriva sur le tournage de SALOMON pour remplacer mon regretté ami Tyrone POWER, il ne fit aucun doute pour toute l’équipe du film que nous allions assister à un évènement considérable : BRYNNER ne se déplaçait sur le plateau  qu’accompagné d’une troupe de secrétaires, chacun d’entre eux étant assigné à une tâche particulière : l’un d’entre eux avait pour vocation de lui allumer  puis éteindre ses cigarettes,  un autre avait pour rôle de veiller à ce que son noble crâne  restât immanquablement  vierge de toute souillure ou particule qui puisse porter ombrage à sa noble tête ; il avait également un troisième secrétaire dont la fonction ne me parut jamais vraiment définie, mais nul doute qu’elle devait être également essentielle » («  mémoires d’une fripouille »)


    Quoi que l’on puisse penser des frasques de BRYNNER, qui il faut bien l’admettre étaient fréquentes chez bien d’autres stars de l’époque, on saura reconnaitre qu’il a su faire de son Pharaon UN VRAI personnage, et non une « statue qui parle » comme on en a souvent vues chez De MILLE ,  lequel nous ne le savons faisait du spectacle sa priorité.


    ET spectacle il y aura, car toute l’équipe du film va se déplacer dans un premier temps en EGYPTE,  pour commencer en octobre 54 les prises de vues, sur les pentes du fameux Mont SINAI, lequel d’ailleurs n’existe pas sur les cartes de la  vaste Péninsule  ; c’est donc aux pieds de «  Gebel MUSA » ( la montagne de MOISE) que  va débuter le tournage, De MILLE ayant été persuadé par les religieux de l’ancien monastère de Sainte Catherine que cette montagne fut celle ou Dieu parla à MOISE !


    C’est donc un HESTON pieds nus qui va pratiquer cette ascension en marchant sur les pentes rocailleuses, expérience douloureuse mais sans commune mesure avec sa confrontation avec le chameau, animal indispensable pour faire voyager l’équipe technique et son matériel ,mais pour lequel il va assez vite éprouver une certaine répugnance ; ce sera le début d’une relation bien particulière entre Chuck et ce mammifère , poursuivie avec un succès comparable dix ans plus tard sur « KHARTOUM » : «  Dieu a créé toutes sortes d’animaux sur cette terre, mais il aurait franchement pu se passer d’inventer celui-ci ! »


    Difficultés certes secondaires par rapport à la tâche beaucoup plus difficile de  donner au Prophète l’épaisseur et l’humanité voulues, car sans une incarnation parfaite, dont il se sent à l’époque incapable, le film tombe à l’eau ! fidèle à sa méthode consistant à s’informer le plus possible sur le personnage qu’il doit jouer, HESTON  va totalement s’immerger dans l’étude de l’Ancien Testament, choisissant  de s’éloigner des acteurs et figurants pour mieux se pénétrer du rôle, passant de longs moments à marcher seul dans le désert, mais se défendant plus tard d’en avoir fait une «  expérience religieuse » :
    « C’est facile de dire «  j’ai marché sur le mont SINAI et j’ai rencontré Dieu » , je déteste ce genre de commentaire ! mais d’un autre côté, je ne peux pas dire que l’expérience ne m’a pas marqué non plus. Je dois dire que les premiers plans que j’ai tourné consistaient  à marcher pieds nus en bas du Mont SINAI, et on ne peut pas se sentir tout à fait le même après ça ! »

    PDVD_087.JPG


    Le façonnement son personnage prendra  donc sa source dans les recherches de documents, dans le choix de costumes et  les différents maquillages qu’imposera fatalement son vieillissement progressif , mais bien sûr aussi dans la volonté délibérée du comédien de faire de MOISE un être humain, certes exceptionnel de par sa destinée, mais sans chercher à le statufier comme la tradition biblique chère à De MILLE l’exige ; il va en faire un être humble, un homme bon qui  devient un serviteur de Dieu et ne cherche aucune gloire, aucune récompense, anticipant son personnage dans EL CID et bien d’autres films.


     Et c’est en cela que son interprétation, y compris de nos jours, parait étonnamment moderne, et ce dans toutes les phases de l’ouvrage, en contraste avec le jeu outré et appuyé, bourré d’effets, de presque tous ses partenaires, notamment Ann BAXTER ; on a là la naissance d’un vrai comédien à l’écran, qui a compris que «  trop essayer ne fait qu’appuyer vos défauts » ( trying too hard only adds up to one’s deficiencies) .
    Réussite évidente à l’écran, mais qui n’empêchera pas le comédien, qui restera toute sa vie son meilleur critique, de considérer avec  objectivité que «  c’était un rôle énorme, comme de jouer le Christ, et donc presque injouable ; il se situait bien au-dessus de mes capacités à l’époque, et le serait encore aujourd’hui , j’oserais même dire qu’il était peut-être au-dessus des capacités de Laurence OLIVIER .Je pourrais le jouer mieux  maintenant, mais n’importe quel acteur pourrait dire cela de n’importe quel rôle ! »

    signature_2 rv.gif

    A SUIVRE ⇒

  • 41 - SAMEDI 22 OCTOBRE 4ème jour tournée USIA

    3562833487 - Copie.jpg

     

     

     

    Voyage : de BEIJING à XI'AN

    Ce matin, alors que je faisais mes bagages, la réception a appelé pour dire que la Troupe du  Caine était dans le hall. Ils étaient donc là, presque tous les hommes, la plupart portant leur veste de la Caine Mutiny, ayant traversé Pékin à vélo et en bus pour me dire au revoir. J'ai été profondément, profondément touché.  Je n'ai jamais eu une Compagnie qui a travaillé plus dur (ou qui a dû travailler plus dur, d'ailleurs, puisqu'ils ont dû comprendre de quoi je parlais, pour commencer). Faire cette pièce en chinois, pour un public chinois, demandait un travail énorme. Ils en ont fourni la majeure partie. Ils ont fait en sorte que la pièce d'Herman fonctionne.

    En nous faisant traverser le Pacifique jusqu'à Pékin, la compagnie aérienne gouvernementale chinoise s'est admirablement comportée, étant en concurrence  avec les autres transporteurs internationaux hors de Chine. Sur les vols intérieurs, elle n'a aucune concurrence. La différence est frappante. Nous avions deux réservations aujourd'hui ; aucune ne nous a été utile.  La différence est frappante.  Notre vol de midi a été inexplicablement annulé ; le vol de 18h45 a eu trois heures de retard, perdant encore vingt minutes en route. Il s'agissait d'un Ilyushin russe, ce qui était un peu déconcertant.En volant vers Xi'an, mon siège était aussi étroit que tous ceux dans lesquels j'ai pu voler, sauf à l'arrière d'un A5 avec les Blue Angels ... et c'était au moins amusant. Entre mes genoux et le dos de l'homme assis devant moi, il n'y avait que 5 cm de rembourrage. Je ne sais pas lequel de nous deux avait le plus mal.

    Nous sommes finalement arrivés à l'élégant Golden Flower Hotel de Xi'an avec trois heures de retard, après avoir préparé quelques entretiens pour l'USIA. Un oreiller frais sous la tête fait du bien à la fin d'une telle journée. 

     

    A SUIVRE⇒

     

  • 40 - VENDREDI 21 OCTOBRE 3ème jour de la visite USIA

    3562833487 - Copie.jpg

    9:00 China Film Ass'n (CFA) : séminaire avec des cinéastes
    2:00 Déjeuner avec Lydia : préparer les bagages  pour l'expédition aux États-Unis. 
    4:00 Bagages envoyés.

    J'ai passé la journée à rencontrer les responsables de l'Association du Film Chinois (qui prennent en charge une partie de la facture de la mini-tournée USIA que nous avons lancée) ainsi que des cinéastes. Après trente ans d'organisation et de participation à ce genre d'événement, je suis devenu très sceptique quant à l'utilité d'une réunion avec plus de six personnes. (Oui, les Nations Unies et le Congrès américain y compris.) Plus le nombre de participants augmente, plus le niveau de conneries augmente. À l'ONU, je dirais qu'il atteint environ quatre-vingt-douze pour cent. Ce matin, dans la salle de conférence de la CFA (il faut ajouter environ cinq pour cent pour le simple fait d'être dans une salle de conférence formelle), avec vingt personnes présentes, je dirais que le rapport entre les conneries et la réalité est de 60/40, ce qui est plutôt bon en fait. 

    Les soixante pour cent restants ont été consacrés à la discussion sur le film en tant qu'art... la forme d'art du 20e siècle, la forme d'art américain, et cetera, et cetera. Tout cela est vrai, mais nous avons tous entendu et dit cela avant. J'ai même ajouté la définition prémonitoire de Lénine selon laquelle le film est l'arme la plus puissante jamais forgée pour façonner l'esprit de l'homme.(C'est par Dieu vrai... ça passe aussi bien auprès d'un public communiste). 

    Nous sommes entrés dans le vif du sujet, alors... comment les films sont faits et vendus, les problèmes d'une industrie cinématographique subventionnée. J'en viens à croire que subventionner quoi que ce soit le voue à l'échec, mais en même temps, j'ai passé une grande partie de ma vie à faire du lobbying et à distribuer l'argent des contribuables pour subventionner les arts chez nous, y compris le cinéma. 
    Avec les subventions, on peut donner des opportunités, mais il faut faire attention à ne pas donner de la sécurité. En particulier dans le cinéma et le théâtre, une sécurité totale vous coupe de votre public, car vous n'avez plus besoin de lui plaire. C'est un problème épineux : il faut stimuler, mais pas étouffer. 

    Pour les Chinois, la subvention totale est obligatoire, non seulement en tant que dogme socialiste, mais aussi parce que le prix d'un billet de cinéma est fixé à environ quatre cents. (Chez nous, les billets de cinéma coûtent maintenant sept dollars... c'est presque dix-sept mille pour cent de plus). Le gouvernement doit donc payer la totalité de la facture de l'industrie cinématographique chinoise, comme c'est le cas en Union soviétique. Il n'est pas impossible de faire de bons films de cette manière, mais c'est plus difficile. Les bureaucrates et les apparatchiks ont tendance à faire les choix. Compte tenu de tout cela, et d'une technologie quelque peu usée, les Chinois ont tout de même réalisé quelques bons films. 

    Je suis rentré à l'hôtel assez tôt pour donner un coup de main à Lydia pour faire les bagages (certains sacspartiront directement à L.A., d'autres avec nous, pour la tournée). Ensuite, nous avons eu un dîner d'adieu avec les Lord, qui nous ont amenés ici, les Zamora, qui nous ont hébergés, et les Corcoran, qui nous ont facilité la tâche. La prochaine affectation de Pat Corcoran sera à Florence... il a déjà commencé ses leçons d'italien. Des gens merveilleux, tous autant qu'ils sont. Nous n'aurions pas pu le faire sans eux. 

     

    A SUIVRE⇒