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CHARLTON HESTON LE MAGNIFIQUE

  • 12 - "Charlton Heston une biographie " de Michael Munn - (traduction par Adrien P.)

    ... LES FILMS DE JEUNESSE 

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    ... suite

     

     

    C'était un rôle qu'il avait hâte de jouer. « Je crois que j'admire Andrew Jackson plus qu'aucun autre homme de ce genre que j'ai joué, » dit-il.

    L'actrice principale était Susan Hayward, celle qui lui tendrait huit ans plus tard son Oscar du meilleur acteur mais à l'époque, c'était une star plus importante que lui, et son nom apparut avant le sien dans les crédits. Elle était en fait plus âgée que lui – il n'avait que 29 ans, elle en avait 35, mais toujours belle et juvénile. Leur alchimie fonctionna bien à l'écran et il est regrettable qu'ils n'aient plus jamais travaillé ensemble.

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    Oscars 1960 Charlton Heston et Susan Hayward

    Pour préparer son rôle, Heston voulut l'aide de De Mille qui avait fait quinze ans plus tôt,  Les Flibustiers1 dans lequel « Old Hickory »2 apparaissait. De Mille le laissa prendre connaissance des documents de recherche qu'avait collectés son équipe et autorisa Heston à visionner son vieux film. Tout cela l'aida à étudier le personnage, fixant sa propre méthode pour s'immerger entièrement dans le personnage de toutes les figures historiques qu'il allait incarner.

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    De Mille lui offrit comme porte-bonheur, une statuette en cire de Jackson haute d'environ 25 centimètres3. Tout au long du tournage et de la production du film " Le général invincible ", Charlton garda la statuette dans sa loge et la rendit quand le film fut terminé.

    Le Général Invincible était à la fois un film historique d'amour et d'aventure. Il aurait pu facilement devenir un somptueux spectacle mais au lieu de cela, il permit à Heston et à Hayward de développer leurs personnages dans le cadre modeste du film sous la direction d'Henry Levin, un artisan prolifique à la main sûre qui travaillait mieux avec de petits budgets pour ce genre d'histoire d'aventure.

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    Charlton Heston et Susan Hayward dans GENERAL INVINCIBLE (1953)

    Bien qu'il ne fut pas un gros succès au box-office, Le Général Invincible resta l'un des films préférés d'Heston parmi ses propres films (si encore l'on réussissait à le pousser suffisamment pour qu'il admette qu'il avait déjà été satisfait par le moindre de ses films). Parmi ses films de jeunesse, c'est toujours le préféré de Lydia.

    Il fallait maintenant retourner à Paramount et aux westerns qu'ils avaient préparés pour lui. Le premier était Le Triomphe de Buffalo Bill4 dans lequel il incarnait un autre héros ayant réellement existé (bien qu'avec moins d'exactitude historique) : Buffalo Bill Cody. Avec ses longs cheveux ondulés parcourant son dos, vêtu de peau de daim et tirant avec un six-coups dans chaque main, Heston faisait un héros de western populaire convainquant. C'est dommage que Forrest Tucker en tant que Wild Bill Hickok n'essaya même pas au moins de paraître supposé sauvage5, mais Heston avait alors développé sa technique de trouver le personnage grâce au costume et au maquillage. « Je dois d'abord comprendre l'apparence extérieure de l'homme avant de pouvoir comprendre sa vie intérieure, » comme il disait.

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    Il avait également appris à cette époque qu'il y avait beaucoup à gagner en regardant les séquences tournées chaque jour, contrairement à d'autres acteurs qui n'approcheront jamais d'une salle de visionnage quand le réalisateur les regarde. Heston dit ceci :

    " Je veux voir les choses que je fais mal. Si je vois une scène qui est bonne, ça ne m'apprend rien. Il faut apprendre les choses que l'on fait mal et les corriger, et à mon avis, un acteur ne doit jamais être satisfait de sa performance ou ne serait-ce même que d'une scène. Si jamais j'ai un jour le sentiment que je ne pourrai pas mieux jouer une scène, il sera temps pour moi d'arrêter."

    Le réalisateur Jerry Hopper s'habitua à avoir Heston à ses côtés pour regarder les séquences. Le Triomphe de Buffalo Bill était le premier des trois films sur lesquels ils allaient travailler ensemble, Hopper ayant déjà dirigé Lydia dans Le Vol du secret de l'atome.

    Le Triomphe de Buffalo Bill n'a pas la moindre prétention ; c'était un film amusant, un des rares films de ce genre qu'ait fait Heston. Dans la scène d'ouverture, Heston salue de la main une diligence alors qu'il a perdu son cheval face aux Indiens.

    « Je suis Buffalo Bill Cody, » dit-il au conducteur.

    « bien sûr, lui répond le conducteur, et je suis Wild Bill Hickok ! »

    « non, dit Heston, vous n'êtes pas si moche que ça ! »

    Et le film suit son cour en enchaînant ces taquineries amicales entre Heston et Tucker. Il y a également deux femmes qui se disputent l'affection d'Heston. L'une était jouée par Rhonda Fleming, une ravissante femme rousse assez spectaculaire dans les films en couleur, et l'autre par Jan Sterling, une actrice aux cheveux blonds très clairs.

    Le producteur, Nat Holt, a également dirigé le troisième western d'Heston pour Paramount, Le Sorcier du Rio Grande6. Heston avait une fois encore un personnage historique, mais le nom original Al Sieber fut cette fois changé en Ed Bannon. Chuck se retrouva de nouveau sur les décors qui avaient servi à tourner Le Fils de Géronimo en compagnie des mêmes techniciens et des mêmes figurants. Charles Marquis Warren, qui avait écrit le scénario de Le Triomphe de Buffalo Bill était également le scénariste et le réalisateur de Le Sorcier du Rio Grande. Il était en quelque sorte spécialiste de l'univers d'Amérique de l'Ouest, et d'après lui, Al Sieber était un éclaireur dans la guerre contre les Indiens qui aurait mérité la Medal of Honor du Congrès7 pour avoir agi bien au-delà de ce que lui commandait le sentiment du devoir.

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    Le Sorcier du Rio Grande comprend l'une des premières apparitions de Katy Jurado dans un film Américain. Elle était auparavant chroniqueuse dans son Mexique natal avant de jouer le rôle de la señorita sensuelle et exotique pour lequel elle deviendrait célèbre. Cependant, dans Le Sorcier du Rio Grande, un western plus sérieux et au réalisme bien plus cru que Le Triomphe de Buffalo Bill, elle incarne une fille Indienne qui feint l'amour auprès d'Heston afin d'espionner pour le compte du vicieux Jack Palance jouant un guerrier Apache meurtrier.

    Il sembla à Heston qu'il n'eut jamais de pause en 1953. Il se retrouva à jouer le docteur dans une ville minière dans Éternels Ennemis8 dans les studios réputés de Columbia. Comme on pourrait s'y attendre, le point culminant du film est un désastre minier. C'était un film sans intérêt, rendu plus vivant par Lizabeth Scott, l'actrice principale au côté de Chuck dans La Main qui venge. Elle était dans le métier depuis bien plus longtemps qu'Heston, mais à l'époque où ils firent Éternels Ennemis, Miss Scott allait bientôt devoir partir. En effet, l'année suivante, sa carrière a été presque ruinée quand la presse à scandale, le tristement célèbre Confidential, publia un article prétendant qu'elle préférait les femmes aux hommes, et bien qu'elle gagna son procès contre eux, sa carrière ne s'en est jamais remise.

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    Charlton Heston et Lizabeth Scott dans "Eternels ennemis" (1953)

    Pendant ce temps, Heston continuait à patauger dans les scénarios plats et les films d'aventure classique. Au moins, son prochain film, Quand la marabunta gronde9, fut un franc succès. Produit par le spécialiste des effets spéciaux George Pal et réalisé par un autre sorcier des effets spéciaux du nom de Byron Haskin, on se souviendra toujours de ce film comme celui avec tous ses millions de fourmis légionnaires10 dévorant les plantations d'Heston en Amérique du Sud. C'est un film qui offrit également à Heston un de ses meilleurs rôles de « heel »11 qu'il adore incarner. Plus important encore, Quand la marabunta gronde s'avéra être son plus gros succès depuis Sous le plus grand chapiteau du monde il y a deux ans, ce qui est long pour quelqu'un en quête d'un succès.

    Pour citer Heston :

    " J'imagine que Quand la marabunta gronde s'est finalement révélé plutôt bon. Ce fut un gros succès commercial qui a reçu un bon accueil critique. Ma femme décrit le personnage que je joue comme « un de ces héros-méchants dont tu as le secret », et c'était mon premier du genre, ce qui a peut-être contribué à ce que je sois retenu pour des rôles similaires par la suite. Un homme qui semble ne rien vouloir comprendre, dépourvu d'empathie12, stupide, mais que le public comprend quand même d'une manière ou d'une autre.

    Il y a une scène dedans dont semblent se souvenir beaucoup de gens. C'est curieux car je suis allé écouter  Jimmy Stewart pendant un de ses cours d'université à Londres, et il développa une idée remarquablement censée. Il disait qu'un film est constitué de moments à succès. Il est très difficile de structurer tout une performance comme on peut le faire au théâtre, car il faut jouer chaque scène comme elle vient et une fois tournée, c'est terminé.

    Il voulait dire que si l'on joue une scène et qu'elle fonctionne bien dans la version finale, alors cette scène sera un moment dont le public se souviendra. Deux ou trois bons moments en feront un film mémorable. Une demi-douzaine ou une dizaine peuvent faire un grand film."

    Il dit ensuite quelque chose qui me semblait vrai dans mon propre cas à propos de Quand la marabunta gronde. Il dit que les gens venaient vers lui et lui disaient : « j'ai vu ce film que vous avez fait. Je ne me souviens plus qui l'a réalisé, ni le titre ni qui jouait dedans, mais il y avait cette scène où vous êtes dans une salle et ce gars referme la porte, vous prenez une bouteille et le regardez. »

    Eh bien, dans le cas de Quand la marabunta gronde, c'est ce genre de film, sauf que les gens ne disent pas « oh les fourmis… » ou quoi que ce soit, mais ils disent : « je me souviens de cette scène où vous avez cette fille, Eleanor Parker, et vous vidiez cette bouteille de parfum sur elle. »

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    Charlton Heston et Eleanor Parker dans QUAND LA MARABUNTA GRONDE (1953)

    scène de la bouteille de parfum

     

    Et c'est là exactement ce à quoi faisait référence Stewart, et c'est là le genre de film qu'est Quand la marabunta gronde."

    Son film suivant ne l'était pas. Le Secret des Incas13 est un film tout à fait oubliable. Paramount voulait encore exploiter Heston dans un autre rôle de « héros-méchant », cette fois à la recherche d'un bijou légendaire Inca dans les ruines de l'ancienne civilisation Inca. Il retrouva de nouveau des visages connus sur le plateau : Mel Epstein le producteur, il avait produit Le Fils de Géronimo ; Jerry Hopper était de nouveau le réalisateur ; la plupart des techniciens étaient les mêmes que dans ses films précédents. Heston s'est sûrement un peu senti comme s'il était sur un tapis roulant. La tête d'affiche au côté d'Heston, Robert Young, se retira de l'industrie du cinéma après ce film qui conclut un cycle de films sans distinction.

    Charlton Heston dans le rôle de Harry Steele "LE SECRET DES INCAS" 1954

    La carrière d'Heston, en 1954, était au trente-sixième dessous. Il n'avait pas l'air d'avoir d'avenir. Au mieux, il gagnait une précieuse expérience pour apprendre son métier dans les limites plutôt restrictives du  système des studios, même s'il n'était pas enchaîné à un quelconque studio.

    Le tapis roulant continua sa course apparemment sans fin avec Horizons lointains14, l'histoire de Lewis et Clark et leur expédition au Nord-Ouest. En tant que film d'aventure, ce n'était pas mauvais du tout – grâce aux yeux de réalisateur de Rudy Mate qui donnait tout le temps dans ce style – mais le niveau du film fut à nouveau trahi par le choix d'un autre acteur à la carrière battant de l'aile – Fred MacMurray. Donna Reed, la future Miss Ellie dans Dallas y apparut également dans le rôle d'une fille Indienne. Pour elle aussi, sa carrière était sur la pente descendante après avoir gagné cette année-là un Oscar pour sa performance en tant qu'Alsa, la prostituée dans Tant qu'il y aura des hommes15. Après Horizons Lointains, elle fit cinq autres films avant de se retirer de l'industrie du cinéma.

    Charlton Heston (Clark) et Donna Reed das "HORIZONS LOINTAINS" 1955

    Charlton lui-même devait lui aussi en être arrivé à se demander s'il y avait vraiment un avenir pour lui dans le cinéma, surtout quand les producteurs d'Horizons lointains, William H. Pine et William C. Thomas convainquirent Paramount de mettre leur "poulain" dans leur prochain film, un mauvais feuilleton16, Lucy Gallant. Jane Wyman avait le rôle-titre, une femme riche qui, une fois larguée au sommet, gagne l'affection du fermier Heston. Quand sa carrière semble devenir plus importante que leur mariage, il s'en va et rejoint l'armée et, surprise, devient un héros. Elle décide alors que l'amour est plus important que l'argent, donc elle abandonne tout pour Heston.

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    Charlton Heston et Jane Wyman dans "LUCY GALLANT" 1955 

    C'était grosso modo un film pour femme, Jane Wyman plaisant bizarrement plus aux femmes qui aiment pleurer qu'aux hommes qui aiment les poupées. Miss Wyman avait alors 40 ans et Heston à peine 31. C'était cependant un léger soulagement de remarquer que le rôle joué par Claire Trevor, une fois encore une cruche au cœur d'or, se faisait appeler « Lady Macbeth. »

    Désormais, Heston commençait à ressentir le besoin de briser le moule dans lequel il avait été plongé, spécialisé dans les vilains et les héros durs à cuire. Il réussit en 1954 à fuir Hollywood et le cinéma pour quelques semaines pour jouer Mr Roberts sur scène à Palm Beach. Ce fut un rafraîchissant changement d'air de retourner au théâtre où, en fin de compte, c'était lui, l'acteur, qui faisait de la pièce une réussite ou un échec. Les films dépendent de trop d'éléments pour permettre à l'acteur d'être autre chose qu'un facteur contribuant au résultat final sur l'écran.

    En retournant à Hollywood, il ressentit le besoin de trouver le genre de studio qui l'attirait le plus en tant qu'acteur ; un dans lequel il aurait son mot à dire sur le résultat final. Il le trouva chez Paramount. C'était un script titré La Guerre privée du major Benson17 de William Roberts et Richard Alan Simmons. C'était l'histoire amusante d'un rude major qui parle alors qu'il aurait mieux fait de se taire et se retrouve à l'académie militaire à entraîner des cadets et à être entouré de nonnes.

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    Charlton Heston dans "LA GUERRE PRIVEE DU MAJOR BENSON" 1955

    Paramount espérait avoir Cary Grant pour jouer ce rôle, mais il refusa. Heston se présenta et demanda à pouvoir le remplacer, mais Paramount ne pouvait pas l'imaginer lui, le héros dur comme fer de Quand la marabunta gronde et Le Secret des Incas, reprendre un rôle taillé sur mesure pour Cary Grant. La Guerre privée du major Benson fut donc laissé dans un coin, et Heston a dû se demander si sa carrière au cinéma n'y était pas avec.

    Peut-être que ça aurait fini ainsi, si Michel-Ange n'avait pas regardé dans l'avenir et utilisé Charlton Heston comme modèle pour sa statue de Moïse.

     

    A SUIVRE ...

    1 - The Buccaneer (sorti en France le 10 mars 1938)

    2 - Un surnom donné à Andrew Jackson, septième président des États-Unis, littéralement traduit « le vieux noyer blanc ». Ce surnom vient des soldats l'ayant servi alors qu'il était commandant durant la guerre de 1812 du fait de sa dureté et de sa ténacité.

    3 - 10 pouces dans le texte original

    4 - Pony  -Express

    5 - « wild » se traduit par sauvage

    6 - Arrowhead

    7 - La plus haute distinction que puisse recevoir un militaire aux États-Unis

    8 - Bad for Each Other

    9 - The Naked Jungle

    10 - Le texte original dit « soldier ant », la fourmi soldat, un terme générique pour désigner un type spécifique de fourmi dans une colonie (se distinguant de la reine et des ouvrières, donc), mais qui ne permet pas de savoir de quelle espèce il est question. Je choisis donc de traduire par « fourmi légionnaire » (une espèce dont la migration est appelé « marabunta »), qui se dirait normalement « army ant » en anglais.

    11 - Un anglicisme qu'il nous faut conserver ici. Ce terme tiré du monde du catch désigne le « méchant » sur le ring, celui qui s'oppose au « face », le « gentil » du combat.

    12 - Le texte dit « an unempathic man ». l'adjectif « unempathic » n'existe dans aucun dictionnaire que j'ai pu consulter, mais semble être parfois employé. C'est un de ces mots dont on comprend le sens sans pour autant qu'il n'existe dans la langue officielle.

    13 - Secret of the Incas

    14 - The Far Horizons

    15 - From Here to Eternity

    16 - Le texte dit « trashy soap opera ».

    17 - The Private War of Major Benson

     

  • SYNTHESE SUR LES DERNIERS CHAPITRES DU LIVRE DE MARC ELIOT par Maria R.D.

    Maria nous offre une synthèse sur les derniers chapîtres du livre de Marc Eliot, qui fait écho à la traduction qu'a faite Renaud du chapître 23 intitulée "Major Dundee".

    Nous pouvons constater que leurs points de vue et ressentis sont identiques. J'apprécie que leurs analyses soient en concordance, et cela sans se connaître. 

     

    Le 14 septembre 2018 à 16:08

    Carissima France,

    Scusa per aver fatto passare tanto tempo, ma leggendo questo “billet”, capirai perché

     

    Proprio ieri sera ho letto gli ultimi capitoli della biografia di Chuck scritta da Marc Eliot. Dovrei dire: ho riletto gli ultimi capitoli. Alla prima lettura, mi addolorava troppo seguire la progressiva decadenza dell’uomo che era stato Charlton Heston. Ora con più attenzione e con tanto affetto mi è sembrato di capire qualcosa in più.

    Bisogna andare al di là dei luoghi comuni e partire dai tormenti di una carriera che sembrava dissolversi tra scelte sbagliate e un periodo infelice di vita coniugale, quando Lydia non è più la compagna alla quale appoggiarsi, ma la donna infelice della cui infelicità Chuck si sente responsabile.

    Dopo i tre film degli anni difficili , Planet of the apes – The omega man – soylent green, dopo il fallimento di Anthony and Cleopatra davanti a lui c’è solo il vuoto , riempito in parte da alcune esperienze teatrali. La decisione è di abbandonare il mondo di Hollywood e tagliare i ponti anche con il sindacato . La presidenza Reagan gli offre la possibilità di interessarsi di istituzioni culturali, come il National Endowment of Arts, fondato dal presidente Johnson con lo scopo di distribuire fondi statali per progetti nel campo delle arti e dell’umanesimo. Gregory Peck gli chiede di affiancarlo nella gestione dell’American Film Institute . Il cinema non è solo un’industria, è anche un’arte ed è necessario fornire gli strumenti per apprendere quest’arte e salvare le opere cinematografiche che ne hanno sottolineato l’importanza. Il progetto diventa realtà e Chuck trova un’altra strada su cui compiere un percorso che lo riempie di orgoglio e gli da un ruolo importante nel mondo della cultura.

    Sorgono però ostacoli finanziari da parte dell’amministrazione reaganiana, devota al neoliberismo e contraria a qualunque intervento pubblico. Ma anche questi ostacoli vengono superati. Quello che non si può sconfiggere rimane il tempo che passa e la difficoltà di trovare ruoli adatti ad un attore che si appressa ai 50 anni.

    Chuck ritorna alla televisione.  Anche qui il suo passaggio al partito Repubblicano lo pone in una sorta di Lista nera (o grigia) e le recensioni, teatrali come televisive, sono spesso venate di valutazioni negative. E’ un vecchio attore che non si rassegna ad un lento scivolare fuori della moda corrente? O e colpa della sua coerenza a sostenere dei valori nei quali ha creduto tutta la vita?

    La NRA si infiltra in questa fessura di tristezza e indecisione : Chuck non viene  sconsigliato nemmeno dal suo consigliere di sempre: il figlio Fraser, che anzi  lo convince a continuare la sua carriera di attore fondando una casa di produzione in cui regnano lo stesso Fraser, un suo amico Martin Shafer e naturalmente Charlton Heston, la Agamennon films. Non particolarmente fortunata.

    Troppe esperienze negative portano Chuck ad apprezzare il sostegno della NRA e quest’ultima ad apprezzare il richiamo che il nome dell’attore esercita su una parte degli americani. Finanziariamente non è Chuck a guadagnarci, ma piuttosto l’associazione sostenitrice del diritto di tenere e portare armi da fuoco, forte lobby del partito Repubblicano.

    Gli ultimi anni 90 vedono un sovrapporsi della ostilità pubblica contro l’attore Heston e una progressiva decadenza fisica e mentale dell’uomo Heston.

    L’infelice brano di Bowling for Columbine con Michel Moore e l’annuncio pubblico  fatto dallo stesso Heston di essere probabilmente afflitto dal morbo di Alzheimer segnano come un improvviso silenzio a Hollywood e nel resto degli USA. E’ come se la gente non sapesse come rispondere a queste due infelici esperienze. Qualche voce si sente anche troppo forte in questo silenzio, come quella di George Clooney. Chuck e Lydia rilasciano un’ultima patetica intervista. Poi la fine il 5 aprile del 2008.

    Nel primo decennio dopo la morte ritornano all’attenzione del pubblico, anche di quello giovane, i classici come Ben -Hur  e El Cid   (quest’ultimo restaurato da Martin Scorsese) e i 3 film della distopia o dei cosidetti “anni difficili”. Ora che il cinema è entrato a far parte del mondo dei prodotti”digitali” (si veda il risultato dell’ultima Mostra di Venezia) si torna ad apprezzare il rombo degli zoccoli nel silenzio del Circo di Antiochia ricostruito per intero a Cinecittà.

    Arrivata alla fine della biografia di Eliot, era passata mezzanotte. Sono uscita sulla veranda a guardare le stelle. Sono le stesse che brillavano nel 1958 sul set di Ben-Hur. Grazie Marc Eliot per questi ultimi dolorosi capitoli.

     

    Maria R. D.

     

     

    Le 14 septembre 2018 à 16h08

    Ma chère France,

    Désolée d'avoir laissé passer autant de temps, mais en lisant ce "billet", tu comprendras pourquoi.

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    Hier soir, j'ai lu les derniers chapitres de la biographie de Chuck, écrite par Marc Eliot. Je devrais dire : je relis les derniers chapitres. À la première lecture, je regrettais trop de suivre la décadence progressive de l'homme qui avait été Charlton Heston. Maintenant, avec plus d'attention et avec beaucoup d'affection, il me semble comprendre quelque chose de plus.

    Nous devons aller au-delà des clichés et nous éloigner  des affres d'une carrière qui semblait se dissoudre entre des choix erronés et une période malheureuse de la vie conjugale, lorsque Lydia n'est plus la compagne sur laquelle s'appuyer, mais la malheureuse femme dont Chuck se sent responsable

    Après les trois films des années difficiles, après l'échec d'Anthony et Cléopâtre, devant lui  il n'y a que le vide, rempli en partie par des expériences théâtrales. La décision est de quitter le monde d'Hollywood et de couper les ponts avec le syndicat. La présidence Reagan lui offre l'opportunité de s'intéresser aux institutions culturelles, telles que le National Endowment of Arts, fondé par le président Johnson dans le but de distribuer des fonds publics pour des projets dans le domaine des arts et des sciences humaines. Gregory Peck lui demande de le soutenir dans la gestion de l'American Film Institute. Le cinéma n'est pas seulement une industrie, c'est aussi un art et il faut fournir les outils pour apprendre cet art et sauver les œuvres cinématographiques qui ont souligné son importance. Le projet devient une réalité et Chuck trouve une autre voie sur laquelle accomplir un parcours qui le remplit de fierté et lui donne un rôle important dans le monde de la culture.

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    Ceependant, il existe des obstacles financiers de la part de l'administration Reagan, qui se consacre au néolibéralisme et opposée à toute intervention publique. Mais même ces obstacles sont surmontés. Ce qui ne peut pas être vaincu reste le temps qui passe et la difficulté de trouver des rôles appropriés pour un acteur qui approche les 50 ans.

    Chuck retourne à la télévision. Même ici, son passage au parti républicain le place dans une sorte de liste noire (ou grise) et les critiques, théâtrales comme la télévision, sont souvent guidées par des évaluations négatives. Est-ce un vieil acteur qui ne se résigne pas à une lente sortie de mode ? Ou est-ce la faute de sa cohérence à défendre les valeurs auxquelles il a cru durant toute la vie ?

    La NRA s'infiltre dans cette fissure de tristesse et d'indécision : Chuck n'est pas conseillé, même par son conseiller habituel : son fils Fraser, qui l'a même convaincu de poursuivre sa carrière d'acteur en fondant une société de production où règnent Fraser, un de ses amis, Martin Shafer et Charlton Heston : "La Agamennon-films".

     
     

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    Trop d’expériences négatives amènent Chuck à apprécier le soutien de la NRA et celle-ci à apprécier l’influence que le nom de l’acteur exerce sur une partie des Américains. Sur le plan financier, ce n'est pas Chuck qui gagne, mais plutôt l'association de défense du droit de détenir et de porter des armes à feu, le lobby puissant du parti républicain.

    Au cours des années 90, on voit un chevauchement de  l'hostilité du public contre l'acteur Heston et la décadence physique et mentale progressive de l'homme Heston .

    La malheureuse séquence de Bowling for Columbine avec Michael Moore et l'annonce publique faite par Heston lui-même d'être probablement atteint de la maladie d'Alzheimer marquent un silence soudain à Hollywood et dans le reste des États-Unis. C'est comme si les gens ne savaient pas comment répondre à ces deux expériences malheureuses. Certaines voix se font entendre aussi trop fort dans ce silence, comme celle de George Clooney. Chuck et Lydia publient une dernière interview pathétique. Puis la fin le 5 avril 2008.

    Dans la première décennie après la mort, il revient à l'attention du public et même le plus jeune,  les classiques tels que Ben -Hur et El Cid (le dernier restauré par Martin Scorsese) et les trois films de dystopie ou les prétendues "années difficiles". Maintenant que le cinéma fait désormais partie du monde des produits "numériques" (voir le résultat du dernier Festival de Venise), le rugissement des sabots dans le silence du Cirque d'Antioche entièrement reconstruit à Cinecittà est de retour. 

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    À la fin de la biographie d'Eliot, il était minuit passé. Je suis sortie sur la véranda pour regarder les étoiles. Elles sont les mêmes qui ont brillé en 1958 sur le plateau de Ben-Hur. Merci Marc Eliot pour ces derniers chapitres douloureux.

    Maria R. D.

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  • HOLLYWOOD’S LAST ICON : " MAJOR DUNDEE "TRADUCTION du chapître 23 du livre de Marc ELIOT

    ...SUITE & FIN

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    Concernant son histoire de retour de salaire, HESTON rentra dans les détails avec la presse pour expliquer en quoi les choses étaient devenues compliquées, et pourquoi il n’avait pu que soutenir son metteur en scène. «  plus vous mettez de péripéties dans un film, plus les personnages deviennent plats ; ce fut le génie de WYLER dans BEN-HUR de faire accéder ses personnages au premier plan de l’histoire ; Chris FRY qui écrivit le scénario me dit que si on avait enlevé l’histoire d’amour, le film aurait été meilleur, car tout ce qui importe au spectateur dans le film, c’est la relation entre Judah et Messala. J’ai appris pendant les amères premières années de ma carrière à quel point il faut un bon script, avant tout ; quand Sam m’a apporté le premier jet de DUNDEE, nous savions tout de suite qu’il fallait le réécrire. Qui le fera ? ai-je dis… «  moi » a répondu Sam. Cela voulait dire retarder le film de quatre mois. Je n’avais pas autorité sur le scénario, ni un pourcentage, juste un salaire classique. ON a fait le film au Mexique , qui a dépassé de six jours la date de fin de tournage. Ils ont voulu couper des scènes, j’ai soutenu Sam, j’ai voulu donner toutes ses chances à cet homme de talent, j’ai dit aux patrons : «  écoutez les gars, je suis prêt à vous rendre mon salaire si vous conservez les scènes que nous trouvons importantes » J’ai considéré comme un devoir moral de faire ce geste parce que j’avais cassé une règle éthique ! je ne pensais pas qu’ils me prendraient au mot, mais ils l’ont fait, je n’allais pas leur dire «  hey, rendez-moi mon argent ! »

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    Plus tard, éternel rationnel, il dit : « au moins, on m’aura payé mes repas » et, il exprima un point de vue sur DUNDEE qui est sans doute plus près de la vérité : «  le film a échoué car le studio, Sam et moi-même avions chacun une vision différente de ce qu’il devait être ; le studio voulait un film de cavalerie et de méchants peaux rouges, je voulais un film sur la guerre civile et Sam voulait faire THE WILD BUNCH , qu’il filma plus tard….

    TROP de cuisiniers talentueux pour se retrouver avec deux hots-dogs bouillis.»

    Fin avril, ayant fini le tournage au Mexique, HESTON retourna à Los Angeles pour apprécier les plaisirs simples de se lever tôt, déposer FRASER à l’école, s’arrêter un peu au studio, prendre un bain vers midi et s’allonger près de la piscine à lire de nouveaux scripts ; cette routine était reposante, mais HESTON ne pouvait s’empêcher de ressentir une grande frustration et une grande colère concernant DUNDEE et l’occasion manquée d’en faire un bon film, ajoutée à la dépense d’argent inutile de sa part ; il commença à exprimer sa frustration devant tous ceux qui lui étaient proches, y compris Lydia, avec laquelle il commença à se disputer sur des questions sans intérêt, ce qui finissait en général par des excuses de sa part, il résuma plus tard le secret de la longévité de son mariage avec Lydia de cette manière : « d’abord, il faut trouver la bonne personne, et surtout, ne pas oublier l’importance cruciale de cette phrase : «  j’avais tort », ça vous mènera beaucoup plus loin qu’un simple «  je t’aime » 

    La première semaine de mai, HESTON partit avec sa famille pour ROME, pour commencer un film dont il espérait qu’il redresserait un peu sa balance financière, et marquerait un retour de forme ; il avait accepté une offre de la FOX pour jouer Michelangelo dans une adaptation à 7 millions de dollars du roman d’Irving STONE «  L’extase et l’agonie », qu’on tournerait en deux versions, TODD-AO et Cinémascope. FOX avait acquis les droits du roman en 61 et commissionné Phil DUNE pour le scénario, avec l’idée de mettre ZINNEMANN à la mise en scène et LANCASTER dans le rôle de l’artiste .Quand celui-ci changea d’avis, en désaccord avec l’approche fausse selon lui de l’homosexualité du sculpteur, on offrit le rôle du pape à Spencer TRACY qui refusa aussi, finalement, ce fut Carol REED qui succéda à ZINNEMANN, et Rex HARRISON accepta le rôle du pape Jules. HESTON était un admirateur du style classique de REED et notamment du «  THIRD MAN » dans lequel jouait aussi Orson WELLES .

    Le scénario de DUNNE se concentrait sur la bataille de quatre années qui opposa Michelangelo et le pape au sujet de la peinture du plafond de la chapelle Sixtine à ROME ; HESTON considéra le script comme «  le meilleur qu’il ait jamais lu » ; il avait plutôt réussi sur THE PRESIDENT’S LADY , un autre film adapté de STONE, et signa donc pour un » pourcentage sur le brut » qui commençait avec le premier dollar gagné sur le film, ce qui signifiait que même si le film s’avérait trop cher ou que la FOX ne rentrait pas dans ses frais, il serait le premier à être payé, un deal qui ne présentait aucun inconvénient !

    Il passa des semaines à faire des recherches concernant l’artiste, chemin qu’il empruntait régulièrement pour trouver son personnage, notamment 600 lettres écrites par lui ; «  les lettres sont souvent le moyen le plus sûr de découvrir une personnalité, et celles-ci m’ont permis de connaitre sa profonde misanthropie, sa nature paranoïaque et quasiment asociale »

    Il fut surpris de constater que l’artiste se considérait avant tout comme un sculpteur plutôt qu’un peintre, et n’avait fait en tout et pour tout que deux œuvres majeures, le plafond de la Sixtine et le mur derrière la chapelle appelé « le jugement dernier », ce qui l’amena à considérer Michelangelo comme un marginal au talent immense, forcé de se plier à un contrat contre sa volonté ; il trouva quelque part dans cette révélation un parallèle avec sa propre place à HOLLYWOOD, le pape étant un amalgame des patrons de studio ou metteurs en scène qui l’avaient mal utilisé ou mal traité, qui le considéraient comme une commodité pour faire de l’argent plutôt que comme l’artiste qu’il pensait être.

    Cependant, son plus grand défi consistait à comprendre Michelangelo dans son intensité ; il dit à un reporter : « je n’ai joué qu’un génie dans ma vie, Thomas JEFFERSON, mais là je joue un génie qui était un grand artiste » pour essayer de saisir la technique ainsi que l’émotion, il étudia le travail des sculpteurs sur marbre, et passa de longues heures à étudier leur travail, sinon pour les comprendre, du moins pour essayer d’être plausible dans cet exercice ; il augmenta donc son temps de travail considérablement, et si le travail s’avéra moins difficile que de traverser le Sinaï ou conduire un attelage de chars, il lui fut requis de rester quatre heures par jour allongé sur un échafaudage, sans oublier la peinture fraiche qui inévitablement allait couler sur son visage, ses cheveux et sa barbe pendant cet exercice !

    Laissé de côté totalement dans ses recherches, fut l’aspect pourtant bien documenté de l’homosexualité du personnage, ce que HESTON ne croyait pas. «  rien n’indique qu’il ait été gay » déclara t’il, en dépit d’évidentes preuves du contraire, notamment la poésie de l’artiste ; «  mais s’il l'avait été, dans ce cas, je n’en aurais pas fait un hétéro » ; par ailleurs, le vrai Michelangelo était de taille moyenne, pas le style beau gosse en vedette, une disparité que HESTON mit à profit pour déclarer : «  il était deux fois plus grand que n’importe quel homme »

    Comme MGM l’avait fait pour BEN, la FOX mit tous ses atouts dans la réalisation de AGONY. Le studio avait souffert grandement de son investissement déraisonnable et quasi-fatal dans CLEOPATRE qui l’avait mis au bord de la banqueroute ; le cachet de miss TAYLOR était de 2 millions, et la FOX avait dépensé 31 millions pour l’achever, ce qui en fit le film le plus cher de l’histoire d’HOLLYWOOD ; le studio était désireux de remettre de l’argent dans les caisses avec l’apport d’une superstar connue et populaire pour ses rôles historiques.

    Le tournage commença à ROME le 8 juin, pour une durée attendue de 3 mois ; HESTON amena donc sa famille, il aimait tourner l’été car cela lui permettait de faire venir FRASER pendant ses vacances, et ils arrivèrent juste à temps pour célébrer le 9ème anniversaire de FRASER. Dès le matin suivant, HESTON s’en tint à une routine précise, lever matinal, nage et exercices, suivis par un petit déjeuner copieux avec la famille, et encore d’autres exercices sportifs. Pour le déjeuner, un verre de jus de tomate et une boisson riche en protéines faisaient l’affaire, et après le tournage, son dÏner consistait en un bon steak ou un poisson entier, le tout accompagné d’une ou deux bières fraiches.

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    Avant qu’on puisse filmer quoi que ce soit, la production fut retardée par des négociations avec le Vatican pour filmer dans la chapelle, et qui échouèrent au dernier moment ! il fallut que ZANUCK se rabatte sur une réplique parfaite du plafond, qu’il installa dans les studios de DE LAURENTIS non loin, la chapelle ayant été parfaitement photographiée, et les couleurs passées ayant ensuite été restaurées pour créer une réplique d’un réalisme stupéfiant. Pendant ce travail minutieux, HESTON emmenait sa famille dans de longues promenades Via Appia, il trouva même le moyen d’emmener Lydia loin de ROME pour une soirée romantique, sans les enfants confiés à Mabel.

    La semaine suivante, pendant les quelques heures de repos qui lui étaient octroyées pour visiter la vraie chapelle Sixtine, il en profita pour aller voir les décors encore existants de BEN –HUR, et fut attristé de voir que l’herbe avait envahi l’ancienne piste de la course de chars, et que les écuries avaient disparu ; sa visite de la chapelle lui fit réaliser l’extase de la réalisation d’une telle œuvre, ainsi que l’agonie que représentait un tel travail ; dans son journal ce soir-là, il compara la souffrance de l’artiste, cloué pendant quatre ans à son plafond, à celle de Jésus sur la croix.

    Une fois le tournage commencé, Lydia avec son appareil photo en main, fit la chronique de ses progrès dans le rôle, pendant que les enfants trouvaient un coin à eux pour assister à tout ce qui touchait au tournage d’un film de leur papa. Fraser : « Je crois avoir grandi sur les plateaux de cinéma, c’est l’essentiel de mes souvenirs d’enfant ; mon père trouvait toujours un coin ou HOLLY et moi pouvions nous installer, mais pas dans le sillage de l’acteur, loin de la caméra ; pendant les pauses, il emmenait ma mère ou nous visiter le plateau, parfois je partais visiter, ou je restais assis pendant des heures à regarder ce qui se passait ; entre les pauses, mon père venait me voir pour me dire : «  ça va, Tiger ? est –ce que tu t’ennuies ? est- ce que tu préfères dessiner, ou regarder la télé dans ma loge ? et je répondais : «  non ; papa, je veux juste rester ici et regarder »

    En septembre, quand HESTON eut mis ses derniers coups de pinceau sur le plafond, il lui sembla que ces quatre mois à réinventer Michelangelo lui avaient paru aussi longs que les quatre ans qu’il avait fallu à l’artiste. Le grand sculpteur était dix ans plus jeune quand il avait peint la Sixtine que HESTON quand il l’avait joué, et il avait trouvé ce rôle très exigeant, peut-être le plus difficile de sa carrière. Quand le tournage fut achevé, il considéra qu’il avait tenu là son meilleur rôle.

    La famille s’envola de ROME et fit un bref arrêt à PARIS avant de partir pour New York. Dans la limousine qui l’emmenait de l’aéroport à leur appartement Tudor city, HESTON regarda la cité dans le lointain baignant dans la lumière du soleil, et écrivit dans son journal : « comme nous conduisions dans Manhattan, les immeubles me parurent incroyablement magnifiques. Je vins ici pour la première fois il y a 18 ans et 2 semaines. 18 ans ! »

    Il pouvait ressentir un peu de ces douleurs et de ces brûlures qui viennent avec l’âge et l’expérience….comme un sportif qui gagne en connaissance du jeu ce qu’il perd en enthousiasme juvénile. HESTON se demandait si ce film qu’il venait de finir le ramènerait au haut niveau de réussite commerciale et artistique qu’il avait pu connaître deux fois auparavant, avec THE TEN COMMANDMENTS et BEN-HUR ; si, en un sens, il allait pouvoir vraiment rentrer à la maison.

     

    traduction par :

     

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    A ma chère Cécile, qui j’en suis sûr veille sur moi.

  • MOÏSE, BEN HUR, LE CID : SI DIFFERENTS ET POURTANT SI PROCHES.

     

    J'ai eu envie d'essayer un parallèle entre Moïse, Ben Hur et Le Cid ...

     

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    (photos extraites du catalogue Bohmans vente succession Heston mars 2016)

    Moïse, Ben Hur, Amos Dundee : 3 noms qui ont accompagné ma jeunesse et qui ont imprimé en moi des images et des pensées indélébiles ...


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    Déjà, s'impose la chronologie : Moïse : 13 e siècle avant J C ; Ben Hur au temps du Christ ; Le Cid au XII e siècle ...

    Tous les 3 baignent dans une atmosphère où la religion tient une grande place.

    Les 3 personnages ne sont pas déshumanisés, Moïse est sensible au charme féminin, Ben Hur connaît la joie des relations amicales, Le Cid éprouve de la pitié.

    Ils sont tous un idéal national en concurrence avec leur vie personnelle.


    Dans leurs vies, les femmes ou les amoureuses ont une importance certaine d'ailleurs.


    L'un est prophète, l'autre prince d'une grande famille juive et le troisième un noble espagnol ; ils vont souffrir dans leur chair, voire même périr .


    Les thèmes se rejoignent : Moïse préfigure le Christ ; Ben Hur le rencontre et Rodrigue lutte contre les Infidèles.

    Tous les trois, aux intérêts si nobles et grands se heurtent aux hommes de leur temps et à leurs faiblesses hélas , malgré leur courage et leur volonté ....


    Leurs destins seront différents cependant, Moïse ne vivra pas l'accomplissement de sa mission, Ben Hur réussira au mieux, marqué toutefois par la mort de Messala et Le Cid mourra de ses blessures, offrant sa vie à l Espagne et son roi.


    J'ai, désormais une foi religieuse qui s'est beaucoup altérée et pourtant revoir ces films me rendent un moment l'enthousiasme que j ai pas mal perdu ....

    Mon admiration pour ces personnages est intacte même si je suis plus clairvoyante en ce qui concerne leurs faiblesses  !!!


    Ce sont des êtres exceptionnels si bien interprétés,  faut il le souligner ?

    Voilà chers hestoniens et hestoniennes quelques-unes de mes réflexions ... 

    J'espère que je n'ai pas été trop scolaire !!!! Désolée sinon, c'est une déformation professionnelle !!!!!

     

     

     

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    UN DIAPORAMA POUR PRESENTER LES TROIS PERSONNAGES EMBLEMATIQUES INCARNES POUR L'ETERNITE PAR LE CHARISMATIQUE CHARLTON HESTON 

     

     

     

     

     

     

     

     

  •   HOLLYWOOD’S LAST ICON : " MAJOR DUNDEE "TRADUCTION du chapître 23 du livre de Marc ELIOT 

    Publié le 1er septembre 2018

    MAJ le 7 septembre 2018

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    LE sujet principal de ce chapître est MAJOR DUNDEE, de la conception du film à sa réalisation, ainsi que les diverses embûches rencontrées sur le chemin…

    On peut constater dans ce chapître la façon précise et documentée avec laquelle Marc ELIOT développe son propos, ainsi que la distance qu'il conserve à l'égard de l'oeuvre et du personnage Heston lui-même…

    Le chapître commence au lendemain de l'assassinat du Président Kennedy ...

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    photo des pages 244-245 du livre de Marc Eliot "HOLLYWOOD'S LAST ICON"

    Cette nuit-là , HESTON s’envola dans un avion privé pour NEW YORK, que CBS lui avait fourni pour qu’il puisse lire l’éloge funèbre pour l’hommage qui allait être diffusé au niveau national dimanche après-midi. Le matin de la diffusion, il se réveilla et alluma la télé pour regarder, en même temps que le reste du pays, les reportages continuels autour de l’assassinat du président. Comme il avalait son café, il vit Jack RUBY enfoncer son révolver dans la poitrine de OSWALD, appuyer sur la détente et l’abattre. Il accomplit sa performance comme prévu, après quoi il prit l’avion du retour pour Los Angeles.

    Il ne travailla pas le reste de l’année, préférant passer les vacances sur sa colline avec sa famille…après la tragédie qui venait de se produire, la vie lui parut soudain plus précieuse. Des choses ordinaires, comme dÏner à la maison, aller nager, emmener Fray faire du cheval, changer les couches de Holly, ou s’asseoir près du feu le soir en partageant une bouteille de vin avec Lydia le rendaient encore plus reconnaissant que jamais pour la vie qu’il menait, et pour celle qu’il avait eue. La mort du président avait refermé les murs de CAMELOT, et HESTON mieux que quiconque savait que derrière ces murs, l’Amérique depuis Novembre, n’était plus protégée du monde extérieur….la nouvelle année devait lui apporter beaucoup d’activité, car CITRON avait conclu un deal de 750 000 dollars, sans pourcentage, avec COLUMBIA pour HESTON dans MAJOR DUNDEE, et le studio voulait ce film le plus tôt possible. C’était une bonne nouvelle pour SELTZER, qui voulait que l’équipe WAR LORD ait plus de temps pour développer le projet.

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    COLUMBIA engagea Jerry BRESLER comme producteur, lui qui avait travaillé sur DIAMOND HEAD et il engagea à son tour Sam PECKINPAH pour le mettre en scène, après que John FORD ait décliné le job. Le film serait le 3ème de PECKINPAH, après le très peu vu THE DEADLY COMPANIONS et surtout RIDE THE HIGH COUNTRY, que BRESLER avait aussi produit. On disait dans le milieu que ce PECKINPAH pourrait bien devenir le prochain FORD .

    Les problèmes commencèrent avant même qu’on tourne le moindre plan, à cause du manque de clarté du scénario, quant au point de vue à adopter. COLUMBIA voulait un film de cavalerie d’environ 2 heures, mais après avoir lu le script de FINK, HESTON trouva qu’il s’agissait plus d’un film sur la guerre civile, et ne savait pas trop comment approcher son rôle. PECKINPAH, lui, souhaitait faire de ce film une expérience sur le thème d’une «  violence stylisée » qui anticiperait son futur chef-d’œuvre, THE WILD BUNCH .

    Le scénario de FINK concernait un dur et trop zélé officier de cavalerie nordiste, survivant de la bataille de GETTYSBURG, qu’on envoie sur un avant-poste du Nouveau Mexique pour diriger un camp de prisonniers. Peu après son arrivée, une troupe de raiders apaches attaque l’avant-poste et s’enfuit au Mexique. DUNDEE part à leur recherche avec une troupe de son choix comprenant un vieil ennemi à lui, le rebelle Ben TYREEN, joué par nul autre que Dick HARRIS, co-star caractérielle de HESTON dans THE WRECK OF THE MARY DEARE. HARRIS venait d’obtenir la reconnaissance internationale pour sa performance dans THIS SPORTING LIFE de Lindsay ANDERSON, qui lui avait donné une nomination aux Oscars 63 ; HESTON avait ses doutes sur HARRIS, mais lui trouvait du talent et approuva son choix, pour le bien du film.

    Comme le travail sur la production avançait, il devint très clair pour HESTON que PECKINPAH contrôlait fort mal le tournage, qu’il était incapable de déterminer si ce film était un western ou un drame historique, et qu’il était surtout préoccupé par son style personnel. Pire encore, ses nombreux démons ( alcool, drogues, prostituées) provoquaient du retard et faisaient grimper le budget. Quand les cadres de COLUMBIA demandèrent à voir un montage grossier de ce qui avait été tourné, ils furent si déçus qu’ils annulèrent toute demande de fonds supplémentaires. Un groupe fut même envoyé pour superviser PECKINPAH et accélérer le reste du temps de tournage en extérieurs.

    Les choses tournèrent au cauchemar quand le film étant terminé, PECKINPAH et HESTON décidèrent qu’il fallait tourner deux scènes supplémentaires pour mieux mettre en valeur le personnage DUNDEE. Ce à quoi les cadres de COLUMBIA répondirent par l’ordre formel de finir le tournage en extérieurs et de filmer ce qui restait en studio à HOLLYWOOD ; HESTON et PECKINPAH campèrent sur leurs positions, et comme COLUMBIA ne voulait pas fléchir, HESTON offrit de leur rendre une portion de son salaire (estimée entre 100 000 et 300 000 dollars) si on leur permettait de tourner au Mexique les deux scènes litigieuses. L’offre fut mal prise par les cadres du studio, qui pensèrent non sans fondement, que HESTON cherchait à les embarrasser ; à ce moment précis, COLUMBIA était au bord de la faillite, et après la mort du fondateur Harry COHN en 58, une série de manipulations boursières ajoutée à un leadership manquant d’autorité avait épuisé les profits antérieurs de la société. Le studio considéra l’offre d’HESTON comme un bluff, celui-ci reçut un appel furieux de CITRON ,qui considérait l’offre d’HESTON de financer les scènes comme le mauvais choix, ajoutant que l’acteur devrait se plier aux exigences de COLUMBIA .

    Dans son journal, HESTON rationnalisa son offre de cette manière : «  franchement, les acteurs tendent à être considérés comme des individus irresponsables, et en tant qu’acteur je suis sensible au sujet ; je me trouvais dans une position qui ne m’offrait qu’une porte de sortie » ; sans tenir compte de l’opinion de CITRON il pensait qu’il était en train de sauver le film. Bientôt, cela devint le «  buzz » d’HOLLYWOOD .

    VARIETY écrivit à propos du deal : «  une star responsable d’un dépassement de budget a rendu son salaire à la compagnie, ce geste de grande conscience morale est le fait de Charlton HESTON, parce qu’il a pris le parti de son metteur en scène à propos de certaines séquences qui ont par conséquent provoqué des coûts supplémentaires ! le retour de salaire d’HESTON est évalué à 300 000 dollars, et COLUMBIA n’a pas fait la fine bouche pour accepter ce geste fort noble. DUNDEE a été tourné au Mexique »

    Le studio accepta finalement l’offre, et les scènes furent donc tournées au Mexique, d’ailleurs à cause de dépassement du budget, HESTON dut faire ses cascades lui-même et se blessa le bras. Mais le problème ne s’arrêta pas là, car HESTON fut tellement mis en colère par COLUMBIA qu’il décida de parler à tous les journaux possibles, afin que tout le monde sache que COLUMBIA avait bien repris son salaire. Cela le fit entrer dans la case «  activiste de l’industrie du film », comme un fauteur de troubles pour la nouvelle génération de cadres de l’ère de l’après grands studios, et ces gens n’aimaient pas qu’on expose les problèmes en public. Pour la communauté des créatifs, il passa par contre pour un héros, parce qu’il avait mis ses actions en accord avec sa pensée, et gagné un peu de «  contrôle créatif » sur les choses sans céder aux desiderata d’un studio. Son geste passa donc pour une action particulièrement noble, aux yeux de tous, sauf Richard HARRIS .

    L’acteur, très en vue après sa nomination, n’était pas habitué aux rigueurs d’un tournage en extérieurs, et n’apprécia pas du tout le temps de tournage rallongé considérablement au Mexique. Etant un britannique au milieu d’un groupe d’américains machos, il se sentit dès le début comme un intrus dans la troupe, considérant que HESTON, plus encore que les autres, le considérait d’un point de vue de «  pasteur condescendant » et « qu’il n’était qu’un «  connard pontifiant », un sentiment qui ne fut qu’accentué par l’esprit moqueur bon enfant qui régnait sur le plateau dés qu’ HESTON y mettait les pieds. HARRIS fut la victime d’un « gâteau explosif » et se sentit humilié quand tout le monde se moqua de lui et de son visage enfariné ; l’incident l’amena à s’enfuir et se cacher dans DURANGO, selon les dires de FRASER qui était sur le tournage avec Lydia et fut témoin de la scène.

    HARRIS déclara à propos d’HESTON : «  il est le seul homme que je connaisse qui puisse arriver à sortir d’un cube, tellement il est «  carré » ! on ne s’est jamais entendus ; le problème avec lui c’est qu’il ne pense pas être un acteur qu’on engage comme tous les autres, il pense qu’il est la troupe à lui tout seul ! il était là assis tous les matins, à enregistrer nos arrivées sur le plateau avec un chronomètre, alors j’en ai eu tellement assez que je me suis pointé un matin avec un vieux réveil que j’ai fait sonner à fond au moment où il arrivait, il n’a pas trouvé ça drôle, et je lui ai dit : «  tu vois jusqu’où on peut aller, pas vrai ? » HARRIS essaya même à plusieurs reprises de mettre un peu de LSD dans son café, «  pour le détendre » mais ne trouva jamais l’occasion. Un des membres de l’équipe, qui détestait aussi HARRIS, lui mit un jour un pétard dans sa botte. Quand le film fut terminé, COLUMBIA enleva le film à PECKINPAH et enleva la plupart des scènes que HESTON avait payées pour qu’on les finisse…Dans son journal, il nota qu’il voulait vraiment arriver à faire un vrai film sur la guerre civile, vu que celui-ci n’en était pas un. Il éprouva aussi des remords quant à la manière dont lui et d’autres avaient traité HARRIS :

    «  Il semble que j’aie déchargé beaucoup de mes frustrations sur le dos du pauvre Richard HARRIS, et avec le recul, j’ai été injuste ; il s’agissait d’un tournage épuisant, et Dick n’était pas habitué aux chevaux ou aux armes ; s’il était un fouteur de merde, j’étais un sacré fils de p… »

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    (Richard Harris dans THE WRECK OF THE MARY DEARE)

     

    A  SUIVRE ...

    traduction par :

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    A ma chère Cécile, qui j’en suis sûr veille sur moi.