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2 - BIOGRAPHIE-HOMMAGES -OEUVRES DIVERSES

  • REUNIS POUR L'ETERNITE

    Merci à mon amie Maria d'avoir partagé cette video réalisée sur les lieux où reposent les cendres de Charlton et Lydia HESTON, unis pour l'éternité.

    Je retiendrai ce commentaire déposé sous la video et qui à mon avis, résume l"homme de coeur et de bien que fut cet immense acteur.

    " Did you know heston gave a percentage of WHATEVER he did to st jude hospital when he died it found out in his lifetime he gave over 30 million dollars to st jude hospital "(Donald Mcauliffe)

    " Saviez-vous que Heston a donné un pourcentage de ce qu’il a fait au cours de sa vie, à la fondation st jude hôpital quand il est décédé. Il a donné plus de 30 millions de dollars à St. JUDE HOSPITAL" (Donald Mcauliffe)

    " St. Jude Children's Research Hospital " est une fondation pour la recherche du cancer dont Charlton Heston était membre donateur, avec d'autres acteurs.

     
     
     

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  • MEMORY : ANNIVERSAIRE 2019 DE CHARLTON HESTON...

     

    ...UN HOMME POUR L'ETERNITE

    Le titre de l'oeuvre théâtrale dans laquelle Charlton Heston a interprété Thomas More avec son immense talent. 

    Aujourd'hui, un nouvel anniversaire-souvenir me fait penser que ce titre était fait pour Chuck et lui va si bien. 

    Il aurait 96 ans.... Dans 4 ans, ce sera son centenaire.... Ce n'est pas croyable. Il est entré dans l'éternité de l'Hestonie pour nous ses nombreux inconditionnels. 

    Cher Chuck, vous resterez dans nos coeurs à jamais. 

    J'ai longtemps souhaité et espéré me rendre un jour à Los Angeles et, pouvoir faire un pèlerinage sur les lieux où vécut Charlton Heston....

    Instagram

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  • CHARLTON HESTON : "SA RENCONTRE" AVEC MOÏSE...L'HOMME

    PUBLIE LE 1er FEVRIER 2016 - MAJ le 1er FEVRIER 2017 - MAJ le 11 AVRIL 2019

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     (Merci à ma soeur Marcelle qui a réalisé cette belle image animée.)

    Toujours en quête d'informations sur Charlton Heston, j'ai découvert ce texte écrit par Chuck pour "GUIDEPOSTS_CLASSIC". Je l'ai trouvé intéressant, passionnant, aussi je l'ai traduit pour en connaître la teneur exacte. Je ne suis pas déçue, j'ai été très émue en découvrant les impressions de notre grand Chuck, sur son rôle bien particulier de Moïse et ses réflexions sur le personnage auquel nous l'avons tous identifié. 

    CE TEXTE A ETE ECRIT PAR CHARLTON HESTON. Dans ce récit d’octobre 1958, le célèbre acteur révèle comment il a connu Moses, l’homme. 

     

    https://www.guideposts.org/guideposts-classics-charlton-hestons-meetings-with-moses?nopaging=1

     

    Pour Guideposts Classic, Charlton Heston révèle comment il a rencontré  Moïse,  l'homme.

     

     CHARLTON HESTON :  "SA RENCONTRE" AVEC MOÏSE...L'HOMME

     
    Si vous êtes comme moi, le nom de  "Moïse" évoque immédiatement, un visage semblable à Dieu, sévère, avec une longue barbe blanche. Au moins, c'est ainsi que j'ai eu l'habitude de penser à Moïse. Alors quelque chose m'est arrivé qui, pendant un instant a effacé brusquement la barbe blanche et m'a laissé regarder fixement le visage d'un homme de chair et de sang.

    Ce n'est pas arrivé  une fois, mais trois fois. Je voudrais vous parler de l'homme que j'ai rencontré en ces trois occasions extraordinaires.

    Ma première vision de Moïse vint sur le mont Sinaï, où nous sommes allés filmer des scènes pour le film  " Les Dix Commandements ". Il nous a fallu deux jours pour nous rendre du Caire jusqu'à la montagne,  dans un paysage si désolé, qu'il a perdu toute prétention d'avoir une route et que les guides  ont dû faire la moitié du chemin parmi les rochers.

    Puis, soudain, il était là à l'horizon :  le Mont Sinaï  - pour nos guides arabes  " Djebel Musa " : " la montagne de Moïse ".

    Qu'y avait-il à propos de cette "forme menaçante " qui a soudainement refroidi le jour étouffant ? Certes, c'était la montagne solitaire, je ne l'avais jamais vue : un vaste rocher contre le ciel du désert.

    Mais il y avait autre chose à ce sujet, quelque chose qui m'a fait une demi-peur d'aller plus près. À l'époque de Moïse, les hommes ont cru qu'il était mort certainement  d'avoir mis  les pieds sur le Sinaï - parce que, disaient-ils, c'était le lieu d'habitation de Dieu.

    Je me suis dit que les hommes modernes savaient mieux. Mais comme nous avions bifurqué vers le pied du Djebel Musa, je ne pouvais pas me débarrasser de l'impression que d'une certaine façon mystérieuse, cette montagne appartenait à Dieu et non aux hommes.

    Nous avons campé cette nuit-là  à sa base et le lendemain matin nous partions à pied pour le sommet. Après quelques minutes de montée, mon souffle état court et mon coeur cognait.

    Les pentes étaient encore plus raides et plus sauvages que ce que l'on pouvait voir d'en bas. abîmes soudains, venus de nulle part, des cendres volcaniques réduisant mes bottes en lambeaux  et le vent brûlant du désert remplissant mes poumons.

    Et pendant tout ce temps, j'avais la conviction obsédante que j'étais seul. C'était des absurdités bien sûr ; il y avait une douzaine d'hommes travaillant dur en haut de la montagne avec moi. Mais la montagne était tout autour de nous maintenant, jusqu'à ce que je réalise que j'étais seul ici avec les rochers s'effondrant.

    C'était à proximité de l'un d'eux qu'eut lieu ma première rencontre avec Moïse.

    Je l'ai vu en difficulté en haut de ces mêmes falaises, sandales déchirées, cheveux soufflés par le vent du désert, les yeux écarquillés par la peur. Oui, Moïse avait peur quand il a grimpé cette montagne ; si elle me remplit d'une terreur indéfinissable dans ce siècle incrédule, qu'a t'elle pu faire pour l'homme qui savait qu'il commettait une violation du lieu saint de Dieu Lui-même ? 

    A cet instant, le Législateur Majestueux avec sa longue barbe blanche avait disparu, et Moïse était un homme comme je l'étais, haletant , cœur battant et martelant de la cruelle montée, avec quelque chose de plus terrible encore.

    Pour Moïse, alors qu'il montait, il a été pris dans la présence étrange qui entoure encore cette montagne. Et soudain, je savais qu'il avait grimpé dans la terreur.

    Ce fut ma première vision de Moïse. Une semaine plus tard, je l'imaginais, je l'ai revu, à un autre moment de sa vie.

    Une des choses les plus difficiles à faire au cinéma je pense, est que vous n'interprétez pas votre rôle directement du début à la fin, de la même façon que cela s'est réellement passé.

    Dans ce film, les premières scènes que j'ai jouées étaient celles sur le  Mont Sinaï. Maintenant, une semaine plus tard, je devais interpréter une séquence qui avait eu lieu de nombreuses années plus tôt dans la vie de Moïse : les scènes qui le montrent fuyant l'Egypte à travers le désert.

    Pendant trois jours, j'ai marché, trébuché et rampé à travers ce désert tandis que les caméras tournaient et les couches de poussière sur moi me maculaient d'une croûte solide.

    Nos guides arabes étaient abasourdis par cette nouvelle tournure des événements. L'un d'eux, en particulier, me regardait avec anxiété quand  je me suis effondré sur mes genoux dans le sable.

    C'était une scène où Moïse déracine une plante verte minuscule et gratte dessous dans le sol à la recherche d'eau. Il  nous a vu tourner plusieurs prises, jusqu'à ce qu'il ne puisse plus le supporter.

     " Pourquoi  ne donnons-nous pas un peu d'eau à cet homme triste ? — s'écria t'il avec une grande compassion — "Alors retournez tous au Caire !"

    Mais, sur le rocher rouge flamboyant, et ici dans le désert, j'ai rencontré Moïse pour la deuxième fois.

    Ce n'était pas une réunion soudaine, à couper le souffle, comme au moment où  j'avais contourné un rocher sur le Mont Sinaï. Ceci était une connaissance graduelle, une connaissance qui a grandi en moi quand je marchais, heure après heure, dans le paysage le plus désespéré que j'ai jamais vu. 

    C'était tout simplement ceci : Moïse savait ce que signifiait l'échec. Sa fuite à travers ce désert est venu à un moment de sa vie où il n'avait pas la foi ; il n'a pas encore rencontré Dieu et reçu sa Mission divine. Il était juste un homme qui court pour sa vie.

    Il fuyait la condamnation à mort du Pharaon, seulement pour trouver une mort bien plus hideuse qui l'attendait sous le soleil impitoyable.

    Il a continué à aller tout simplement parce que il y avait une chose plus horrible que de marcher dans ce désert, et cette chose c'est d'arrêter là, où la chaleur se referme autour de lui comme un linceul. Il a continué à marcher, mais il ne pouvait pas espérer traverser ce désert,  vivant.

    Il suffit simplement de regarder et d'oublier tout espoir. Comme la chaleur ondulante, le désespoir monte des oueds secs (cours d'eau qui coulent seulement pendant les pluies), et même les collines sont construites de poussière. 

    Ici encore, le patriarche Moïse était nulle part. Ici, il  était seulement un homme épuisé, un homme qui, une fois au moins, avait touché le fond.

    Ma dernière vision de lui est venue près de deux semaines plus tard. A l'orée du désert, non loin du Caire, notre équipe de tournage avait reconstitué les portes d'une ville et là, un samedi matin, 7.000 figurants égyptiens étaient rassemblés pour la scène de l'Exode.

    J'étais arrivé tôt, pour des heures de maquillage et d'essayage et je suis sorti sur le tournage. Là, je me suis arrêté brusquement. Je savais  qu'il y aurait 7.000 personnes là-bas, mais je ne l'imaginais pas jusqu'à ce que je les vois.

    Sur un mile (environ 1 km 610) en face de moi,  s'étirait une masse solide de personnes et d'animaux. Ils ont rempli l'avenue des Sphinx qui conduit dans le désert et ils se répandirent sur le sable de chaque côté. 

    Quelques temps après, je commençais à remarquer des individus. Juste en face de moi six chameaux poussiéreux, vomissant, que leur guide plaçait en position. À côté de lui,  une petite fille entourée de mouches, gardait  quelques oies décharnées.

    Un vieux bédouin à côté d'elle tirait la carcasse d'un âne mort. Un nouveau poulain brillant et un enfant âgé d'une semaine tétaient le lait de leur mère. Peu de ces personnes avaient déjà vu un film ; aucun d'eux n'avait la moindre idée pourquoi ils étaient payés pour être ensemble ici.

    Pendant deux heures, je marchais,  avançant petit à petit, à travers l'essaim de personnes en sueur et des animaux, répétant  avec hésitation  mes deux phrases en arabe : "Salutations" et "Comme Dieu le veut."

    Et partout où j'ai marché, les gens reconnaissaient  la grande Figure et  la robe Levite. Moïse est une aussi grande figure pour les Musulmans que pour les  Chrétiens et les Juifs. Partout leurs murmures chaleureux m'ont suivi : "Musa! Musa!" (Moïse ! Moïse)

    Je suis perdu maintenant, pas dans l'espace, mais au travers des siècles. Sûrement que le matin de cet Exode, il y a longtemps, ce sont les mêmes yeux qui ont suivi Moïse. Les mêmes animaux maigres, les vêtements en lambeaux, la puanteur de la pauvreté.

    Je me suis dirigé en tête à travers la foule en direction du désert. Infini et sans vie,  il s'étire à l'horizon, tandis que derrière moi les voix affaiblies se gonflent : "Musa, Musa".

     CHARLTON HESTON :  "SA RENCONTRE" AVEC MOÏSE...L'HOMME

     Ces gens avaient eu confiance en  Moïse, ils l'avaient suivi où il les dirigeait et,  où les avait-il conduits ? Dans cette aride désert ? Dans ce désert indicible ?

    Je me suis retourné et j'ai regardé derrière moi cette marée d'hommes âgés, des femmes affamées, des enfants minuscules. Moïse ne pouvait pas les avoir menés dans ce désert !

    Pas Moïse ! Je l'avais vu, pas l'homme qui avait rampé sur ses genoux à travers le désert. Pas l'homme qui avait lutté, haletant et qui était terrifié, en haut des pentes du Mont Sinaï ; cet homme était capable de doute. Pourrait-il maintenant marcher dans ce désert avec la petite fille et ses oies?

    Le moment était venu pour Moïse de donner le signal  du départ et d'emmener la foule vers l'Exode. Je marchais lentement vers l'endroit tortueux où ils avaient attendu, groupés en arrière, entre les sphinx "cools". Qu'est-ce que Moïse a ressenti quand leurs yeux se tournèrent vers lui en confiance ? L'homme que j'avais entrevu sur le mont Sinaï avait eu peur.

     CHARLTON HESTON :  "SA RENCONTRE" AVEC MOÏSE...L'HOMME

    J'avais rencontré Moïse sur le Sinaï, oui, mais Moïse avait rencontré Dieu. Et ensuite je savais ce que Moïse avait ressenti, il avait été confiant, joyeux, spontané.

    Bien sûr Moïse ne pouvait pas mener ces milliers de gens à travers le désert. Il n'aurait jamais essayé. Mais Dieu pouvait le faire. Et Moïse, cet homme " bien-trop-humain ", cet homme tellement comme les autres, s'était simplement transformé en instrument par lequel la force de Dieu s'est déplacée.

    Avec joie, j'ai crié les mots que Moïse cria :

    "Aidez-nous à sortir d'Égypte, Seigneur,

    Comme l'aigle porte son jeune sur ses ailes ... "

     CHARLTON HESTON :  "SA RENCONTRE" AVEC MOÏSE...L'HOMME

    Alors j'ai levé le bâton de Moïse et j'ai vu la multitude se soulever en un vaste frisson en mouvement, sortir de l'esclavage.

    CHARLTON HESTON

     

  • MOISE ET LA MER (composition de ma soeur Marcelle)

     

    Merci à ma soeur Marcelle qui a réalisé ces belles compositions pour le blog. 

    Charlton Heston étant identifié à Moïse séparant la mer en deux,  par ses innombrables fans et pour l'éternité,  j'ai pensé que ces images symboliques seraient une belle présentation que vous pourriez apprécier.

    Que ma soeur en soit remerciée.

    Gros bisous à toi.

     

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  • LETTRE OUVERTE A TOUS LES HESTONIENS (Hector Meana) version française

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    Nous commémorons un autre anniversaire de la mort de Charlton Heston et, pour me souvenir de lui comme il le mérite, j’ai pensé à cette lettre ouverte pour vous faire part des raisons de l’admiration et de l’amour que je ressens depuis que je suis enfant pour cet acteur singulier.

    Je me souviens d’une anecdote remarquable dans ma mémoire, celle de mon enfance à 9 ans : après avoir passé la nuit dans un secteur désolé de mon quartier où je jouais avec mes amis pendant des heures, en me rendant compte de cela, je rassemblais mon courage et je me disais  que si je tenais fermement d'une main la boucle de la ceinture et de l'autre main je me soutenais fermement, je m'appuyais sur ma partie arrière droite comme Charlton Heston l'a toujours fait, je me suis vêtu du courage infaillible de cette protection et je suis rentré chez moi en toute sécurité en marchant à un rythme soutenu, parlant à haute voix presque comme dans la présentation d'un de ses films à la télévision : Charlton Heston.

     

    Même quand j'étais enfant, à douze ans, un de mes jeux préférés (qui inquiètait mes parents quand ils le remarquaient, à cause du risque d'incendie) était de répéter encore et encore la grande scène de l'acte 1 de Hamlet de William Shakespeare qui se déroule sur l'esplanade du château d'Elseneur lors de la veille à laquelle participe Hamlet, dans l'espoir de voir le fantôme dont ils lui ont parlé ; la terrasse de la maison de mon père était parfaite pour cela : sombre et moisie comme un château du moyen âge ; accompagné d'une lourde épée médiévale faite par moi avec du fer, du ruban isolant et du fil métallique épais, je suivais un fantôme en essayant de m'éclairer avec une torche de chiffon et de goudron autour d'un bâton qui enflammait ici et là, suivant le spectre !

    Le noble fantôme du roi danois était très réel dans mon imagination ... et il ne pouvait s'agir que de Charlton Heston.

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    En cet anniversaire de sa mort, il me semble beau et juste d'approfondir les qualités particulières qui le rendent unique dans mon cœur, et c'est ce que je veux partager avec vous.

    Charlton Heston ressemble beaucoup plus à un acteur antique qu’à un acteur contemporain, il semble véhiculer plus une idée qu’un argument particulier, une idée que seul un héros peut soutenir, au-delà des circonstances spécifiques d’un personnage ; en fait, ses personnages "personnalisés" sont toujours énormes, confrontés à des tâches surhumaines pour lesquelles un personnage réaliste, rebelle et très individuel ne servirait pas selon moi ; si bien que pour interpréter des protagonistes appropriés pour le " style bronze ", comme je l'ai déjà lu, ou pour des " histoires plus grandes que la vie elle-même ", nous n'avons pas besoin de l'individualité, mais d'un personnage héroïque qui cesse d'être l'individu. Rodrigo Diaz de Vivar pour devenir le héros, l'idée du Cid.

    Ce destin est si fort pour Charlton Heston et à tel point que je sens qu'il est né pour ça, que ni le sceptique Dr. Robert Neville ni le stoïque Sir Chrysagon de la Cruz ne pourraient lui échapper ; " Virtud actoral " exceptionnelle, cependant, il est rarement apprécié par un public actuel, intellectuel et snob qui le dévalorise en répétant des idées légères qui ne sont même pas les leurs.

     Je suis un artiste, beaucoup d’entre vous me connaissent et savent que pour admirer un art, je n’ai pas besoin de critique pour me l'expliquer, parce que j’ai trop d’intuition pour le reconnaître ; reconnaître le message approprié à mon intuition ; en ce sens, je pense que notre époque est plus apte à recevoir des messages d’ingéniosité et non de valeur ; un monde dans lequel les vrais Héros n’ont pas leur place parce que les ingénieux sont  sans valeur, mais ils ont  réussi à la fin, ils sont perçus comme des Héros, pour leur ingéniosité et surtout, pour leur succès fulgurant qui éblouit et qui, en fin de compte, est le but unique identifiable.

    Si le message est sanglant, sceptique, sans autre valeur que le succès matériel… bref, réel, il est bien reçu.

    Nous sommes émus par différentes choses et idées selon notre caractère ; l’épique dans n’importe quelle de ses expressions, est l’une de celles qui me touchent le plus, peut-être parce qu’en elle l’homme affronte l’indicible, l’impensable, l’invincible, l’impossible... soutenu à son tour par une foi invincible et par des valeurs inébranlables, alors il  cesse d’être un seul homme pour devenir un héros.

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    " Il n'y a en Espagne qu'un seul homme capable d'humilier un roi et de donner à boire à un lépreux " ; Quand j'écoute ou lis ceci, je ressens clairement la raison de mon admiration pour Charlton Heston : grâce à son travail, j'ai découvert que j'aimais une idée ; aussi bien du Cid (1961) comme le précédent : 

    _ " Voulez-vous me donner votre prisonnier ou devrais-je le prendre? "

    _ " Le prendre ? ... nous sommes treize et vous êtes seul. "

    _ " Ce que vous faites est contre la loi de Dieu et, même si vous étiez treize fois treize, je ne serais pas seul. "

    Treize fois treize, l'empire égyptien, l'empire romain, une organisation diabolique qui gouverne un avenir terrible ..., je crois que Don Quichotte ou Cyrano de Bergerac l'aiment aussi, parce qu'en aimant les idées que ces Héros ont aimées, il a pu interpréter de tels personnages.

    Un tel héros n'a pas besoin d'avoir une personnalité individuelle attrayante, car sa personnalité est devenue plus ou moins un canal par lequel, de plus en plus clairement, il sent la certitude de ce qu'il doit faire. dans son cœur bat l'idée de justice, de liberté, d'équité, de miséricorde ... et de paix ; et c'est là qu'il est seul et incompris, c'est là qu'il est un héros.

    _ " Moïse, dis-moi que tu ne mettras pas les esclaves contre moi, Moïse dis-le moi simplement et je te croirai ... dis-moi que tu n'es pas le libérateur que les esclaves attendent ..."

    _ "Je ne suis pas le libérateur que tu crains ; pour libérer les esclaves il faudrait un dieu ... mais ... si je pouvais les libérer ... je le ferais …"

    L'acteur incarne une idée une fois de plus ; une idée de justice, de paix et d'égalité entre les hommes ...; idée face à l’impossible qui renaît dans nos cœurs avec enthousiasme et nous sommes tous en quelque sorte Moïse.

    Même si ses interprétations étaient plus réalistes et ne semblaient pas aussi idéales que dans The War Lord (1965), le personnage finit par arriver à une idée; une idée encore une fois ... et je cite Rostand :

    "... Je sais que je ne peux pas gagner ce combat ... mais c'est plus beau même si c'est en vain ...." (Cyrano de Bergerac_ E. Rostand.)

    Ces situations gigantesques que pose l’épopée, exigent un mode d’expression unique, un moyen aussi puissant et fort que celui auquel il est confronté...un mode physique, intensément corporel et, à travers lui, l’acteur nous exprime et nous plonge dans l’énorme ennemi qu’il affronte, avec le poids qu'implique la tâche d’unir l’Espagne avec les Maures et les Chrétiens... libérer les esclaves hébreux...,peindre une chapelle à 70 pieds de haut et avec le plafond voûté sans même une idée préalable encore... ; des situations, des arguments dans lesquels le mode physique devient nécessaire, voire plus : essentiel ; quant au mode facial, il doit avoir la stoïcité de soutenir un tel poids.

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    Le mode physique expressif est clair...

    «.. Prince de Ur... Prince de Memphis...général des généraux...premier ami du Pharaon.. adoré du Dieu Nil...tout boueux...; puisque ton nouveau passe-temps est de jouer à l’esclave hébreu...pourquoi ne t’agenouilles-tu pas devant la princesse royale ?

    - Je crains que la boue n’ait durci mes genoux....

    - Je vais devoir appeler les gardes ?

    - Tu crois qu’ils les plient ? »

    Dans toute cette scène, Charlton Heston exprime la ferme détermination de ne pas abandonner, caractéristique du héros, même s'il perd l'amour, comme cela se produit également dans El Cid (1961).

    Ces sacrifices, ces poids insoutenables pour tout homme, s’expriment à travers la lourdeur, tout devient plus sérieux et plus lourd ... le poids du coup de l'épée portée à deux mains  dans El Cid (1961) à la fin du combat singulier de Calahorra, la bouteille de Whisky dans Arrowhead (1953) en visitant la dame qu'il aime et qu'il a perdue, aussi pour soutenir ses idées,  la façon obstinée et soutenue de conduire le cheval malgré la même fatalité dans The War Lord (1965) .... ; le mode physique est extrêmement expressif ; la manière de se tenir, la gravité des objets et l'alliance presque secrète qu'il semble avoir avec eux et qui semblent révéler leur destin .....; Je ne me souviens pas d'une flèche plus lourde que celle de la bataille finale d'El Cid (1961) ; le mouvement extraordinaire avec le cheval...ressemble à une danse...ce que l’acteur et l’animal réalisent est d’une beauté frappante...tombe la flèche et commence la danse...encore et beau moment de manière physique, comme l’ordre d’attaque à Valence, à l’avant-dernière bataille d’El Cid (1961) avec un sublime mouvement de cheval, dégainage de l’épée, serment de motivation « pour Dieu, pour l’Espagne et pour Alphonse !» et une légère inclinaison de la tête pour indiquer la décision inébranlable typique du héros ...; pour tout cela ... et ils savent très bien que je pourrais continuer, c’est pour moi merveilleux et incomparable, unique, inégalé dans cette expression qu'il transmet de  si belle manière ... si serein même, et c’est là qu'apparaît  l’un des profils de ce héros que Charlton Heston exprime de cette façon unique : la compassion, la miséricorde ...

    _ " Le triomphe complet de Judah ... Il a gagné la course ... l'ennemi est détruit ..."

    _ "Je ne vois pas d'ennemi …" , rappelez-vous Ben Hur (1959) ...,  ou :

    " Parmi mon peuple, nous avons un nom pour nommer le guerrier qui a la vision d'être juste et le courage d'avoir pitié de nous, nous appelons un tel homme El Cid ..... "

    Un tel poids dont je parle ne peut être supporté que par le corps archétypal du héros avec l’aplomb, presque doux parfois de celui qui a eu le courage d’avoir la miséricorde et d’être juste.

    « Je ne sais pas quelle est ma voie, mais mes pieds sont sur la voie que je dois suivre » tandis que  Moïse réconforte sa mère égyptienne angoissée Bitia dans les dix commandements ; la décision sans comprendre...la foi, pour laquelle il faut avoir un courage extraordinaire.

    _ " Presque au moment de la mort, je l'ai entendu dire : « Père, pardonne-leur parce qu'ils ne savent pas ce qu'ils font .."

    _ " Même à ce moment ...?"

    _ " Même à ce moment ..."

    _ "... et j'ai senti que sa voix arrachait l'épée de ma main ..."

    scène finale de Ben Hur (1959); la paix et l'amour aussi réclament leur héros et c'est ce qui complète l'idée. Ben Hur commence à se battre pour la justice, souvenez-vous de la discussion avec Messala, puis de la vengeance ... mais l’idée dans ce héros, et cela fait partie de la beauté et de la profondeur de ce film, c’est qu’il s’achève avec la miséricorde; beau et même plus lourd est le fardeau, car il est plus profond.

    Les scripts sont classiques dans ces œuvres colossales, où ils sonnent clairs et avec une finition directe, et ils semblent même écrits pour lui, pour sa spécialité épique et parfaitement armés pour des œuvres classiques où le message doit avoir un écho d’éternité exprimé uniquement par un acteur singulier, inégalable, brillant et pourtant incompris et même dévalorisé par l'ignorance sans doute ; l’Unique qui a pu exprimer incomparablement avec son corps l’idée de l’archétype du héros et le poids énorme de sa tâche si intensément que cette idée sera associée pour l’éternité au nom de Charlton Heston.

     

    Hector Meana

    Avril  2019

    TRADUIT PAR FRANCE DARNELL

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