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  • " CHARLTON HESTON STORY " Cinémonde N° 1616 du 7 septembre 1965 Episode 1

    Enfin ! Je retrouve sur EBAY ou d'autres SITES, les journaux de ma jeunesse que j'ai malheureusement perdus....

    Aujourd'hui, j'ai reçu CINEMONDE - N° 1616 du 7 septembre 1965, dans lequel commence le récit de la vie de Charlton Heston, jusqu'en 1965. La "STORY" est à suivre....

    Je vais me procurer les numéros suivants, car je tiens à publier l'intégralité de ce récit en français, ce qui est tellement rare.

    img369.jpg   1 - UN PETIT GARS AUX NERFS D'ACIER

                                                                

    Il n'y a aucun mérite à être plus grand que les autres. Même dans un pays où la moyenne est singulièrement élevée. Mesurer 1m98  (1), pourtant, cela aide à porter l'armure du "Cid" ou "Les Tables de la Loi". D'autant plus que, mince comme une lame, Charlton Heston s'est taillé et poli dans l'acier. Il s'est mesuré, bien plus par préférence que par hasard, aux personnages les plus denses, les plus lourds de signification, les plus écrasants de tous les temps. On mobilise maintenant les milliards et toutes les ressources de la technique pour faire revivre en lui Michel-Ange. Mais seul, mains nues, mains vides, il s'est colleté hier avec Hamlet ou Jules César. 

    Son métier, que tant d'autres prennent pour excuse facile à des complaisances, des écarts de caractère,  les désordres de leur vie privée, a été pour lui une école de stricte discipline. Il tourne plus que les autres, des films plus longs et des rôles plus pénibles, et entre les films il doit maintenir une forme sans défaillance. Quinze ans de succès lui ont rapporté une fortune elle aussi solide.  Il y a puisé un autre enrichissement. Ses perpétuels voyages autour du monde, le hasard des cadres choisis pour ses films qui le font vivre des mois en Italie, en Espagne ou au Pérou ont fait de lui un citoyen du monde. Il en connaît les problèmes. Il ne prétend certes pas les résoudre, l'épée de Rodrigue y serait impuissante et Moïse prêche dans le désert. Mais puisque sa haute taille attire les regards, puisqu'il est célèbre, riche et admiré, il s'est proposé et s'efforce d'être, par ce qu'il incarne à l'écran, un héros exemplaire sur lequel la dignité de sa vie personnelle et quotidienne ne jette aucune ombre.

    C'est en cela que ce gaillard de près de deux mètres, champion des rôles de taille et de poids, est surtout un grand bonhomme. 

    (1) - Une petite erreur de l'auteur- Charlton Heston mesurait 1m93

     

     

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    Il est né au milieu des bois, à l'automne, le 4 octobre 1923. Son père était garde forestier, dans les immenses forêts qui s'étendent sur la rive gauche du Michigan. Un chalet de bois, à deux heures du premier village. La maison était gardée par d'énormes chiens car, les nuits d'hiver, on entendait hurler les loups. 

    C'est là qu'il a grandi. 

    Depuis qu'il est célèbre, on s'est avisé de rechercher ses lointaines origines, en Ecosse. On a dit — pourquoi pas, après tout, cela l'amuse et ça le flatte —  qu'on trouve trace de sa famille jusque sous Jean-sans-Peur. Un certain Douglas-le-Noir, dont on ne dit pas s'il était chevalier ou brigand, était un ferrailleur redoutable. Plus qu'à cet ancêtre romanesque, il se sent lié par des racines profondes aux émigrants qui, vers la fin du siècle dernier, arrivaient par pleins bateaux d'une Angleterre avare et dure aux petites gens. Ses grands-parents maternels venaient d'Ecosse. Des gens d'un certain rang, fiers de leur origine française. Ils s'appelaient Frazer corruption de "Fraisier", plante noble qu'on trouve avec son symbole : " goutte de sang vif, toujours prêt à couler, ténacité, endurance " dans les blasons et les mille fleurs des tableaux de primitifs.

    Mais ses grands-parents paternels venaient tout droit des charbonnages. Le vieux Carter (1) avait été mineur de fond, comme tous les hommes de la famille. Il commençait à trouver amer le pain qu'il gagnait, aussi noir que la terre à laquelle il fallait l'arracher. Quand son père fut tué dans un accident, par trois cents mètres de fond, Carter, rescapé par miracle, se joignit à la foule des pauvres diables qui s'en allaient, à l'aveuglette, vers un pays qu'on disait neuf et riche et plein de promesses. Dès qu'ils débarquaient, ils étaient rejetés par ceux qui s'étaient installés tant bien que mal dans les villes de la côte, et qui déjà montraient les dents. Les plus faibles croupirent dans une misère pire que celle qu'ils avaient fuie. D'autres, serrant les poings, acceptèrent d'aller plus loin. L'ancien mineur comprit qu'il fallait s'attaquer au plus difficile. C'était le plus sûr, le plus rapide moyen de s'en sortir. A moins, d'y laisser la peau. 

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    (1) Carter est le véritable nom de Charlton Heston. Il a adopté, en débutant au théâtre, celui de sa mère. 

    LE MEME GOUT DU RISQUE

    En ce temps-là, sur les rives sauvages des Grands Lacs, les forêts étaient plus épaisses encore qu'aujourd'hui. On y traquait le lynx, on y piègeait le castor et l'opossum et presque tous les jours il fallait faire le coup de feu contre l'Indien. Les terribles blizzards du long hiver, les sécheresses des étés torrides avaient découragé nombre de pionniers et leurs terres à demi défrichées restaient à l'abandon. Le vieux Carter offrit de payer les impôts en retard sur ces landes et ces bois déserts. Il se tailla ainsi un vaste domaine qui n'était pas absolument imaginaire, mais qui, pas plus que Douglas-le-Noir, n'appartenait à une réalité très concrète. La fortune et les titres, Charlton Heston devrait se les gagner lui-même. 

    D'ailleurs, avant même d'avoir pu s'y attaquer vraiment, le vieux Carter perdit au jeu les terres que les incendies de forêt n'avaient pas dévastées. Cet audacieux, violent, obstiné, difficile à vivre, avec des emballements subits, des rancunes tenaces, garde une place de faveur dans le coeur de son petit-fils qui l'a à peine connu. 

    Car le fils de l'ancien mineur, jeté dans la solitude du Michigan, s'était modelé dans une austère âpreté. Le jeune Chuck est élevé à la dure école de la nature qui ne pardonne ni au faible ni au poltron. Il ne connaît que sa forêt, les camps de bûcherons, dans leur fauve odeur de sève, de sueur, d'écorce et de fumée ; les pistes invisibles qui, à travers fourrés et rochers, mènent tout droit au terrier du renard, au repaire du porc sauvage, au nid du grand hibou ; les frissons de l'eau dans le torrent ou sur le lac, trahissant le glissement de la truite, le sillage du brochet vorace. Un gamin élevé librement apprend vite à grimper, à courir, à tirer, à pêcher. Il se fait des muscles, des poumons, des nerfs d'acier en s'essoufflant pour manier la lourde cognée d'un bûcheron, en traversant des ruisseaux glacés, en affrontant des bêtes. Il apprend aussi à aimer celles-ci, à les connaître. Il voudrait retenir la courbe gracieuse d'une attitude, le déclic d'un essor, l'éclair d'un pelage furtif. C'est ainsi qu'il commence à dessiner. 

    Il étudie aussi, sans compagnons, sans maître, penché sur ses livres dans la chambre sans feu où parfois l'ence gèle au fond de l'encrier. Son père est sévère et frugal, et pour son fils ne veut que des nourritures saines, pour l'esprit comme pour le corps. Abreuvé d'eau claire et de lait, celui-ci est nourri aussi de fortes lectures.

    — Jusqu'à l'âge de dix ans, dit Charlton Heston, je n'ai connu d'autre livre que la Bible, que mon père ouvrait le soir et me faisait lire sous la lampe, suivant les lignes avec son doigt. 

    L'enfant épelle les noms difficiles et innombrables de l'Ancien Testament, s'étonne des prophéties et des prodiges sans se douter qu'il prêtera un jour son visage au plus grand des personnages du Livre. 

    M. G.

    ( A suivre...)

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  • LES MUSIQUES DES FILMS DE CHUCK EN CADEAU...

    On dit que les petits cadeaux entretiennent l'amitié. C'est possible, surtout quand ils sont faits de musiques sublimes comme celles qui ont accompagné  les grands films de Charlton Heston. 

    Jérome Moross, Miklos Rozsa, Elmer Bernstein, Dimitri Tiomkin ... De grands compositeurs dont les musiques ont sublimé des films qui resteront à jamais dans nos mémoires avec notre HEROS MAGNIFIQUE. 

    Cette petite introduction pour vous dire que je suis heureuse que Christiane ait apprécié ces merveilleuses musiques et qu'elle partage avec nous son sentiment que je publie ci-dessous.

    Heureuse de vous avoir fait plaisir chère Christiane. 

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    J'utilise quotidiennement ma voiture et, très souvent, je branche la clé USB que France m'a offerte en juin dernier ......


    Y sont téléchargées les musiques de certains des grands films tournés par notre Charlton ......
    J ai un infini plaisir à les écouter. J en ai même du mal à me concentrer
    sur ma route !!!!!!!


    Je me trouve instantanément plongée dans les films ...


    Je revois les scènes de haine dans Ben Hur , la douceur des rencontres
    avec Esther, la sérénité de l'image du Christ, belle et sensible, les ardeurs guerrières du Cid et de son armée, la longue marche des Hébreux vers la Terre élue.....


    Ces merveilleuses images gravées dans le cœur, l'âme, l'esprit ....que l'on ne peut oublier ......


    Les musiques les transcendent , tantôt rudes, calmes, ou impressionnantes et passionnées
    La grandeur de Rome, la fougue des guerriers de Valence, les plaintes
    des esclaves d Egypte..... autant d images magnifiées par ces splendides et éternelles musiques .
    Voilà France. Ce que je ressens en écoutant ce joli cadeau que vous m'avez fait .

    Christiane

  • NUMBER ONE ou une autre vision par Maria

    A la suite de mon article sur la critique du journal "NEW YORK TIMES" au sujet du film "NUMBER ONE", Maria m'a envoyé son analyse personnelle sur ce que l'on pourrait appeler " LE MOI EXTERIEUR & LE MOI INTERIEUR " de Charlton Heston. 

    Je vous laisse en juger par vous-mêmes, mais je dois dire que Maria met l'accent sur une partie de la personnalité de Chuck, qui m'intrigue au plus haut point. Depuis toujours, j'ai le sentiment que le regard de Chuck est empreint d'une profonde tristesse et, je peux dire que l'article de Maria ne fait que d'accroître ma curiosité et je voudrais pouvoir avoir Chuck face à moi pour pouvoir lui poser la question qui me taraude  : " Chuck qui êtes-vous, au fond de vous-même ? ". Malheureusement, jamais je ne pourrai le questionner et entrer dans sa problématique qu'était son enfance. 

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    (CHARLTON HESTON EN ETHIOPIE EN 1984)

    "Carissima France, complimenti per il ritrovamento e la traduzione di questo articolo in lode di quello che Chuck chiamava, sbagliando, il suo peggiore film purtroppo non sono riuscita a trovare un DVD o un Blu Ray con l'intero film. Ne ho visto brani diversi attraverso U Tube e ho letto che si intende riproporre il film nella versione blue ray. Aspettiamo Ma che il film sia un contributo importante nella vita e nella carriera di Heston ne sono più che certa. Per cominciare dall'anno di produzione, quel 1967, che ho già definito come uno degli "anni difficili". Il personaggio di Cat Catlan, come altri da lui interpretati, porta note autobiografiche che spiegano l'insistenza con cui Chuck ha voluto realizzare questo film e il peso che la sua sensibilità e la sua arte hanno avuto sulla mano di Tom Gries, regista ufficiale del film. Come ho già detto le delusioni per lo scarso successo economico per film come "The War Lord" e "The Agony and the Ecstasy" colpiscono profondamente Chuck nella sua abilità di scegliere la parte migliore e il film migliore non solo per la sua carriera ma anche e soprattutto per la sua crescita personale. Ansie e incertezze che l'attore e l'uomo confessa nel suo diario. Certo è un film difficile per una platea che cerca soprattutto l'happy end. E quelle scene di nudo, contrariamente a quanto pensa il critico del giornale, non sono affatto eccessive o fuori posto in quel film. Cat vede diminuire il suo vigore fisico e lontano dal continuo sostegno morale dell'acquiescente moglie cerca in un'altra donna la conferma del suo vigore virile. E' forse il primo film americano in cui l'adulterio non rimane solo un'allusione, ma un evento concreto e trascinante. Un anno dopo velato di umorismo, Dustin Hoffman rappresenterà nel "Laureato" un altro tipo di adulterio, privo della drammaticità di quello tra il quarterback in crisi e l'avvenente ammiratrice. Il 1967 è anche l'anno per una perdita dolorosa per Chuck, la morte del padre ritrovato. A questo proposito proprio ieri ho trovato un ritaglio interessante che riporta alla infelice infanzia del Nostro. Ci sono in giro nella rete due foto di un giovane e giovanissimo Charlton Heston,: quella di un adolescente dai tratti delicati e dall'aria sognante, artisticamente sfumata, e quella di uno scolaretto dal muso simpatico nell'ultima fila di una foto di fine anno scolastico. Non è Chuck né nella prima né nella seconda. Per la prima c'è sulla rete una catalogazione che la definisce come quella di un giovane gay. Per la seconda un articolo del 2001 del giornale "Alliance Report" rende nota una lettera personale di Heston che afferma di non essere lui quel ragazzino e fa il nome di un altro studente della Freedom School da lui frequentata nel secondo semestre del 1933, mentre la foto riporta la data del maggio 1934. Il giornalista che scrive nel 2001 cerca di collegare i legami dello sperduto ragazzino John Carter, divenuto improvvisamente Charlton Heston, attraverso la memoria dei possibili Heston viventi ad Alliance, arrivando alla conclusione che Charles Heston, secondo marito della madre di Chuck non ha probabilmente mai adottato il primogenito della moglie. e che comunque la coppia Lilla Charlton e Charles Heston, per quanto ricordino gli abitanti del paese, prima dell'estate di quel 1933 abbandonarono precipitosamente la loro casa portandosi dietro il bambino che si era appena ambientato nella nuova scuola, dove per altro aveva fatto il suo debutto teatrale in una recita scolastica. Non è dato sapere perché, ma sempre più patetica appare la figura di questo bambino rifiutato non da un solo padre, ma da due. Quello naturale che non si è dato la pena di seguire il suo primogenito, e quelllo acquisito che forse solo formalmente gli ha dato il suo nome. Di ricordi amari Cat Catlan ne ha abbastanza per vivere sullo schermo il ruolo del giocatore abbandonato dalla fortuna. Anche altre figure entreranno sullo schermo e nella sensibilità di Chuck ricordandogli la solitudine e il senso di distacco vissuto da ragazzo. In una intervista rilasciata alla BBC nel 1983 in occasione del lancio di "The Actor's Life" in Gran Bretagna la giornalista sottolinea l'interesse delle pagine introduttive dove Chuck per la prima volta ricorda questi avvenimenti. Cerca di approfondire il tema parlando della sua dichiarata timidezza e pone una domanda molto secca "Lei parla sempre dell' Outer-me riferendosi alla sua vita artistica e di relazione , mai dell'Inner-me (dei suoi sentimenti più profondi ed intimi)". Chuck appare imbarazzato e cerca di sottrarsi all'acuto rilievo della giornalista con una citazione di un cartoon in cui un coccodrillo e un uccello parlano appunto di outer-me e inner-me. Il coccodrillo, nel quale Chuck evidentemente si riconosce dice che c'è troppo dell'outer-me nel suo essere coccodrillo per permettergli di occuparsi anche dell'inner-me. Forse quell'inner-me va ricercato in un certo numero di personaggi, Amos Dundee, Cat Catlan e perché no anche Michelangelo, pronti a riabbracciare la loro pena segreta dopo essere sfuggiti alle luci di un momento di gloria."

     Auteure : MARIA RUSSO DIXON

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    Très chère France , Je te complimente pour la découverte et la traduction de cet article élogieux de ce que Chuck appelait, en se trompant, son pire film , malheureusement , je n'ai pas réussi à trouver un DVD ou un blu-ray du film en entier. J'en ai vu divers extraits via You tube et j'ai lu que le film pourrait être proposé en blu-ray . Attendons . Mais je ne doute pas un seul instant que le film soit un élément important dans la vie et la carrière d'Heston.

    Commençons par l'année de production , cette année 1967, que j'ai déjà définie comme une des années les plus difficiles. Le personnage de Cat Catlan, comme les autres qu'il a interprétés, porte en lui des caractéristiques autobiographiques qui expliquent l'insistance avec laquelle Chuck a voulu réaliser ce film et le poids qu'a eu entre ses mains Tom Gries metteur en scène officiel du film. Comme je l'ai déjà souligné , les déceptions face au faible succès commercial du film, comme pour " The War Lord "  et  " The Agony and the Ecstasy " , marquèrent profondément Chuck dans son habileté de choisir le meilleur rôle et le meilleur film non seulement pour sa carrière mais aussi et surtout pour son ambition personnelle. Angoisses et incertitudes que l'acteur et l'homme confessa dans son journal intime. Il est certain que c'est un film difficile pour un parterre qui cherche surtout le " happy end " . Et ces scènes de nu , contrairement à ce qu'en pense le critique du journal , ne sont en rien excessives et hors contexte dans ce film . Cat se rend compte de la diminution de sa vigueur physique et loin du soutien moral constant de la femme consentante, il cherche chez une autre femme la confirmation de sa vigueur virile. C'est peut-être le premier film américain dans lequel l'adultère ne reste pas seulement une allusion, mais un fait concret et captivant.

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    Une année après , teinté d'humour, Dustin Hoffman, représentera dans " Le lauréat " , un autre type d'adultère , privé du drame qui se situe entre le quart-arrière en crise  et l'admiratrice avenante.

    1967 est aussi l'année d'une perte douloureuse pour Chuck , celle de la mort du père retrouvé . A ce sujet, hier, j'ai trouvé une coupure de journal interessante qui se réfère à l'enfance malheureuse de Notre Chuck . Deux photos y sont imprimées où l'on peut voir Charlton Heston adolescent et très jeune ; celle d'un adolescent aux traits délicats et à l'air rêveur, artistiquement floue et celle d'un écolier, à la trombine sympathique, se trouvant au dernier rang sur une photo de classe de fin d'année scolaire. Ce n'est pas Chuck , ni dans la première ni dans la deuxième photo. Sur la première , il y a sur la toile, un commentaire qui le définit comme un jeune gay . Dans la seconde, un article du journal " Alliance Report " et en date de 2001, rend publique une lettre personnelle de Heston qui affirme de ne pas être ce petit garçon et donne le nom d'un autre écolier de la Freedom school qu'il a fréquentée pendant le deuxième trimestre de l'année 1933 alors que sur la photo est inscrit la date de mai 1934. Le journaliste d'Alliance qui écrit en 2001 cherche à relier les liens du petit garçon John Carter devenu à l'improviste Charlton Heston au travers des souvenirs des membres encore vivants de la famille Heston et arrive à cette conclusion que Charles Heston, second mari de la mère de Chuck , n'a probablement jamais adopté le premier fils de sa femme et que de toute façon, le couple Lilla Charlton et Charles Heston , pour ce dont se souviennent les habitants du village, avant l'été de l'année 1933, abandonnèrent précipitamment leur maison emmenant avec eux l'enfant qui s'était à peine familiarisé dans la nouvelle école, où par ailleurs, il avait fait ses débuts théâtraux dans un spectacle scolaire.

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    Il n'est pas bon de savoir tout cela,  car la vision de cet enfant rejeté non d'un seul père mais de deux,  apparaît de façon toujours plus pathétique. Le père biologique qui ne s'est  pas donné la peine d'élever son premier fils et le père adoptif qui n'a fait que lui donner officiellement son nom . Des souvenirs amers, Cat Catlan en a suffisamment  pour alimenter son rôle sur l'écran de joueur abandonné par la chance. Même d'autres aspects du personnage entre en jeu et dans la sensibilité de Chuck, cela lui rappelle la solitude et l'isolement vécus pendant son enfance .

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    Dans une interview donnée à la BBC en 1983 à l'occasion de la sortie de " The Actor's life " en Grande-Bretagne , la journaliste souligne l'intérêt des pages introductives où Chuck , pour la première fois, se souvient de ces évènements. Elle cherche à approfondir le sujet en parlant de sa timidité maladive et pose sèchement cette question :" Vous parlez toujours du moi extérieur vous référant à votre vie artistique et relationnelle, jamais du moi intérieur (de vos relations plus profondes et intimes) ". Chuck apparut embarrassé et chercha à se soustraire au propos aigü soulevé par la journaliste par le biais d'une citation tirée d'un dessin animé dans lequel un crocodile et un oiseau parlent en effet du moi extérieur et du moi intérieur. Le crocodile , dans lequel Chuck se reconnait évidemment, dit qu'il y a trop de moi extérieur dans le fait d'être un crocodile pour lui permettre de s'occuper aussi du moi intérieur. Peut-être que le moi intérieur se trouve dans d'autres personnages comme Amos Dundee, Cat Catlan et pourquoi pas également chez Michelangelo, prêts à se réconcilier avec leurs peines secrètes après avoir voulu leur échapper sous la lumière d'un moment de gloire .

    Auteure : Maria Russo Dixon

     

  • " NUMBER ONE " : HESTON EN ANCIEN PRO (New York Times du 18 septembre 1969)

     
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    J'ai trouvé récemment un article du NEW YORK TIMES datant de 1969, critiquant positivement le film "NUMBER ONE".  Je viens de le traduire car je pense que presque 50 ans après, il est encore intéressant.
     Chuck avait été impressionné par l'accident d'un des plus grands footballeurs américains, qui avait joué le match de trop et avait été gravement blessé sur le terrain. Charlton Heston avait voulu que cette triste affaire devienne un film, ce qui fut fait avec Tom Gries aux commandes. 
    Une fois de plus, c'est du "Grand Chuck", un rôle qui lui colle à la peau. 
    Dommage que ce film n'ait pas rencontré le succès auprès du public. Tout me porte à croire, que bien souvent, une partie du public de Chuck, ne voyait en lui que des personnages historiques qu'il a si bien incarnés, mais il était plus que cela. C'était un homme, un vrai, fait de chair et de sang, pas taillé dans le marbre. Dans ce film, il donne toute la mesure de son talent émotionnel. Mais NYT en parle mieux que je ne peux le faire....
     
     
    MOVIE REVIEW

     

    Heston as Old Pro

    Published: September 18, 1969

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    Il n'y a rien de spécial sur le héros de "Number One", juste un bref drame de terrain, cuisant et souvent fort d'un quart-arrière professionnel vieillissant qui refuse d'arrêter sa carrière un jour.

    Avec quelques ingrédients usés, discrets, cela correspond à ce qui caractérise le long métrage de The United Artists qui a été projeté hier au Victoria, dans la 86th street East et dans d'autres salles, c'est vraiment captivant. Et Charlton Heston, moins une barbe, un pagne, une toge ou la Mer Rouge, aborde un rôle violemment, sans fioriture dans l'une des performances les plus intéressantes et excellentes de sa carrière.

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    C'est un tour de force époustouflant et magnifiquement discipliné par l'acteur, dont les muscles faciaux fléchis et les yeux cyniques dominent le film, mais qui n'a qu'un seul défaut : une tendance flagrante à la paranoïa. Il est vrai que 40 ans est un âge décidément avancé pour la gloire sur le terrain, mais de nombreux professionnels diplômés ont depuis longtemps réussi à s'affranchir du succès, ailleurs. Dans une certaine mesure, Cat Catlan n'a que lui-même à blâmer.

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    Mais comme une observation inflexible, l'image se fixe régulièrement et avec perspicacité sur le parcours d'un athlète accroché à son apogée et sa renommée, poussé par la fierté, l'ego et la peur du futur,  sous la direction de Tom Gries, collaborateur de Heston sur « Will Penny ».  En tant que drame resté dans l'intimité du couple alors qu'il se creuse plus profondément, mis au point par le réalisateur et grâce aux excellents dialogues du scénario de David Moessinger, cela a l'air vrai .

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    L'intégration colorée et confortable de toute l'équipe de la Nouvelle-Orléans des Saints est typique, avec certains des joueurs qui manipulent les dialogues plus que convenablement. La plupart des images ont été tournées dans la ville de Crescent, la parcourant soigneusement  à partir des jeux du stade, des vestiaires et des conférences d'équipes diverses, remplis du jargon du football qui est naturel et piquant.

    Deux anciens pros, Mike Henry et Ernie Barnes, sont bons dans des seconds rôles, comme l'est John Randolph, interprétant un entraineur têtu mais compréhensif. Et les crédits devraient aller aussi, au jeune Richard Elkins, comme le successeur probable d'Heston et à Bruce Dern et Bobby Troup, représentant le monde des affaires.

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    Le flux d'incidents croustillants et faciles du film, révèle également deux belles performances de Jessica Walter, l'épouse sensible et aimante mais qu'Heston croit qu'elle ne l'aime pas assez, et Diana Muldaur, en tant que maîtresse amoureuse et sensible. L'honnêteté absolue dans le comportement et,  les dialogues d'une conversation chargée de passion entre elle et Heston, rend l'utilisation ultérieure de nudité, d'enlacements et de truquages cinématographiques par M. Gries, non seulement superflus  mais aussi archaïques : un passage déconcertant du film.

    Mais les effets, un tir pessimiste d'Heston, avec la rumeur du stade sur une bande-son silencieuse, en disent beaucoup sur des images nettes et pénétrantes, pas de trop, juste assez - Si Heston avait pu être meilleur, nous ne saurions pas comment.

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  •   REVOIR : "NUMÉRO UN" (1969) AVEC LA STAR CHARLTON HESTON - MGM sortie de DVD

     

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    LIMITED EDITION COLLECTION MGM 2015

     

    http://www.cinemaretro.com/index.php?/archives/9162-REVIEW-NUMBER-ONE-1969-STARRING-CHARLTON-HESTON;-MGM-DVD-RELEASE.html

      REVOIR : "NUMÉRO UN " (1969) AVEC LA STAR CHARLTON HESTON (sorti en dvd)

    BY LEE PFEIFFER - 21 mai 2016

      Les amateurs de Charlton Heston apprécieront le fait que l'un de ses plus grands films à ne pas être diffusé en video, est finalement sorti en DVD par MGM. "Number One " (publié dans certains pays sous le titre " Pro ") est un film hors compétition pour la superstar, qui était alors à son apogée de popularité. Le fait que le film ait été sous-estimé au box-office et n'ait pas remporté un très grand succès auprès  des critiques,  n'a pas diminué le statut d'Heston en tant qu'homme de premier plan. Il continuera à marquer avec des hits tels que "The Omega Man ", " Skyjacked ", " Soylent Green ", " Midway "  " Airport" 75 "- et avec des apparitions dans les populaires " The Three Musketeers " et " The Four Musketeers ".

    Le  mauvais accueil fait à « Number One » et le fait qu'Heston était disposé à jouer un contre-emploi dans un rôle largement antipathique, ne diminuent pas ses nombreux mérites. Pour le film, il a collaboré avec le réalisateur Tom Gries, avec qui il avait fait le western   " Will Penny " acclamé en 1968. Curieusement, les deux films se concentrent sur le même thème : un homme macho qui ne peut pas faire face au fait qu'il vieillit et, par conséquent, son mode de vie choisi est menacé. Dans " Will Penny ", Heston a joué le rôle-titre : un cow-boy d'âge moyen qui ressent les maux et les douleurs inévitables et qui essaie de se maintenir dans un métier  qui convient parfaitement aux hommes plus jeunes. De même, dans " Number One", il joue "Cat " Catlan, un stratège star pour l'équipe de football de New Orleans Saints.

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    Catlan a eu beaucoup de succès et de gloire en tant qu'enfant chéri de l'équipe et idole de la foule. Mais maintenant, il a 40 ans et, bien qu'il soit encore en condition physique herculéenne par rapport à la plupart des hommes de son âge, il a été victime de brutalités constantes dont il souffre sur le terrain.

    Le film s'ouvre sur un jeu particulièrement désastreux dans lequel Catlan fait quelques mauvaises évaluations sérieuses  sur le jeu  et gâche certaines passes. Le résultat est une perte embarrassante pour l'équipe. L'entraîneur brutal de Saints Southerd (John Randolph) n'est pas prêt à renoncer à Catlan, mais apparemment tous les autres membres de l'équipe le sont. Catlan est soumis à des blagues cruelles et il doit contester le fait qu'un joueur beaucoup plus jeune (Richard Elkins) le talonne en espérant le remplacer comme stratège.

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    Les choses ne sont pas  mieux à la maison pour Catlan. Sa femme très patiente, Julie (Jessica Walter), souffre stoïquement de ses absences mystérieuses, de ses sautes d'humeur imprévisibles et de son caractère instable. Elle est une créatrice de mode qui a parfaitement réussi, mais Catlan est de la  «vieille école» en ce qui concerne le rôle des épouses. Il veut que Julie reste à la maison et réponde à ses besoins. Au milieu de l'une de leurs fréquentes  querelles, il s'abaisse jusqu'à la critiquer cruellement sur son incapacité à concevoir un bébé. Pourtant, elle reste avec lui même quand il avoue avoir une liaison avec une autre femme attrayante et indépendante, Ann (Diana Muldaur).

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    Face au fait que sa carrière tire à sa fin, Catlan explore à contre cœur ses options pour sa vie post-NFL. Elles ne sont pas très attrayantes. Son meilleur ami, Richie (Bruce Dern), est un  ancien joueur des Saints qui se vante d'avoir quitté la compétition à l'âge de 34 ans. Il gère maintenant une entreprise de location de voitures en pleine réussite et vit un style de vie playboy. Il veut que Catlan travaille pour lui, une perspective que le stratège vieillissant ne voit pas d'un bon oeil. Il reçoit également l'offre d'une entreprise d'ordinateurs pour travailler en collaboration, mais l'idée de négocier et d'être entouré de machines dans les limites d'un bureau lui répugne.

    En fin de compte, Catlan s'inspire de sa femme pour s'en sortir honorablement. Au cours d'un de leurs rares moments de détente familiale, elle le convainc qu'il a encore de bons atouts dans son avenir s'il peut se secouer et retrouver sa confiance. Le climat du film est la définition même des émotions mixtes. Catlan se débrouille bien et a réussi son retour, mais le tournoi final ambigu du film, est quelque chose d'étonnant.

    Tom Gries a été un bon directeur pour Heston. Il a réussi à atténuer la personnalité impressionnante d'Heston en lui donnant  l'opportunité de jouer un homme de tous les jours. Dans "Number One", Heston est soumis à des problèmes qui nuisent à la plupart des hommes d'âge moyen. Il est nerveux quant à son avenir. Il fait souvent subir ses frustrations aux personnes les plus proches de lui. Il essaie de réaffirmer sa jeunesse en exerçant ses prouesses sexuelles en ayant une liaison. Tout au long du film, Heston est admirable et ne tente pas de faire de Catlan un héros.

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    Un niveau de sympathie lui est accordé en raison du stress émotionnel et physique qu'il subit, mais son simple mépris pour les autres le rend plus méchant que héros. (Il refuse même de donner aux fans son autographe). Pire encore, son égoïsme dans sa façon de traiter les besoins de sa femme. Il se sent menacé par le succès dont elle jouit dans sa propre carrière et diminue ainsi ses réalisations. Heston donne l'une de ses plus belles performances, ironiquement, dans l'un de ses films les moins vus. Il a pour partenaire Jessica Walter, malheureusement sous-estimée, dont la performance quelques années plus tard dans "Play Misty For Me" aurait dû lui assurer la grande célébrité (et une nomination aux Oscars).

    Le réalisateur Gries utilise également les talents de vrais joueurs de football, dont certains présentent des compétences d'interprétation impressionnantes. Diana Muldaur excelle aussi dans le rôle de la sirène qui attire Catlan dans son lit. Il y a un air d'authenticité pour le film, principalement parce que Gries a tourné en grande partie devant des stades bondés. (Le travail du cinéaste Michael Hugo est particulièrement impressionnant). Gries capte également les activités de la Nouvelle-Orléans dans la journée, en capitalisant sur le paysage local, les clubs de jazz et même en obtenant  le grand Al Hirt pour effectuer un numéro et faire un peu d'action. À propos des aspects datés du film, ils concernent les activités hors-champ des joueurs de la NFL. Catlan se plaint qu'ils sont payés comme des paysans, ce qui était vraisemblablement une réalité en 1969, mais c'est aujourd'hui une notion plutôt risible. En outre, l'équipe de la NFL doit porter des vestes et des cravates en voyageant ou en sortant du stade, une autre règle qui serait pratiquement inapplicable par les normes contemporaines.

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    Al Hirt (trompettiste)

    " Number One " n'a jamais trouvé son public en 1969, mais j'espère que la sortie impressionnante en  DVD par MGM aidera les amateurs de films vrais et qui en apprécieront ses mérites. Le film avait au moins un critique qui l'a apprécié ainsi que la performance d'Heston . Dans le New York Times, le critique Howard Thompson a écrit : "Charlton Heston, moins une barbe, un pagne, une toge ou la mer Rouge, s'attaque à un rôle énormément désagréable dans l'une des performances les plus intéressantes et admirables de sa carrière ... Si Heston avait pu être mieux, nous ne savons pas comment. " C'est ce que nous pensons exactement.

     

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