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CHARLTON HESTON LE MAGNIFIQUE - Page 2

  • 4 - " Charlton Heston une biographie " de Michael MUNN - (traduction par Adrien P. )

    ... SUITE

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    Chicago

     

    À St Helen, le vent continuait à faire bruire les feuilles, faisant courir un murmure sur Russell Lake. L'eau léchait encore doucement la rive, et le cri lointain de l'aigle résonnait au-dessus des sapins, mais Charlton n'entendait plus rien de tout cela. Il n'entendait plus que le trafic, le son des klaxons, un millier de pas frappant le pavé, la sirène des voitures de police, un million de sonneries de téléphones... une telle cacophonie le faisait mourir de peur !

    Chicago n'était pas seulement une nouvelle maison, c'était un véritable choc culturel. Il était revenu à la grande ville avec un nouveau père et une crainte absolue de ce que l'avenir pouvait réserver. Sa mère s'était remariée à St-Helen et le nom de la famille était désormais Heston. Le beau-père de Charlton était en fait un homme qu'il connaissait déjà depuis un moment et qu'il avait toujours aimé. L'Amérique souffrant toujours de la Grande Dépression, le nouveau chef de famille avait dû trouver du travail dans une aciérie à Winnetka, une banlieue de Chicago.

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    Charlton avait dix ans. Il décrit cet âge comme « une période triste, brisée... »

    " J'étais très malheureux. On était si loin de tout dans le Michigan que quand je suis retourné dans une grande ville pour la première fois, je me souviens que j'étais réellement terrorisé par le trafic automobile et le bruit, et tout ce qui va de pair avec une grande ville.

    Je craignais tout du changement. Je n'étais absolument pas prêt à devenir un gars de la ville. Je ne savais littéralement pas me servir d'un téléphone, ou qu'il valait mieux regarder des deux côtés de la route avant de traverser.

    Dans la forêt, je me fichais de jouer tout seul : on me complimentait parce que je prouvais que j'étais indépendant. Plonger de nouveau dans une école dans une grande ville me fit comprendre le contre-coup d'être un solitaire. "

     

    En plus d'être socialement inadapté, Charlton a souffert de sa taille et son poids. C'était un petit gringalet facile à embêter, et qui l'était effectivement souvent. Mais comme si être faible et rejeté ne suffisait pas, il a dû subir une terrible gêne dès son premier jour à l'école à Winnekta.

    La professeure faisait l'appel, et quand elle arriva à son nom, elle lut « Charlotte Heston ». Le jeune Charlton resta silencieux en allant s'asseoir à sa chaise, gigotant pour cacher son embarras. « Où est la petite Heston ? » demanda l'institutrice. Heston s'en rappelle : « c'était l'un des pires événements de mon enfance. »

     

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    La vie n'alla pas mieux. Charlton se sentait piégé, entraîné par l'environnement frénétique autour de lui. Son instinct de solitaire devint plutôt une malédiction. Il se cacha plus profondément dans sa coquille et si le monde semblait l'isoler, il s'isolait lui-même avec tout autant d'acharnement.

    L'un des rares aspects positifs de la ville était le cinéma. Il découvrit les films et les acteurs. Ses héros de l'écran étaient Gary Cooper, Errol Flynn, Hoot Gibson et Ken Maynard. Il était intrigué par ces adultes payés à jouer les cow-boys, les pirates ou les soldats.

    Mais mis à part les films et les livres qu'il continuait de lire, il devait toujours surmonter le monde réel, et c'était toujours avec soulagement et gratitude qu'il accueillait les visites de son père. Russ avait maintenu contact avec ses enfants et continuait de les voir, mais un jour, sans rien dire, il arrêta de venir du jour au lendemain. Charlton attendit des jours, des semaines et même des mois, mais pas un mot de papa, pas même une lettre. Il comprit que son père était parti pour de bon, et il voulait savoir pourquoi, mais ni sa mère ni son beau-père n'offrirent de réponse.

    Il se souvient :

    " C'était une expérience très traumatisante. Sans aucun avertissement, mon père était parti. J'avais dix ans quand il est sorti de ma vie sans prévenir. Je ne pouvais tout simplement pas comprendre : nous avions été si proches...

    Je refuse de jouer les apprentis psychanalystes en disant que je me sentais rejeté. J'étais certain qu'il m'aimait malgré son silence, mais je ne pouvais pas comprendre et j'étais incapable de me remettre de sa disparition.

    Ça a gâché toute mon adolescence. "

    Charlton n'était pas en manque d'amour : son beau-père était un homme bon, un mari aimant et un père attentionné pour les enfants de Lilla. Charlton l'admirait et le respectait, il a grandi en l'aimant. En effet, ils avaient développé1 une relation père-fils idéale entre un beau-père et un beau-fils, et c'était surtout du fait de son nouveau père. Dès qu'il pouvait quitter le travail, il emmenait Charlton à la pêche ou à la chasse, passant du temps avec lui et se consacrant beaucoup à lui. Il écoutait attentivement et avec sympathie les problèmes du garçon.

    C'était un homme plus calme et plus timide que Russ, mais il était stable et équilibré : il tenta de donner envie à Charlton de suivre son exemple, mais c'était une besogne pour Charlton qui semblait confus et maladroit. Il avait accepté que son beau-père prenne la place de son père, mai il lui était difficile d'accepter que ses parents étaient divorcés, et il voulait désespérément le nier. Il fit de ce divorce un sombre secret et ressentait un profond sentiment de culpabilité. Comme il le constata dans sa période adolescente, il était émotionnellement instable, perturbé et désespérément seul.

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    Il commença à aller au New Trier High School à Winnekta2. Elle était considérée comme la meilleure école dirigée par le gouvernement du pays, à l'époque. Elle semblait gouvernée par un tout nouvel ensemble de règles sociales qui contrastaient violemment avec la philosophie simple des sous-bois qu'il avait connu à St Helen.

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    A SUIVRE...

    1 Le texte dit ici « In fact, there developped an ideal father-son relationship between stepfather and stepson. », phrase grammaticalement incorrect puisqu'il y manque un sujet. Je traduis donc comme si ce « there » était en fait un « they ».

    2 « New Trier dépense plus de 15 000$ par an par élèves, somme bien supérieure à la moyenne dans l'Illinois (8 786$). Pour l'Association Nationale des principaux d'école secondaire, du New York Times, du Washington Post et de Parade (des journaux réputés aux états-Unis, NDT), elle fait partie du « top 100 » des écoles du pays, et de celles « avec le plus de réussite » . Elle a été décrite comme « assez probablement la meilleure école publique du pays » par Town and Country dans un article de six pages sur New Trier, citant un programme « riche » et « exigeant », de nombreuses activités (également artistiques), une forte participation aux activités athlétiques, et les compétences de l'équipe enseignante digne d'une bonne université. Life a également reconnu New Trier comme l'un des meilleurs lycées du pays dans des articles en première page en 1950 et en 1998. »

    traduction d'un extrait de l'article « profile and recognition » de la page Wikipédia de New Trier High School.

    https://en.wikipedia.org/wiki/New_Trier_High_School#cite_ref-18

  • APRES "EL CID"... CHARLTON FAIT UN PETIT PERIPLE EN FRANCE ET ...

     

    ...EMBARQUE SUR LE QUEEN MARY LE 28 AVRIL 1961 A

    CHERBOURG.

     

    Je savais qu'il existait une photo de Charlton Heston prise à Cherbourg avant son embarquement sur le Queen Mary en 1961, mais malgré mes recherches locales, je n'ai jamais pu me la procurer. Aussi, je remercie Clarisse d'avoir eu assez de patience en cherchant sur le NET et trouver la photo de départ de Cherbourg et celle de l'arrivée à New York... 

    Merci à Jean Marie Lézec, photographe cherbourgeois, aujourd'hui décédé, de nous avoir laissé cette photo de notre grand Charlton Heston. 

    Je publie donc ici, la traduction du récit que Charlton Heston fait dans son JOURNAL, de son périple français avec Lydia et Fraser à la fin du tournage du CID en Espagne et leur traversée de la France en voiture jusqu'à Cherbourg... 

    Je crois pouvoir dire sans risque de me tromper, qu'il n'a pas du tout aimé le temps plutôt maussade qu'ils ont subi durant leur parcours en France !

    http://www.xn--gnalogie-en-cotentin-b2bb.fr/personnalites78.html

     

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    Nous pouvons remarquer que Charlton Heston porte l'épée qu'il avait dans le film "EL CID".

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    EXTRAITS DE "THE ACTOR'S LIFE" -JOURNALS 1956/1976 de Charlton HESTON 

    (1961)

     20 avril, Rome / Madrid / Burgos. J'ai quitté Rome après le déjeuner chez Nick Ray*** à l'Appia Antica. Il veut que je joue dans un film pour lui, puis coproduire, en codirigeant un autre, sur the Children's Crusade. Je dois regarder cela. Je suis arrivé à Madrid pour retrouver Lydia et mon fils  avec des sacs, prêts à monter dans la voiture, la surchargeant un peu. Le trajet en voiture jusqu'à Burgos n'était pas un gros problème, mais nous avons trouvé une foule qui attendait devant l'hôtel, alors nous sommes allés dans un autre, où une nuit tranquille était possible.

    ***Nicolas Ray.

     

    21 avril, Périgueux, France. Nous avons quitté l'Espagne à San Sebastian et avons traversé la frontière vers la France sous (bien sûr) une pluie battante, qui a persisté toute la journée. Biarritz avait l'aspect humide et désolé des stations balnéaires hors saison. Nous avons roulé un peu plus tard que prévu, mais nous avons été récompensés par un logement convenable dans un petit hôtel de Périgueux. Le livre que Nick Ray veut que je fasse, ROAD OF THE SNAIL, est amusant, mais ce n'est pas un rôle pour moi.

     

    24 avril, Loire. J'ai finalement entrepris la visite des châteaux de la Loire que Lydia attendait avec impatience depuis si longtemps. Même le temps a abandonné sa perversité gauloise pour la journée du moins. Temps nuageux par intermittence, mais pas une goutte de pluie. De toutes les grandes maisons que j'ai vues, Chenonceaux est le plus mémorable, dans le sens d'être habitable. Blois était surtout intéressant comme site de l'assassinat du duc de Guise, un incident particulièrement sanglant de l'histoire médiévale. Fray a été fasciné par l'histoire et bien sûr l'a racontée plus tard avec une précision parfaite.

     

    25 avril, Chartres. Nous sommes arrivés à Chartres dans un vent naissant, bouillonnant de nuages noirs, mais l'architecture gothique n'est pas dévaluée par le temps. Après Salisbury, c'est la cathédrale la plus émouvante que j'ai vue, la moins encombrée d'erreurs de goût ultérieures. La pluie a recommencé peu après lorsque nous avons pris la route d'Alençon, confirmant la réputation du temps français. "La Gare" est un hôtel simple et propre, mais mon goût pour la haute cuisine est sur le point d'être satisfait. Dieu, pour un steak sans sauce béarnaise ! 

     

    26 avril. Il pleuvait toujours, mais ça a duré jusqu'à ce que l'on voit les plages du débarquement. Nous nous sommes d'abord arrêtés à Bayeux et avons vu la Tapisserie célébrant la conquête normande. C'est accablant, surtout le jour où vous marchez à Omaha Beach. Les hommes d'armes postés par le duc William embarqués dans des bateaux pour l'Angleterre sur ces plages,  semblaient encore vivants à travers le temps, et proches de moi et des GI de Bradley jetés dans les eaux peu profondes il y a des années. Ils sont proches les uns des autres, sûrement ... peut-être qu'ils sont les mêmes hommes.

     

    27 avril, Cherbourg. Les préparatifs de navigation étaient gauloisement chaotiques. La navigation elle-même a  été retardée, mais nous avons finalement vu l'Europe s'éloigner et nous nous sommes détendus dans les joies sybaritiques du Queen Mary ... le plus grand hôtel flottant que je puisse imaginer.

     

    28 avril, à bord du Queen Mary. J'ai envoyé un message, avec un froid pressentiment, pour souhaiter bonne chance à Coop*** ⌊j'avais entendu dire qu'il était très malade⌋. Un entraînement supplémentaire n'a pas réussi à effacer de ma conscience inquiète,  la mortalité ou à justifier les habitudes alimentaires gloutonnes auxquelles je succombe inévitablement lorsque je suis en mer. Je dois aussi décider d'accepter ou non l'une des grosses offres qui se présentent ou d'attendre dans l'espoir de quelque chose de mieux.

    ***Gary Cooper (7 mai 1901 - 13 mai 1961) 

    2 mai, New York. Il est beaucoup plus satisfaisant de remonter et traverser le passage étroit vers le  port de New York à la lumière du jour. C'était tout ce dont je me souvenais quand nous sommes rentrés de Rome ... mais il faisait beaucoup plus chaud. La ville semblait d'une certaine manière accueillante, comme les remorqueurs qui nous poussaient entre les États-Unis et la Mauritanie. Après un débarquement retardé, évitant beaucoup de paperasserie, Forrest (Wood un autre vieil ami) Joe et Maggie nous attendaient patiemment. Nos énergies revitalisées par l'affection de nos amis, nous avons fait la fête dans la vie nocturne de Gotham***.

    ***Gotham City est un des surnoms de New York, dont l'initiative est attribuée à Washington Irving, auteur américain du XIX e siècle dans le périodique Salmagundi en 1807.

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    2 MAI 1961 : arrivée à New York avant de quitter le Queen Mary.

  • RESUME DE L'ARTICLE " VANITY FAIR " de février 2011 - traduit de l'espagnol par Christiane

    LA DAMA QUE NO AMO AL CAMPEADOR

     

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    Je n ai pas pu attendre avant de lire ce texte et de prendre des notes .....


    Il s'agit essentiellement de la mauvaise entente entre Chuck et Sophia Loren sur le tournage ....


    Entre eux, ce furent des difficultés accrues pour Charlton par les retards parfois conséquents, les exigences financières, les caprices de la diva italienne ....


    Sa beauté , sa classe et des raisons plus terre à terre sans doute, lui valurent un remaniement du scénario et un rôle plus étoffé .


    On fit appel au Cid de Corneille pour permettre à Sophia Loren des scènes plus intenses ; Chuck n'aimait pas les scenarii proposés mais, au final, se laissa convaincre ....


    Le film fut , en fait, un savant dosage entre batailles épiques, valeurs guerrières et sentiments plus .......féminins !!!!


    La rencontre d un vieil homme, spécialiste émérite du Cid en garantit une plus grande fidélité (Ramon Menendez Pidal ).


    L'Etat espagnol mit à la disposition de Bronston et Mann, le patrimoine architectural et des soldats ! Gloire au Cid = gloire à l'Espagne ! Le sentiment national !!


    Ce fut réellement l'épopée que souhaitait Bronston sur une terre qu'il aimait , bien qu il n'y eut pas de scène tournée à Burgos ou Valence ....


    Charlton Heston était Le Cid selon Bronston qui savait la valeur de ce comédien dans Les dix Commandements et Ben Hur .... Pour Chimène, il avait aussi été question de Sarah Montiel ! épouse d'Antony Mann ....


    Contrairement à ses relations avec Miss Loren, Chuck passa un séjour idyllique en Espagne , se faisant apprécier par tous , bien sûr Lydia et Fraser l'avaient accompagné .


    Il poussa la conscience professionnelle et le goût pour son personnage à se rendre à Burgos, il ne concevait pas repartir d'Espagne sans venir sur les terres du Cid ! ....


    La bataille des ego dura jusqu'au bout, y compris sur la taille et la place des deux grands noms sur les affiches de distributions du film .....


    Voilà ma traduction, fidèle j'espère....


    J ai éprouvé un grand bonheur en le faisant ....


    Pour l'Espagne , pour Le Cid !!!!

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  • SOUS LE PLUS GRAND CHAPITEAU DU MONDE ... (Les dessous d'un Oscar)

    En éclairage au livre de Michael Munn concernant l'Oscar décerné au film " Sous le plus grand chapiteau du Monde ", Adrien a jugé utile d'adjoindre cette traduction d'un article : "Awards" sur Wikipedia. Je l'en remercie, car en effet, nous ignorons souvent les dessous de certains faits, et un éclairage nouveau peut être une valeur ajoutée à l'oeuvre originale de l'auteur Michael Munn. 

     

    i :

    Sous le plus grand chapiteau du monde et son Oscar

     

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    En travaillant sur la traduction de la biographie de Michael Munn, il m'a semblé que certains points, bien que ne traitant pas de Charlton Heston, méritaient un approfondissement à part entière. Je ne crois pas que l'avis de l'auteur soit biaisé de quelque manière que ce soit, mais il ne me semble pas inutile d'apporter quelques nuances à certains de ses propos, surtout quand ils sont aussi simplement vérifiables que celui dont je compte parler ici.

    S'il est vrai que Sous le plus grand chapiteau du monde a reçu l'Oscar du meilleur film en 1953, et qu'il a sans doute largement contribué à lancer la carrière cinématographique de Charlton Heston, il faut bien se rendre compte que c'est dans un contexte historique extrêmement particulier que tout cela s'est fait, et qu'il faut en tenir compte pour mieux comprendre les événements dont il est ici question. Je me permets ici quelques commentaires, ainsi que l'ajout de quelques articles disponibles sur internet mais malheureusement introuvables en français et dont je vous donne ici une traduction.

    Il n'est pas ici question de discuter du talent de l'acteur ni même de son travail, et jamais je n'oserais m'attaquer à cet homme que vous, lecteurs et lectrices, connaissez bien mieux que moi. Mon but est de discuter du travail de l'auteur de la biographie.

    Car s'il est vrai que le film a été récompensé, sans aucun doute à juste titre, on ne peut pas le soustraire à son contexte historique à sa sortie, et quelques éclairages intéressants peuvent permettre d'apporter des nuances, je le crois, bienvenues.

     

    Le 19 mars 1953 a lieu la vingt-cinquième cérémonie des Oscars conjointement au Pantages Theatre de Los Angeles et au NBC International Theatre de New-York. C'est la première fois qu'elle est ainsi présentée à la fois à Hollywood et à New-York en plus d'être la première à passer à la télévision. Ceci annonce en quelque sorte une année de toutes les exceptions, comme on va vite le voir.

    Cinq films sont nominés pour le prix du meilleur film :

    • Sous le plus grand chapiteau du monde de Cecil B. De Mille pour Paramount Pictures

    • L'Homme tranquille de John Ford et Merian C. Cooper pour Argosy Pictures et Republic Pictures

    • Ivanhoé de Pandro S. Berman pour Metro-Goldwyn-Mayer

    • Moulin Rouge par Romulus Films (société de production des frères John et James Woolf)

    • Le train sifflera trois fois de Stanley Kramer pour Stanley Kramer productions et United Artists.

    De ces films, c'est celui de Cecil B. De Mille avec Charlton Heston qui raflera la récompense ainsi que celle de la meilleure histoire originale. Un grand honneur, il est vrai, mais il ne décrocha aucune des autres récompenses pour lesquelles il était nominé : meilleur réalisateur, meilleur montage, meilleure création de costume de film en couleur. Ceci fait qu'il est le seul film de l'histoire des Oscars à avoir été couronné meilleur film, et à avoir reçu moins de trois Oscars (jusqu'à Spotlight en 2016) :

     

    Traduction de l'extrait Awards tiré de la page Wikipedia du film :

    https://en.wikipedia.org/wiki/The_Greatest_Show_on_Earth_(film)

    Au vingt-cinquième anniversaire de la cérémonie des Oscars, Sous Le Plus Grand Chapiteau du monde reçut tout à la fois l'oscar du meilleur film et celui de la meilleure histoire originale. Il fut également nominé pour celui du meilleur réalisateur, celui du meilleur montage, de la meilleure création de costumes pour un film en couleur. C'est le dernier film ayant reçu l'Oscar du meilleur film à avoir reçu moins de trois Oscars, jusqu'à Spotlight en 2016.

    Certains considèrent ce film comme étant l'un des plus mauvais de tous les films ayant reçu un Oscar du meilleur film. Il le gagna au détriment d'autres films à la réputation solide, comme Hight Noon (Le train sifflera trois fois)The Quiet Man (L'homme tranquille), ou encore Singin' in the Rain (Chantons sous la pluie). Le magazine américain de cinéma Premiere le plaça parmi les dix pires vainqueurs de l'Oscar, et le magazine britannique Empire le classa troisième dans leur liste des pires vainqueurs d'Oscar. Il a la deuxième pire place sur la liste des 81 films à avoir reçu l'Oscar du meilleur film sur Rotten Tomatoes.

     

    Notons tout de même que même s'il est considéré comme étant le plus mauvais, il l'est aussi parmi les meilleurs, ce qui reste un signe de qualité indéniable. Ceci me permet d'affirmer sans trop prendre de risque que même s'il n'avait pas été couronné, l'impact de ce film sur la carrière de Charlton Heston n'aurait pas été moindre : il reste un énorme succès critique et populaire dans lequel l'acteur a pu briller. Tout une carrière s'est pourtant jouée sur un seul geste, un banal mouvement de la main adressé à un homme (Cf. le chapitre « Un Nouveau Visage, Une Nouvelle Force » de la biographie de Michael Munn).

     

    Stanley Kramer prétendit que cette récompense serait due au climat politique à Hollywood en 1952. Le sénateur Joseph Mc Carthy faisait la chasse aux communistes à l'époque, et De Mille était un Républicain conservateur engagé dans le National Committee for a Free Europe. Un autre film nominé, Le train sifflera trois fois, avait été produit par Carl Foreman, qui allait bientôt faire partie de la liste noire de Hollywood, tout comme l'un des auteurs du script d'Ivanhoe, Marguerite Roberts.

     

    Les propos vindicatifs de Stanley Kramer sont peut-être justifiés, mais il faut également voir que le producteur de Le train sifflera trois fois avait sans doute été déçu de se faire voler la vedette de la sorte. (Cf. la traduction d'un extrait de son auto-biographie ci-dessous. ) Le Maccarthysme, une des nombreuses conséquences de la Guerre Froide, a bien sûr eu des répercussions sur la production artistique américaine de l'époque. Pour aller plus loin :

    http://dinosoria.com/maccarthysme.htm

    https://www.ledevoir.com/culture/cinema/98916/cinema-maccarthysme-et-cinema-le-tabou-tombe-a-hollywood

     

    Une autre raison probable pour expliquer ce prix est que c'était vu comme « la dernière opportunité » de récompenser de son vivant Cecil B. De Mille et d'honorer une carrière de toute une vie ayant commencé dès la période du cinéma muet. Les meilleures œuvres de De Mille datent d'avant la création de l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences (AMPAS ; académie des arts et des sciences du cinéma). Il se peut que les membres de l'Académie (dont beaucoup étaient issus du cinéma muet) aient pensé qu'en tant qu'homme de marque de Hollywood et membre fondateur de l'Académie, De Mille méritait cet honneur même si d'autres films de la même année étaient meilleurs que Sous le plus grand chapiteau du monde. Beaucoup s'accordent à dire que le film qu'il a ensuite réalisé et produit (et qui sera son dernier), The Ten Commandments (Les dix Commandements), méritait plus la récompense qu'Around the World in 80 Days (Le tour du monde en quatre-vingt jours par Michael Andersonqui rafla l'Oscar du meilleur film en 1956, et qu'il rendait bien mieux honneur à la carrière magnifique et légendaire du réalisateur ainsi qu'à son rôle dans l'expansion et l'évolution de l'industrie du cinéma que ne le faisait The Greatest Show on Earth.

     

    Voilà une justification qui peut convaincre, même s'il faut rappeler qu'en 1952 est décerné le premier Cecil B. De Mille Award, crée par la Hollywood Foreign Press Association (HFPA) dans le cadre de la cérémonie des Golden Globes, et qui récompense un homme de cinéma pour l'ensemble de sa carrière. Qui a besoin d'un récompense quand l'une d'elle porte son nom ? De Mille n'avait pourtant pas reçu l'Oscar du meilleur film de toute sa carrière de la part d'une Académie qu'il avait contribué à créer, ce qui peut expliquer en partie ce choix de lui offrir ce prix au détriment des autres très bons films de cet année.

     

    Traduction d'un extrait de la biographie It's a Mad, Mad, Mad, Mad World: A Life in Hollywood, de Kramer, cité sur tcm.com par Scott McGee et Jeff Stafford :

    http://www.tcm.com/tcmdb/title/24083/High-Noon/articles.html

     

    « […] La défaite de Le train sifflera trois fois dans la course aux Oscars face à Le plus grand chapiteau du monde de Cecil B. De Mille est surtout due à des raisons politiques, et je ne parle pas de la vieille politique tacite des cercles hollywoodiens. Je reste persuadé que Le train sifflera trois fois était le meilleur film de 1952, mais le climat politique et la campagne droitiste qui a suivi la sortie du film a suffi à le reléguer au statut d'outsider. Aussi populaire fusse-t-il, il ne pouvait pas lutter contre l'atmosphère ambiante dans laquelle il est sorti. Carl Foreman, qui en signe l'écriture, avait déjà fui pour l'Angleterre sous une foule d'accusations liées à ses idées politiques. Entre le moment où il a rendu le script et celui où l'Académie a voté, nous avions tous appris qu'il avait été membre du Parti Communiste, mais quiconque a vu le film sait qu'il n'y avait aucune propagande communiste dans la narration. S'il avait tenté de le faire, je l'aurais exclu. »

    Sources :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/25e_c%C3%A9r%C3%A9monie_des_Oscars

    https://en.wikipedia.org/wiki/25th_Academy_Awards

     

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  • VANITY FAIR ESPANA FEVRIER 2011

     

    http://luisgemartin.es/wp-content/uploads/2016/03/La-Dama-que-no-am%C3%B3-al-Campeador-Vanity-Fair-febrero-de-2011.pdf

     

    Je fais cette publication d'un PDF " VANITY FAIR ESPANA  " de février 2011. Malheureusement, mon imprimante est un peu déficiente et de ce fait, les tirages de photocopies ne sont pas très nets, c'est regrettable pour les photos, mais l'article est lisible.

    J'ai cet article depuis quelques temps déjà, mais je n'étais pas pressée de le publier car j'avais le sentiment qu'il était consacré uniquement à Sophia Loren, mais, si je ne le publiais pas ce serait faire preuve de mauvaise foi, même si je ne suis pas fan de Sophia alors finalement je me résous à le publier. 

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