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  • HESTON 1969 , de JULIUS CAESAR à THE HAWAIIANS: échecs, projets, espérances…

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    LE 31 décembre 1968 , Charlton HESTON passe le réveillon avec Lydia et ses enfants chez Tom GRIES, qui est devenu un «  proche collaborateur » sinon un ami, et qualifie la soirée de «  plaisante, même si ce n’est pas mon genre de sortie favorite » ; en effet, Chuck est connu pour ne pas raffoler des grandes « parties » du tout Hollywood et préfère quand il est convié, compulser les livres dans les bibliothèques de ses hôtes plutôt que de se mêler à la foule des invités, habitude tenace chez cet «  individualiste proche des autres » que définissait avec humour son ami Arthur MILLER …
    Il va cependant  durant cette soirée ne pas perdre de vue le côté professionnel des choses, puisque Tom GRIES, qui apprécie son jeu et sa personnalité, s’est vu confier par Walter MIRISCH  un projet important à gros budget, dont il espère qu’il lui permettra de devenir le cinéaste reconnu qu’il rêve d’être, même si sa carrière a commencé sur le tard : «  THE HAWAIIANS » d’après le best-seller de James MICHENER .
    Il est intéressant de noter que HESTON et GRIES  renouvellent leur association avec plaisir et beaucoup d’espoir, même si, paradoxalement, leurs deux précédentes collaborations, «  WILL PENNY » et «  NUMBER ONE » ont été deux «  fours » notoires et auraient pu les inciter, surtout l’acteur d’ailleurs, à passer à autre chose ; mais voilà, il se trouve que le HESTON de l’époque attache beaucoup plus d’importance à sa quête artistique qu’au succès commercial, et il ne voit donc aucune raison pour rompre sa relation avec GRIES ; celui-ci lui a offert deux de ses plus beaux rôles,  il lui en est reconnaissant, et l’accord de principe étant acté, le «  Chuck » reçoit le script  le 5 janvier 1969 .

     

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                              NUMBER ONE                                                     TOM GRIES                                               WILL PENNY LE SOLITAIRE 

               Et fidèle à sa tradition de «  perfectionniste compulsif » selon ses propres termes, il commence donc dés le 15 du même mois à harceler GRIES sur tout ce qui ne va pas dedans !
    En effet, le scénario de James R WEBB n’est pas exactement une adaptation du roman de MICHENER, pour la bonne raison qu’elle a déjà été faite par Georges ROY HILL en 1966, avec Richard HARRIS, éternel saboteur de tournages, et Max Von SYDOW ! il se veut plutôt une suite de l’ouvrage, ce que les Anglo-Saxons appellent un «  follow-up », sans trouver vraiment un équilibre entre les épisodes sentimentaux et familiaux inévitables d’une part, et la description  de l’évolution de la société hawaiienne vers 1880  d’autre part ; conscient très tôt du fait « qu’il y a trop de choses à raconter, trop de personnages à développer, plus que la durée du film ne le permet »( Journals, 15 Janvier) HESTON suggère à GRIES  de tailler allégrement dans l’aspect très politique du dernier tiers du script, et de centrer davantage le film sur le personnage de Nyuk Tsin, la jeune Chinoise arrivée à Hawaii sur un bateau « négrier » et qui deviendra la matriarche d’un clan prospère et respecté.

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    (Tina Chen dans le rôle de Nyuk Tsin)

    Constatons en passant que, loin d’être la star mégalomane que certains imaginent à tort, HESTON prouve ici une fois de plus que ce qui compte pour lui, c’est de se mettre au service du sujet abordé pour le plus grand bien du film, même si son rôle s’en trouve en conséquence réduit ; on est là aux antipodes du comportement de beaucoup de ses contemporains, pour lesquels le temps de présence à l’écran doit quasiment être chronométré…Non, lui au contraire, estime que son personnage doit pouvoir s’effacer au profit de la description d’une communauté chinoise qu’il estime plus intéressante ; s’agit-il de sa part d’un éventuel détachement vis-à-vis d’un film qu’il n’entreprend « qu’à moitié convaincu, ce qui est une faute de ma part » ( Journals,17 juillet), l’avenir prochain le démontrera.

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    Whip Hoxworth le Maître des Iles, va s'humaniser.....

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    En attendant ce tournage qui ne l’excite pas spécialement, HESTON se passionne par contre pour le projet JULIUS CAESAR, suggéré pour lui par le jeune «  boy producer » Peter SNELL, et dont on peut dire qu’il est le principal responsable, ayant eu voix au chapitre sur pratiquement tous les aspects hormis la réalisation ! Il est effectivement dans son élément sur ce tournage, en plein «  actor’s country » plein d’espoir, convaincu du moins au début que ce sera un grand film shakespearien, pour se rendre compte très vite que tout ça ne tourne pas rond : le refus de WELLES de jouer Brutus, son remplacement par le catastrophique Jason ROBARDS, la mollesse relative de Stuart BURGE à la mise en scène vont être pour lui une source de frustration difficile à évacuer : «  the movie was ok, but ok is not enough for Shakespeare ! »

    Ce qui ne l’empêchera pas , tout à son idéal artistique, de se lancer sur l’instigation de SNELL, sur le projet «  ANTONY AND CLEOPATRA » encore plus fou et grandiose, en partie parce que sa prestation dans le rôle d’Antony lui a plu ( et ce n’est pas souvent ) et surtout parce qu’il porte en lui une véritable vénération pour cette pièce admirable depuis sa jeunesse ; l’insuccès commercial de JULIUS ne sera d’ailleurs pas  un frein à son entreprise, même s’il s’inquiète avec quelque justification de son avenir..

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                                                                                                (Charlton Heston et Peter Snell) photo :

    http://www.britishlion.com/mobile/peter-snell-producer.shtml


    «  Dans cette ville, (Hollywood) il semblerait que les décideurs soient plus enclins à chercher à faire des affaires qu’à chercher à faire des films ; je suis allé chez MGM discuter mon maquillage pour THE HAWAIIANS avec Bill TUTTLE, chef de ce département, et c’était déprimant de constater que pas une caméra ne tournait dans le studio ! si BEN-HUR fait un profit sur sa ressortie ce été, ça servira à payer la note d’électricité d’un studio vide » (Journals,21 mars). Propos bien amers mais tout à fait réalistes : le «  studio system » est en effet en train de mourir de sa( pas très) belle mort, et les nouveaux réalisateurs comme HOPPER,COPPOLA,LUCAS et SPIELBERG se profilent à l’horizon, celui d’un cinéma volontiers intimiste favorisant les nouveaux (jeunes) visages, et HESTON, tout en admettant que les temps doivent changer, se demande déja comme beaucoup de vétérans ayant commencé leur carrière dans les années 50, quelle pourra bien être sa place dans ce « nouvel Hollywood » …
    Avec son très gros budget, son sujet historique très fouillé et la présence de Chuck comme «  valeur marchande » le projet MIRISCH de THE HAWAIIANS semble en effet appartenir à un autre cinéma, une autre époque ; l’équipe technique est de premier ordre, avec les excellents Lucien BALLARD pour la photographie et Henri MANCINI pour la musique, le cadre d’Hawaii splendidement approprié au succès du métrage, mais quelque chose ne «  fonctionne » pas, et c’est bien le manque d’enthousiasme du Chuck sur le plateau ; pourtant, le personnage qu’il incarne, ce Whip Hoxworth capitaine de navire et disons le quasiment trafiquant d’esclaves d’origine chinoise, à la fois antipathique et capable de revirements au fil de l’histoire quant à sa manière de vivre, est tout à fait taillé pour lui, qui adore les caractères impossibles de « machos » apparemment irrécupérables ! Il avait parfaitement réussi son « King » Rowland dans le très bon «  DIAMOND HEAD «  en 1962, film situé également à Hawaii d’ailleurs, mais dans cet opus, il ne trouve selon ses propres termes «  pas grand-chose à jouer » sans doute parce que le couple chinois formé par MAKO et Tina CHEN lui parait infiniment plus intéressant que celui quelque peu artificiel, qu’il forme avec Géraldine CHAPLIN en épouse névrosée un peu tête à claques il faut bien le dire ; son personnage va néanmoins s’affirmer dans la dernière partie du film ,ou il interprète un Hoxworth vieillissant qui peu à peu s’humanise, et dont les rapports avec l’excellente Tina CHEN sont empreints de finesse et de complicité… 

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                                                    Mako                                                                                Tina Chen
    On peut même ajouter que toute la dernière partie, qui privilégie cette relation et propose également un incendie spectaculaire du bazar d’Honolulu, ressemble enfin à du très bon GRIES, même si assez peu charitablement, HESTON considérera que : «  Tom était un peu dépassé par l’ampleur du budget, et n’avait pas l’autorité nécessaire pour mener le bateau au port » 
    Petite pique qui relève peut-être de la frustration de s’être lui-même embarqué sur ce frêle esquif, en tous cas GRIES lui-même, dont il conservera l’amitié, n’hésitera pas à dire :
    «  J’ai été passablement ennuyé par la manière dont Chuck a abordé et le film ,et le rôle ; il était tout à la préparation de son Antony à l’époque, et franchement, il avait cela en tête beaucoup plus que THE HAWAIIANS »
    Il est bien connu que lorsque l’acteur principal et le metteur en scène d’un film tombent d’accord au moins sur une chose, c’est-à-dire que l’autre n’était pas à son meilleur niveau sur le tournage, le résultat final est rarement probant, et THE HAWAIIANS, qui aurait pu être un grand film dans d’autres conditions, n’est au bout du compte qu’un bon film d’aventures, bien réalisé certes, mais  plutôt bancal parce qu’un peu « éparpillé », sans véritable ligne directrice ; HESTON écrira à son sujet, peu après le tournage :
    « J’ai enfin fini ce film, dont je reconnais la valeur, même s’il s’est trouvé en sandwich entre deux projets  moins commerciaux qui me tenaient à cœur. Savoir s’il marchera est toute la question, mais j’ai appris à essayer de ne pas y répondre, du moins à ce stade ; je peux dire qu’il me parait maintenant plus réussi que je le pensais au départ, plusieurs des performances sont meilleures que je croyais, notamment les deux rôles chinois principaux. Tina et MAKO sont excellents, ainsi que Géraldine et Alec (Mac COWEN) ; je pense être ok, mais je n’en ai pas encore vu assez pour l’affirmer »
    On peut ressentir une forme de modestie dans ces propos, et aussi une façon de s’effacer un peu, comme si l’Artiste était conscient qu’il n’a pas livré loin s’en faut sa meilleure performance, et le fait qu’il ait ouvertement critiqué son travail ensuite est tout à son honneur ; quoi qu’il en soit, quand le film sortira en juillet 1970 ( et en France au printemps 71) sous le titre «  LE MAITRE DES ILES »  il ne sera pas le succès que son gros budget laissait espérer, ne faisant que 2 millions et demi de dollars au box-office américain ( selon le biographe Mark ELIOT) et ne rapportant que le quart de la somme qui lui aurait permis de rentrer dans ses frais, un nouveau «  flop » hélas, qui en suit deux autres, NUMBER ONE et JULIUS CAESAR .

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    Charlton Heston et Géraldine Chaplin

    Cela commence à faire beaucoup pour un homme qui, pas loin de la cinquantaine, constate que le nom HESTON n’est plus une garantie de succès automatique, et que ces échecs risquent de porter préjudice à ce projet ANTONY qui lui tient tant à cœur…
    « Il est important pour un acteur de ne pas être associé à trop de gros échecs ( big losers)  car si vous êtes la star d’un film qui fait un énorme bide, ça devient vraiment serré ( your collar gets tight) et les banquiers commencent à dire : «  ah oui, c’est le gars qui a joué dans ce film qui n’a pas fait un rond »
    Voilà donc dans quel état d’esprit se trouve l’Artiste en cette fin d’année 1969, conscient que, pour la première fois de sa carrière, il n’a été satisfait par aucun de ses films, ni commercialement, ni surtout artistiquement, et c’est à ce niveau qu’il mesure son échec ; auparavant, le résultat très mitigé de KHARTOUM ou de THE WAR LORD avait pu le blesser, mais une forme de compensation se trouvait dans sa certitude d’avoir contribué à deux beaux films , or là, ce n’est pas le cas ! 

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    (George Gordon dans KHARTOUM - Chrysagon de la Cruz dans LE SEIGNEUR DE LA GUERRE - Robert Neville dans OMEGA MAN)


    Homme intelligent et combatif, il va tout faire pour trouver la parade et rechercher la réussite dans ces deux domaines, et il obtiendra sa récompense l’année suivante avec THE OMEGA MAN, qui le comblera sur les deux plans, et surtout ANTONY, même si celui-ci  sera surtout un accomplissement artistique …
     Un nouvel épisode du parcours chaotique et passionnant d’un homme décidemment peu ordinaire !
    Pour mes chères amies Hestoniennes, qui je pense se reconnaitront…

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  • 35 - LUNDI 17 OCTOBRE 25ème jour REPETITION GENERALE

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    10 h 00 Appel téléphonique pour répétition
    12 h 15 Pause
    19 h 00 Répétition générale 
    23 h 00 Bar avec Wouks, J. Doolittle...hôtel 

    Je suis très fier d'eux tous... acteurs, personnel, équipe. Nous avons travaillé quelques heures ce matin à alléger les dialogues, puis nous avons eu une répétition générale avec un public, nous aurions pu ouvrir. Je n'ai pas donné de notes après coup, juste un appel pour demain à 17 heures. (chez moi, j'appelais la compagnie pour 11 heures, puis je leur donnais l'après-midi de congé ; mais ici, la plupart d'entre eux se rendent au théâtre en une heure ou plus en vélo, et ils ne veulent pas faire deux allers-retours). De toute façon, je n'ai pas autant de choses à dire qu'ils le pensent ; je dois juste les tenir au courant. C'est comme le Super Bowl ... ils doivent être en forme et en vouloir. Tous.

    Nous l'avons fait en 25 jours ouvrables, y compris ce soir. Deux jours et demi ont été consacrés à retravailler le texte chinois pour le rendre plus court, plus familier.  Ils étaient préparés, ils étaient capables et désireux de travailler. On ne peut pas demander plus. 

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    Bette Bao Lord et Chuck réfléchissent pendant la première répétition générale

     

    A SUIVRE⇒

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  • 34 - DIMANCHE 16 OCTOBRE repos

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    13h30 Avec Lydia au Temple du Ciel

    Nous avions la scène disponible pour la répétition sur le plateau aujourd'hui, mais j'ai annulé l'appel. La Compagnie est si proche d'être prête, je veux leur laisser des choses à faire quand nous aurons fini l'avant-première demain. Je ne leur ai même pas donné mes notes après la répétition hier soir. "Je les vois comme des lévriers sur la piste, tout en tension avant le départ de la course " C'est ce quils font, comme les troupes d'Henri V à Azincourt..."

    Lydia et moi sommes allés au Temple du Ciel cet après-midi. (Elle l'avait déjà vu avec Maggie.) C'est un endroit génial, où, au fil des siècles, les empereurs sont venus à chaque changement de saison pour accomplir des rituels sacrificiels dans l'espoir d'une bonne récolte. Je pense que c'est le plus beau bâtiment que j'ai vu jusqu'à présent en Chine. Il s'élève en halo concentrique de tuiles bleues, au sommet d'une colline. Aujourd'hui, c'est dimanche, donc, il était bloqué non seulement par le flot quotidien de touristes, mais aussi par les Chinois dont c'est l'héritage. 

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    Temple du Ciel (photo Wikipedia)

    Parmi les nombreux rituels de la période impériale chinoise, le sacrifice du solstice d'hiver, pratiqué chaque année dans la salle centrale de ce temple, était très important. L'empereur prenait sur lui les péchés de son peuple, le purifiant de ce fardeau pour l'année suivante dans l'espoir d'une meilleure récolte. 

    Il y a mille ans, c'était plus qu'une acceptation symbolique de la culpabilité rituellement assumée par le souverain ; il semble qu'il y ait eu des moments où il a été littéralement sacrifié. Mille ans auparavant, le Christ était mort sur la croix pour expier les péchés de l'homme. Deux mille ans auparavant, les sociétés matriarcales brutales de la Grèce de l'âge de bronze, massacraient chaque année leur roi de l'Année et déversaient son sang et sa chair dans les champs ensemencés. Ces sacrifices arrivaient dans un endroit aussi vieux que celui-ci. Le sang versé sur la place Tienanmen il y a quelques mois et, en fait, tout au long de l'histoire chinoise, des Mandchous aux Communistes, est peut-être plus compréhensible en ces termes.

    Malgré tout cela, la présence humaine omniprésente ici ce dimanche étaient les enfants, submergeant les fantômes et les ombres. Il devait y avoir un millier de familles chinoises dans les enceintes, chacune avec un enfant en poursuivant un autre, hurlant de rire, glissant le long des balustrades de marbre, devenues lisses au fil des siècles. Ils ne sont restés immobiles, que pour être pris en photos sur les marches impériales qui se profilent, leurs parents rayonnant de fierté lorsqu'ils les plaçaient. J'ai remarqué à quel point les enfants étaient exceptionnellement beaux, souvent mieux habillés que leurs parents. Je me suis enfin rendu compte que tous ces enfants de cinq ans, garçons et filles, portaient un maquillage complet, du rouge à lèvres et du fard à paupières. Incroyable ! ⌊Plus tard, j'ai découvert que, dans un pays où le gouvernement limite fortement le nombre d'enfants autorisés, imposant l'avortement pour les grossesses supplémentaires, l'enfant unique autorisé à vivre dans chaque famille est précieux au-delà de toute mesure. Peut-être que le maquillage est un geste de liberté, de la valeur de l'enfant individuel, contre le point commun sans visage de la Révolution culturelle.⌋

    De retour à l'hôtel, nous avons eu un agréable dîner avec les Wook et Jimmy Doolittle, échangeant des histoires faciles et plaisantes sur les pièces que nous avions jouées, à l'autre bout du monde, là où nous les avions créées. (Lydia et moi avions joué la première pièce de Herman, The Traitor, il y a une trentaine d'années). On parlait peu de Caine. Je pense que nous avions tous l’impression que les choses se déroulent à peu près comme il se doit, au bon moment. C’est maintenant qu'il faut le faire.

     

     

     

    A SUIVRE⇒

     

     

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  • 33 - SAMEDI 15 OCTOBRE 24ème jour de répétition

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    LAST TECH

    9:30 Mise en page de photographies pour People : ici et à la Cité Interdite

    11:00 Cité Interdite : visite inaugurale du Tour Acousti-guide

    13.30 Déjeuner avec Lydia

    17:30 Notes aux acteurs

    18:00 Vérification du maquillage, des uniformes et des accessoires

    19:30 Répétition technique complète

    22:00 Rideau final, Notes techniques avec les acteurs et le personnel

    J'ai laissé les acteurs se reposer ce matin ; Lydia et moi sommes allés avec Bette Lord et Ying Ruocheng inaugurer le Tour Acousti-guide  de la Cité interdite (pour laquelle Ying avait fait la narration en mandarin). C'est la société pour laquelle j'ai fait la narration de la cassette audio de Ramsès le Grand l'année dernière, ils font un bon travail. Leurs cassettes vous font découvrir une exposition mieux que ne le peuvent la plupart des guides touristiques. (Et pourquoi pas, avec des gens comme Peter Ustinov et le vieux "What's name" qui font la voix off ?). Pendant que nous étions là-bas, j'ai fait quelques photos supplémentaires pour Lydia, ainsi que pour le magazine People. Leur mise en page semble s'améliorer de jour en jour. (Je le croirai quand je le verrai imprimé.) Il s'est avéré être un sacré reportage... plusieurs pages élogieuses et une bonne couverture photo.⌋

    Avant d'aller au théâtre, j'ai passé un peu de temps avec Herman Wouk et sa femme, Sarah, qui venaient d'arriver pour l'ouverture. Je suis très heureux qu'ils aient voulu venir. Bien sûr, ils étaient là ce soir, tout comme Lydia (qui a bien photographié) et les autres personnes qui ont rendu cela possible.

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    En tant que commandant d'escadron faisant autorité, le capitaine Southard, Mi Tiezeng s'est fortement engagé. 

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    Yang Lixin, jouant le psychiatre suffisant, Bird. Bien que la psychiatrie ne soit pas populaire en Chine, le public de Lixin l'a parfaitement compris et a ri avec le même enthousiasme que notre public à Los Angeles et à Londres. 

    C'était en théorie une répétition technique, mais il devait y avoir 150 personnes dans la salle, pour la plupart des étudiants en théâtre, avec quelques autres aussi, y compris (j'ai été surpris de le constater), les critiques. J'ai commencé à m'en inquiéter, étant donné la fonction contradictoire des critiques en Occident, lorsque Bette Lord a expliqué que les critiques d'ici voyaient toujours au moins trois représentations avant d'écrire leurs articles. Ils espèrent également me rencontrer, ainsi que Wouk, avant de publier. Je suis stupéfait. Ici, je suppose que l'intellectualisme oriental est plus réfléchi, plus contemplatif. 

    Frank Rich et Dan Sullivan s'en réjouiraient bien sûr. Avant d'émettre leurs bulles papales...(n'est-ce pas un bon nom ?) ils ne ressentent pas le besoin de consulter les personnes qui ont fait le travail . De plus, ici,  les critiques ont des délais à respecter ! Ce serait utile cependant... bien mieux que le système "Critic, the killer rabbit" que nous avons chez nous. 

                 Frank Rich                                                                                                                         Dan Sullivan 

    En fait, l'étape finale aurait pu être la dernière répétition générale. Les performances étaient juste à la limite. Encore deux heures de travail et ils seront prêts. Certains des signaux sonores étaient bâclés. (la séquence corne de brume/ mouette est délicate et ils ne la maîtrisent pas encore, mais nous en sommes proches) Le glaçage du gâteau était un désastre ; il s'était figé avant que Greenwald n'essaie de l'écraser sur le visage de Keefer, mais c'est facile à refaire. 
     
    Herman Wook semblait sincèrement ravi. Il est monté sur scène et a ensuite parlé aux acteurs, touchant leur cœur. (Le mien aussi.) En fin de compte, c'est l'opinion qui compte le plus... ce qu'en pensent les personnes qui ont fait le travail.

    Après avoir renvoyé les acteurs et leur avoir donné congé pour demain, nous avons eu ce qui aurait pu être une confrontation très sérieuse. Bette Bao Lord s'est approchée de moi dans le petit groupe de techniciens venus pour régler les problèmes. "Chuck", dit-elle. "Il y a un problème." Elle me le dit souvent et le résout elle-même, avec l'énergie et le dévouement d'une tigresse. Cela semblait différent. "Est-ce que vous avez dit que c'était normal d'avoir des photographes au premier rang pour l'avant-première de demain ?"
    — "C'est exact. Je ne suis pas enchanté par l'idée, mais vous avez dit que nous avons eu beaucoup de demandes de reportages."

    —"Mais il y a aussi quatre photographes qui veulent prendre des photos lors de la soirée d'ouverture".

     Eh bien, nous avons ensuite eu une quinzaine de minutes sur ce sujet de plus en plus passionné du côté chinois (pas Bette Lord, elle a fait de son mieux pour servir de médiateur). J'ai vu qu'il fallait que je gagne, pour la pièce. On ne fait pas ça en s'énervant, ou en criant. La ténacité compte beaucoup. 

    J'ai demandé — "S'il vous plaît, dites-moi un cliché que vous pourriez obtenir le soir de la Première  et que vous ne pouvez pas obtenir la veille avec les vingt-sept autres photographes ?". . . Eh bien... les clichés des discours après la cérémonie.

    —"Très bien, vous pouvez photographier la cérémonie . Mais si l'un de vous sort un appareil photo pendant le spectacle de la soirée d'ouverture, je vous jetterai personnellement hors du théâtre. Je suis capable de le faire. Je le ferai."

    Il était clair à ce moment-là que la seule raison pour laquelle ces quatre gars voulaient photographier  la soirée d'ouverture était de démontrer qu'ils pouvaient faire des photos  quand personne d'autre ne le pouvait.  Pour une raison évidente, ils sont les photographes officiels du gouvernement. J'ai senti l'envie de tout remettre à plus tard et d'une manière ou d'une autre de le faire le lendemain, quand le "grand œil rond au nez cassé"(¹) l'aura oublié.  Le directeur du théâtre, un homme parfaitement bien, s'est éclairci la voix et a dit en toute équité : "Eh bien, nous allons en parler au conseil d'administration".

    —"Ne faites pas ça", ai-je dit. "Cette discussion est terminée. Le soir de la Première, la pièce appartient aux acteurs et au public. Il n'y aura pas de photographes pendant la représentation." Tout cela a été douloureusement dit malgré  la barrière de la langue, qui n'a jamais semblé aussi haute. En me retournant pour aller à la voiture, j'ai dit à Bette Lord, qui peut comprendre ces choses des deux côtés, "Assurez-vous qu'ils comprennent cela, Bette. Je vous en prie. J'ai été infiniment souple sur beaucoup de problèmes... la peinture du sol et de la scène, les interphones, les meilleures cassettes... des choses qu'ils ne peuvent pas se permettre. C'est très bien. Ce n'est que de la vanité. Je ne vais pas endommager la pièce et distraire les acteurs pour cela. J'ai juste fixé des limites. Pas plus loin. Croyez-moi."

    Ce n'était pas vraiment un gros problème, bien sûr. Si c'était notre seule différence majeure... et c'était le cas... cela signifie que toute la compréhension interculturelle et internationale a fonctionné. Après avoir discuté de tout ça avec Lydia, elle m'a dit, quand j'ai éteint la lumière, "Peut-être que Herman Wouk peut t'aider sur ce point."
    J'ai répondu : "Je n'ai pas besoin d'aide, chérie", tout va bien maintenant".

    (¹)pour mémoire, surnom donné à Chuck par les Chinois

    A SUIVRE ⇒

     

     

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  • 32 - VENDREDI 14 OCTOBRE - 23ème jour de répétition

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    2nd Tech  

    9h Regardé dans la Suite,  le 2ème débat Bush-Dukakis en direct sur CNN

    18h30 Au theâtre

    19h  Tech 

    22:20 Wrap

    Comme j'avais retardé la venue des acteurs,  nous avons eu le temps de nous asseoir dans la Suite et de regarder le dernier débat Bush-Dukakis en direct sur CNN. (Impossible il y a dix ans, maintenant la routine, même ici.) Ce n'était pas remarquable. (Ils le sont rarement ...Même les candidats dont la maîtrise télévisuelle est écrasante, comme RR, ont tendance à rester sur la défensive dans ces situations à haut risque.) Bush l'a fait ce matin (hier soir, à Los Angeles), comme il le devait, protégeant son avance.

    George H. W. Bush

    G.W. BUSH - M. DUKAKIS

    Les deux personnes que nous étions au petit déjeuner pensaient  cela. Il était plus à l'aise, avec un poids certain, et plus prêt pour revenir. Dukakis était encore léger (comme il a des raisons de l'être). Il ne peut rien faire à propos de ses sourcils, mais quelqu'un devrait lui parler de son rythme rapide, de son stress à la fin de chaque phrase, constamment accentué par des doubles coups de main. Certes, les deux hommes ont fait mieux, mais Bush plus, je pense. C'est un jugement professionnel de la performance ... ce que je fais dans la vie. Ne doutez jamais que le leadership politique, en particulier à ce niveau, exige des performances.

    J'ai fait mon choix politique il y a quelque temps, comme je suppose que la plupart des gens l'ont fait. Pour moi, mis à part les huit dernières années et les huit prochaines (plus les Soviétiques), cela s'est basé sur l'insistance de Dukakis pour que son élection soit une question de compétence et non d'idéologie. Que diable essayons-nous de faire ici... gérer le service municipal des eaux ?

    Le temps a changé aujourd'hui. Nous travaillons à l'intérieur, donc il faut garder l'oeil ouvert, mais si nous avions filmé sur place, vous n'auriez pas pu le manquer. En sortant de l'hôtel, jusqu'au coin où M. Li me prend pour éviter les touristes dans le hall, il y avait un vent violent de vingt nœuds avec des bourrasques qui arrachaient les feuilles des arbres. "Le vent du nord-ouest !" dit-il, "de Mongolie !..." en faisant des gestes précis, la façon dont vous expliquez les choses aux enfants. "Bientôt ce sera l'hiver !" dit-il, en mimant le froid. J'ai expliqué que j'avais été élevé près du Canada (Eeeaugh ! Le pôle Nord !"), et que de toute façon nous serions partis dans quelques semaines. Mais alors que nous nous rendions au théâtre, de nombreux cyclistes avaient un foulard rouge enroulé autour de la tête. "Pour éviter la poussière !" dit M. Li. Je ne suis pas sûr qu'il ferait cela. 

    La répétition s'est plutôt bien passée. "Vous pourriez ouvrir demain !" Oui... c'est ce qu'on dit. En fait, nous sommes en très bonne forme, c'est pourquoi je les fais travailler un peu moins. Jimmy Doolittle est en ville maintenant, j'apprécie un regard neuf et professionnel sur les choses. J'ai besoin de plus de la part de Queeg, un peu moins de Greenwald. Il faut que je mette de l'ordre dans l'organisation de la réception  et que je m'occupe de beaucoup de détails techniques, mais tout ira bien.  Je les ai renvoyés chez eux plus tôt.

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    James Doolittle, directeur du Doolittle Theatre à Hollywood, est un amoureux de tout ce qui est chinois. Chuck et Jimmy sont assis au Grand Wall Hotel, où ils discutent des plans pour la soirée d'ouverture. (Jimmy a joué un rôle crucial dans l'organisation de la présentation du spectacle The Caine Mutiny Court-Martial à Pékin) 

    A SUIVRE⇒