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  • L'INSULTE FAITE AU TALENT

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    Dans un trés long article publié récemment dans le TIMES LITERARY SUPPLEMENT,le journaliste GRAHAM DASELER nous propose sa critique du livre de Marc ELIOT sur CHARLTON HESTON...
     
     
     
    IL se montre tout à fait compétent et bien documenté dans son analyse de l'homme HESTON et
     de son histoire familiale qu'il définit comme le point central de son existence, à juste titre d'ailleurs, et particulièrement critique sur les approximations et erreurs accumulées par ELIOT, qu'il soupçonne d'être davantage romancier que biographe....Là où il devient plus difficile de le suivre, c'est quand toute sa documentation et sa sa science ne lui servent finalement qu'à rejoindre le troupeau de la bien-pensance artistique, qui a depuis longtemps choisi de prendre HESTON pour cible, pour des raisons souvent plus politiques que cinématographiques ! RIEN de nouveau sous le soleil : déja, dans les années 70, des gens comme BORY, LENNE, PREDAL, le comparaient à un sous-John WAYNE, ce qui revenait en restant poli à faire de HESTON un personnage monolithique et sans beaucoup d'aspérités...

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    A sa manière, DASELER tombe à son tour dans le panneau de l'image populaire renvoyée au public par HESTON depuis 50 ans, celle d'un HEROS aux capacités surhumaines, destiné par une force suprême à sauver un peuple entier ( MOISE) ou à mener un juste combat contre la tyrannie ( BEN-HUR, EL CID)... Or, si HESTON a su profiter de cette aura (ce que n'importe quel acteur dans sa situation aurait fait) il ne s'est ABSOLUMENT pas contenté de recueillir les dividendes d'une manne tombée du ciel, et c'est pourquoi il est incomplet, et pour tout dire intellectuellement malhonnête, d'écrire : " voir une performance d'HESTON, c'est plus ou moins les voir toutes"... C'est une façon de résumer sa carrière comme choquante et insultante, car HESTON a refusé de suivre la voie royale de la facilité, sans tomber, contrairement à ce que dit l'auteur, dans la facilité d'être aimé par le public, et donc d'en devenir esclave ; il a au contraire choisi d'aborder une grande variété de rôles, des personnages habités par la frustration et le manque d'amour ( WAR LORD, WILL PENNY) des êtres tourmentés par les démons du racisme et de la violence  (ARROWHEAD, MAJOR DUNDEE) créateurs en proie au doute ( THE AGONY AND THE ECSTASY) mystiques courageux mais dérangés ( KHARTUM) inadaptés sociaux ( NUMBER ONE) ou cyniques philosophes à l'humeur très sombre ( PLANET OF THE APES, OMEGA MAN).

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    PAS moins et pas plus que BRANDO ou NEWMAN (que DASELER prend à tort pour contre-exemple, car ils ont l'un comme l'autre choisi très souvent le rôle sexy du bad boy asocial)... HESTON ne s'est limité à un rôle ou une formule ! Dans ce sens, il est impossible de le comparer, sous peine de ridicule, à un WAYNE ou un COOPER, qui eux, ont vraiment choisi la sécurité de jouer plus ou moins le même rôle toute leur vie.  En quoi un acteur qui passe de Marc-Antoine à Robert NEVILLE puis Thomas MORE peut-il être accusé de " facilité" ?

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    IL reste, concernant l'article de ce Mr DASELER, à évoquer le point crucial, qui est pour moi, l'insulte faite au talent... LE JOURNALISTE soutient, sans vraiment approfondir du reste, que ce qui a manqué à HESTON, finalement, pour devenir le plus grand acteur de son époque, c'est tout simplement le TALENT...avec une certaine naïveté, il énumére ses diverses qualités ( la voix, la stature, la beauté, l'intelligence, la créativité) comme si, au passage, ces diverses qualités ne faisaient pas, osons le dire, partie des éléments nécessaires au " talent " en question ! Or, si on prend en compte la définition du mot "talent" on lit par exemple : "aptitude particulière à faire quelque chose" ou bien "capacité, habileté naturelle ou acquise à réussir dans une activité donnée".  Concernant HESTON, il est difficile d'évaluer quelle était la part de "talent" naturel vu le travail gigantesque qu'il fournissait pour l'essentiel de ses rôles, mais une chose est certaine, c'est qu'on ne peut pas faire à HESTON et à sa mémoire l'insulte de "l'absence de talent", j'avoue avoir pour ma part une admiration ancienne et je pense, documentée, sur un comédien que je crois être du calibre d'un OLIVIER ou d'un BURTON. Je me bornerai donc à dire ceci : UN homme qui, en 50 ans de carrière, a réussi à donner vie à autant de personnages variés et complexes, au théâtre comme au cinéma, de SHAKESPEARE à BOLT en passant par O'NEIL, à leur insuffler autant d'humanité, d'ambiguité et d'humour parfois, à provoquer autant d'émotion durable à des générations d'amoureux du cinéma, à éveiller le sens artistique, la passion de l'Histoire et du Beau chez autant de personnes dans un monde qui en est de plus en plus dépourvu, cet HOMME-là, avec ses qualités et ses défauts, ne peut, n'en déplaise à tous les journalistes en mal de copie, qu'être un ARTISTE de très grand TALENT.
     
    A Cécile ....
     
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