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  • NOTES SUR PEER GYNT ET UN NOEL PAS COMME LES AUTRES A SAINTE-HELENE - Billet N° 7

     

     

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    Juste une citation devenue proverbiale dans votre langue " où sont les neiges du passé " (1) extraite de Peer Gynt que dit dans la pièce le fils Peer à Aase sa mère, pour indiquer comme tout change et la vie ne peut pas être arrêtée.


    J'ai vu sur You Tube le bel extrait de la mort de Sol (Edward G. Robinson) et je suis vraiment touchée par la façon dont le garçon presque squelettique donne la vie et de la vitalité au personnage d'Ibsen et les larmes coulant des yeux du policier Thorn ( Charlton Heston ) condamné à vivre dans un monde si triste et damné comme celui de " Soylent Green ".  Je  suis d'accord avec toi : le Peer Gynt de Bradley est l'embryon de l'acteur grâce à sa grande expression de jeu et du regard et dont l'art est peut-être  entrain d'être découvert maintenant qu'il est mort plus que ne l'ont fait tous les critiques et cinéastes quand il était vivant.

    Donc ce que je vais écrire sur Peer Gynt aura beaucoup à faire avec mes études en cinéma et le théâtre.

    La version sur You Tube est une réédition  de 1965, deux ans avant le centenaire de la première représentation du texte d'Ibsen de 1867, restaurée et réintégrée dans les parties détériorées. Mais l'histoire de Peer Gynt d'Ibsen et de l'un des jeunes étudiants de l'Université Northwestern, Charlton Heston, ont besoin d'attendre quelques jours de plus.

    Maintenant, je suis heureuse que vous ayez vu le premier film de Chuck en gardant à l'esprit que c'est un film expérimental, avec un texte qui est à l'origine du symbolisme et ainsi rien de réaliste, également fait avec très peu de ressources et avec un casting de très jeune débutants.

    Une chose de plus. Avez-vous remarqué à quel point la scène où Peer finit par être prisonnier du roi des Trolls est reproduite dans le rituel du mariage païen des sujets paysans de " LE SEIGNEUR DE LA GUERRE " ? 

    Par contre, le Noël des Heston à Sainte-Hélène tient plus du comique que de l'académique et ici, le personnage principal c'est une couche d'enfant du malheureux Fraser,  tombée dans le tuyau d'écoulement de la salle de bain ce qui conduit à une baisse progressive de l'esprit de Noël dans la foule des amis et des parents réunis pour une fête dans la vieille maison (avec une salle de bain) dans la neige, alors que de plus en plus  l'isolement du manteau neigeux commence à peser sur l'incapacité de trouver un plombier pendant les vacances. Vous pouvez rêver de gagner un Oscar, mais pas, lorsque le besoin est de trouver un artisan qualifié du système d'évacuation des eaux usées. En le lisant dans le journal de Chuck il écrit : " nous sommes dans une véritable farce".

    Il a parcouru un long chemin l'étudiant squelettique aux yeux bleus magnétiques !

    MARIA RUSSO DIXON

    (1) La citation exacte est " Où sont les neiges d'antan ", écrite par François Villon dans son poème "La ballade des dames du temps jadis", déplorant qu'il y ait si peu de femmes écrivaines en son temps le XVème siècle.

  • CHARLTON HESTON : INTERVIEW AUDIO 1999 expliquée par Maria billet N° 6

    Malheureusement, comme vous le savez, je ne parle ni ne comprends l'anglais. Pourtant, je publie

    ici cette interview de Chuck que notre amie Carole nous a donné à découvrir ce matin, sur la

    page de notre groupe hestonien FB. Je l'en remercie.

    Pour toutes celles et tous ceux qui sont bilingues.

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    Je remercie Maria Russo qui a déposé dans les commentaires, l'explication de cette interview de Chuck.

    Je l'ai traduite en français pour nous autres francophones qui ne comprenons pas l'anglais.

     

     

     

    il y n'a pas beaucoup de nouveautés dans l'interview de 1999 mais la partie des célébrations pour les noces d'or du couple Lydia - Chuck est arrivée 5 ans avant,  en 1995 à Hollywood avec une grande participation de la communauté hollywoodienne.

    Pour donner une autre indication, nous dirons que le mariage a eu lieu à Greensboro, Caroline du Nord, peut-être dans la même église où se sont mariés les parents de mon mari qui était né là.

    Ils ont vu apparaître une mariée vêtue de pourpre. Et chaque anniversaire de mariage voit Lydia habillée dans une nuance claire ou sombre de cette couleur.


    Un autre point essentiel c'est l'importance du principe selon lequel Chuck relie le hasard au destin, dans un mot anglais "Serendipity" (1), ouvrant la voie à la vie de chaque être humain. Parfois, le bon (mais parfois  le pire - je dirais), comme dans le cas de la carrière cinématographique réussie de Chuck, peut-être en raison du choix qu'il a fait,  lorsqu'il a terminé son premier film, de faire un dernier tour de plateau dans une Packard convertible verte ce qui a attiré l'œil de Cecil B. de Mille et lui a valu son premier contrat avec de Mille pour " Sous le plus grand chapiteau du monde". En bref, la vie est une histoire de si ..., suivie par des résultats favorables du destin.

    Chuck parle avec fierté du rôle public qu'il  a eu, à partir de sa présidence du Syndicat des Acteurs, l'émotion en se rappelant les années de lutte pour les droits civiques des Afro-Américains, aux côtés de  quelques autres stars du cinéma américain et aux côtés de Martin Luther king.

    Il parle aussi du présent controversé de sa campagne pour le deuxième amendement et en faveur de la NRA, cependant, il a commis une erreur historique grossière quand il dit que les États-Unis sont le seul pays avec une Constitution, contrairement au Royaume-Uni libre de Charte constitutive . Tous les autres pays européens ont une Constitution, au moins depuis la Seconde Guerre mondiale.

    Mais certaines chutes de style ne sont pas rares chez les Américains. Il parle enfin du cinéma contemporain, déplorant les coûts excessifs, l'abondance de la violence et, enfin, des acteurs d'aujourd'hui qui à part quelques exceptions,  sont loin des scènes de théâtres  pour peut-être trois raisons:


    1) Arrogance. Ils sont considérés comme trop célèbres pour perdre du temps sur la scène.


    2) Avidité. Avec le cinéma beaucoup plus de gains (et moins de fatigue).


    3) La peur. L'acteur de théâtre est plus exposé aux critiques négatives et la réponse est immédiate.


    Peut-être, mais les films que Chuck aime le plus sont ceux qu'ils a tournés avec de grands acteurs et de grands réalisateurs. Et bien sûr de jouer les grandes pièces avec de grands personnages. Il les appelle ses "films shakespeariens"

     

    (1) "serendipity", (mot anglais) créé au 18ème siècle, est utilisé pour désigner une découverte inattendue, faites grâce au hasard, la découverte d'une chose de valeur ou agréable sans l'avoir cherchée.

  • CHARLTON HESTON : sa dernière interview expliquée par Maria - Billet N° 5

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    Cette fois, Maria nous explique et traduit l'essentiel de la dernière interview de Chuck et Lydia. 

    Maria a déposé ce texte dans les commentaires de l'article "SOUVENIR D'UNE INTERVIEW".

    Moments pathétiques dont je désirais connaître la teneur en français.

    Merci à toi Chère Maria. Tu apportes un éclairage nouveau pour ma compréhension. Je dois te dire que cela ajoute à ma tristesse de constater comment un être humain, quel qu'il soit, célèbre ou anonyme, grand ou petit, peut voir son destin basculer dans le "néant" à cause d'une horrible maladie.

    Maria s'exprimant en italien, j'ai donc fait la traduction moi-même, en espérant chère Maria, que j'ai été fidèle à ce que tu exprimes dans ta merveilleuse langue qu'est l'italien.

    Anche per me vedere quella ultima intervista è un'autentica sofferenza, non solo perché è come la estrema comunicazione di un condannato a morte, un morto che cammina e come può parla, ma anche perché ho purtroppo conosciuto da vicino l'Alzheimer, malattia di cui è morta mia madre. Torniamo all'intervista.
    Inizia con un commento un po' crudele di Jennings che accompagna Heston in una incerta passeggiata, forse fuori della sua casa o forse già nel giardino di una clinica. Jennings nota i segni della malattia già evidenti : il passo incerto, la ripetizione di cose già dette. "Si vedono già i primi segni della malattia"
    All'interno la camera si fissa sul volto di Charlton per il momento da solo e Jennings ricorda a tutti l'annuncio pubblico della malattia fatta dall'attore nel 2002. "Posso separare le acque del Mar Rosso, ma non posso separarmi da voi" . Il giornalista fa un breve riassunto della vita di Heston e sottolinea l'importanza di Lydia nella sua esistenza. La donna che lo ha in qualche modo fatto uomo, come Heston stesso ammette. Lydia entra nel salotto dove i due hanno scambiato le prime parole. E' evidentemente commossa e imbarazzata e Chuck si alza per abbracciarla ma sente una certa rigidità in lei quindi chiede di abbracciarlo meglio, con più calore. Lydia si stringe a lui e Chuck ammette di riconoscere in quell'abbraccio la ragazza che era. "That's my girl". Da qui la scena è dominata da Lydia. Con poca immaginazione Jennings le chiede quale è stata la sua reazione dopo la diagnosi medica. Lydia dice di essersi sentita annientata "I was appalled" Jennings torna a Charlton con una domanda piuttosto dura. "Sa che questa malattia più che sull'ammalato pesa sui familiari?" . Charlton assente. Jennings insiste" La cosa più difficile è non poter più condividere i ricordi" L'amico di anni prima , Ronald Reaan, afflitto dallo stesso male, è in uno stadio terminale e il giornalista chiede a Lydia se Nancy Reagan si è fatta sentire. Lydia dice che più volte si sono sentite e Nancy ha offerto la sua comprensione e partecipazione. Lydia dice di aver chiesto a Nancy se in quel momento Ronald Reagan era in grado di riconoscere sua moglie. La risposta è un secco e doloroso "No". In cui si sente tutto il dolore del mondo. La camera ritorna su Chuck , forse sperando di cogliere un barlume di partecipazione a quello che è discusso in quel momento. Ma purtroppo Heston appare perso nei suoi pensieri o come ha scritto un giornalista " nei demoni della sua mente". Jennings gli rivolge un'ultima cruciale domanda su come pensa di affrontare il futuro. Heston risponde che sino a che si troverà in uno stato mentale simile a quello di quel momento, cercherà di continuare la vita come sempre. " E dopo?" Chiede Jennings. Non c'è una risposta diretta ma
    Chuck conclude l'intervista con una frase coraggiosa e patetica al tempo stesso "What can't be cured must be endured. " Quello che non si può curare deve essere sopportato. Ma "endure" non è la sopportazione cristiana, è la fermezza e la resistenza dell'uomo di fronte alla sofferenza che la morte si porta con sè.
    Nell'offrirvi questa traduzione, purtroppo, non ho avuto bisogno di rivedere l'originale. L'ho stampato nella mente e la prima volta che l'ho visto ne sono stata sconvolta. "Appalled", come dice Lydia.
    C'è anche una domanda veramente stupida di Jennings, il quale chiede a Lydia come è venuta a sapere del coinvolgimento di suo marito nella direzione dell'NRA (National Rifle Association) . Rispetto alla situazione la risposta non può essere che altrettanto banale: " Ero in cucina con la radio accesa e ho sentito il suo nome. Ho capito, ma d'altra parte è tipico di mio marito imbarcarsi in una crociata ( sottinteso " giusta o sbagliata che sia")."

     

    Pour moi aussi, voir cette dernière interview est une souffrance authentique, non seulement parce qu'elle est comme l'extrême communication d'un condamné à la peine capitale, un mort qui marche et qui parle comme il peut, mais aussi parce que j'ai connu de près malheureusement l'Alzheimer, maladie dont ma mère est morte.

    Nous revenons à l'interview.


     
    Elle commence par un examen un peu cruel par Jennings accompagnant Heston dans une marche incertaine, peut-être hors de sa maison ou peut-être déjà dans le jardin d'une clinique.

    Jennings remarque les signes déjà évidents de la maladie :  le pas incertain, la répétition des choses dites. " On peut déjà voir les premiers signes de la maladie ". A l'intérieur, la caméra est fixée sur le visage de Charlton tout seul pour le moment et Jennings rappelle à tous, l'annonce publique de la maladie qu'a faite l'acteur en 2002 : " Je peux séparer les eaux de la Mer Rouge, mais je ne peux pas me séparer de vous ". Le journaliste fait un bref résumé de la vie d'Heston et il souligne l'importance de Lydia dans son existence, la femme qui l'a fait d'une façon ou d'une autre, comme Heston l'admet lui-même. Lydia entre dans le salon où tous les deux échangent les premiers mots. Elle est évidemment embarrassée et Chuck se lève pour l'enlacer mais il ressent une certaine rigidité en elle donc,  il lui demande de l'enlacer mieux, avec plus de chaleur. Lydia se serre contre lui et Chuck admet  reconnaître dans cette étreinte,  la jeune fille qu'elle avait été : "That's my girl ".

    A partir de là, la scène est dominée par Lydia. Avec peu d'imagination,  Jennings lui demande quelle était sa réaction après le diagnostic médical. Lydia dit qu'elle s'est sentie écrasée " J'étais  consternée ",  Jennings revient à Charlton avec une question assez difficile :  " Sait-il  que cette maladie pèse plus sur la famille que sur le malade lui-même ? ", Charlton acquiesce. Jennings insiste : " La chose la plus difficile est de ne pas pouvoir partager les souvenirs ".  L'ami de tant d'années, Ronald Reagan, affligé par la même maladie, est à un stade terminal et le journaliste demande à Lydia si elle a été contactée par Nancy Reagan.

    Lydia dit qu'elles se sont vues plusieurs fois et Nancy a offert sa compréhension et son aide. Lydia dit avoir demandé à Nancy si Ronald Reagan était apte à reconnaître sa femme à ce moment-là. La réponse est sèche et douloureuse "Non !" dans laquelle se sent toute le douleur du monde. La caméra revient sur Chuck, peut-être en espérant recueillir une lueur de participation à ce qui est discuté à ce moment-là, Mais Heston apparaît perdu malheureusement dans ses pensées ou comme l'a écrit un journaliste, " dans les démons de son esprit. " Jennings lui pose une dernière question cruciale sur comment il pense affronter l'avenir. Heston répond que même s'il se trouve dans un état mental semblable à celui de ce moment, il tâchera de continuer la vie comme toujours. " Et après?" lui demande  Jennings. Il y n'a pas une réponse directe mais Chuck conclut l'entrevue avec une phrase courageuse et pathétique à la fois : "What can't be cured must be endured " : " Ce qui ne peut être guéri doit être enduré ", mais "endurer" n'est pas la patience chrétienne, c'est la fermeté et la résistance humaine face à la  la souffrance qui apporte la mort.


      En offrant cette traduction, malheureusement, je n'avais pas besoin de revoir l'original.
    Je l'ai imprimé dans l'esprit, et la première fois que je l'ai vu, j'ai été choquée, "Consternée" comme le dit Lydia.


      Il y a aussi une question vraiment stupide de Jennings, qui a demandé à Lydia comment  elle avait  appris l'implication de son mari dans la direction de la NRA (National Rifle Association). Par rapport à la situation, la réponse ne peut pas être autrement que banale : «J'étais dans la cuisine avec la radio et j'ai entendu son nom, j'ai compris, mais d'autre part c'est typique de mon mari,  se lancer dans une croisade (implicitement : " qu'elle soit bonne ou mauvaise ").

    Maria Russo Dixon

  • SOUVENIR D'UNE INTERVIEW DE CHARLTON HESTON

    Publié le 23 janvier 2015

    Mise à Jour le 8 décembre 2016

     

    SOUVENIR D'UNE INTERVIEW DE CHARLTON HESTON...

    (Par Barbara Cloud)

     

    J'ai voulu traduire ce souvenir de Barbara Cloud, car je le trouve vraiment beau et émouvant.

     

    http://old.post-gazette.com/columnists/20030216cloud0216fnp1.asp

     

     

    ...LE SUJET ETAIT NOS NEZ

     

    Dimanche 16 février 2003

     

    Je regardais l'interview "20/20" de Peter Jennings avec Charlton Heston, et cela a remué des souvenirs de ma rencontre avec l'acteur il y a de nombreuses années.

     

    Même si Heston n'avait malheureusement pas souffert de la maladie d'Alzheimer, il ne s'en serait pas souvenu, mais je ne l'oublierai jamais.

     

    Si vous avez vu l'interview le 20 décembre 2002, vous connaissez les ravages de la maladie d'Alzheimer, ce n'est guère le truc que nous voulons observer chez n'importe qui, encore moins chez un homme connu pour sa forte présence à l'écran.

     

    Là, sur le petit écran, dans mon salonse trouvait l'acteur qui était toujours le beau héros de ses films.


    S'il vous plaît, pas de dérives sur NRA. Ce n'est pas le sujet.

     

    Ce que nous avons vu, dans ce qu'a dit Jennings pouvait être la dernière interview d'Heston parce que la maladie semble progresser, c'est la façon dont la maladie d'Alzheimer nous amène à un autre endroit. Et c'est un endroit très solitaire. Personne ne peut y aller avec vous.

     

    Ma réflexion était sur nos réunions antérieures quand Heston n'était pas perdu, pas inhibé, pas chancelant et certainement pas contestant.

     

    Il était tout ce que j'avais imaginé de ce que j'avais vu dans les films -- cette forte mâchoire, cette foulée, la posture sans pareil.

     

    J'ai eu le privilège de l'interviewer à deux reprises, ici à Pittsburgh.

     

    Après la première interview, où un photographe de la Presse de Pittsburgh a pris une photo de Heston et moi, je suis allée dans la maison d'une femme qui faisait pousser des orchidées (les journées des journalistes sont ainsi souvent variées).

     

    Alors que je m'asseyais avec elle, elle m'a regardée et m'a dit - et cela semble remarquable - "Vous savez, vous pourriez être la sœur de Charlton Heston."

     

    J'ai eu le souffle coupé, parce qu'elle n'avait aucune idée que je venais juste d'être avec lui. Je n'avais pas vu la ressemblance, mais j'étais impatiente de voir la photo que notre photographe avait prise.

     

    La photo, un profil, m'a fait haleter encore. "Oh mon Dieu, nous nous ressemblons." Et bien, en quelque sorte.


    Ce sont les pommettes et le nez. Et peut-être notre couleur de cheveux et le teint. Surtout, c'est le nez. Il convient mieux à la structure osseuse plus forte d'un homme, mais le mien est le nez dont j'ai été dotée, et semblable à celui de mon père, donc je le porte avec fierté.

     

    Il n'est pas mignon. Il est, donc, proéminent et, oui, comme celui d'Heston.

     

    En 1962, je l'ai rencontré à nouveau quand il est venu à Pittsburgh pour promouvoir "El Cid", un film dans lequel sa partenaire était Sophia Loren. Je n'ai jamais oublié notre interview.

     

    Il avait déjà joué Moïse dans "Les Dix Commandements" en 1956, un rôle auquel il serait identifié pour toujours, et j'éprouvais toujours une sorte de respect pour lui, aussi idiot que cela puisse paraître, alors que j'approchais de sa suite à l'Hôtel William Penn.

     

    Il est devenu plus réel pour moi ce jour-là parce qu'il était si facile de lui parler et il se souvenait de notre première rencontre. Quand j'ai mentionné le fait qu'il m'avait été dit que nous pouvions passer pour frère et sœur, il m'emmena vers le miroir et nous nous sommes tournés de profil.


    Il a ri et a dit, "Je pense que c'est le nez."

     

    Une série de photographies ce jour-là ont également capté un côté humain de l'acteur. Même s'il était habillé de façon appropriée (chemise, cravate, etc.) pour l'occasion d'une interview à la presse (à la différence des acteurs d'aujourd'hui qui portent des T-shirts et des jeans), il ne portait pas de chaussures.

     

    J'ai essayé de ne pas m'en apercevoir, mais au cours de notre discussion, il a joué avec ses orteils !


    J'ai pensé que nous devions en effet avoir des gènes similaires. Déchaussée est ma façon préférée de marcher.


    Et quand j'ai demandé ce que c'était de travailler avec Sophia Loren, il sourit et dit respectueusement, "Eh bien, je vais vous dire une chose. Elle est une double portion de femme."

     

    Je n'ai jamais oublié cette citation. Ce n'était pas un instant Moïse.


    Heston était déjà marié à Lydia. Ils se sont mariés très jeunes, quand ils commençaient tout juste des carrières en tant qu'acteurs.


    Et là, après toutes ces années, était sa belle Lydia assise à côté de lui pour cette interview avec Jennings. Elle avait envie de pleurer. Moi aussi.


    Ce n'était pas facile à regarder. Cela m'a rappelé le temps qui passe et nos avenirs incertains.

     

    Quand j'étais récemment à Phoenix, faisant des achats dans les Galeries d'Art de Neiman Marcus au Biltmore Fashion Park, j'ai entendu une voix familière derrière moi demandant de l'aide à la vendeuse qui me parlait.

     

    Elle s'excusa, ce qui ne me dérangeait pas parce que je regardais seulement.

     

    Puis quelqu'un m'a tapé sur l'épaule et j'ai entendu une voix bien modulée s'excusant d'emmener la vendeuse. Il espérait que cela m'était égal.

     

    Je me suis retournée pour dire qu'il n'y avait pas de souci et plongeais fixement dans les yeux de Peter Jennings. Je pensais que c'était très chic de sa part de prendre le temps de me dire ça.

     

    Donc, je me suis aussi rappelée cette rencontre quand j'ai suivi son interview avec Heston une semaine ou deux plus tard.

     

    Les yeux de l'acteur nous en ont plus dit que des mots de ce que la maladie d'Alzheimer peut vous enlever dans sa manière insidieuse.

     

    Les yeux de Jennings ont également envoyé un message d'empathie à son sujet. Cela n'a pas dû être facile.

     

    Je ne suis pas sûre que j'aurais voulu voir l'acteur tel qu'il est aujourd'hui, frêle et marchant d'un pas court glissant, certainement loin de l'homme robuste que nous connaissions dans les films, l'homme qui se sentait à l'aise de ne pas porter ses chaussures lors d'une interview, l'homme qui cligna de l'œil pour décrire les lignes généreuses de Loren.

     

    Mon lien, bien que distant, est très personnel.
    Chaque fois que je regarde dans le miroir, je me souviens de ce jour où Charlton Heston m'a dit "Je pense que c'est le nez."

     

    SOUVENIR D'UNE INTERVIEW DE CHARLTON HESTON...

     

     

    Vous pouvez voir la video de la dernière interview de Charlton et Lydia par Peter Jennings le 20 décembre 2002, dans l'article suivant "

     

    http://charltonheston.blogspirit.com/archive/2016/12/10/charlton-heston-sa-derniere-interview-expliquee-par-maria-3084452.html

     

     

    Je n'ai jamais voulu publier cette video qui m'est difficile de regarder, mais pour

    la compréhension de l'article de Barbara Cloud, il m'a paru essentiel de la télécharger

    malgré tout.

    Une telle tristesse m'envahit que je ne peux pas supporter de voir notre grand Charlton

    Heston, diminué, ravagé par cette horrible maladie.

    Et le désarroi de Lydia est palpable.

    COMBIEN J'AIMERAIS POUVOIR AVOIR LA TRADUCTION DE CETTE

    INTERVIEW .

     


     

     

     

     

  • 12 AOÛT 2002 : Charlton Heston annonce qu'il peut avoir la maladie d'Alzheimer dans une déclaration enregistrée

    PUBLIE LE 6 SEPTEMBRE 2016

    MISE A JOUR LE 9 DECEMBRE 2016

     

    Le 12 août 2002, Charlton Heston annonçait sa maladie d'Azheilmer et faisait ses adieux  à la vie publique.

     

    Voici le texte qu'il a rédigé pour faire son annonce. Je dois dire que tout cela est très émouvant. Force est de constater, que Chuck aura été tout au long de sa vie, un honnête homme, intègre ; son billet d'adieu est bouleversant,  Chuck ne pleure pas sur lui-même et se montre bienveillant envers ceux qui l'ont suivi tout au long de sa carrière. Quelle force de caractère qui ne peut que susciter encore plus notre admiration pour le grand homme qu'il fut et qu'il restera. 

     

    Vous pouvez trouver ce texte, sur le site de GETTY IMAGES rubrique Charlton HESTON.

     

    http://www.gettyimages.fr/photos/charlton-heston?excludenudity=false&family=editorial&mediatype=photography&page=6&phrase=charlton%20heston&sort=mostpopular

     

    NB : comme d'habitude, j'ai fait la traduction le plus honnêtement possible pour être au plus près de ce qu'exprime Chuck.

     

    Charlton Heston annonce qu'il peut avoir la maladie d'Alzheimer dans une déclaration enregistrée

     

    Charlton Heston annonce qu'il peut avoir la maladie d'Alzheimer dans une déclaration enregistrée

     

     Los Angeles le 12 août 2002

     

    Mes chers Amis, collègues et fans,

     

    Mes médecins m'ont dit récemment  que je pouvais avoir un trouble neurologique dont les symptômes sont compatibles avec la maladie d'Alzheimer. Alors ... Je voulais préparer quelques mots pour vous maintenant, parce que le moment venu, je ne pourrai pas être en mesure de le faire.


    J'ai vécu toute ma vie sur la scène et l'écran devant vous. J'y ai trouvé un but et la signification dans votre réponse. Pour un acteur il n'y a pas une plus grande perte que la perte de son auditoire. Je peux séparer la mer Rouge, mais je ne peux pas me séparer de vous, c'est la raison pour laquelle je ne vais pas vous exclure  à ce stade de ma vie.

     

    Pour l'instant, je ne change rien. Je vais insister sur le travail quand je pourrai ; les médecins insistent sur le repos quand il le faut. Si vous voyez un peu moins de ressort dans ma démarche, si votre nom ne parvient pas à venir sur mes lèvres, vous saurez pourquoi. Et si je vous dis une histoire drôle pour la deuxième fois, s'il vous plaît riez de toute façon.

     

    Je ne renoncerai pas  ni ne céderai. Je crois que je suis encore le combattant que le Dr King, JFK et Ronald Reagan connaissaient, mais je dois mener seul ce dernier combat. Je dois concilier le courage et le renoncement  dans une égale mesure. S'il vous plaît, n'éprouvez aucune compassion pour moi. Je ne le veux pas . Je serai peut-être un peu moins accessible pour vous, malgré mes souhaits.

     

    Je veux aussi que vous sachiez que je suis reconnaissant au-delà de toute mesure. Ma vie a été bénie avec bonne fortune, je suis reconnaissant d'être né en Amérique, ce berceau de la liberté et, qui a donné la possibilité pour un enfant de Northwoods Michigan de travailler dur et faire quelque chose de sa vie. Je suis reconnaissant pour le don des plus grands mots jamais écrits, l'étendue infinie de l'expérience humaine que je voulais partager avec vous . En tant qu'acteur, je suis reconnaissant d'avoir vécu pas une vie, mais beaucoup d'autres vies.

     

    Par-dessus tout, je suis fier de ma famille ... ma femme Lydia, la reine de mon cœur, mes enfants, Fraser et Holly, et mes petits-enfants bien-aimés, Jack, Ridley et Charlie. Ils sont mes plus grands fans, mes plus durs critiques et ma plus grande fierté. Grâce à eux, je peux toucher l'immortalité.

     

    Enfin, je suis confiant quant à l'avenir de l'Amérique, je crois en Vous. Je sais que l'avenir de notre pays et de nos enfants est en de bonnes mains, je sais que vous allez continuer à répondre à l'adversité avec la force et la résilience, comme nos ancêtres, nos  Vieilles Gloires, l'ont fait de façon éclatante.

     

    William Shakespeare, à la fin de sa carrière, a écrit ses adieux à travers les paroles de Prospero, dans La Tempête (1). Ils se terminent comme ceci:

     

    " Soyez tranquille. Maintenant voilà nos divertissements
    finis ; nos acteurs, comme je vous l’ai dit d’avance, étaient tous des
    esprits ; ils se sont fondus en air, en air subtil ; et, pareils à l’édifice
    sans base de cette vision, se dissoudront aussi les tours qui se perdent
    dans les nues, les palais somptueux, les temples solennels, notre
    vaste globe, oui, notre globe lui-même, et tout ce qu’il reçoit de la
    succession des temps ; et comme s’est évanoui cet appareil
    mensonger, ils se dissoudront, sans même laisser derrière eux la trace
    que laisse le nuage emporté par le vent. Nous sommes faits de la
    vaine substance dont se forment les songes, et notre chétive vie est
    environnée d’un sommeil. "

     

    Je vous remercie, et que Dieu vous bénisse tous.

    Cordialement.

     

    Charlton Heston

     

     

     

     

     

    NDT :(1) :(Acte 4 - Scène 1  : Prospero s'adressant à Ariel). Je n'ai pas traduit la citation de Chuck, j'ai pris la version française de cette pièce de Shakespeare.