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39 - JEUDI 20 OCTOBRE - 2e jour de la visite USIA

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J'ai passé la matinée à l'Académie du cinéma de Pékin, où la Chine forme ses cinéastes. La pression des candidatures  y est encore plus forte que chez nous. Il y a quelque dix mille candidats pour un effectif d'étudiants de six cents personnes. (Il y a trois cents professeurs... c'est un sacré bon rapport étudiants/professeurs).

J'étais un peu perplexe quant à la façon de transmettre le cours d'interprétation qu'on m'a demandé de faire.  Peu importe la barrière de la langue ; presque personne en Chine ne m'a jamais vu ou entendu parler de moi ; pourquoi prêteraient-ils attention à un Occidental ? J'ai parlé un peu avec eux, puis j'ai décidé que la meilleure chose à faire serait une improvisation, comme nous avions l'habitude de le faire dans les cours de théâtre. L'improvisation, c'est un peu comme la masturbation : C'est amusant, mais ça ne sert pas à grand-chose. Néanmoins, elle vous initie au processus. 

Pour que cela fonctionne, vous devez donner aux acteurs des rôles opposés dans la scène. J'ai expliqué au garçon que j'avais choisi, qu'il était un directeur de cinéma qui devait dire à une grande star qu'elle ne pourrait pas avoir le rôle qu'elle attendait dans son prochain film. J'ai dit à la fille, séparément, bien sûr, qu'en tant que star vieillissante, elle devait avoir le rôle, et qu'elle savait qu'elle pouvait lui imposer parce qu'ils avaient été amants.

Bizarrement, ça n'a pas marché. Ni le garçon ni la fille n'ont voulu mener la scène à une véritable confrontation. Je ne suis pas sinologue ; je n'ai aucune idée si cela a quelque chose à voir avec la Chine ou les Chinois. Peut-être qu'ils avaient simplement peur.

Après le déjeuner à l'hôtel avec Lydia, je suis allé au théâtre pour une rencontre  avec les critiques. C'était une nouvelle expérience... un contre vingt avec l'ennemi, face à face. (Il faut savoir que les acteurs considèrent les critiques comme des antagonistes, déterminés à les priver d'emploi du jour au lendemain, n'ayant ni la capacité ni le temps de parvenir à un jugement rationnel. Une fois j'ai joué une pièce avec Laurence Olivier sur laquelle les critiques nous ont tués avant la fin de la première représentation. En lui exprimant ma sympathie autour d'un brandy, j'ai dit : "Je suppose qu'on apprend à ignorer les mauvaises critiques." Il m'a saisi le coude férocement et m'a dit : "Mon Cher... il est beaucoup plus difficile, et beaucoup plus important, d'apprendre à ignorer les bonnes").

C'est ce sur quoi nous devons nous concentrer maintenant, de toute façon...il faut ignorer les bonnes critiques. Les critiques avaient tous vu la pièce au moins deux fois, et ils pensaient tous que nous étions les meilleurs. Bon sang, je vais signer ça. Comme tout le monde, j'ai eu de bonnes et mauvaises critiques. Peu importe qu'ils sachent de quoi ils parlent, bien faire c'est déjà mieux que rien.

D’après mon expérience, c’était unique de s’asseoir autour d’une table pendant deux heures pour parler d’une pièce et de ce que vous en avez fait, aux gens qui ont écrit à ce sujet. Je ne pense pas que nous verrons jamais ce genre de chose chez nous. Je crois que les critiques américains préfèrent s'exprimer depuis le mont Olympe de leur pensée "...

 

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