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  • 23 - JEUDI 6 OCTOBRE - 16ème jour de répétition

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    17h : Ambassade des Etats-Unis, réunion avec le staff : séance de dédicaces, etc. Interviews télévisées, dîner

    Mes inquiétudes concernant la performance et le timing ont été apaisées par la répétition des deux actes aujourd'hui, qui n'ont duré que sept ou huit minutes de plus que lorsque nous les avons joués en Angleterre. Je pense que je peux l'accepter, étant donné la complexité tonale de la langue chinoise. Challee et Maryk étaient tous deux meilleurs aujourd'hui, en particulier Challee. J'ai encore beaucoup de chemin à parcourir avec Queeg et Greenwald, mais les deux rôles sont  difficiles et les deux acteurs ont beaucoup plus de talents. 

    Nous avons eu une curieuse petite crise aujourd'hui. Je l'ai résolue assez facilement, mais j'ai appris un peu sur les Chinois et beaucoup sur la bureaucratie communiste au cours du processus. Une centaine d'acteurs sont employés en permanence dans cette Compagnie, avec un salaire annuel dérisoire, et certains d'entre eux sont également logés dans l'enceinte. Lorsqu'ils jouent dans une pièce, ils reçoivent une rémunération supplémentaire, dont le montant dépend uniquement de l'ancienneté de l'acteur dans la Compagnie. Lorsque Caine Mutiny débutera, certains des acteurs les plus âgés de la troupe, qui ne parlent jamais, seront mieux payés que les acteurs jouant les rôles principaux. 

     

    La semaine dernière, j'ai appris qu'une allocation supplémentaire est versée aux acteurs qui répètent... un montant fixe de cinquante cents par jour. Cela m'a semblé être une somme révoltante et dérisoire à laquelle je me suis senti obligé de remédier. J'ai appelé Bette Bao Lord à l'ambassade et lui ai fait comprendre à quel point je me sentais concerné. Je peux travailler gratuitement : Je peux me le permettre, et ils ne peuvent pas me payer. Mais répéter huit heures par jour pour cinquante cents ? J'ai dit à Bette que j'aimerais contribuer à hauteur de quelques centaines de dollars pour compléter l'indemnité de répétition de notre Compagnie. Elle a dit qu'elle aimerait se joindre à moi, mais a souligné que les acteurs seraient obligés de reverser l'argent dans un pot commun, pour le partager avec tous les autres membres du People's Art Theatre.  

    "Je ne ferai pas ça, Bette", ai-je dit. "Je n'y crois pas. Je veux mettre l'argent dans la poche des gens qui font le travail : les acteurs, les assistants, les interprètes qui nous aident à monter Caine". Bette a accepté et s'est engagée à aller voir Ying Ruocheng au Ministère de la culture.  Il a également accepté, ce qui a eu un peu plus de poids, et nous avons donné l'argent, partagé uniquement entre la Compagnie du Caine. L'affaire est conclue. 

    Pas tout à fait. Ce matin, comme toujours, j'étais dans la salle de répétition bien avant neuf heures. Compte tenu de la barrière de la langue, je ne peux pas faire partie des habituels bavardages matinaux des acteurs. Nous nous saluons en mandarin (je peux le faire, mais je ne veux pas faire travailler Mme Xie avant moi). J'ai lu le Herald Tribune pendant dix minutes, puis j'ai discuté des scènes que je voulais travailler avec Ren Ming, mon assistant. À dix heures, j'ai attiré l'attention des acteurs et j'ai annoncé le programme de travail de la journée, puis je me suis assis pour finir mon thé avant la fin du temps imparti. J'ai soudain remarqué un étrange petit homme en costume croisé et un tam(¹) bleu debout au centre de la pièce qui s'adressait à la Compagnie... en Mandarin, bien sûr. Je me suis penché vers Mme Xie et je lui ai demandé ce qu'il disait. 

    Elle m'a écouté un moment. "Plus ou moins ce que vous venez de dire aux acteurs", a-t-elle répondu.

    J'ai eu le pitch. Je me suis dirigé vers le centre de la salle et j'ai dit : "Je ne sais pas quelle est la coutume en Chine, mais en Amérique, personne ne donne d'instructions aux acteurs, sauf le réalisateur. Quand cet homme aura quitté notre répétition, nous commencerons. Je ne veux pas le revoir dans ce théâtre".

    Il s'avère qu'il avait été cadre ici pendant le chaos de la Révolution culturelle, lorsque l'actuel et l'ancien directeur du théâtre avaient été bannis pour aller pelleter du charbon. Le petit homme au tam s'était accroché à un petit poste de bureau, et avait pensé à rejoindre la Compagnie et ainsi gagner la prime de répétition, lui aussi. 

    Je ne me fais pas d'illusions, bien sûr. Il ne remettra pas les pieds dans l'enceinte pendant que nous travaillons ici, mais une fois que le gros oeil rond et laid sera parti, il reviendra, pour effectuer ce qu'il a à faire. Le plein emploi... parmi les joies de l'État socialiste.

    (¹)TAM : intraduisible ... peut-être une sorte de tambour ?????

    L’image contient peut-être : 1 personne, assis et intérieur

    A SUIVRE...

     

     

     

     

  • Charlton HESTON et le Western (3ème partie)

    En dépit des efforts consentis par toute l’équipe de «  THE BIG COUNTRY »pour en faire un western de qualité supérieure, la déception sera hélas au rendez-vous pour le film, tant sur le plan commercial que critique, puisque l’ensemble de cette « élite » va fustiger la longueur de l’ouvrage et son parti pris pacifiste et «  pseudo-philosophique » ; habitué au succès, WYLER va pourtant rebondir très vite sur le projet «  BEN-HUR » déjà bien avancé, dans un esprit encore plus réfléchi et humaniste que le précédent ouvrage, ce qui confirme à quel point ce type de metteur en scène n’accorde aucune importance à ce qu’on peut bien penser de son œuvre !

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    Il est notoirement connu des admirateurs de l’acteur HESTON que c’est sans nul doute sa prestation dans «  THE BIG COUNTRY » qui va amener WYLER à lui proposer, après bien des hésitations, le rôle de Judah, lequel va donc passer sous le nez de pratiquement toutes les stars du moment, de Rock HUDSON à BRANDO sans oublier LANCASTER et surtout DOUGLAS, qui aura beaucoup de mal à se remettre d’avoir été jugé «  trop vieux » pour le rôle !

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    « BEN-HUR » va donc être le triomphe que l’on sait, et c’est à partir de sa nouvelle position de star incontestée que HESTON va pouvoir se lancer dans des projets ambitieux et souvent coûteux, lesquels vont contribuer à lui donner une image de «  star de films historiques » et l’éloigner par conséquent des genres plus classiques ou il a moins la sensation d’apprendre de nouvelles choses, et le Western en fait partie ; il se peut qu’à l’époque, sans pour autant avoir la grosse tête, le comédien ait systématiquement refusé beaucoup de rôles qui selon lui manquaient d’ampleur ; citons parmi ceux-ci «  ADVISE AND CONSENT » de PREMINGER et «  THE SINGER NOT THE SONG » de Roy BAKER, deux films ou il aurait eu à jouer des personnages à tendance homosexuelle,( ce qui ne l’attirait pas du tout) et surtout «  THE ALAMO » énorme pièce montée de John WAYNE, qu’il décide de ne pas faire, a priori parce qu’il n’a aucune envie d’être dirigé par un autre acteur, mais surtout parce que les opinions très tranchées à droite du roi du Western ne lui conviennent pas du tout, en tous cas à ce moment de sa carrière !


    Il en résulte que de 59 à 64, le Chuck va tourner le dos au Western, et n’y revenir, comme par hasard, que pour un projet épique et ambitieux, « MAJOR DUNDEE » lequel épouse le cadre du genre, mais en dépasse aussi les limites de par son budget, les éléments historiques de son scénario et les ambitions de son metteur en scène dont HESTON a admiré le premier film…


    « MAJOR DUNDEE » s’engage au départ plutôt sur les bons rails, car le fameux Herman CITRON a conclu avec la Columbia un deal avantageux pour son poulain, avec un salaire faramineux de 750 mille dollars, et la perspective de tourner le film rapidement, ce qui convient parfaitement à HESTON qui a déjà son «  WAR LORD » en tête ; malheureusement comme souvent, les projets qui paraissent les mieux conçus ne sont pas à l’abri des embûches les plus variées, et ce DUNDEE va les accumuler !


    Pour commencer, HESTON retrouve à la production un type en qui il n’a qu’une confiance relative, Jerry BRESLER, impitoyable remonteur de films quand le « metteur » a le dos tourné, et qui a failli transformer le plaidoyer anti-raciste de «DIAMOND HEAD» en semi roman-photo hawaiien…


    Il est donc raisonnablement sur ses gardes, et la suite des évènements va lui donner raison, même si BRESLER va engager pour ce qui n’est pour Columbia qu’un western spectaculaire de plus, la personne la moins susceptible de rentrer dans le rang : il s’agit bien sûr de Sam PECKINPAH, auteur de ce « GUNS IN THE AFTERNOON » ( COUPS DE FEU DANS LA SIERRA) totalement novateur qui vient de proposer une vision moderne du genre, et a justement séduit HESTON par ses idées et sa méditation sur la « mort de l’Ouest » ; PECKINPAH, qui a fait ses premières armes à la télévision, est un personnage atypique et déroutant, non-violent passionné de musique classique et de littérature, et en même temps casse-cou, rétif à toute autorité, très porté sur les alcools divers et les filles de joie mexicaines, bref un homme libre très difficile à mettre en cage, ce que BRESLER n’arrivera pas à faire, mais l’antagonisme entre la production et les créateurs du film sera tel qu’il finira par mettre à mal l’œuvre et son résultat artistique…

    Reste qu’au début du tournage, on n’en est pas encore à ce type d’affrontement, PECKINPAH et HESTON décidant de partager le même bureau pour revoir le  scénario  de         Harry Julian FINK, «  revoir » signifiant en fait plutôt «  mettre en pièces » car les deux hommes ne veulent pas  d’un «  film d’Indiens et de tuniques bleues » de plus ; HESTON est passionné par la guerre civile américaine et voit là une occasion d’évoquer ce traumatisme historique avec réalisme, ce qui selon lui n’a jamais été fait, PECKINPAH conçoit une sorte «  d’opéra de la violence » ou la haine entre Apaches, Sudistes, Nordistes, Mexicains et Français est le moteur d’affrontements tragiques et absurdes !

    Marc Eliot : traduction de Hollywood's last icon - CHARLTON HESTON ... Major Dundee [Import anglais]: Amazon.fr: Richard Harris, James ...
    Les deux hommes vont conserver le point de départ bien conçu par FINK, l’histoire d’un major déchu, qu’on a envoyé diriger un camp de prisonniers au Nouveau Mexique suite à ses erreurs à la bataille de GETTYSBURG ; devenu un garde-chiourme aigri et imbuvable, il trouve dans l’enlèvement d’enfants blancs par les Apaches après le massacre d’une colonne américaine, l’occasion de prendre sa revanche sur son destin contraire et d’obtenir la part de gloire qui lui a été refusée ; confronté à un ancien camarade d’école militaire passé du coté confédéré, il se voit dans l’obligation de l’embarquer à contre coeur dans son aventure, ainsi que de nombreux prisonniers sudistes, car il manque de troupes nordistes pour mener son entreprise ; point de départ prometteur, mais sur lequel PECKINPAH va broder à l’extrême, fasciné qu’il est par le Mexique ou a lieu le tournage ; au fil des jours, le scénario va se retrouver agrémenté d’un personnage féminin important, de rencontres improbables avec la cavalerie française qui occupe à l’époque ( 1864) le Mexique, rendre l’affrontement avec les Apaches presque secondaire, tout en insistant sur la déchéance morale de ce « BEN-HUR à rebours » qui poursuit sa quête de revanche obsessionnelle sans pitié pour la troupe hétéroclite qui le suit.


    Inutile d’ajouter que, devant autant d’innovations et d’improvisation, puisque PECKINPAH invente littéralement certaines scènes non prévues «  sur le tas » ce qui doit arriver va se produire, et la COLUMBIA va rapidement dépêcher ses cadres sur le lieu de tournage pour savoir comment se dépense son argent ! Catastrophés à la vue des «  rushes » de l’ouvrage qui n’ont plus rien à voir avec le projet initial, BRESLER and Co vont décider de limiter le budget et superviser sur le terrain le travail de nos artistes ; erreur grossière, car comme le dira l’excellent James COBURN «  si on engage PECKINPAH sur un film ; on prend des risques, mais on le laisse faire du PECKINPAH, sinon, à quoi bon ? »


    Le metteur en scène va rentrer quand à lui lors des dernières semaines du tournage à Durango dans un rôle de poète maudit rimbaldien qui le verra bousculer physiquement un responsable ou deux, partir nuitamment vivre quelques ( longs) moments de débauche avec les naturelles du pays, et selon HESTON, perdre en grande partie le contrôle ET le respect de la compagnie, ce qui n’est pas acceptable ; sur cette fin de tournage, les témoignages sont tellement nombreux et contradictoires que parler d’une » belle pagaille » semble nettement en-dessous de la réalité ; Senta BERGER s’amuse encore aujourd’hui des «  concours à qui sera le plus macho » qui sévissaient sur le tournage, Mario ADORF de son côté se souvient avoir souhaité qu’HESTON mette vraiment PECKINPAH en pièces suite à un moment de délire du maestro ou il était allé trop loin dans l’insulte, COBURN avouera n’avoir jamais aussi mal mangé de sa vie, quand à l’ affrontement entre HESTON et Richard HARRIS qui interprète le sudiste Tyreen , il est resté à juste titre dans les annales !

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    De par son statut de «  star » HESTON avait droit de regard sur le scénario et le casting, et ne s’était pas gêné pour en user, et c’est à lui qu’on doit le choix judicieux d’engager HARRIS , après que Anthony QUINN et Steve Mac QUEEN se soient désistés ; excellente décision à priori, qu’HARRIS approuve sarcastiquement dans ses Mémoires ; malheureusement pour HESTON, ultra professionnel et toujours à l’heure, il a contribué à engager un acteur remarquable mais hélas, selon ses propres dires, «  plus Irlandais que professionnel » ; à HARRIS donc les sorties nocturnes, fortement alcoolisées, les retards en plateau ( qu’HESTON aurait grandement exagérés) les provocations physiques vis-à-vis des membres américains de l’équipe, les erreurs fréquentes dans le maniement des armes et même la simple tenue sur son cheval !


    Très en colère quand à ces manquements à la discipline de groupe, HESTON va donc, selon ses termes, carrément s’en prendre à HARRIS et selon l’Irlandais, tellement le persécuter qu’il évoquera HESTON avec le plus grand mépris plus tard ; les torts sont sûrement partagés dans cette affaire, car la fatigue, les mauvaises conditions de tournage et la pression des responsables ont certainement pesé sur le relationnel entre les deux stars, quoi qu’il en soit, HESTON aura plus tard l’élégance de reconnaitre ses torts, notamment dans ses «  journals » quand il parlera de sa relation avec HARRIS :


    « Il semble que j’ai déchargé toute ma colère et ma frustration sur le pauvre Dick HARRIS , et avec le recul j’ai été injuste, car c’était un tournage extérieur pénible, et il n’était pas habitué à travailler avec des chevaux et des armes à feu ; s’il était un «  fouteur de merde » ( a fuck-up) dans ce cas j’étais un «  sacré fils d p… » ( a hard-nosed son of a bitch)»


    Mais si cette relation conflictuelle aura bien évidemment pesé sur l’ambiance de travail, c’est surtout l’attitude de PECKINPAH, n’admettant aucun compromis avec la production, qui va amener celle-ci à ne plus faire de concession quand au budget et lui refuser, ainsi qu’à HESTON, la possibilité de tourner deux scènes supplémentaires importantes destinées à mieux mettre en lumière la complexité du personnage d’Amos Dundee ; conscient que le scénario n’a pas gagné en clarté à force d’être improvisé sur le plateau, et que sans ces ajouts le film va perdre toute cohérence, HESTON va alors faire le geste chevaleresque d’offrir une partie de son salaire ( estimée à 200 000 dollars) à la production pour financer les scènes en question, ce que la COLUMBIA semblera d’abord refuser, mais acceptera finalement, ce qui fera dire à l’acteur qu’il «  a fait Dundee pour rien » ce qui n’est pas tout à fait exact, mais peu d’acteurs de sa notoriété auraient fait de même, ce qui montre à quel point, à l’époque, l’acteur était déterminé à contribuer coute que coute ( c’est le cas de le dire) à tout projet qui vaille la peine de se battre pour lui.


    Le geste noble du comédien permettra à PECKINPAH de retrouver un peu ses esprits et finir le tournage en respectant les délais, car il se sent débiteur vis-à-vis de sa vedette ; il lui apportera beaucoup également, par sa volonté de le sortir de sa «  zone de confort » et de lui faire jouer à fond ce personnage finalement torturé et perdu, cet «  homme de guerre pour qui la guerre durera toujours » et qu’on peut considérer comme une des meilleures créations d’HESTON.


    Est-ce pour autant un de ses meilleurs films ? On serait tenté de le dire, car «  MAJOR DUNDEE » effectivement, est plein de qualités : histoire baroque quoique confuse, décors extérieurs fascinants, abondance de thèmes traités, excellence de la mise en scène même si ses excès annoncent par leur violence les errements futurs de PECKINPAH, mais aussi trop de confusion, un montage chaotique et une interprétation inégale n’en font pas le chef d’œuvre du Western qu’il aurait pu être ; HESTON restant persuadé que même s’il avait eu les mains libres, PECKINPAH avait une conception trop confuse de l’ouvrage pour arriver à une œuvre accomplie…

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    Malgré ou grâce à ses défauts, « MAJOR DUNDEE » bien que massacré ultérieurement au montage par BRESLER, va s’imposer au fil du temps comme une œuvre unique et attachante, une réflexion incomplète mais prenante sur la violence, un film vraiment «  adulte »


    Et ce n’est pas son échec financier qui empêchera HESTON de revenir au western quelques années plus tard, car nous le savons déjà, l’Artiste n’a que faire, finalement, des contingences financières !

     

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    A SUIVRE …

     

  • 22 - MERCREDI 5 OCTOBRE - 15ème jour de répétition

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    7h30 Tournage d'une interview télévisée autour de l'hôtel

    9h Téléphoner au PAT (People's Art Theatre)

    9h30 2ème partie de la scène de Keith

    11h40 Fin de l'acte I, tournage d'une scène de Queeg

    12h Synthèse de l'acte II, déjeuner

    13h15 Entretien télévisé

    Nous avons terminé l'acte I, nous avons fait tout l'acte II, aujourd'hui... un peu plus que ce que nous avons fait en une journée jusqu'à présent. Certaines des interprétations se présentent bien : Ren Baoxian en lieutenant Greenwald certainement (et surtout). Southard et Birdare très bien, Lundeen et Urban le seront bientôt. A ce stade, Gu Wei est bien en tant que capitaine Blakely, le juge qui préside. Xiu Zongdi est peut-être meilleur en tant que lieutenant Keefer, le manipulateur à l'âme faible qui a vraiment précipité la mutinerie. Tout comme Cong Lin en tant que lieutenant Keith, le jeune officier de réserve, pris au milieu. Je m'inquiète pour Wu Guiling en tant que commandant Challee, le procureur compétent et honnête que Greenwald fait échouer pour gagner l'affaire, et pour Xiao Peng en tant que lieutenant Maryk, l'accusé. Aucun des deux acteurs n'a le physique idéal, ni ne se dirige très vite vers la compréhension de son rôle... ou vers la réussite de celui-ci, en tout cas. Pour l'instant. C'est bon... on a le temps.

    Zhu Xu trouvera son chemin, je pense, mais il a encore beaucoup à faire... c'est une partie très difficile. Je ne sais vraiment pas encore comment le diriger dans la scène de dépression... c'est un tel panier de serpents. Je dois l'aider à trouver son Queeg sans imposer le mien. Je le ferai. Il y arrivera. 

    ⌊Un acteur, réalisateur, a un problème particulier. Vous avez tendance à orienter l'acteur vers ce que vous feriez vous-même... surtout si vous avez déjà joué le rôle. Vous devez communiquer ce que vous voulez en tant que réalisateur sans faire intervenir l'acteur. Une entreprise périlleuse.⌋

     

    A SUIVRE

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  • 21 - MARDI 4 OCTOBRE - 14ème jour de répétition...

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    ... (mon anniversaire aussi)

     

    9h30 Répétition du PAT - Acte I

    12h00 Déjeuner d'anniversaire... seulement à la moitié de la scène de Keith

    13h00 à 15h00 Réunion des acteurs - fin de la journée à 15h00

    19h30 En taxi pour chez Maxim's avec Lydia, Maggie : son cadeau de la journée (aussi avec les LORD)

    Mon anniversaire célébré en plusieurs fois aujourd'hui. Tout a commencé à la Réception de l'hôtel à 6h30,  avec un gâteau de la part de nos employés à Coldwater, en même temps que mon petit-déjeuner. Je l'ai apporté au théâtre pour le partager avec les acteurs. 

    ⌊Avec le recul, je ne suis pas sûr que les Chinois fassent des gâteaux d'anniversaire. Les fêtes d'anniversaire, certes, mais un gâteau avec des bougies est peut-être nouveau dans ma Compagnie. Quoi qu'il en soit, ils ont été très bruyants pour me faire entrer dans une nouvelle année. Les acteurs et les athlètes font très bien la fête.⌋

    Le gâteau consommé, nous sommes entrés durant quelques heures, en véritable répétition de l'acte I. La troupe avait organisé un déjeuner d'anniversaire, avec un gâteau encore plus grand ⌊pas de bougies...qui pourrait être un détail occidental⌋. Ying Ruocheng est apparu, avec plusieurs autres personnalités du théâtre chinois. Puis celui qui joue le lieutenant Bird, le jeune psychiatre condescendant, au moins aussi bon dans son rôle que l'un des deux autres acteurs que j'ai dirigés) a donné une merveilleuse représentation en prenant une voix de fausset et interprétant une servante française dans une parodie de farce française. Tout s'est déroulé jusqu'au déjeuner, lorsque Lydia et Maggie nous ont rejoints, suivies d'un groupe d'acteurs de la troupe, me parlant de ce que j'avais fait avant. (Je devais faire attention à ne pas oublier le travail dont  ils avaient au moins entendu parler. C'est surprenant qu'ils me fassent confiance, quand on y pensej. Aucun de mes films n'a jamais été diffusé commercialement en Chine, seulement lors de projections privées dans les ambassades).

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    Maxim's Pékin. Photo Google https://www.google.com/url?sa=i&url=http%3A%2F%2Ffrench.china.org.cn%2Ftravel%2Ftxt%2F2014-09%2F03%2Fcontent_33421254.htm&psig=AOvVaw05nyS-kY3nzAbQlyov6KC7&ust=1594282064708000&source=images&cd=vfe&ved=0CAMQjB1qFwoTCNjf0tSZveoCFQAAAAAdAAAAABAD

    À la fin de la répétition, il ne restait plus qu'à donner congé à la Compagnie, pour le reste de la journée. Ce soir, Maggie, en guise de cadeau, nous a tous emmenés chez Maxim's, maintenant décoré dans un style fin de siècle très élaboré. L'Ambassadeur Lord et Bette se sont joints à nous. Dans l'ensemble, ce fut l'un des anniversaires les plus fêtés dont je me souvienne. J'avoue que j'ai été touché (et nous avions quand-même répété pendant deux heures).

    Le jour de l'anniversaire de Chuck (4 octobre), Bette Bao Lord et des membres de la troupe et du personnel du théâtre ont organisé une grande et délicieuse fête en son honneur, une surprise qui l'a stupéfait de plaisir. Mon souvenir le plus marquant : une chanson de la Longue Marche de 49. Même mon mari anticommuniste a senti ses cheveux se dresser sur sa tête.

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    A SUIVRE...

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  • 20 - LUNDI 3 OCTOBRE - 13ème jour de répétition

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    9h30  Répétition de l'acte II au PAT
    17h30 Réunion des calligraphes dans l'appartement de Pat Corcoran.

    En termes de performances, la compagnie se rapproche de ce que je veux qu'elle soit dans deux semaines. Mais nous n'y sommes pas encore. C'est pourquoi aujourd'hui, j'ai fait en sorte que la répétition soit reportée d'une demi-heure. Nous devons nous mettre au diapason de leur temps, de mon temps et de celui de la pièce. 

    Le temps. Oui, c'est toujours un problème, car les répétitions nous rapprochent de l'endroit où nous devrions être. Bizarrement, les courtes scènes se jouent en mandarin à peu près comme en anglais. Mais les idées plus complexes abordées dans certains des dialogues prennent simplement plus de temps à dire en Chinois. Outre l'effet sur la durée totale de la représentation, cela fausse également le rythme intérieur des scènes. Nous devrons peut-être procéder à d'autres coupures. Bon sang, pourquoi n'ai-je pas étudié le chinois ?!

    Les interprétations évoluent aussi à des rythmes différents, ce qui est normal. Les acteurs sont diversement doués et expérimentés, les rôles sont diversement compliqués. Ils sont tous prêts pour cette pièce ; c'est à moi de les faire se rejoindre en même temps. 

    Ce soir, nous sommes allés dîner chez les Corcoran et avons eu une exposition fascinante du travail d'une demi-douzaine de calligraphes Chinois que Pat avait invités à me rencontrer, chacun étant expert dans un style différent. J'avais d'abord étudié la calligraphie juste parce que mon écriture était médiocre, mais c'était intéressant de voir des maîtres à l'œuvre. J'ai même réussi à éviter un embarras total, en essayant le pinceau moi-même, uniquement parce que je suis un bon imitateur graphique. Je ne savais pas si les huit hommes étaient des amateurs, vénérés pour leur maîtrise de l'art mais gagnant leur vie dans d'autres domaines, ou des hommes dont les compétences seules leur valaient une place dans la hiérarchie. J'espère que cette dernière hypothèse est la bonne. Ce qu'ils peuvent faire avec un pinceau est génial. img07072020_431.png

    Un soir merveilleux, Pat Corcoran a invité à dîner un certain nombre de ses amis calligraphes chinois. Ensuite, ils ont fait une démonstration de leur art. Chuck, avec ses talents de dessinateur, a été captivé. Nous avons rapporté plusieurs exemplaires fascinants des différentes époques de calligraphie chinoise, élégantes dans une suite informelle de volutes et de taches.

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    A SUIVRE