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  • 28 - "Charlton Heston une biographie " de Michael Munn - (traduction par Adrien P.)

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    Le Projet le plus important de l'artiste

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    Il venait de faire sa promenade quotidienne dans Hyde Park et était de retour dans sa suite au sixième étage du Dorchester Hotel. Il était à Londres pour préparer ses acteurs pour les semaines à venir en Espagne où ils joueraient l'histoire d'Antoine et Cléopâtre. Il répéta seul ce matin-là, tendu mais en pleine concentration détendue. Il s'interrompait de temps en temps, comme un réalisateur interrompt un acteur, et se précipitait pour vérifier quelque chose dans l'ouvrage de référence. Cet après-midi-là il s'est rendu à Nottingham en tant qu'intervenant invité à une conférence John Player dans la salle de cinéma. L'une des questions qu'on lui a le plus posée ce jour-là était : « pourquoi portez-vous une veste brodée de plumes d'émeus ? » Il répondit patiemment à chaque fois : « je l'ai obtenue en jouant au tennis en Nouvelle-Zélande. »

     

    Pour un homme assailli par les inquiétudes et les attentes pour le film qu'il était sur le point de faire, il était remarquablement calme. Sur le chemin vers Nottingham, l'un des pneus de la voiture éclata sur l'autoroute. Il conseilla avec sang-froid aux autres passagers dans la voiture de se préparer au cas où la voiture se retournerait. Tandis que le chauffeur arrêtait la voiture,  il montra calmement le magnifique paysage de chaque côté de l'autoroute.

    N'arrivant que quelques minutes en retard, Charlton Heston resta tout aussi calme en répondant aux questions. Il avait appris à gérer ce genre de forum ouvert grâce à un auditoire, et il savait que les questions qui ressortiraient seraient les mêmes que celles auxquelles il avait déjà répondu des millions de fois. Il connaissait déjà les réponses comme s'il avait déjà lu un script. Donc quand quelqu'un lui demanda comment il avait coupé la Mer Rouge en deux, il répondit : « j'avais un gros bâton ! »

     

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    Peut-être que le public, comme beaucoup d'autres lors de telles conférences ou dans des studios télé, croyait voir l'homme tel qu'il est vraiment, mais c'est une performance, son caractère naturellement timide masqué par la masse de réponses enregistrées dans sa tête. Il répond simplement à chaque question avec une réponse appropriée, et si une nouvelle question apparaît, il crée une toute nouvelle réponse rapidement et l'enregistre mentalement pour s'en resservir plus tard.

    La conférence John Player fut un divertissement plaisant pour le distraire de ce qui occupait son esprit, mais une fois terminée, il laissa ses pensées de nouveau être submergées par Antoine et Cléopâtre parce que c'était la véritable raison de sa présence en Angleterre.

    L'équipe d'acteurs qu'il avait choisie était surtout composée d'Anglais comme Eric Porter, John Castle et Julian Glover. Il y avait aussi un certain nombre d'acteurs et de techniciens espagnols : un compromis qu'il avait fait pour être soutenu financièrement par une compagnie espagnole de films. Le reste de l'argent venait de banques et il s'est lui-même porté garant pour le remboursement. Il y avait réfléchi encore et encore ; réfléchi à s'il avait le droit de dépenser l'argent qu'il avait gagné pour la sécurité de sa famille, pour quelque chose qu'il n'avait à faire que pour satisfaire personne d'autre que lui-même. Il en discuta avec Lydia et elle le soutint de tout son cœur.

     

    vlcsnap-00084.png  (Julian Glover)          vlcsnap-00147.png     (John Castle)                                                                                                                                                            

                                                                                                 vlcsnap-00373.png(Eric Porter)

     

    Il se souvint du conseil qu'Olivier et Welles lui avaient tous les deux donné : « tu dois répéter toute la pièce pendant autant de semaines que possible avant de commencer le tournage, et tu as besoin d'un bon acteur pour jouer Antoine pendant que tu diriges les répétitions et que tu prépares le tournage. »

    Heston et sa troupe jouèrent toute la pièce pendant trois semaines une douzaine de fois ou plus pour la structurer et la restructurer. Hildegard Neil, qui faisait partie du casting, raconte :

    «Chuck voulait voir dans quelle genre de direction il devait aller. Il ne voulait pas forcément que tout soit bon dans les répétitions, mais au bout de deux semaines, on avait une idée assez claire de ce qu'il allait vouloir. On était capable d'aller au travail avec ses idées en tête. C'était nécessaire pour lui de faire ça, parce qu'une fois le tournage commencé, il faut s'occuper de la position de la caméra, le parcours à tracer etc.»

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    Les répétitions, qui avaient lieu dans une salle miteuse près de Covent Garden, montrèrent qu'il avait reçu d'excellents conseils. Le conseil d'avoir un autre acteur pour jouer son rôle pendant qu'il dirigeait était tout aussi précieux. Il choisit Julian Glover qui allait jouer Proculeius que, ironiquement, Charlton avait joué à Broadway.

    Hildegard dit de Glover : « il a appris toutes les répliques d'Antoine et il a joué les scènes avec moi, ce qui était inestimable. Il venait toujours avec des idées qui ne pouvaient pas lui servir à lui, mais à moi et à Chuck. »

    L'éloge d'Heston à Glover est éclatante :

    «La performance de Julian Glover en Proculeius est remarquable, mais son tout aussi bon travail en Antoine durant des répétitions interminables pendant que je donnais forme au rôle et au film n'est pas seulement une preuve de son talent, mais aussi de son sens de la discipline au travail.

    Pour un acteur, préparer tout un rôle et se le voir refuser à la fin, c'est comme emmener une dame à un bal, lui offrir du vin et le repas, puis la laisser dans les bras d'un autre homme. Qu'il ait supporté cette frustration avec une constante bonne humeur est un acte de bonté dont je ne lui serai jamais assez reconnaissant

    Heston était en Espagne dans l'été 1971 avec sa petite armée d'acteurs et de techniciens, transformant le terrain en Rome et en Égypte et retournant deux mille ans en arrière. Il n'avait que huit semaines pour que tout soit prêt. On força le rythme, on fit plus de compromis qu'il ne l'aurait voulu, des scènes furent sacrifiées pour gagner du temps, mais chaque acteur mit tout son cœur à produire le film que voulait Heston. D'après les propos de Hildegard :

    «Il y a mis ses tripes. On devient si loyal envers Heston parce qu'il est enthousiaste, parce que ça représente tant pour lui. On ressent aussi de l'émerveillement pour cette superstar de cinéma qui fait tant pour notre profession, un homme qui continue de prendre le temps de monter sur scène parce qu'il aime jouer au théâtre, un homme si impliqué dans tout ce qu'il fait.

    Tout le monde a uni ses efforts et cela donna une merveilleuse atmosphère.»

    Il n'y a probablement jamais eu de réalisateur qui inspirait plus de loyauté à ses acteurs qu'Heston, mais ce qui était vraiment remarquable, c'est qu'en plus de s'avérer être un réalisateur compétent, il réussit quand même à faire d'Antoine l'un de ses meilleurs rôles. Le voir briller en Antoine ne devrait cependant pas être si surprenant que cela. Comme il me le dit :

    «Antoine dans Jules César, que j'ai joué à l'université, dans le film de Bradley et dans celui de Burge, est sans doute le grand rôle classique le plus susceptible de fonctionner même si l'acteur est mauvais1. S'il ne devait y avoir qu'un seul rôle facile dans la pièce, ce serait celui d'Antoine. Non seulement c'est le rôle le plus court parmi les principaux, mais aussi de loin le meilleur. Je veux dire, regardez le pauvre Brutus, là, qui trime pour surmonter les difficultés, et ici Antoine qui se balade de temps en temps et qui n'a que des choses épatantes à faire.

     

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    (Charlton Heston dans le rôle d'Antoine en 1950 - JULES CESAR de David BRADLEY)

    Antoine dans Antoine et Cléopâtre est un rôle bien plus difficile que dans César, mais c'est intéressant d'avoir la chance, en un sens, de jouer le développement de cet homme, passant de l'homme sanguin de César dans lequel Antoine est une figure triomphante, à la tragédie grandissante de l'autre pièce dans laquelle le rôle d'Antoine est exquisément écrit.

    La pièce en elle-même n'a jamais été un grand succès sur scène, et d'après moi, c'est parce que toutes les autres grandes pièces se passent surtout dans la tête des personnages : ce qui se passe dans le cœur d'Hamlet est bien plus important que l'endroit où ça se passe. Le fait que Macbeth tue Duncan en Écosse n'a pas vraiment d'importance. Le fait qu'Othello vive à Venise n'a pas vraiment d'importance, mais Antoine et Cléopâtre joue beaucoup sur la différence entre Rome et l’Égypte. La pièce se passe très exactement à Alexandrie, en Grèce, en Sicile et à Rome. C'est également la seule parmi les pièces majeures où se passe une bataille où le résultat a beaucoup d'importance pour les rôles principaux, et représenter la bataille d'Actium sur scène est presque impossible2. C'est juste infaisable, et il y a deux batailles principales dedans.

    C'est la pièce qui exige à tout prix une caméra. William Shakespeare était un auteur de cinéma né.»

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    Tandis que le tournage avançait, rien n'aurait pu détourner Heston de son objectif. Même quand on le tint un jour pour malade, il est venu en titubant jusqu'au plateau et maintint le rythme malgré un hébétement maladif. Son propre professionnalisme strict mena inévitablement à des angoisses. Rafael Pacheco, le directeur de la photographie, semblait prendre tout son temps pour éclairer le plateau, faisant perdre un temps précieux et forçant Charlton à éliminer des scènes qu'il avait prévu de faire. D'autres contretemps lui firent considérer son contrat de coproduction comme une erreur, et il avait encore d'autres problèmes à gérer.

    Les migraines continuelles de Lydia étaient plus insoutenables que jamais, et il se demandait à quel point il en était la cause. Il avait également conscience en regardant les prises de vue, qu'Hildegard Neil, aussi bonne actrice soit-elle, n'était pas la grande Cléopâtre qu'il avait espérée et qu'Orson Welles lui avait dit d'avoir. Toutefois, il se dit que la pièce était ce qui comptait et qu'il pouvait quand même approchait de son rêve. Il savait qu'en tant que cinéaste, il ne pourrait jamais complètement réaliser son rêve dans un projet, mais il voulait juste en approcher, et il essaya de toutes ses forces.

    Alors, quand les huit semaines de tournage s'achevèrent, il se mit au milieu du décor vide, le regardant être démonté. Il était fatigué. Il avait relevé le défi et survécu, mais aussi loin que sa mémoire puisse remonter, il n'avait jamais été aussi fatigué, et il avait hâte de rentrer à la maison.

    Même l'épuisement sans limite n'était cependant pas suffisant pour siphonner toute la joie d'avoir fait Antoine et Cléopâtre, même la perspective de tout le montage et le doublage qu'il restait à faire. Il me dit : « j'ai aimé faire ce film. Ce fut le projet le plus important… le plus important sur le plan créatif de toute ma vie. »

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    1Heston, en anglais, dit que le rôle d'Antoine est « actor-proof » (litt. « qui résiste à l'acteur »)

    2Parce que c'est une bataille navale

  • JULES CESAR (1970) VERSION RESTAUREE, SORTIE EN FRANCE LE 19 MARS 2019

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    Good news. Ce matin j'ai reçu mon DVD "Jules César", version restaurée. Les images sont belles, agréables à regarder. Pourtant, un grand regret : Le doublage de Charlton en français. Déplorable ! Je me demande où ils sont allés chercher le doubleur....Une voix horrible, aiguë, criarde, rien à voir avec la belle voix chaude de Chuck. Les sous-titres en français me paraissent bien conçus. Alors pour mes amis francophones, qui tiennent à entendre la voix de Chuck, je vous recommande de regarder le film en V.O. sous-titrée.

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    Demain, je pense recevoir également le Blu-Ray...Eh oui ! j'ai l'habitude d'acheter les DVD pour extraire les photos, et les Blu-Ray pour regarder le film plus confortablement sur mon téléviseur. Je regrette que les éditeurs n'aient pas eu l'idée de composer un combo, comme pour certains films de Chuck, ressortis récemment. 

    A propos de la sortie de la version restaurée de "JULES CESAR", je veux signaler à nos amis francophones, que ce film est accompagné d'un excellent documentaire d'une demi-heure, qui nous fait découvrir le film sous un jour nouveau, documenté et, Charlton Heston y est bien traité.

    Ce documentaire est consacré aux films réalisés à partir des oeuvres de William Shakespeare, dans une interview de Sarah HATCHUEL, professeure en études cinématographiques et audiovisuelles, Université Paul-Valéry MONTPELLIER 3.

    J'avoue que je ne regrette pas mon achat et si nous avons attendu si longtemps pour une sortie de ce film en France, nous pouvons nous en réjouir puisque nous le voyons en version scope 16/9 compatible 4/3, et non en 4/3 à l'origine, cela donne une vision plein écran du film, que j'apprécie. 

    Il nous reste à souhaiter que Agamemnon et Fraser Heston, cèdent les droits de "ANTONY AND CLEOPATRA", pour que le film soit restauré et distribué en France, c'est le voeu pieux que je formule.

    POUR LE COMMANDER  : SUR AMAZON

     

    https://www.amazon.fr/s?k=jules+cesar+charlton+heston&i=dvd&__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&ref=nb_sb_noss

     

    FNAC

    https://www.fnac.com/SearchResult/ResultList.aspx?SCat=0%211&Search=jules+cesar+charlton+heston&sft=1&sa=0

     

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  • NUMBER ONE, ou HESTON en « anti-héros »

     

     

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    S’il fallait rechercher dans la filmographie de Charlton HESTON un “ bon” film qui n’a quasiment été vu par personne et dont même certains de ses admirateurs ignorent jusqu’à l’existence, on pourrait sans trop s’avancer citer « NUMBER ONE » , production qui ne fut que très peu montrée aux USA et dont la distribution européenne fut pratiquement inexistante, comme pour rappeler à ceux qui feignent de l’ignorer que HESTON ne se contenta jamais, même au sommet de sa gloire, du statut de superstar et fut, à l’instar d’un PECK ou d’un LANCASTER, un artiste inspiré toujours prêt, du moins à ce stade de sa carrière, à prendre les risques qui s’imposaient.

    En effet , peu de temps après s’être engagé dans le projet de « PLANET OF THE APES » alors que la plupart des studios avaient trouvé l’idée de «  singes parlants » totalement ridicule et surtout invendable, HESTON remet sur le tapis un projet intitulé au départ «  PRO » soutenu par son ami Walter SELTZER, dont le thème était la fin de carrière d’un footballeur vedette de la NFL dont le parcours jusqu’ici glorieux se trouve compromis par des blessures diverses et surtout son incapacité à s’adapter au monde moderne ; conscient que ce sujet ne risquait d’intéresser qu’une clientèle américaine, et que donc le manque d’impact d’un tel projet sur l’EUROPE ou l’ASIE allait jouer en sa défaveur, les deux hommes décident donc de proposer l’idée, le « treatment » à la nouvelle équipe de UNITED ARTISTS qui vient de se mettre en place et recherche justement des «  peu coûteux » !

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    La belle affaire, se disent-ils, et ils ont partiellement raison, car David et Arnold PICKER, superviseurs de tous les projets chez ARTISTS, voient d’un bon œil qu’une star oscarisée accepte de travailler pour eux pour un salaire modeste et un pourcentage sur les profits qui parait plutôt aléatoire…l’agent «  iceman » CITRON va bien sûr s’inquiéter que son poulain tente l’aventure, tout comme il s’était opposé au western WILL PENNY réalisé l’année précédente par Tom GRIES, dont il craignait l’inexpérience ; on peut donc imaginer la tête du cher homme quand SELTZER lui annonce que GRIES mettra aussi en scène l’histoire du footballeur déchu…

    Concernant le choix du « metteur », les versions différent, car même si HESTON avait eu le courage de tenter l’expérience GRIES pour WILL PENNY, il n’avait surtout pas eu le choix, car en tant qu’auteur du scénario, GRIES ne voulait pas le vendre s’il ne mettait pas en scène ! pour NUMBER ONE, le cas est différent, car il n’est nullement auteur du scénario, et dans ses « journals » le comédien évoque clairement son envie d’utiliser les talents supérieurs d’un HUSTON et même d’un STEVENS, sans intéresser aucun des deux, et c’est contre mauvaise fortune bon cœur qu’il a fini par marcher avec GRIES ….

    Dans ses mêmes « journals » passionnants à plus d’un titre quand on veut comprendre comment se fabrique ou pas un film, il évoque aussi une industrie hollywoodienne en plein chaos, ou la moitié des lieux de tournage et autres «  sound stages » sont quasiment laissés à l’abandon par manque d’activité et chômage technique ; «  la ressortie de BEN-HUR va surtout aider la MGM à payer la note d’électricité de studios désespérément vides », note-t’il pendant l’été 68 ….

    C’est donc dans un climat morose et peu dynamique, à une époque ou HOLLYWOOD traverse une crise sans précédent, accentuée par le flop de comédies musicales ou films de guerre hors de prix ( MISTER DOOLITLE, STAR, TORA TORA TORA) que ce petit film UA va se construire, dans l’indifférence générale, il faut bien le dire !

    HESTON, toujours très professionnel dans ses choix et ses recherches, va se lancer dans la préparation du film avec deux objectifs : en savoir autant que possible sur le football américain ( souvenir de jeunesse pas forcément grandiose puisqu’il s’est cassé le nez lors d’un match)et surtout parvenir à une condition physique acceptable pour rivaliser avec les vrais pros ( du moins à l’écran) et donc être crédible pour le public !

    Ainsi que l’explique son biographe Marc ELIOT, le comédien possède à l’époque le corps certes musclé d’un joueur de tennis de bon niveau, mais pas du tout le torse et les épaules d’un joueur moyen de la NFL, va falloir travailler ! et voilà notre héros obligé de suivre un training à la LANCASTER, mais sans avoir forcément l’aisance naturelle requise ; qu’importe, il va apprendre, travailler, écouter, lancer le ballon, plaquer, le tout deux heures par jour cinq jours par semaine pendant deux mois, sans jamais se plaindre, devenir proche de l’équipe des NEW ORLEANS SAINTS engagés pour le tournage et qui ne tariront pas d’éloges sur la simplicité de la star et sa volonté farouche… de ne pas être ridicule ! ET il ne le sera pas, grâce à cette préparation difficile, et aussi l’aide du comédien Bruce DERN appelé à jouer un second rôle important, qui va carrément lui apprendre à courir pour éliminer son surpoids, obsession de l’acteur à l’époque, non par narcissisme, mais par besoin de préserver une apparence correcte pour les fans qui le font vivre !

    LE tournage, réduit contractuellement à quatre semaines, peut donc commencer sans trop de soucis, sauf que le comédien va se retrouver confronté à un de ses démons intérieurs : maintenant qu’il a saisi l’apparence ( outer se) du personnage et son background social, comment définir le vrai caractère ,le «  inner se »de ce CATLAN qu’il avoue dans ses « journals » tout simplement «  ne pas comprendre » !

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    BRUCE DERN

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    En effet, il a déjà joué des personnages habités, ou névrosés, ou antipathiques, c’est même une de ses caractéristiques, mais ce CATLAN, obsédé par lui-même, réclamant l’attention de son épouse alors qu’il ne s’intéresse pas à son travail, tentant une liaison avec une femme plus jeune pour oublier qu’il prend lui-même de l’âge, refusant toute réinsertion même honorable, lui échappe, il ne le comprend pas, et surtout, il ne l’aime pas vraiment ; or, il dira lui-même souvent, pour bien jouer un personnage, il faut l’apprécier un minimum ; il va donc tenter de se l’approprier, mais sans réussir totalement à l’incarner, du moins selon ses critères élevés…

    UN autre souci, celui-là lié à une dualité typiquement « hestonienne » va aussi faire jour, c’est le sens à donner à « son » film, doit-on se contenter d’une approche documentaire expliquant au public ce qu’est la vie d’un sportif pro américain, ou doit-on se servir de l’histoire comme pour symboliser les défauts d’une société américaine fondée sur le pouvoir de l’argent et qui laisse impitoyablement sur le carreau tous ses « losers », même magnifiques ?

    HESTON, qui est à l’époque dans le clan des libéraux, est loin d’ignorer les tares et les vices Du système en question, mais contrairement à un LANCASTER qui au même moment produit avec THE SWIMMER une dénonciation féroce de l’ « american way of life », ne souhaitera pas aller aussi loin, car s’il tente de comprendre le cas de cet individu qui s’isole peu à peu du milieu qui l’a nourri, il n’est pas à l’aise avec la notion de «  loser » qu’il perçoit comme dangereuse et débilitante, c’est trop pour lui, et il va tout faire pour que le film reste un constat amer, sans pour autant remettre en cause le système qui a construit CATLAN ; d’ailleurs, Elia KAZAN, intrigué par ses choix du moment, et voyant en lui un pessimiste qui finalement n’existe pas vraiment, se verra opposer un refus cinglant quand il lui proposera le premier rôle de son nouveau film, «L’ARRANGEMENT », ce qui n’est pas étonnant «  it’s a loser’s story, with a loser for protagonist » !

     

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                   (avec Jessica Walter)                                                                                    (avec Diana  Muldaur)

     Cependant, même si on touche avec ce film les limites de l’engagement social et sociétal de la star, on ne peut qu’admirer l’aisance avec laquelle il pose le personnage de CATLAN, et ce dès le début du film, sans utiliser les effets qui lui ont servi si bien jusque là ; tour à tour violent et buté, doux et compréhensif, capable, et c’est un peu une nouveauté, de parfaitement ciseler son jeu dans les nombreuses scènes avec ses deux excellentes partenaires féminines, Jessica WALTER et surtout Diana MULDAUR, physiquement crédible dans les scènes de match comme dans les dialogues avec le cynique Bruce DERN, il n’est pas loin du sans-faute, dans la droite lignée de WILL PENNY, ou il fut tout aussi remarquable en héros westernien vieilli et vulnérable, ce qui est aussi le cas ici. C’est un grand rôle, indubitablement !

    Ce que l’on peut reprocher au film, ce n’est pas tant le jeu des acteurs, ou la construction logique et implacable d’un scénario qui pourrait s’intituler «  la chute d’un héros » mais plutôt la mise en scène finalement souvent statique et mollassonne de GRIES, qui ne laisse pas, et c’est dommage, le film s’envoler sur la fin, et ne met pas assez en valeur un dénouement pourtant bouleversant ; quand CATLAN git, blessé au sol après ce qui aura été le match de trop, on pourrait espérer une réalisation qui soit digne du tragique de la situation, mais GRIES s’y refuse en se concentrant sur le visage dépité de l’épouse ( WALTER) et un panoramique arrière assez convenu, on ne peut que rêver à ce qu’un HUSTON ou un WYLER auraient su faire d’un tel matériau !

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    Ces réserves étant faites, on ne peut que louer l’artiste et ses collaborateurs d’avoir cru en cette histoire finalement dérangeante et originale, à une époque ou le cinéma américain n’en avait plus que pour les films de jeunes à la EASY RIDER ou les polars cyniques à la BULLIT ; et franchement, si les films précités ont bien mieux fonctionné au box-office du moment, il est amusant de constater à quel point ils nous paraissent aujourd’hui souvent datés et lourdingues, là ou justement, des « petits films » comme NUMBER ONE et THE SWIMMER, pour n’en citer que deux, ont gardé toute leur pertinence et leur force émotionnelle…

    A CECILE …

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  • LA NRA ET CHARLTON HESTON par Christiane

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    La NRA et Charlton Heston !!!!

    Un long malentendu pour beaucoup qui ont cru y voir la justification d'un Chuck violent républicain pro armes.... Malgré des explications, des mises au point, il reste encore des injustices flagrantes concernant Charlton et qui vont jusqu'à l'acharnement... que personnellement, je ne comprends pas.

    Porter une arme ou la détenir chez soi ne fait pas automatiquement de soi un criminel. Le respect de l'amendement no2 de la Constitution américaine est réel chez lui et c'est fort honorable.

    L'histoire profonde des USA est différente de la nôtre mais aussi valable. Les gènes des uns et des autres sont précis et se respectent. Chaque nation a une naissance différente et propre à elle-même.

    Je comprends Chuck et je partage son point de vue, en regrettant amèrement le prix de l'injustice dont il a souffert.

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    Chère Christiane, je partage entièrement votre point de vue.

    Je me permets juste d'ajouter ces quelques lignes pour exprimer mon ressentiment quant à la diffusion constante sur le Net d'une photo représentant Charlton Heston à la fin de son mandat à la NRA, debout à la tribune,  brandissant un fusil au-dessus de sa tête, prononçant une phrase que je me refuse à reproduire ici et qui malheureusement, est devenue sa "marque de fabrique" malgré que sa vie ait été autre chose que ce sceau infâme que nous devons oublier.  

    Charlton était malade et probablement pas toujours en possession de tous ses moyens intellectuels, lui, l'homme cultivé, intelligent, ayant fait preuve au cours de sa longue carrière d'un véritable humanisme, non pas pour se faire de la publicité, mais par convictions personnelles. 

    Je me joins à vous Christiane, pour rendre justice à ce grand acteur que nous chérissons. 

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  • HOLLYWOOD : QUI EST-CE QUI A MARCHE AVEC KING EN "63" par Carl M. Cannon

    Un article datant de 2013 sur le 50ème anniversaire de la Marche pour les Droits Civiques, porté ce jour à notre connaissance par Hector Meana.

    Eb voici une petite traduction "Google translate et Reverso" que je pense assez fidèle à ce que voulait exprimer le journaliste Carl M. Cannon.

    Je fais cette publication qui n'apporte rien de nouveau en soi, mais qui met en évidence la participation active de Charlton Heston dans l'organisation de la Marche. 

    Pour ceux qui ont oublié Charlton Heston et qui se sont acharnés à effacer non seulement le souvenir de sa personnalité mais avec lui toutes ses actions humanitaires et désintéressées, il est bon parfois de remettre les pendules à l'heure, c'est ce qui ressort dans cet article.  

     

    Hollywood Who's Who Marched With King in '63

    By Carl M. Cannon - August 29, 2013

    https://www.realclearpolitics.com/articles/2013/08/29/hollywood_whos_who_marched_with_king_in_63__119762.html?fbclid=IwAR0iRvmOZDk_0B14A4B3AQepYVJco5qxSPB4utsCCJ2jLnNusZbdMqeSxTw

      

    Les discours de mercredi commémorant le 50e anniversaire de la Marche sur Washington s'effacent déjà des mémoires, les barrières de sécurité du National Mall ont été supprimées, Oprah Winfrey et les autres personnalités qui ont pris la parole ont repris leur travail du jour.

    Sans vouloir manquer de respect à Oprah, à Jamie Foxx, à Forest Whitaker ou à quiconque ayant pris part à cette semaine, le contingent d'étoiles qui est arrivé à D.C. en 1963 devait être vu pour être cru.
     

    À notre époque, les personnalités hollywoodiennes, les acteurs de la télé-réalité et les célébrités sont des présences incontournables dans la vie politique américaine. Parfois, ils sont cohérents et, de temps en temps, courageux. Habituellement, ils suivent le troupeau. Ce n'était pas le cas en 1963, lorsqu'une coterie d'étoiles de la liste A monta à bord d'un «avion de célébrités» à Los Angeles et vint à Washington défendre les droits civiques.

    Harry Belafonte, agissant de concert avec Martin Luther King, a contribué à son organisation et la participation multiraciale de musiciens, acteurs, réalisateurs de films et autres interprètes qui ont répondu à l'appel a constitué un Temple de la renommée des arts américains.

    La chanteuse folk Joan Baez a lancé le programme avec une interprétation inspirée de «We Shall Overcome», l'hymne non officiel du mouvement des droits civiques. Peter, Paul et Mary ont demandé : «Combien de fois un homme doit-il lever les yeux avant de pouvoir voir le ciel ? » Et Odetta Holmes, une star de la musique maintenant presque oubliée, a ému les spectateurs aux larmes avec son hymne flamboyant : «O Freedom».

    «S'ils vous demandent qui vous êtes, leur dit-elle, dites-leur que vous êtes un enfant de Dieu

    Joséphine Baker, qui venait de sa France d'adoption, s'est également produite au Lincoln Memorial. Dans son article du lendemain, publié à cette date il y a 50 ans, le New York Times l'a citée avant de citer Martin Luther King.

    «Vous êtes à la veille d'une victoire complète. Vous ne pouvez pas vous tromper. Le monde est derrière vous! »A déclaré Baker à la foule de 200 000 personnes. Elle a ajouté qu'elle sentait qu'elle voyait un rêve se réaliser sous ses yeux. "Ceci", at-elle ajouté, "est le jour le plus heureux de ma vie."

    Après que Joan Baez ait chanté, Bob Dylan a fait de même. Il était profondément engagé dans le mouvement et avait récemment écrit une ballade intitulée «La mort d'Emmett Till». Ossie Davis s'est également produit au Lincoln Memorial en 1963, aux côtés de la chanteuse de gospel Mahalia Jackson. James Garner, qui avait rencontré son épouse lors d'un rassemblement Adlai Stevenson sept ans plus tôt, a également défilé - tenant la main ce jour-là en solidarité à Diahann Carroll.

    Il suffit de citer tous les noms des célébrités qui sont venues à Washington pour la marche des droits civiques de 1963. L’écrivain James Baldwin est venu avec le pionnier du baseball Jackie Robinson, le producteur hollywoodien Frank Mankiewicz, le chanteur et danseur Sammy Davis Jr. et l’actrice Ruby Dee.

    De nombreux membres afro-américains de la bande de Harry Belafonte, y compris le grand chanteur de calypso, ont été politiquement actifs dans le domaine des droits civiques pendant des années. Parmi cette équipe se trouvaient Lena Horne, Marian Anderson, le célèbre bluesman Josh White et Sidney Poitier, qui fut cette année-là première star de cinéma afro-américaine à remporter un Oscar du meilleur acteur.

    Poitier était à peine le seul homme dirigeant (ou lauréat d'un Oscar) dans l'avion loué par Belafonte. Marlon Brando, Burt Lancaster, Paul Newman et Joanne Woodward sont tous venus, tout comme Charlton Heston, qui a brillé un peu plus fort que le reste de la foule hollywoodienne. Il était plus grand que les autres, bien sûr, et il avait joué Moïse au cinéma - mais ce n'était pas vraiment cela.

    Heston avait fait campagne en 1956 pour Stevenson et en 1960 pour Kennedy. C'était assez sûr. Mais pour ceux qui gagnaient leur vie dans l’industrie cinématographique, les auditions anticommunistes du Congrès à Washington et l’épuration des membres présumés du parti à Hollywood avaient un effet dissuasif sur les activités politiques des cinéastes et des acteurs. Pourtant, au même moment, un grand mouvement se construisait à la fin des années 50 et au début des années 60 - et bon nombre des plus grandes stars du cinéma du pays voulaient donner leur renommée et leurs visages à la cause.

    Charlton Heston était l'un des premiers.

     

    En mai 1961, Heston avait fait du piquetage devant un comptoir-repas ségrégé d'Oklahoma City lors d'une manifestation aujourd'hui oubliée, l'une des centaines d'actions de ce type se préparant jusqu'à la marche de Washington. Un jour de mars 1963, la US Information Agency a filmé une table ronde avec Heston, Belafonte, Poitier, Brando et Baldwin. Cela vaut la peine d'être vu, malgré la lenteur de Belafonte (et peut être vu ici (1) , grâce à C-SPAN).

    ¹ en raison de la date de l'article, la video n'est plus sur ce site, mais elle est visible sur YT et sur le blog.

    Quand on lui demande pourquoi il marche, Heston vole la scène.

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    «Il y a deux ans, j'ai fait du piquetage dans certains restaurants de l'Oklahoma, mais à cette exception près - comme tout à fait récemment - comme la plupart des Américains, j'ai exprimé mon soutien aux droits civils principalement en en parlant lors de cocktails», dit-il. «Mais, comme beaucoup d’Américains cet été, je ne pouvais plus me contenter de parler de vive-voix d'une cause aussi urgente plus que jamais et à une époque aussi pressante à l’heure actuelle

    Dans les années qui suivirent, «Chuck» Heston, comme l'appelaient ses proches, rompait avec le parti démocrate pour ce qu'il considérait comme ses excès libéraux. Il ferait campagne pour son ami Ronald Reagan et deviendrait un partisan de premier plan des droits du 2e amendement. En cours de route, il serait boudé et méprisé par les «libéraux», dont certains n'étaient pas encore nés lorsque Heston marchait pour la liberté.

    Heston lui-même aimait dire qu'il soutenait les droits des minorités raciales avant que ce ne soit à la mode à Hollywood - et à sa mort en 2008, Earl Ofari Hutchinson, érudit afro-américain, s'accorda: «Il l'a fait, a déclaré Hutchinson, au mouvement des droits civiques. "

    Des funérailles fantaisistes ont eu lieu dans une église pittoresque de Pacific Palisades, auxquelles ont assisté environ 300 personnes, dont de nombreuses personnalités de la Californie. Une petite veillée a également été organisée dans le centre-sud de Los Angeles, au coin de Crenshaw et Martin Luther King Boulevards. 

    Carl M. Cannon est le chef du bureau de Washington pour RealClearPolitics. Contactez-le sur Twitter @CarlCannon .