Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  HOLLYWOOD’S LAST ICON : " MAJOR DUNDEE "TRADUCTION du chapître 23 du livre de Marc ELIOT 

Publié le 1er septembre 2018

MAJ le 7 septembre 2018

81WPoyZqA-L.jpg

LE sujet principal de ce chapître est MAJOR DUNDEE, de la conception du film à sa réalisation, ainsi que les diverses embûches rencontrées sur le chemin…

On peut constater dans ce chapître la façon précise et documentée avec laquelle Marc ELIOT développe son propos, ainsi que la distance qu'il conserve à l'égard de l'oeuvre et du personnage Heston lui-même…

Le chapître commence au lendemain de l'assassinat du Président Kennedy ...

img27082018_779.jpg

photo des pages 244-245 du livre de Marc Eliot "HOLLYWOOD'S LAST ICON"

Cette nuit-là , HESTON s’envola dans un avion privé pour NEW YORK, que CBS lui avait fourni pour qu’il puisse lire l’éloge funèbre pour l’hommage qui allait être diffusé au niveau national dimanche après-midi. Le matin de la diffusion, il se réveilla et alluma la télé pour regarder, en même temps que le reste du pays, les reportages continuels autour de l’assassinat du président. Comme il avalait son café, il vit Jack RUBY enfoncer son révolver dans la poitrine de OSWALD, appuyer sur la détente et l’abattre. Il accomplit sa performance comme prévu, après quoi il prit l’avion du retour pour Los Angeles.

Il ne travailla pas le reste de l’année, préférant passer les vacances sur sa colline avec sa famille…après la tragédie qui venait de se produire, la vie lui parut soudain plus précieuse. Des choses ordinaires, comme dÏner à la maison, aller nager, emmener Fray faire du cheval, changer les couches de Holly, ou s’asseoir près du feu le soir en partageant une bouteille de vin avec Lydia le rendaient encore plus reconnaissant que jamais pour la vie qu’il menait, et pour celle qu’il avait eue. La mort du président avait refermé les murs de CAMELOT, et HESTON mieux que quiconque savait que derrière ces murs, l’Amérique depuis Novembre, n’était plus protégée du monde extérieur….la nouvelle année devait lui apporter beaucoup d’activité, car CITRON avait conclu un deal de 750 000 dollars, sans pourcentage, avec COLUMBIA pour HESTON dans MAJOR DUNDEE, et le studio voulait ce film le plus tôt possible. C’était une bonne nouvelle pour SELTZER, qui voulait que l’équipe WAR LORD ait plus de temps pour développer le projet.

PDVD_014.png

COLUMBIA engagea Jerry BRESLER comme producteur, lui qui avait travaillé sur DIAMOND HEAD et il engagea à son tour Sam PECKINPAH pour le mettre en scène, après que John FORD ait décliné le job. Le film serait le 3ème de PECKINPAH, après le très peu vu THE DEADLY COMPANIONS et surtout RIDE THE HIGH COUNTRY, que BRESLER avait aussi produit. On disait dans le milieu que ce PECKINPAH pourrait bien devenir le prochain FORD .

Les problèmes commencèrent avant même qu’on tourne le moindre plan, à cause du manque de clarté du scénario, quant au point de vue à adopter. COLUMBIA voulait un film de cavalerie d’environ 2 heures, mais après avoir lu le script de FINK, HESTON trouva qu’il s’agissait plus d’un film sur la guerre civile, et ne savait pas trop comment approcher son rôle. PECKINPAH, lui, souhaitait faire de ce film une expérience sur le thème d’une «  violence stylisée » qui anticiperait son futur chef-d’œuvre, THE WILD BUNCH .

Le scénario de FINK concernait un dur et trop zélé officier de cavalerie nordiste, survivant de la bataille de GETTYSBURG, qu’on envoie sur un avant-poste du Nouveau Mexique pour diriger un camp de prisonniers. Peu après son arrivée, une troupe de raiders apaches attaque l’avant-poste et s’enfuit au Mexique. DUNDEE part à leur recherche avec une troupe de son choix comprenant un vieil ennemi à lui, le rebelle Ben TYREEN, joué par nul autre que Dick HARRIS, co-star caractérielle de HESTON dans THE WRECK OF THE MARY DEARE. HARRIS venait d’obtenir la reconnaissance internationale pour sa performance dans THIS SPORTING LIFE de Lindsay ANDERSON, qui lui avait donné une nomination aux Oscars 63 ; HESTON avait ses doutes sur HARRIS, mais lui trouvait du talent et approuva son choix, pour le bien du film.

Comme le travail sur la production avançait, il devint très clair pour HESTON que PECKINPAH contrôlait fort mal le tournage, qu’il était incapable de déterminer si ce film était un western ou un drame historique, et qu’il était surtout préoccupé par son style personnel. Pire encore, ses nombreux démons ( alcool, drogues, prostituées) provoquaient du retard et faisaient grimper le budget. Quand les cadres de COLUMBIA demandèrent à voir un montage grossier de ce qui avait été tourné, ils furent si déçus qu’ils annulèrent toute demande de fonds supplémentaires. Un groupe fut même envoyé pour superviser PECKINPAH et accélérer le reste du temps de tournage en extérieurs.

Les choses tournèrent au cauchemar quand le film étant terminé, PECKINPAH et HESTON décidèrent qu’il fallait tourner deux scènes supplémentaires pour mieux mettre en valeur le personnage DUNDEE. Ce à quoi les cadres de COLUMBIA répondirent par l’ordre formel de finir le tournage en extérieurs et de filmer ce qui restait en studio à HOLLYWOOD ; HESTON et PECKINPAH campèrent sur leurs positions, et comme COLUMBIA ne voulait pas fléchir, HESTON offrit de leur rendre une portion de son salaire (estimée entre 100 000 et 300 000 dollars) si on leur permettait de tourner au Mexique les deux scènes litigieuses. L’offre fut mal prise par les cadres du studio, qui pensèrent non sans fondement, que HESTON cherchait à les embarrasser ; à ce moment précis, COLUMBIA était au bord de la faillite, et après la mort du fondateur Harry COHN en 58, une série de manipulations boursières ajoutée à un leadership manquant d’autorité avait épuisé les profits antérieurs de la société. Le studio considéra l’offre d’HESTON comme un bluff, celui-ci reçut un appel furieux de CITRON ,qui considérait l’offre d’HESTON de financer les scènes comme le mauvais choix, ajoutant que l’acteur devrait se plier aux exigences de COLUMBIA .

Dans son journal, HESTON rationnalisa son offre de cette manière : «  franchement, les acteurs tendent à être considérés comme des individus irresponsables, et en tant qu’acteur je suis sensible au sujet ; je me trouvais dans une position qui ne m’offrait qu’une porte de sortie » ; sans tenir compte de l’opinion de CITRON il pensait qu’il était en train de sauver le film. Bientôt, cela devint le «  buzz » d’HOLLYWOOD .

VARIETY écrivit à propos du deal : «  une star responsable d’un dépassement de budget a rendu son salaire à la compagnie, ce geste de grande conscience morale est le fait de Charlton HESTON, parce qu’il a pris le parti de son metteur en scène à propos de certaines séquences qui ont par conséquent provoqué des coûts supplémentaires ! le retour de salaire d’HESTON est évalué à 300 000 dollars, et COLUMBIA n’a pas fait la fine bouche pour accepter ce geste fort noble. DUNDEE a été tourné au Mexique »

Le studio accepta finalement l’offre, et les scènes furent donc tournées au Mexique, d’ailleurs à cause de dépassement du budget, HESTON dut faire ses cascades lui-même et se blessa le bras. Mais le problème ne s’arrêta pas là, car HESTON fut tellement mis en colère par COLUMBIA qu’il décida de parler à tous les journaux possibles, afin que tout le monde sache que COLUMBIA avait bien repris son salaire. Cela le fit entrer dans la case «  activiste de l’industrie du film », comme un fauteur de troubles pour la nouvelle génération de cadres de l’ère de l’après grands studios, et ces gens n’aimaient pas qu’on expose les problèmes en public. Pour la communauté des créatifs, il passa par contre pour un héros, parce qu’il avait mis ses actions en accord avec sa pensée, et gagné un peu de «  contrôle créatif » sur les choses sans céder aux desiderata d’un studio. Son geste passa donc pour une action particulièrement noble, aux yeux de tous, sauf Richard HARRIS .

L’acteur, très en vue après sa nomination, n’était pas habitué aux rigueurs d’un tournage en extérieurs, et n’apprécia pas du tout le temps de tournage rallongé considérablement au Mexique. Etant un britannique au milieu d’un groupe d’américains machos, il se sentit dès le début comme un intrus dans la troupe, considérant que HESTON, plus encore que les autres, le considérait d’un point de vue de «  pasteur condescendant » et « qu’il n’était qu’un «  connard pontifiant », un sentiment qui ne fut qu’accentué par l’esprit moqueur bon enfant qui régnait sur le plateau dés qu’ HESTON y mettait les pieds. HARRIS fut la victime d’un « gâteau explosif » et se sentit humilié quand tout le monde se moqua de lui et de son visage enfariné ; l’incident l’amena à s’enfuir et se cacher dans DURANGO, selon les dires de FRASER qui était sur le tournage avec Lydia et fut témoin de la scène.

HARRIS déclara à propos d’HESTON : «  il est le seul homme que je connaisse qui puisse arriver à sortir d’un cube, tellement il est «  carré » ! on ne s’est jamais entendus ; le problème avec lui c’est qu’il ne pense pas être un acteur qu’on engage comme tous les autres, il pense qu’il est la troupe à lui tout seul ! il était là assis tous les matins, à enregistrer nos arrivées sur le plateau avec un chronomètre, alors j’en ai eu tellement assez que je me suis pointé un matin avec un vieux réveil que j’ai fait sonner à fond au moment où il arrivait, il n’a pas trouvé ça drôle, et je lui ai dit : «  tu vois jusqu’où on peut aller, pas vrai ? » HARRIS essaya même à plusieurs reprises de mettre un peu de LSD dans son café, «  pour le détendre » mais ne trouva jamais l’occasion. Un des membres de l’équipe, qui détestait aussi HARRIS, lui mit un jour un pétard dans sa botte. Quand le film fut terminé, COLUMBIA enleva le film à PECKINPAH et enleva la plupart des scènes que HESTON avait payées pour qu’on les finisse…Dans son journal, il nota qu’il voulait vraiment arriver à faire un vrai film sur la guerre civile, vu que celui-ci n’en était pas un. Il éprouva aussi des remords quant à la manière dont lui et d’autres avaient traité HARRIS :

«  Il semble que j’aie déchargé beaucoup de mes frustrations sur le dos du pauvre Richard HARRIS, et avec le recul, j’ai été injuste ; il s’agissait d’un tournage épuisant, et Dick n’était pas habitué aux chevaux ou aux armes ; s’il était un fouteur de merde, j’étais un sacré fils de p… »

PDVD_019.png

(Richard Harris dans THE WRECK OF THE MARY DEARE)

 

A  SUIVRE ...

traduction par :

signature_5.gif

A ma chère Cécile, qui j’en suis sûr veille sur moi.

 

 

Commentaires

  • Félicitations à Renaud pour cette traduction de ce passage de la Biographie de Chuck de Micheal Munn , c'est un passage très intéressant certaines informations qu'il raconte était disponible sur IMDB mais notamamt son conflit avec Richard Harris et l'histoire des réveils qui m'a fait bien rire mais le comportement de Richard Harris était honteux enfin d'un autre côté tout le monde était sous la pression , d'ailleurs Senta Berger dira que Chuck et Richard était tout deux aussi macho .
    D'ailleurs Chuck l'a avoué au final en utilisant un langage bien familier pour j'évoque lui même.

  • Merci pour votre commentaire Clarisse, mais Renaud n'a pas traduit un passage du livre de Michael Munn. Le livre de Michael Munn est le domaine réservé à Adrien.
    De plus, ce n'est pas un passage, c'est un chapître entier que Renaud a traduit....extrait du livre de Mark Eliot, " Charlton Heston : Hollywood's last icon".
    Evidemment, que l'on trouvera toujours sur IMdB ou autre site, des informations pas les plus intéressantes d'ailleurs, mais le travail de traduction de Renaud, nous apporte un éclairage beaucoup plus intéressants que les quelques anecdotes semées partout sur le NET, et qui finalement n'ont aucun intérêt.

  • Pardon excusez moi je voulais dire Marc Eliot mais j'ai dit Micheal Munn pourtant c'est à celui ci que je pensait . J'attend tellement la prochaine publications d'Adrien que je me mèle les pinceaux, excusez moi pour cette erreur .

  • Oh étuis j'ai oublié de dire que ces quelques anecdotes n'ont encore aucun intérêt sauf pour la gamine de 12 ans que j'étais à l'époque, et le fait d'apprendre quelconque informations ou annecdoctes sur Chuck me rendaient extrêmement joyeuse . Votre blog enfin celui ci n'existait pas encore en décembre 2014 mais si il ne restait pas beaucoup de temps avant l'ouverture en 2015 .

  • Merci Clarisse. En effet, le blog n'existait pas en 2014. J'ai commencé le blog sur OVERBLOG en mai 2015 d'abord, mais il y avait de la publicité et je ne voulais pas que mon blog soit pollué par la pub. Alors j'ai changé d'hébergeur vers la fin 2015, pour venir chez BLOGSPIRIT, je paie bien sûr mais je n'ai pas la publicité qui pollue. Alors, bien sûr, il a fallu que je transfère tout ce que j'avais fait sur OVERBLOG, cela m'a donné beaucoup de travail, non seulement pour transférer les articles, photos et videos et mettre en forme ce blog tel que vous le connaissez aujourd'hui.
    Jeo comprends que vous ayez cherché sur le Net, car c'est ce que je faisais avant de créer mon blog. Et c'est quand j'ai lu les horreurs sur Chuck, que je connaissais comme un grand acteur intègre, que personne ne lui faisait de cadeau, oubliant ce qu'il avait fait, que j'ai décidé de créer mon blog pour rendre justice à Chuck et que les Français connaissent le grand acteur et le grand homme qu'il était et restera à jamais. Il n'existait pas de blog français pour Chuck, donc la place était libre pour que je fasse ce blog.
    Adrien a fini de traduire le livre de Michael Munn durant ses vacances. Je commence à préparer les chapîtres, car je ne publie pas tout d'un coup, ce serait fastidieux à lire et cela n'intéresserait personne. Je publie le chapître 12, le samedi 15 septembre. Vous devrez donc attendre encore un peu... Bonne soirée.

  • Décidément cela a du être un long chemin , j'espère que certains français le connaisse un peu mieux aujourd'hui à travers votre blog . C'est vrai que des fois en lisant certains articles ou des réponses négatifs sur Chuck, dés fois j'ai envie de leur mettre une bonne claque en tout cas pour France 2 je m'en occupe , un jour ils le regretteront pour leur satané hommage qui avait pourtant bien commencé mais finit "par les canons de fusils " ça me met hors de moi. Même les américains ne sont pas allé aussi loin que les sociaux démocrates français. Comme si les histoires d'armes aux States ça les concerne : non. Bref en ce qui concerne les publications des traductions d'Adrien du livre de Micheal Munn. Prenez votre temps moi je suis prête à lire tout d'un coup le 30 juin . J'aime bien avoir pleins de choses à lire . Maos vous faites bien de ne pas tous publier d'un coup tout car certains après lectures se diront "J'ai finit de lire mais ensuite...." il vaut mieux publier tous les chapitre un par un pour que chacun soit attentifs à chaque notions car depuis le début de la semaine on attend que ça. Il faut laisser patienter dès fois , cela aura plus de succès. Moi ja'ttend notamment les passages sur le tournage des DIX COMMENDEMENTS , BEN HUR , la naissance de Fraser et là réaction à la nouvelle de son arrivée pour Chuck , ainsi que les circonstances qui ont amené à la naissance de Holly , ce sont des sujets qui ne sont pas beaucoup évoqué mais qui me tiennes à coeur. Les articles "CHARLTON HESTON STORY " nous ont appris sur les deux derniers sujets mais je pense que dans une biographie cela est mieux mentionné . Et puis beau lire plusieurs fois la même chose qu'importe j'aime lire Et puis une biographie sur Chuck c'est la première fois que j'en lis un grâce à Adrien et grâce vous merci énormément, j'exagère un peu mais comment dire vous avez un peu changé ma vie . Bonne soirée enfin vu l'heure qu'il est bonne nuit .

  • It's fine with me, and thank you and the translator. Otherwise, it's fine. I hope you enjoy it. Let me know! Merci et vous et lui

  • Merci Renaud ! Nous en apprenons des choses sur Charlton ! Je pense qu'il devait effectivement être un peu "carré" car très logique, très pointilleux, très ponctuel, ne pensant qu'à son travail, et ne comprenant pas que tous ne soient pas comme lui ! Etait-il tyrannique ? Possible ! Souvent il est question pour lui de "redresser ses finances" mais je n'arrive pas à croire que, après "Les 10 Commandements" et surtout "Ben Hur" il ait encore eu des problèmes de ce genre ! Ouf qu'il a des défauts, il est si humain, si comme nous même à des sphères très au-dessus de nous !

    Merci France pour le petit historique du blog ! Intéressant !

  • Bonsoir Astride. Merci pour votre commentaire. Oui, nous devons bien nous rendre à l'évidence, que Chuck était un perfectionniste que je dirai "maladif" sans pour autant critiquer cela. Il s'est tellement investi, impliqué et appliqué à lui-même ce qu'il exigeait des autres, cela démontre une personnalité intègre mais certainement surtout, un inquiet, résultat d'une enfance très perturbée, solitaire. Comme beaucoup d'enfants de divorcés, le petit John Carter devait se sentir responsable de la séparation de ses parents et ce mal-être a dû le poursuivre toute sa vie, au point d'avoir voulu maintenir son couple, contre vents et marées, et dans un autre ordre d'idée, appliquer à lui-même comme à son entourage une rigueur de vie faite de droiture, de moralité et peut-être parfois, tout cela devenait excessif pour ceux qui étaient à vivre et travailler avec lui... Il n'en demeure pas moins, un homme attachant et admirable.
    Bonne soirée à vous Chère Astride.

Écrire un commentaire

Optionnel